TOURS
M DCCCC XIV
H.u.lUm ,hl.
Beaulieii : la ville cl l'c^lise au cours des travaux de restauration.
PREFACE
ouR rendre un juste hommage aux généreux sentiments d'un bienfaiteur de Beauliëu, et aussi pour conserver le souvenir du plus important des monuments de cette petite ville, la Société archéologique de Touraine a cru de son devoir de réunir tous les documents que l'on possède aujourd'hui sur l'abbaye et de publier les résultats de quelques sondages faits en même temps que les travaux de igocS, qui avaient pour objet la restauration de l'église paroissiale.
Ces notes seront malheureusement incomplètes et quelque peu inexpérimentées, certains points ne pourront être précisés avec toute la rigueur désirable; le lecteur sera donc indulgent, nous l'en remercions à l'avance.
Les archéologues lochois, bien que richement dotés, n'ont jamais négligé d'étudier Beauliëu, qui est. pour ainsi dire, un faubourg de la ville de Loches.
PREFACE
L'un des plus enthousiastes et des plus autorisés, le regretté Edmond Gautier, observant et dessinant sans cesse, visitait un jour les ruines de Beaulieu avec quelques amis; il leur expliquait ce que devait être le monument avant d'avoir subi les mutilations des hommes et du temps.
Dans son zèle, aurait-il exprimé le regret de cet état d'abandon, et aurait-il souhaité de voir un jour ces ruines restaurées pour reprendre leurs formes premières?
11 n'y aurait là rien d'impossible.
Autour des étrangers, quelques passants s'étaient groupés et écoutaient avec intérêt. La leçon devait porter ses fruits, et d'une manière bien inattendue.
Quel ne fut point, en effet, l'étonnement général, quand, après de longues années, Edmond Gautier disparu, on apprit qu'un ancien clerc de notaire, M. Meusnier, célibataire ne jouissant que d'une fortune modeste, mais enthousiasmé par les visions qu'on avait évoquées devant lui, s'était promis de contribuer à leur réalisation et léguait par testament à la Société archéologique de Touraine presque cent mille francs, pour réédifier le déambulatoire et la nef de Beaulieu !
Touchante illusion! l'intention était parfaite, mais l'entreprise était folle. Pour la mener à bien, il eût fallu des ressources autrement importantes. D'ailleurs, était-ce bien nécessaire?
Les monuments ont souvent eu à redouter les trop grandes libéralités, autant sinon plus que l'abandon prolongé. Le temps, mieux que les hommes et les architectes parfois, respecte les traces de l'histoire, et ce sont elles qu'il importe de conserver honnêtement, sans parler de l'œuvre d'art par excellence qu'est une ruine pittoresqiie !
Aussi la Société archéologique, très reconnaissante de la confiance que lui avait témoignée M. Meusnier, et sans abdiquer ses traditions, chercha le moyen de tout concilier. Après
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avoir remis la plus grande partie des fonds au service des Beaux- Arts pour abriter, consolider ce qui menaçait, pour édifier une travée avec une façade réclamée par la population et prévue dans le testament, elle décida en même temps de consacrer une petite partie du legs à l'étude de l'abbaye et de Téglise de Beaulieu.
Les travaux entrepris ont permis de connaître le monument d'un peu plus près, et, grâce au legs de M. Meusnier, nous pourrons élucider certains points restés douteux et donner une idée de ce qu'était l'abbatiale au temps de sa splendeur.
Comme toujours, le développement de la ville suivit celui de l'abbaye, et l'histoire de Beaulieu ne saurait être séparée de celle du monastère. Le savant président honoraire de la Société, M. l'abbé L. Bossebœuf, a bien voulu se charger de cette partie du travail.
Il,ir,li,tn ,1,1.
Chapiteau du dOambulatoire.