STANCES
F'oulques a son retour d'un long pèlerinage Fait en Hiérusalem au tombeau du Sauveur, Duquel vray pénitent il avait la douleur Sur son dos imprimé se criant si la fragc. Ce bon Hls, imitant l'exemple de son père Qui venait de bastir de Loches au chasteau Un temple virginal si florissant et beau, A Dieu en Trinité fonda ce monastère
Et affin de laisser aux ncpveux la mémoire D'un si pieux effect, voulut que tous les ans Les chanoines d'en haut vinssent isy chantant . De ce tombeau sacré les honneurs et la gloire. Braves comtes d'Anjou, vrais soleils de noblesse. Que vous estiez dévots et que nous sommes froids Disciples de Jésus, peu amis de sa croix. Échauffez de nos cœurs la trop lente paresse.
Fr. Min. col"', rector ponebat an. sal. MDXXX.
Longtemps les ossements du redoutable comte reposèrent dans le calme des prières monastiques. Mais l'invasion des troupes anglaises, dont le quartier général fut à Beaulieia, causèrent la ruine de l'église abbatiale, et le tombeau de Foulques dut ressentir le contre-coup de ces troubles. A la restauration de l'église et du couvent, les religieux voulurent consacrer le souvenir du fondateur par la reconstruction d'un édicule avec enfeu et par une inscription sur cuivre en vers latins et français qui fut placée en 1^30, sous l'abbé Jean de Bourdeille, ainsi qu'il a été dit.
Nous ignorons si la tombe avait été ouverte alors que les travaux obligèrent à relever successivement le niveau du dallage. Ce qu'il y a de certani. c'est qu'au xvn' siècle le monument funéraire demeurait dans son ensemble, ce qui permit à Gaignières d'en prendre un dessin. Du reste, le temps, sinon la main des hommes, ne le conserva pas dans son intégrité, et un écrivain du xviiT siècle nous apprend que " le monument présente une statue de pierre informe et mutilée presque en entier >/.
A la Révolution, Foulques partagea le sort de ceux qui étaient inhumés dans l'église, du moins les personnages de marque, et l'on fouilla sa tombe, dont les restes sans intérêt furent replacés pêle-mêle. Il lui était réservé de subir une autre visite, mais faite celle-là dans un but désintéressé et avec tout le respect dû au défunt.
Au cours du congrès de la Société française d'archéologie, tenu à Loches en 1869, on avait exprimé le vœu de voir rechercher le tombeau de Foulques à l'aide des descriptions et dessins que l'on possédait. Au mois de février de l'année suivante, une commission archéologique formée d'une quinzaine de membres, dont le maire et le curé, procéda à l'exécution des fouilles à partir du 16 février. Le procès-verbal détaillé a été publié dans le volume du Congrès et dans le Bulletin de la Société archéologique de Tou-
LE TOMBEAU DE FOULQUES NERRA
et, nous y renvoyons pour les détails. Mais
raine (t. I , p. i^-:,-^?.] nous en extrayons ce qui est nécessaire pour notre sujet.
A l'angle sudest du transept, audessous du premier carrelage et du remblai, à o m. 30 de profondeur, se trouvait un second carrelage identique recouvrant de la terre
avec des charbons. Celle-ci ôtée, à o m. 60, sous un troisième carrelage analogue, apparaissent dans une terre plus noire des os,