LE TRANSEPT
deau à damier ressantant sur les contreforts et entourant la fenêtre.
Il faut signaler encore les bas-reliefs qui décorent tout le pignon du transept nord. Les exemples semblables sont peu nombreux. Il s'agit ___________ ici de bas-reliefs
taillés dans .^^^^SSÊ^^^^^^^^^^r^ÊW^^^^^ nne sorte de
Transept nord. Sculpture du pit^non.
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défoncement, et dont l'ensemble forme une vaste composition, mais dont le sens n'apparaît pas clairement. Dans le bas, un cavalier occupe plusieurs assises. Au sommet, dans de grandes dalles de dimensions variées, on reconnaît des oiseaux dévorant un homme. Un peu partout, pêle-mêle, des animaux bondissants, des cavaliers galopants ou affrontés, s'étagent sur de différentes assises, qui laissent voir clairement la forme ancienne du gable, moins aigu que celui refait ultérieurement. Personne aujourd'hui
n'admettrait volontiers les explications de cette vaste allégorie que Ton proposait il y a quarante ans '.
Pour quelle raison, d'ailleurs, aurait-on mis à cette place des sujets de chasse ou de guerre? Plus bas, des fragments de même
nature semblent provenir d'un éditice démoli, et avoir été réemployés.
Tout cela, bien que fort curieux, est d'un art peu avancé : mouvements, proportions, exécution, trahissent une réelle barbarie et une totale inexpérience de l'art du basrelief, aussi bien que des lois qui président à son exécution.
Combien différente était, dans cette même époque et dans le même moment, la sculpture ornementale : celle des chapiteaux, celle surtout du bandeau qui forme la base de ce pignon, où les palmettes alternées sont d'une délicatesse et d'une habileté qui n'ont point été dépassées ailleurs !
Gros chapiteau à la base du clocher ceiilral.
' I.abbe Aiiber, Congres archéologique de Loches, p. ii5 el suivantes.
ARSIDE DE L EGLISE
ESTE maintenant à étudier le chevet Je ce vaste éditice. Tel qu'il nous apparaît aujourd'hui, le chœur du xv' siècle domine les ruines du déambulatoire avec chapelles rayonnantes. Il s'élève sur la fondation du mur intérieur d'un déambulatoire: mais à quelle époque peut-on rattacher ce déambulatoire? Il ne faisait vraisemblablement pas partie du plan primitif. Cependant des exemples en sont connus dès cette époque. La basilique d'Hervé à Tours en 997, Notre-Dame de la Couture au Mans, la cathédrale d'Hubert de Vendôme à Angers, retrouvée par M. de Farcy, possédaient déjà des déambulatoires. La Trinité de Vendôme, en 1040, et Notre-Dame-du-Pré suivent le même exemple; mais il faut dire que ces monuments avaient déjà une nef et des bas côtés, et non point une nef unique comme Beaulieu; par conséquent, une abside unique répondait peut-être à l'unité de la nef. Néanmoins on signale certaines abbayes bénédictines avec des bas côtés et des absidioles'.
Les deux arcatures à gauche et à droite du choeur servaient d'entrée à ce déambulatoire; étant aujourd'hui murées, elles ne peuvent pas être consultées. Leurs pieds-droits, d'ailleurs, sont mal-
' E. Lotcvre-I'oiilalis, Essais sur ^iicl^ucs l>arlicularités ies églises romanes téiié.licliiies, dans le Miltt'ii.iire .le Cttiin . t. 1.
heureusement encastres dans les reprises du xv'' siècle, d'un côté comme de l'autre; et il eût fallu déterminer si elles ont été ouvertes après coup dans ce pignon est de l'église, ou si elles sont contemporaines de la première construction.
Ne perdons pas de vue que cette façade orientale supporte une des faces du gros clocher. Extérieurement, au-dessous de ses ouvertures, des arcatures aveugles, faisant suite à celles du transept et destinées à être vues, en ornaient la hase; or la toiture du bas côté de la construction du xiT semble en avoir recouvert une partie. Une trace de solin en mortier est encore visible du côté du sud, c'est à coup sûr une raison de plus pour reporter à une campagne postérieure la construction d'un déambulatoire avec chapelles rayonnantes. Les fouilles, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du chœur, n'ayant révélé aucune fondation, il faut admettre qu'antérieurement au déambulatoire aurait existé une simple abside, dont les fondations ont plus tard servi de support aux constructions du xv^ siècle.
Si l'on admet cette manière de voir, ce déambulatoire avec trois chapelles rayonnantes, fenêtre intermédiaire entre chacune d'elles et colonnade entourant le clut'ur et portant ses voûtes, dont nous voyons les vestiges, serait une adjonction très peu postérieure, peutêtre, à la campagne des grandes voûtes.
Bien que ne répondant pas à toutes les questions qu'on peut se poser pour imaginer l'édifice à son plus beau développement, ce qui en reste va nous donner des renseignements capables de nous éclairer.
Intérieurement, le mur de la clôture extérieure était circulaire; on le revoit au-dessus des revêtements et reprises du xv% avec, par endroits, les traces de piques destinées à faire prendre l'enduit peint à fresque, qui décorait cette partie de l'édifice, comme on les retrouve dans bien d'autres endroits, pour ne pas dire presque partout à cette époque.