FON DATION DE L ABBAYE
"EGLISE de Beaulieu fut étudiée pour la première fois
au congrès tenu, à Loches.
en 1869, par la Société française d'Archéologie, sous la présidence de M. A. de Caumont. L'histoire de cet édifice, faute de documents certains, n'est pas facile à préciser. Quoi qu'il en soit, nous savons que sa fondation est due à Foulques Nerra, comte d'Anjou et de Touraine, dont les forteresses et les donjons de Loches, Montbazon, Langeais, Montrichard et autres lieux, attestaient la puissance.
La consécration aurait eu lieu, suivant les textes, un certain
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jour de mai. probablement 1007 ^ et en très grande solennité. Mais le soir, d'après les mêmes auteurs, une tempête effroyable disjoignit les charpentes, les jeta bas et renversa également le pignon de la façade occidentale.
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Vue gcnOralc de l'abbaye, d'après Caiiiiiiéres.
Si nous consultons dom Mabillon, les frères de Sainte-Marthe, dom Galland, les anciennes chroniques de Tours, de Beaulieu et
' Les années iwifi el m^q. dernières du pontitieat de Jean W'Ill, ne peuvent être retenues, parce que l'aiïaire de Hugues de P.eauvais, qui causa les plus sérieux embarras à Foulques, commençait en 1008 et n'était pas encore assoupie en loog.
11 n'y a, d'auti'c part, aucun fond à faire sur les bulles de Jean XMII et de Serge I\', démontrées apocryphes ; ainsi se trouve éliminé le désaccord existant entre les actes et les chroniques. — Voyez notamment d'ICspinay, Congrès archéologique de Loches, 1869, p. 97-105.
Sur la question d'authenticité, Halphen, Comté d'Anjou. Appendice III, consacre des chapitres à l'examen de la fondation de Beaulieu ; il y donne le véritable texte de la charte de Foulques et tend à prouver la fausseté des bulles.
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de Saint-Florent d'Amboise, ces événements se seraient passés en loio ou IOI2. sous le pontificat de Serge IV; mais leurs récits, dérivés les uns des autres, paraissent s'appuyer sur les bulles papales de Jean XVIII et Serge IV, et des études plus approfondies semblent bien démontrer qu'elles sont apocryphes.
Si donc nous admettons les progrès de la critique des textes. il faut reculer à 1007, au lieu de looc) ou 1012, l'époque de la fondation de Beaulieu. Ainsi se trouverait solutionné le désaccord des écrits et des dates qui embarrassait tant les historiens de Beaulieu.
Dom Galland nous dit encore qu'après la chute de la charpente, Foulques lit réparer sur-le-champ cette église et l'orna d'un clocher fait comme celui de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, lequel n'y était pas avant l'accident.
Là se bornent toutes les données historiques certaines qu'on a pu rassembler jusqu'à ce jour, les archives de l'abbaye n'existant plus, et depuis très longtemps.
Déjà, au xvr' siècle', les moines adressaient une requête à la Chambre des Comptes de Paris afin de se procurer les privilèges ou confirmations qui pourraient y être enregistrés.
Dom Billoûet, en i=)89", chargé de recueillir des notes pour le Moiiastiiiim Beiiedictiiiiini, croyait impossible de rien '< avoir d'asseuré de l'antiquité du monastère, les anciens n'ayant jamais tenu registre de rien et le chartrier ayant été autrefois entièrement brûlé /,.
' Bibl. Nat., nis latin 12602. F" 140.
■•' Ibid. F° i32. Lettre du 4 mai 1689, orig.
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