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La Clarté -Dieu. — 2. Gastines

* G. Mort le 11 auiit. ^ B. Le 12 août.

' B. Décédé le 7 octobre. — (i. fait observer que le Nécnilogc lixc le // Smi.is oclolvis, c'est-à-dire le 6 octobre.

3 G. met son décès le 7 juillet, il se demande si l'élection faite par les moines était spontanée ou bien la ratification du choix déjà fait par le roi. En tous cas. Jean de Bourdeille fut le dernier abbé de Beaulieu élu par les reiiijieux.

•* B. Prieur de Dierre.

Nicolas I" Tiercelin d'Appelvoisin, lils d"Adrien, seigneur de Brosse, paroisse de Luzillé, et sénéchal de Ponthieu, et de Jeanne de Gourlay, lut nommé par Charles IX, en is')4; il était frère de Louis, qui lut chanoine de Saint-Martin en isso, et abbé de Lorroux, près Saumur. Après la démission de Charles de Bourbon, cardinal de Vendôme, l'abbé de Beaulieu reçut l'abbaye la Clarté-Dieu, paroisse de Saint-Paterne, où il mourut le lo avril 1584 . et où il fut enterré. Les Tiercelin portent : " d'argent à deux tierces d'azur passées en sautoir, accompagnées de quatre merlettes de sablée »

Nicolas II de Fumée de La Touche, né à Paris, mais sorti des seigneurs des Roches-Saint- Quentin en Touraine, était iils de Martin, maître des requêtes, et de Martine d'Alez; il succéda à Tiercelin et mourut à Chartres, en mars 1^93 ; son corps fut apporté et enterré à Saint-Quentin en Touraine, dans le caveau des ancêtres, sous le marchepied du grand autel. Il portait : '' de Fumée en plein". >y

Guy de Fumée des Roches, fils d'Antoine, seigneur des Roches- Belins, maître des requêtes, et de Claudine de Riant, fut nommé en i=)93, après la mort de son oncle; il mourut à Loches en 1637, après avoir démissionné plusieurs années auparavant, en faveur de François de Saint-Pastour de Salern.

Nota. — A partir de cet abbé, nous avons pris la liste donnée par le QaJlia.

François de Saint-Pastour de Salern, fils de Guillaume de Saint-

' G. Le Nécrolog-e place sa mort le g avril 1Ô84. D'après le Gallia cltn'stiaihi, il ne mourut pas à l'ahbaye de la Clarté- Dieu: mais il aurait revêtu l'habit militaire et aurait péri dans un combat près de Chartres, en i58g. (B. N., Cod. M.ix.. Supp. l-'r., n. 1577.)

* G. Certains auteurs le font mourir en i.SgS. — B. 28 mars i5g3; après Nicolas II, il place Urbain de Rorthays, prieur du Puy-\otre-Dame, conseiller du roi, aumônier de la reine, archidiacre de Tours, i5g3.

Pastour, gouverneur de Loches, décéda en l'année 1630, non sans recommander au roi le personnage suivant'.

Louis ]" de Nogaret, cardinal de La Valette, nommé en 16 -50, mourut eu Savoie, le 28 septembre 163 9-.

Loiiis II de Voyer de Paulmy, fils de René et d'Hélène de Lafons, nommé le 6 octobre i6v), introduisit, le S juillet 1662, la réforme de Saint-Maur dans l'abbaye, qu'il échangea ensuite contre le doyenné de Saint-Germain-l'Auxerrois, où il mourut, le 21 octobre 1671 '.

Nicolas III Le Roy de More, originaire de Normandie, aumônier du roi et doyen de Saint-Germain-l'Auxerrois, titre qu'il échangea avec Louis de Voyer; il décéda à Loches, le 19 septembre 1693, et fut enterré dans l'église Saint-André de Beaulieu.

Charles Boileau, de l'Académie française, docteur en Sorbonne, aumônier et prédicateur du roi, fut nommé le 1" novembre 1693; il mourut à Paris, au mois de novembre 1704, et fut enterré dans l'abbaye de Saint- Victor. Cet abbé obtint du roi l'exemption du logement des troupes, ce qui fut un avantage favorable, à tous égards, pour la population de Beaulieu, selon la remarque de l'auteur du Gallia.

Joseph Jean-Baptiste Quinot, docteur en Sorbonne et bibliothécaire du collège des Quatre- Nations, fut abbé de 170^ à 1722, époque où il démissionna en faveur du suivant.

Simon Nicolas de Frizon de Blamond, chanoine de Reims et docteur en Sorbonne, nommé le 16 mai 1722, mourut à Reims en 17^7, à l'âge de soixante-dix-neuf ans''.

Nicolas Parchappe de Vinay, aussi docteur en Sorbonne et chanoine de Reims, fut nommé en 17S7 et régit l'abbaye dix années.

"^ H. le fait mourir le même jour à Tours.

' B. dit qu'il fit lechang-e en 1671 et mourut à i'aris, le i3 janvier i6g4. B. dit qu'il donna sa démission en 1745.

Pierre-Esprit de Chazal fut nommé en 1767 et fut abbé deux années ^

Joseph Micolon de Blanval fut choisi en ijhq et gouverna l'abbaye jusqu'à la Révolution.

Parmi les abbés de Beaulieu, il en est un sur lequel nous voulons porter plus particulièrement notre attention. Hardouin de Fumée, c'est de lui qu'il s'agit, dirigea l'abbaye de 141)4 à i=s2i, professant pour les arts le goût qui est traditionnel dans sa famille. Il commanda aux meilleurs scribes et miniaturistes un missel qui est conservé à la Bibliothèque nationale (Ms. lat. 886). On relève ses armes au cours du volume. Le calendrier, qui reproduit en le réduisant celui des Heures d'Anne de Bretagne, ainsi que diverses miniatures, porte à croire que ce missel est sorti de l'atelier de Bourdichon. le célèbre miniaturiste d'Anne de Bretagne-. La présence des armes de Martin de Beaune, archevêque de Tours de 1=^20 à IS27, indiquerait que le missel a pu être terminé au temps de ce prélat, c'est-à-dire en i=,2o ou i=)2i, dernière année de l'abbé Fumée, à moins que cela signifie qu'il passa dans les mains de l'archevêque.

Hardouin de Fumée ne manqua pas de favoriser les autres arts, et nous sommes bien porté à lui attribuer un sceau très remarquable de l'abbaye. Celui-ci fait partie de la collection du doctem- Louis Dubreuil-Chambardel , et notre érudit confrère a fait à son sujet une communication à la Société archéologique.

L'administration temporelle de l'abbaye, plus spécialement chargée de tout ce qui concerne la gestion des immeubles et des meubles, des deniers, rentes et devoirs divers, s'autorisait d'ordinaire par un sceau , soit aux armes de l'abbaye , soit avec le blason

' B. le met de 1743 à 1767.

^ M. Mole, Trois œuvres nouvelles de Jean Dourdic/ion, dans la Gazeile des Beaux- Arts , mars 1902.

LES ABBES

de l'abbé. Le côté spirituel, visant plus particulièrement ce qui touche les questions d'ordre religieux et litiirgique. s'affirmait parfois à l'aide d'un sceair spécial. C'est précisément un cachet de cette seconde sorte qui nous occupe. De là l'application de la légende : '< Sceau des faveurs spirituelles >/ ou '■•' indulgences », qu'on lit en exergue. Le sceaii en cuivre, de forme ronde, a quarante-trois millimètres de diamètre. La légende, en latin et lettres gothiques, au lieu de se dérouler simplement sur le champ, est gravée sin- une banderole circulaire, dont les extrémités, repliées en remontant, contiennent le début du premier mot et la fin du dernier mot de l'inscription. On lit :

SIGILLV INDVLGENCIAR. MONASTERI DE BELLO LOCO

La recherche artistique qui paraît dans la disposition de la banderole se révèle bien plus manifestement encore dans le sujet représenté sur le sceau. C'est une allusion au vocable de l'abbaye, la Sainte- Trinité. Ainsi qu'on le remarque dans des miniatures du moyen âge, les trois personnes de la sainte Trinité sont représentées de manière à figurer tout ensemble la distinction et l'unité des trois personnes divines, au sens de la théologie.

Dieu le Père est assis en majesté sur un siège rectangulaire. Il est revêtu des habits sacerdotaux, l'aube et la chape agrafées sur la poitrine. Il ne porte pas la tiare, comme on le remarque dans la curieuse gravure du missel de la Trinité de Vendôme, bel incunable daté 1^36'. Ici,

Sceau de Beaulieu,

attribué à l'abbé Ilardouin

de Fumée.

' Le missel, dont le début est orne du frontispiee de la sainte Trinité, appartenait au couvent des Bénédictins de Vendôme. X ce titre, on v lit la mention : Ôrdinis S.Benedkti Congregationis

158 L'ABBAYE DE l>,EAULIEU-LÈS-LOCHES

la tête est auréolée d'un nimbe formé de rayons convergents disposés en manière crucifère. Le Père éternel supporte, en la tenant par les bras, la croix sur laciuelle est étendu le Sauveur, de façon que le pied de la croix paraît reposer sur le sol. Le Christ est comme enveloppé par le regard attendri, parles bras étendus et par le contour harmonieux des vêtements du Père éternel. Le Saint-Esprit, sous la forme traditionnelle de la colombe, plane en avant du Père éternel et au-dessus de Jésus- Christ en croix. Cette scène, " taillée » en un espace restreint, présente d'admirables qualités de conception et de facture qui tont honneur à l'abbé qui l'a inspirée, aussi bien qu'au graveur qui l'a exécutée.

Au surplus, il est une autre œuvre de la même source. On connaît la très remarquable chaire abbatiale ou siège de l'abbé, conservée à Beaulieu. Nous n'hésitons pas à l'attribuer à Hardouin de Fumée. D.e même que l'époque de la direction d'Hardouin de humée correspond à la dernière partie du xv'' siècle et au début du xvi% de même cette œuvre d'art reflète le crépuscule du gothique flamboyant et l'aurore de la Renaissance. La première période paraît dans les côtés ajourés à la manière des fenêtres polylobées des églises. La seconde se reflète dans les panneaux des côtés et dans les frises de la partie supérieure, avec leurs gracieuses arabesques, oii se montre la salamandre, emblème de François V\ C'est à la même époque que nous plaçons la très élégante petite voûte, entre le transept et la sacristie; il est impossible d'imaginer une plus gracieuse combinaison que celle qui résulte de la réunion

,S'. M.iuri i-5(/. Le volume a été iniprinic en i53h, selon la date mentionnée à la partie inférieure du titre. Ce titre, en lettres tiothiques, est ainsi conçu :

j.tHssalc sccunduiu usum sacri

ft^lonasterii sanctissime (Jiriiiilatis de

Yindocino ordiuis scti Biidicti sacro

{Jancte Komane ccclic imediatc subiecti

I V. celte planche, p. 1271.

harmonique des courbes brisées et des plans variés dans un espace restreint, qui n'a pas plus de 2 mètres 03 sur 2 mètres =i=) de côté.

Hardoiùn de i^umée, qui, nous l'avons dit, gouverna l'abbaye de 141)4 à IS2I, comptait dans sa parenté des Tourangeaux de marque. Adam Fumée, premier médecin de Charles VII et garde des sceaux, à la fois poète, jurisconsulte et mathématicien, lut enterré à son château des Roches Saint-Quentin, en juillet 1472, ainsi qu'en fait foi sa plaque de cuivre au presbytère. Adam Fumée, fils de Pierre Fumée et de Marie Berthelot, donna le jour à l'abbé Hardouin, et on le connaît comme célèbre médecin et garde des sceaux de Louis XI, puis de Charles VIII. Ce personnage renommé mourut à Lyon, en 1494. A l'assemblée des Etats à Tours, en avril 1S07, parut Adam Fiimée, » c" et maistre des requêtes de l'Hôtel du roy et seigneur des Roches, // avec le trésorier général Jacques de Beaune.

Le musée de la Société archéologique possède le portrait sur bois à mi-corps d'un membre de la famille Fumée du xvr siècle. On y relève la date 1^8^ atatis 55. Il s'agit d'Antoine Fumée, jurisconsulte et conseiller d'Etat, qui dut naître en i=»3o, et composa des livres de droit.

Cette esquisse rapide au sujet des abbés de Beaulieu nous montre que la crosse abbatiale y fut tenue par des religieux ou par des ecclésiastiques dont un bon nombre méritent de ne pas être ensevelis dans l'oubli, ne fût-ce que pour les services qu'ils ont rendus aux lettres et aux arts, aussi bien qu'au développement de la vie agricole, industrielle et économiciue, c'est-à-dire au progrès de la civilisation, sur les rives verdoyantes de l'Indre.

A TRAVERS L HISTOIRE

NSI que nous l'avons lait observer au début, nous ne songeons pas ici à relaire l'histoire de Beaulieu, qui est de nature à tenter une plume d'érudit. Nous ne visons qu'à ajouter diverses indications à celles que l'on a déjà réunies. Voici donc une glanée nouvelle, surtout recueillie dans les manuscrits et les pièces d'archives.

Vers l'an 1047, on rencontre divers actes de d(jnation et d'acquisition relatils à Beaulieu. Dans un acquêt, entre autres, il s'agit de Sanctio, lequel, à l'occasion de l'entrée en religion de son lils Hugues, lit un don au couvent. A peu près à la même date et, selon dom Rousseau, après l'an 1040, Rainaud du Château (de Castro), cjui a donné son nom à la localité de Châteaurenault , à l'instar d'ailleurs de Châtellerault , ou Château- Araud , eut une contestation avec l'abbé de Vendôme, au sujet de droits. L'affaire lut arrangée par le comte Geoffroy, assisté de la comtesse Agnès \ Vers l'an 1060, Rainaud Chalvert , d'accord avec ses frères et sœurs, * pour le bien de l'àme de ses parents, y, donna aux religieux de Beaulieu un terrain près la place publique de la Haye, pour y bâtir une église et les logis nécessaires. L'église devait être

' D. Housseau, t. II. p. 4.Î2.

A TRAVERS L'HISTOIRE

placée sous le vocable de sainte Madeleine. A cet effet, le consentement utile fut accordé par Hugues Meschin, seigneur de La Haye, qui ajouta le profit d'iuie loire le jour de la fête, et aussi par Tarchevêciue et l'archidiacre. Des dons furent faits par divers autres, et les moines, Giraud ou Girard étant prieur, se mirent à bâtir la chapelle, non sans mettre trois cheveux dans la fondation en signe de l'accord des intéressés ^

Avant le mois de mars loqy, on a une lettre de Geoffrov. abbé de V^endôme, à Geoffroy, évêc|ue d'Angers, au sujet de Pierre, abbé de Beaulieu; et, le "51 janvier 1090, Foulques, comte d'Anjou, neveu de Geoffroy Martel , fit un don étant " au château de Loches devant l'église de N.-D. /. (Coll. D.

Housseau, t. HI,n"c)i4.)

Le 31 mars loqy. bulle de Urbain H à l'abbé Bertrand, dans

laquelle le Pape prend l'abbaye de Beaulieu sous sa protection et dit que l'archevêque de Tours consacre les autels dudit lieu. « Donné au couvent de Saint-Maixent par la main de Jean,

' "■ Kgo Rainaldus Chahcrt fratrihus nieis Arpino, Achille, llcctdrc, I-'ulc(ict sororibus prci patris mat isqueaniniabus juxta forum Haia;, do ecclesias Bellolocensi et monachis ibidem Deo servientibus terra; quantum opus est ad eeclesiam, claustra domosque œdificandos, quod donum Hug:o Mischiniis ejusdem Ilalas dominus dominaque ejus uxor Quasimota conccsseruiit, et quia Ecclesia illa construenda erat in honore Domini sancta;que Mariœ Mag-dalente cujus ipse Hugo homo erat et peregrrinus, ad auxilium ipsius constituendas ecclesia; et ad victum monachorum eisdem concessit ut-in vigilia et ipsa die festivitatis B. Marix Mag-dalenœ feriam constituerant ciijus vendiciones feri;i:' costumas cèleras monachis concessit {d'autres font des dons).

" His itaque gestis Ciiraldus prior et Savaricus cum Goll'redd .Martimi Turonensi ierunt et cunstruenda- ecclesia; illius mandatum ab archiepiscopo impetrarunt: accepta igitur gratia licentiaque archiepiscopali atque ab eodem archiepiscopo tribus, qui in fundamentf) primitus ponerentur, acceptis capillis, simulque cum concensu et conccssu Ciuilleberti archidiaconi atque Alberici archipresbiteri nidnachi reversi suntetdeincepscapellani edificare ceperunt. -^^ iC'oll. 1). Housseau. II,. 590.) 1 1

Sceau de b'oulques V, petit- neveu

de Foulques Nerra (xii'' siècle), aH\'':J Archives de Loir-et-Cher.

162 L'ABBAYE DE BEAULIEU-LES-LOCllES

diacre-cardinal de l'Église romaine, le 31 mars 1097, ind. iv, 0'' année du pontificat de Urbain II. //

Hn 1107, an chapitre de Saint-Maurice, Raoul, archevêque de Tours, en présence du Pape Paul II, termine le différend entre les abbés de Beaulieu et de Noyers, et attribue au premier, sous certaines conditions, l'église de Crouzilles et d'autres avantages. (Brequig., Il, 387.)

En II;"), divers dons lurent laits sous l'abbé Geoffroy, <•< in monasterio sancta? Maria- de Castello Haiae. »

Boson, fils de Gormery, après avoir quitté la cour de Louis le Gros, se lit moine à Beaulieu et donna à ce monastère la dîme qu'il possédait dans la paroisse de Saint-Pierre-de-Balesme ' : le prieur de Balesme en 1124 est Girard, qui lut élu abbé en 11 38 et mourut en 1 176.

En 117,, le 8 avril, une bulle d'Alexandre III confirma les droits et privilèges de l'abbaye.

Vers l'an 117^, Alexandre III donna des lettres favorables '< monachis et presbvteris B. Pétri de Baresma (Balesme) et de S. Laurent de Langiaco (et non Lungacio lu par Salmon). Datum Anagniae XIV Kal. Maii //. A la suite de cette pièce, dom Housseau ajoute : " A Balesme, il y avait une chapelle sise au cimetière sous le vocable de saint Léger et Symphorien, où l'on enterroit les chevaliers, c'est-à-dire les gens de première noblesse, comme il appert par un aveu d'un prieur de Balesme de 1476. Il s'y tenoit une foire au jour de la Saint- Pierre de lévrier. Il y avoit aussi une chapelle de saint Hippolite, située au-dessus et près du bourg. >/ (H., t. V, n. 181 7 bis.)

En 1228, veille de saint Thomas, acte de Richard de Beaumont, seigneur d'Amboise, et de sa femme, Mathilde, parlant d'arbitrage pour la '■' chaussée de Monpoup»on yy.

' On écrit éj.'-alement Balesmes et Baleine, localité située près de la Haye- Descartes.

A TRAVERS L'HISTOIRE

En octobre 123=,, acte de Juliel, archevêque de Tours, approuvant un contrat par lequel Tabbaye, » pro qiu)daiu burgo qui dicitur Gueignei apud Belhnn Locum sito, » a fait un échange en retour de vingt livres. Le chapitre de Saint-Gatien donna le bourg cie Guigné à l'ablmye contre la métairie des Alleux, et le chapitre la céda à l'archevêque juhel contre la rente de vingt livres .(Doni Housseau, n. 279-5.)

Le 18 lévrier 12^4, acte de Pierre, archevêque de Tours, confirmant un arrangement entre l'abbaye et Guillaume, recteur de l'église Notre-Dame de la Haye (l'original sur parchemin est dans la collection Salmon).

Le 10 mai 1294, lettres de Robert Mauger, bailli de Touraine, par lesquelles il accorde à l'abbaye le droit de mettre les mesures à blé et à vin dans la banlieue, moyennant trois cents livres tournois et une rente an- g,g^,^ ^^ ^uipic. 111 d'Amboise,

nuelle de cinq sous au roi. Ces (xn" siècle, aux Archives de Loii-el-Chen.

mesures furent confirmées par

le l'oi Philippe IV, en juin 1294, par lettres signées à Senlis.

(De Silvanecti.)

En i2';9, le 21 novembre, Pierre de Sainte-Maure, chevalier, et Isabeau de Belleraine, son épouse, donnent à Grouzilles " une place près l'église joignant au chemin par où l'on va à Mogon », et ''une messon et un verger /y, pour instituer une fondation .(Pièce originale dans la collection Salmon, f. 104.)

Le 26 février 1329, opposition faite par l'abbé et les moines à l'exécution d'une commission obtenue contre eux par les conseils

164 L'ABBAYE DE BEAULIEU-LES-LOGIl ES

de ladite ville. ''' disans que le commissaire leur estoit suspect. » Pièce originale dans la collection Salmon, f. 104).

En 1365, le 2(1 novembre, lettre de Charles V à son bailli de Touraine, afin de supprimer le marché se tenant à Loches et de le rétablir à Beaulieu, suivant les privilèges de l'abbaye. Le mandement de Jehan de Brion, commissaire à cet effet, est du 4 mars !■?()=). Dans lein" requête, les religieux avaient parlé de leur église " emparée et fortifiée >/, et des dommages causés par les ennemis. Les privilèges de l'abbaye furent confirmés par Charles V en 1367, Charles VI en 141 1, le dauphin en 1419, Charles VII en aoîit I42-! à Loches, 8 août 1430 à Poitiers, U) juillet 1431 , 26 mai 1434, et par Louis XI en septembre 1463, en 1467, en 1478.

En 14U), le 17 mars, lettre de Charles, régent dauphin, en faveur des moines de Beaulieu pour " aider aux réparations de leur église démolie il y a sept ans environ, quand le duc de Clarence passant par le pays de France, et Jean de Cornouailles, comte d'Orchestre, général de l'armée anglaise, sont à Beaulieu, lequel emmène ledit abbé en Angleterre, où ils l'ont détenu par l'espace de six ans et trois mois à grant pauvreté et misère ». Donné à Bourges, le 17 mars 14K). (Dom Housseau, t. XII.)

En 1478, Louis XI exempta l'abbaye de la taille septennaire.

Lettres de Charles VIII à Chinon en mai 1488, de Louis XII en 141)4, de François I" en isi6, par lesquelles il est érigé trois foires en la ville, et est contirmé le droit de baronnie, haute, moyenne et basse; et aussi lettres de juin 1=^26 et janvier i=,28.

Le 16 juin i'S4o, aveu original et détaillé pour Saint-Senoch. En 1S47, lettres de Henri II.

En 163s, on voit un acte à propos d'une cave -r en Guiné », ensuite on rencontre divers actes de domaine jusqu'en 1761 (f. 163).

Avec la première moitié du xviT siècle, nous avons la bonne

A TRAVERS L'HISTOIRE

ma 93if!iBi

fortune de rencontrer la relation du savant géographe et voyageur du Buisson, que nous transcrivons avec empressement, parce qu'elle nous donne l'état de la localité et dii couvent soiis Louis XIII.

« Bellilocus est distant de Loches d'i;n quart de lieue, qui est la longueur du faubourg ou chaussée des prairies. C'est ville, comme les habitans ont emporté par arrest contre Loches, relevant pourtant de l'eslection et justice de Loches.

Là est la poste de Paris à Bordeaux que, l'année 1634, on a divertie par Tours, et ceste-cy, en 16^5, on la veut faire passer à Richelieu.

« Là aussi sont trois paroisses qui, avec les fauxbourgs bien plus grands que la ville, ne fournissent pas 4000 communions, au lieu que la seule paroisse de Loches en a plus de 6000. Là encore, par le lin milieu, passe un canal d'Indre qui.

séparé des autres qui passent entre Beaulieu et Loches, au nombre de

quatre principaux, un quart de Ksl:-^^^ ;..^;^;j?^^ lieue au-dessus, le rejoint avec tous les autres un quart de lieue

Plessis-lès-Tours, séjour de Louis XI.

aU-deSSOUbS de Beaulieu. Là entin 1. cour intérieure. - 2, 3. Façades sud et est.

est cette abbaye de IS religieux D'après des dessins anciens.,

de l'ordre de Saint- Benoît , tenue soubs le nom de M. le cardinal de La Valette, mais dont le revenu en effet est tiré par

166 L'ABBAYE DE BEAU LIEU-LÉS-LOCllES

le sieur du Salait, lils de Salart, jadis gouverneur du château de Loches, qui demeure au logis abbatial vis-à-vis la porte de l'abbaye, la rue entre deux, avec une femme que l'on doubte estre mariée avec lui.

-r Cette abbaye lut premièrement construite et londée par Foulques Nerra, comte d'Anjou, dont la statue priante à cotte d'armes en pierre est en liaut contre le perron du chœur de Notre- Dame du chasteau de Loches, vis-à-vis de celle de Geoffroy Grisegonelle, et sa sépulture en pierre gisante vestue de long est dans là chapelle Notre-Dame sous les orgues à costé du sanctuaire dans l'église de Beaulieu.

" Il mourut au V voyage de la Terre sainte à Metz, où son cœur est, et son corps en fut rapporté à Loches (V. Ms. Ambaciacensis i, p. 7. — Bordigné, 2 f. . c. 31 ^. Au livre des obits de ladite église et abbaye, il se lit cecy, au 21 juin : Obiit vcuerahiJis Fiilco Nt'rra, coiues. hiijiis cœiiobii fiindûtor. cvfûfis MXLI. et au T" avril : Dcpositiu vciicrcihilis Ildcardis Comi tissa Audegavoniiu . MXLV. Ce mot depositio semble dire que son corps dort là : toutefois le Nécrologe du Ronceray, au i" avril, porte que l'an 1046 mourut à Jérusalem la dévote comtesse Hildegarde, qui lut inhumée dans l'église du Saint-Sépulcre, et son coeur fut rapporté en France et gist dans le chœur de l'église du monastère du Ronceray, à Angers, qu'elle avait fait bastir en l'an 102S. avant mis pour abbesse Hildeburge, qui mourut en 1041). Ils y tiennent qu'elle est enterrée près de son mary, quoiqu'elle n'y ait pas de statue gisante comme luy en a une.

'•' Ce monastère fut donc construit et fondé par Foulques Nerra à son retour de la Terre sainte, en l'honneur des six Chérubins et Séraphins par l'ordre de sa femme, laquelle Hugues, archevêque de Tours, ne voulut pas consacrer jusqu'à ce qu'il eût restitué les biens d'église qu'il avoit ailleurs en ses terres et pays usurpés. Mais Foulques alla à Rome et. à force d'argent, obtint du pape

A TRAVERS L'HISTOIRE

qu'il envoyât, comme il feist, le cardinal Pierre, qui la consacra au moys de may, et ayant grande affluence du peuple. Mais ce jour-là mesme, à l'heure de nonne, le ciel estant serein, s'esleva un tourbillon d'autan qui emporta le toit de l'église et qui mtMitra combien estoit à Dieu désagréable ce procédé schismatique d'empiéter sur l'ordinaire diocésain.

" Une telle chose, comme parle Glaber Rodolfus ( Historiantiu, lib. II, cap. IV i , où il invective contre le pape est l'usurpation de puissance sur les autres évesques comme luy. Beaux passages de Glaber Rodolfus , mais le livre des Leçons de Tabbaye de Beaulieu (Leçons lo, ii et 12) porte que ladite abbaye, bastie à l'avant du château de Loches, fut dédiée par le cardinal Pierre en l'honneur de la sainte Trinité et des saints Chérubins et Séraphins. Et aussy la bulle du pape Jules II de l'an i =,03 . que j'ay vue aux

archives de Notre-Dame de Loches, parle de l'abbaye de Beaulieu comme fondée /// honorem sanctœ Triiiitatis (V. Gcsta Coiiiifii/ii Andegavontiu , p. 46 et =)ii; et porte ce livre des Leçons que Foulques Nerra, retournant de la Terre sainte, y apporta un grand morceau du sainct Sépulcre, qui s'y veoït encore gardé, grand comme une large pierre d'arquebuse, et semble estre un esclas de marbre blanc qu'il mordist en le baisant et arracha à belles dents, la pierre s'enlevant par miracle, parce que les syndics gardant ledit sainct Sépulcre, ne voulant pas qu'il entrast audit sainct Sépulcre que pour une somme de deniers, et encore à la charge qu'il pisseroit contre ledit samct

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Phot. Yvon.

Objets trouvés dans le tombeau de Foulques Nerra en 1870.

Sépulcre, il paya la somme et ayant rempli de vin blanc une vessie de bélier qu'il s'estoit attachée entre les jambes, il la veida en ce sainct lieu, comme si c'eust été son urine.

« A cause de quoy les Syriens le caressèrent et le laissèrent retourner avec du bois de la vraie croix, et une lampe de l'huile miraculeusement et divinement allumée le jour de Pasques. Et passant par Rome, il obtint du pape Sergius les os des saints Martyrs Crescent. Darie et Laurent, qu'il meist en ladite abbaye de Beaulieu. Les deux corps saints, à ce que dit Duchesne, furent emportés par les Anglais. Au surplus, ce fut ce mesme pape Sergius auquel il offrit ladite abbaye par luy construite à la tenir et relever de Saint-Pierre, en payant tous les ans 3 sols de Poitou pour rente', a-

Les réflexions de du Buisson, au point de vue topographique, nous amènent à faire une observation. Nonobstant les soins qu'on peut y apporter, il est bien difficile que l'homonymie ne soit pas quelquefois un obstacle à l'identification des noms de lieu. L'erreur s'est produite en particulier pour Beaulieu. L'auteur de la première table des Mémoires de la Société archéologique, à la suite et sans distinction aucune, a mis le Beaulieu qui nous occupe et Beaulieu « fief » (t. XV, p. 5 ), pour lequel il renvoie au tome XI (p. 182, 186 ). Or, en cet endroit, il est question de Jean Berthelot et de Jean Ruzé, seigneurs de '■' Beaulieu ». De son côté, M. de Busserolle a contribué à embrouiller la cjuestion, en passant de la nonidentification, qui n'avait que le tort de laisser le point dans le vague, à l'identification inexacte. C'est ainsi que le tlef de Beaulieu, " possédé // par les Berthelot et les Ruzé, il le place sur '■' la commune de Joué-lès-Tours *, par confusion avec un lieu dit de ce' nom (Diciionn. tï Indre-ei-Loirc , t. I, p. ly^ ).

De fait, ainsi que l'établissent les documents, le fief de Beaulieu, qui se trouvait aux mains des familles mentionnées, était sur

' Bibliothèque Mazarine, ms. 4, 403.

A TliAVERS L'HISTOIRE

la commune de Champigny-sur-Veude. A plusieurs reprises, nous avons eu à en parler d'après des actes de cette dernière paroisse, ainsi que de celle de Richelieu.

De même, l'identité dii nom a porté à attribuer à l'iconographie

i/i/Mr^/n^'9^s<:

Église bcncdictinc de l'reiiillv en Toiiraine (avant la restauration).

de notre Beaulieu un dessin de Gaignières, le tombeau de l'abbé Geoffroy Suet ( xvr siècle î, qui se rapporte à une autre abbaye de Beaulieu. La même confxision s'est glissée également au sujet de l'abbaye de Preuilly, ainsi qu'on peut le voir dans l'Inventaire de M. Bouchot et dans les notes de ceux qui s'en sont inspirés.

On a prétendu que l'abbaye eut le droit de battre monnaie. Le droit de battre monnaie appartient à l'autorité publique, qui l'octroie et l'exerce comme il lui convient. Beaulieu fut-il, à l'époque mérovingienne et carolingienne, en possession de quelque atelier monétaire? On ne connaît pas de pièces de cette période, bien que plusieurs localités pas plus considérables aient laissé leur nom sur des monnaies. Au surplus, Loches, dont relevait la chàtellenie de Beaulieu, ne nous otfre pas de pièces de l'époque mérovingienneV

Au cours du moyen âge, l'abbaye reçut-elle l'usage de ce droit? On a prétendu que le couvent battit monnaie « à Loches jusqu'au temps de Philippe le Bel // ; les pièces auraient porté, d'un côté un saint Sépulcre avec le nom du roi, et, de l'autre, les armes des comtes d'Anjou avec la légende : Monda LoiJiiciisis-. Pour notre part, nous hésitons à nous ranger à cette manière de voir, qui ne nous semble pas suffisamment justifiée.

Si nous touchons au xviii" siècle, nous nous trouvons en présence de documents intéressants. On sait qu'au début du xviii' siècle les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur pensaient à donner une nouvelle édition du Gallia christiana. A cet effet, au chapitre général tenu à Marmoutier en 1708, on décida d'envoyer des religieux " visiter les archives des églises cathédrales et des abbayes ». travail de patientes recherches qui devait durer six années. Le docte dom Martène fut chargé de cette tâche, de concert avec dom Durand. ''' Après avoir reçu les prières des voyageurs et la bénédiction du Père prieur, » ils se mirent en route le matin du II juin, en atteignant et remontant la vallée de l'Indre.

Leur première étape fut précisément le couvent de Beaulieu. '•' J'arrivai ce jour-là au monastère de Beaulieu, raconte dom Martène. Cette abbaye fut fondée au début du xi" siècle par Foulques

' l'ontun dAmèL'uurt , Recherches sur les nuiniiaies mérùviiiiyieniic'i Je Tour.iiiie. 1868. ■•' C. de Busserolle, Dictionnaire d'Indre-el-Loire, art. Beaulieu, p. 100.

A TRAVERS L'HISTOIRE 171

Nerra, comte d'Anjou, qui y mit des religieux de l'ordre de Saint- Benoît et la choisit pour sa sépulture. L'on y voit encore son tombeau dans l'église, près de la sacristie, si;r lequel on lit cette épitaphe qui m'a paru récente i nous avons donné ailleurs cette inscription). Je travaillai le reste de la journée à rectifier le catalogue des abbez, et le lendemain matin je fus à l'église de Notre- Dame de Loches'. /,

Si nous ouvrons l'ouvrage d'Expilly. nous y lisons pour Beaulieu: "Trois paroisses : Saint-André, 92 feux; Saint-Laurent, 92 feux, et Saint-Pierre, iso feux; en tout, •524 feux. La ville a pour armes la représentation du saint Sépulcre. Abbaye fondée en loio par Foulques Nerra, en commande, vaut 4000 livres de rente, le taux en cours de Rome est de 108 florins. Le fameux Qiiinot, professeur de théologie en Sorbonne, bibliothécaire du collège des Quatre- Nations, fut abbé commandataire de Beaulieu au début du siècle. Il y a une belle maison de chanoinesses régulières de l'ordre de Saint- Augustin, sous le titre de Filles de la Mère de Dieu, établie en 1643 par Catherine de Boursault de Viantais, religieuse aux Véroniques de Blois, du même ordre, d'où elle sortit pour faire cet établissement; les prieures perpétuelles sont à la nomination de l'archevêque de Tours: 50 ou 60 religieuses et converses; en

' Voyaiie littéraire de deux religieux bénéikiins.. in-4", (Paris, 1711), p. 2-3. Doni .Martène ne décrit pas le couvent de Beaulieu. R^n revanche, il mentionne plusieurs détails de l'église collégiale du château de Loches: " La voCite se termine en quatre pointes, et les deux extrémitez sont deux gros clochers. A côté de cette église est l'ancienne église de Loches, que l'on prétend avoir été bâtie par le roy Childebert: elle est étroite, moins longue; les voûtes en sont plates, les fenêtres petites et étroites, et tout y ressent son antiquité; elle ne fait qu'un même corps avec l'autre église, et on peut la regarder comme son collatéral. » L'historien signale à l'intérieur le tombeau d'Agnès •■ en marbre .», et « dans la nef un tombeau d'tin seigneur de Préaux, qui porte dans son écusson trois poires de bon chrétien; autour sont douze chanoines qui ont l'aumusse sur la tête; mais le doyen qui, jusqu'à nos jours, n'a point eu d'autre qualité que celle de prieur, porte la mitre, aussi bien que le chantre, dont le bât(m, l'ait presque comme une canne, se termine par une petite pomme *. Dom Marténe ajoute : '•- Une des plus grandes curiositez de Loches, c'est une meule du moulin de saint Ours, qui, depuis environ douze cens ans, subsiste dans son entier, sans aucune diminution, quoyque les meuniers la piquent tous les jours *, au rapport des personnes de la ville et du pays [loc. cit., p. .Vi.

172 l.'ABP.A^l-: DE lŒAULlEU-LLiS-LC JCllES

outre 2=1 à "^o pensionnaires. Dans la ville, il n'y a pas d'autre juridiction que celle de l'abbé; elle a néanmoins un maire et échevins particuliers, choisis, ainsi que ceux de Loches, par le gouverneur de la ville de ce nom'. »

De son côté, le savant bénédictin dom Rousseau écrit : " Beaulievi, ville, abbaïe et baronnie. D'abord église de Saint- Pierre; les abbés érigèrent deux autres paroisses: environ 2=, arpents de terre. Il y a aussi Saint-André après 1173, et Saint-Laurent vers i22(). Beaulieu renferme un monastère de religievises chanoinesses, appelées Viantaises. La jr;stice est exercée par un bailli, un lieutenant, un procureur et un greffier. Le siège tient une fois la semaine ; il y a aussi des notaires. La baronnie a droit de banlieue, circuit, tief et justice, boucherie, halle et marché par chaque samedi (il ne se tient plus), de bar de vin, maladreriè, hôtellerie, police par toute la ville et faubourg. Les habitants sont qualifiés francs-bourgeois dans un aveu au roi par Guillaume du Mayne, abbé, en août is=)i.

« Entre Beaulieu et Loches, pont et turcie fort habitée; on dit que l'on passait autrefois au pont de l'Isle-Augé, qui paraît être un ouvrage de Renaissance.

« L'abbaye, sous le nom de la Sainte -Trinité, a été fondée par Foulques Nerra, au commencement du xf siècle. Son corps repose sous un tombeau à l'antique, près la muraille de la croisée méridionale de l'église.

'< L'abbé est seigneur et baron de Beaulieu ; il nomme aux trois cures de la ville et à toutes les places de la justice, haute, moyenne et basse. On voit dans le cloître une pyramide assez singulière'. »

Au xviif siècle, le monastère compta dans ses rangs un religieux érudit, dom Galland, qui a écrit un mémoire conservé manuscrit à la Bibliothèque Nationale. Nous résumerons ici ce travail, dont nous avons détaché ailleurs quelques passages.

' Dictionnaire des Gaules, (Paris, 1762), art. P.caiilieu. "^ Collection D'Housseau , t. XIV.

A TRAVERS L'HISTOIRE

Pour l'abbaye de Beaulieu, M. de Maroiles en fixe la fondation en r)c)8, et d'autres conviennent qu'elle a été achevée en 1007 ;

Abbatiale do Beaulieu, état en iH52

dédicace en mai loio, d'après la Chronique de Beaulieu. Foulques, qui avait fait bâtir le donjon de Langeais en 984, donna aux moines

Saint-Laurent de Langeais. Foulques mourut à Metz, le 21 juin 1040; ses entrailles restèrent là, et son corps fut rapporté à Beaulieu, selon sa volonté; on le plaça sous le transept du midi. Le mausolée est en façon de chapelle voûtée adhérente au mur, et en tuffeau ; la figure du comte est cassée, et on n'y voit point de bouclier. Parmi les grands travaux de Foulques est le pont de Chinon, pour passer une armée après la prise du château de Saumur en 102=1. A Beaulieu il donna, entre autres, le marché du samedi et le droit de battre monnaie.

La charpente et la voûte de l'église furent renversées par un ouragan le jour de la dédicace; le comte Foulques la lit réparer sur-le-champ et y mit pour la seconde fois un clocher dont la forme représentait le Saint-Sépulcre, vers Tan 1012. En 1412, Beaulieu fut pillé et brûlé par les Anglais, et de l'église il ne resta que les murs et les voûtes des deux croisées, et celle qui porte le clocher qu'on appelle le Saint- Sépulcre, qui subsistent encore, excepté le clocher qui fut renversé par l'ouragan du is mars lysi. Les religieux sauvèrent les reliques, en les mettant au château de Loches, comme on l'avait fait en n()<-).

Sous Charles VII, l'abbé Guillaume Moreau répara l'église, en particulier avec les libéralités de Jean de Cignori, curé de Saint- André de Beaulieu et chanoine de Loches, qui donna cent cinquante écus d'or; les abbés Hugues et Jean firent les voûtes des deux croisées; les abbés Hugues et Hardouin Fumée, la voûte du choeur et son pilier; l'abbé Jean de Bourdeilles fit voûter le collatéral du côté de l'épître, et Jean de Cignori, curé de Saint -André, le collatéral de l'évangile, comme leurs armoiries sur les clefs de voûte le démontrent.

En IS62, Beaulieu fut pillé par les protestants. L'an IS77, le 9 juillet, la voûte de la nef et la charpente de l'église furent renversées par un vent impétueux.

Le 8 juillet 1662, les religieux réformés de Saint-Maur y

A TRAVEF<S L'HISTOIRE

entrèrent. On conserve dans le trésor un nombre assez considérable de reliques : outre le morceau de pierre du saint Sépulcre et une parcelle de la vraie croix, on y voit une côte de saint Laurent, martyr, et quelques ossements de saint Hermeland, et plusieurs autres d'un saint René, martyr, de saint Ours et de saint Gatien , évêque de Tours , et de saint Symphorien, martyr.

L'abbaye a pour armoiries :

d'azur à une église ornée de trois clochers d'argent, rangés de front et, au-dessous, le saint Sépulcre aussi d'argent; sur le tout trois fleurs de lys d'or, deux en chef et une en pointe; brisé d'une bordure de gueules, timbré d'une couronne ou tortil de baron et orné d'une crosse et d'une mitre.

Les religieux ont eu par la charte de fondation le droit de faire battre monnaie, droit qui a subsisté jusqu'à Philippe le Bel.

Le roi Louis le Gros acheta en 1 1 18 de Foulques V, comte d'Anjou et

roi de Jérusalem, le droit qu'il avait de faire battre une monnaie marquée d'un côté des armoiries d'Anjou, et, de l'autre, des armes de la ville où elle était fabriquée. (Dom Galland, à propos de la monnaie, donne l'interprétation transcrite par M. de Busserolle, et nous avons dit plus haut ce qu'il faut penser de ce droit monétaire.)

Geoffroy IV l'hintagenet,

comte de Touraine et d'Anjou.

(Émail du xiT' siècle, au iVians.)

Pour aller de Loches à Beaulieu. on passait autrefois sur un pont Auge, dont on voit encore des vestiges.

La ville peut contenir en grandeur vingt -cinq arpents : elle est entourée de miirs et de tours, avec quatre portes, dites de Châtillon, de Loches, de Guigné et de Saint -Pierre.

Outre les faubourgs, il y a trois paroisses. Saint- Pierre, antérieure à la fondation de l'abbaye, a été rebâtie par les abbés; elle vaut environ 700 livres. Saint-André est bel et bien voiitée ; elle ne subsistait pas en 11 7^1. et le premier curé est de 127s environ : la cure vaut s=,o livres.

Saint- Laurent était originairement une simple chapelle, dont le chapelain prit le titre de curé en 1229; la cure vaut environ 400 livres en casuel et fondation, car il n'y a aucun fonds.

Les chanoinesses sont habillées de serge blanche comme les chanoinesses de Latran, avec un rochet de toile par- dessus leurs robes, et elles mettent un surplis par- dessus le rochet. quand elles assistent au chanir. En hiver, elles portent une chape au lieu de surplis.

Le collège, avant d'être rattaché à Loches, était entretenu par les abbés, qui payaient annuellement 100 livres pour deux régents. On y étudiait en théologie, et on y voit au xV siècle Jean Bertha, professeur de théologie.

La baronnie, conformément aux édits de Charles IX et de Henri IIL comprenait les trois châtellenies de Trion, en la paroisse de Bray ou Reignac ; de Malville, sur diverses paroisses dont la Chapelle-Saint-Hippolyte, Saint-Jean-sur-Indre, et la Sarpillière sur Perrusson et Saint-Jean ; le châtel est dans la paroisse de I^errusson. Prieurés dans le diocèse de Tours, dépendant de Beaulieu : Saint-Ours de Loches, Notre-Dame de Crouzilles, Saint-Pierre de Balesme, Saint-Laurent de Langeais, Saint-Jacques et Saint-Philippe de Mouzay, Saint- Pierre, Saint-André et Saint-Laurent de Beaulieu, Saint-Pierre de Perrusson. Saint-Médard de Dierre. La

A TRAVERS L'HISTOIRE 177

présentation à Saint-Médard de Dierre est alternativement avec les archevêques de Tours, qui succèdent aux abbés de Saint- Julien, dont la mense est réunie au collège des Jésuites.

Tels sont les renseignements généraux que nous trouvons dans le Mémoire de dom Galland, religieux de Beaulieu, touchant l'abbaye et ses dépendances.

Avant d'aborder ce qui concerne plus spécialement le côté temporel de l'abbaye, c'est-à-dire les éléments extérieurs nécessaires au développement et au rayonnement de la vie monastique, nous terminerons ce chapitre par un document qui nous vient ici sous la main. Nous voulons parler d'un manuscrit c|ui a été écrit dans les dernières années du xvii'-' siècle. Il s'agit d'un tableau cie la province de Touraine, dressé par l'intendant en 1699, ^^ ^^^^ ^ pour titre : Méiuoire conccniaiit la généralité de Tours. Nous y lisons, au sujet du couvent qui nous occupe : " Beaulieu près de Loches, de l'ordre de Saint-Benoît, de la Congrégation de Saint-Maur, fut baty et fondé en l'année loio par Foulques Nerra, comte d'Anjou et seigneur de Loches. L'abbaye est de quatre mille livres de revenu; les religieux sont au nombre de dix; leur mense est composée des offices claustraux et jouissent de trois mille deux cens soixante et douze livres. L'abbé est M. Charles Boileau, nommé en l'année lOy-;; il est de l'Académie française et prédicateur ordinaire du Roy '. »

* Ms., pag-e 118. Par manière de conclusion sous le rapport du clerg-é, le Mémoire dit : »■ Le nombre des ecclésiastiques hénéficiers est de i^nO. Le nombre des religieux est de 4g2, et celui des religieuses de 8q3. Toutes les abbayes valent de revenus , tant pour les abbez que pour les religieuses, ii636ô livres * (p. 14O).

1 nous avions à grouper des documents sur les domaines de l'abbaye de Beaulieu, nous n'aurions qu'à analyser, aux Archives départementales d'Indre-et-Loire, dans la série H, les liasses du n" 8 au n" 13 ; mais, comme notre but est tout différent, nous nous bornerons à certaines indications sur ce sujet.

Tout naturellement le plus grand nombre des pièces a trait à la gestion temporelle de l'abbaye et comprend une série de baux qui vont de 1=, 34 à l'époque de la Révolution et comprennent les liasses 8 à 13 inclusivement. A cet égard, nous ne relèverons que quelques notes. On sait que, parmi les abbés de riche lignée, à Hugues Fumée (i48=,-c)4) et Hardouin Fumée ( i4c)3-i=,2i) succéda Jean de Bourdeille, de l'illustre famille qui a fourni le célèbre caïdinal- archevêque de Tours Élie, au xv" siècle, et l'illustre historien Brantôme au xvi" siècle. Jean, qui fut nommé en IS2I et décéda en is"^. passa, sa dernière année, un bail à ferme de la dîme de l'abbaye, paroisse" de Saint-Ours, et du moulin Quintefol, moyennant 38 muids de grain et 300 fagots de paille I H, 8). Un bail du milieu du xv!"" siècle est fait par Charles Turpin, prieur, et Michel Poirier, sous-prieur 1 H. 11). En i6is, Radegonde Viez lit un testament par lequel elle légua i v, livres 6 sols à l'abbaye. Parmi les clauses, « elle ordonne estre mis sur

sa sépulture une tombe de pierre dure où sera escript le nom de ses feux père et mère et le jour de son trépas. »

Par acte du 21 mars i66is, une transaction eut lieu entre les habitants de Beaulieu et les religieux pour l'entretien de riiorloge, et il est question d'un jardin dont ils retirent quelque profit. Dans la pièce, on remontre c^ue l'horloge, posée sur une des grosses cloches, « faute d'être montée et conduite, ne va point en sorte que les heures ne peuvent estre cononues. /, Les religieux reconnaissent que les instruments de l'horloge dépendent des habitants, et qu'il y a intérêt à en bien régler la marche. En conséquence, on accorde pour la conduite de l'horloge une rente de 6 livres sur un jardin, joignant le jardin du curé de Saint-André.

Dans les documents il est question, en particulier, des

fours banaux de Saint- Pierre Abbatiale, tour des cloches, iL-oupe verticale).

et de Guigné, ainsi que du

commandeur de Fretay, maison de Templiers située dans la

région et possédée actuellement par M. le comte Boulay de La Meurthe, et enfin des chanoines de Loches.

En 1687, le commandeur était Jacques Voyer de Paulm}^ Il prétendait avoir droit de basse justice dans le faubourg; mais il est spécifié que les coutumes du duché de Touraine lui dénient ce droit (H, 8). Parmi les noms connus, on voit ceux d'André, François et Laurent Lesourd, propriétaires à la Thibaudière, et de Claude Lesourd, propriétaire à Corbery. Au nombre des actes on remarque des baux au sujet des pêcheries, et des dons d'habitants des paroisses de Saint- André, de Saint- Laurent et de Saint- Pierre, octroyés en vue de faire réparer l'horloge de la localité et de l'abbaye (H, 121.

Un arrêt du Parlement du 12 août 17^7 régla les aumônes. A cette occasion, une supplique venant de l'abbaye, de Scabre, curé de Saint-Pierre, de Cossin, curé de Saint- André, de Noiret, curé de Saint- Sauveur . de syndics et d'habitants, mentionne la distribution d'aumônes faites à la porte de l'abbaye : 100 boisseaux de blé le jeudi saint, et 2 boisseaux par semaine, du mardi après la Saint-Martin au mardi après la Saint-Jean-Baptiste. La supplique ajoute que cela pouvait donner lieu à des attroupements dangereux; que la distribution était peu profitable aux véritables pauvres de Beaulieu, à qui elle doit appartenir de préférence aux étrangers, et que ces aumônes deviendraient plus utiles si, à l'avenir, elles étaient distribuées par les religieux de l'abbaye aux pauvres des trois paroisses, d'après l'état que les curés donneraient au sujet de leurs pauvres.

En conséquence, la Cour ordonne qu'à l'avenir ces aumônes « seront distribuées aux familles les plus indigentes de chacune des trois paroisses de Beaulieu, suivant le rolle qui en sera dressé chaque année dans une assemblée tenue à cet effet, en l'abbaïe, à la fin d'octobre ou au commencement de novembre, assemblée formée du prieur, des curés et marguilliers, des officiers de justice

et du syndic >/. Au surplus, défense était laite * à tous mendians ou autres de s'assembler à la porte de l'abbaye ou ailleurs, sous prétexte de ladite distribution ou autrement, à peine de punition corporelle >/.

En lySs, le cellerier de l'abbaye était dom Fr. Audiot. A cette époque, il rendit un compte général des revenus. Dans ce cahier, qui est le sommaire des registres de comptes non conservés aux archives, on remarque le total du revenu pour cette année. Le revenu perçu se monte à 1226s livres 10 sols; il reste à recouvrer, tant bien que mal, 11 481 livres, ce qui formerait un revenu annuel de 21 74(1 livres 10 sols, en comprenant les créances plus ou moins recouvrables (H, 911 1. Au milieu du xviii" siècle, une déclaration des biens avait été faite en vue des impôts, et l'on y remarque le commandeur de Fretay (H, 987 >'.

Dans les '< Livres de rentes des prieurés dépendant de Beaulieu >/, on relève les prieurés suivants : Saint-Pierre de Seronne (Anjou, paroisse de Châteauneuf), dîmes, cens, rentes, terres, prés, pêches, etc., SiO livres; Fontaine-Guérin (Anjou), pour 7 ans, 270 livres; Monthou, affermé 2SS livres par an; Notre-Dame de Crouzilles, 120 livres; Saint-Médard de Dierre, =,00 livres; Saint- Jean de la Jarrie, 160 livres. On y voit également une liste des cures et prieurés qui dépendaient de l'abbaye'.

Les pièces relatives aux divers prieurés sont réunies dans des liasses spéciales. Celles du prieuré de Balesme vont de IS02 à 1782, et l'on y remarque, en particulier, un aveu, à cause de la seigneurie de la Haye, à Hercule de Rohan, duc de Montbazon, en 1643, et un autre aveu à Henri de Rohan-Guéménée, en 1782 (H, 14).

' Parmi les indications, on renconire un mémoire du poisson fourni par le sieur Peluard aux Bénédictins, du i5 octobre 178^ au ih avril 178.5, pour 323 livres ibrochet et carpe à g s. la livre), et du 24 février au lô avril, il y en a pour 169 livres, à cause du temps du carême.

'•' H, 21, registre de ibg';--i"(p.

182 L'AI'.BA^K Dl^ BEAULIEU-LÈS-LOCIIES

Les actes du prieuré de Croiizilles vont de 146-; à 1779, et parmi les baux des terres il y en a de passés par Baptiste Fumée, infirmier de l'abbaye; Pierre Lamy, profès, et André Petit, pitancier. Outre un aveu à Jean Le Bâcle, écuyer et seigneur du Puy ou Puy-Bacle, paroisse de Crouzilles, en 14=)^, on remarque un plan de l'église, ainsi que du logis et jardin du dit prieur ( H, 15).

Les pièces dii prieuré de Saint-Jean de la Jarrie, de 1(190 à 1789, montrent notamment un bail fait par dom Pascal Benoît, prieur claustral de Beaulieu et procureur de François Cabarat, religieux de Saint-Maur et titulaire dudit prieuré. Une note fait observer que ce prieuré dépendait de l'abbaye de Tiron, au pays chartrain, et que le susdit titulaire en abandonnait le revenu aux religieux de Beaulieu, à la charge par ceux-ci d'acquitter le service (H, 16).

Les actes se rapportant au prieuré de Saint- Ours de Loches vont de 1S94 ^ i7'^9) ^t il J 6st question, notamment, de la maison prieurale, située au quartier du Petit-Fort, proche l'église paroissiale de Saint-Ours, dont les restes paraissent à l'est, à micôte, au-dessous de l'église actuelle, ancienne collégiale du château érigée en archiprêtré (H, 17). Ailleurs, on rencontre un arpentage de vignes dépendant de l'abbaye en divers endroits. Cet arpentage, fait en 1719, mentionne 347 arpents et 77 chaînées de vigne (H, 187).

En outre, les Archives d'Indre-et-Loire renferment un registre important pour l'état du domaine. En un in-folio de 460 pages, précédé d'une table alphabétique, on trouve la ''- Lieve déclarative ou papier de recepte de tout le revenu des religieux de l'abbaye royalle de Beaulieu, ordre de Saint-Benoist, congrégation de Saint-Maur, commençant le i" janvier mil sept cens deux /,. Nous en extrairons ce qui peut nous éclairer sur les possessions et la gestion de l'abbaye.

ADMIMSIKATION TEMPORELLE

Mense conventuelle.

La châtellenie, lief et seigneurie avec la métairie de Malville, cens, rentes, terrages, bois taillis, garennes, droit de pêche dans trois cantons de la rivière d'Indre, situez dans les paroisses de la Chapelle-Saint-Hippolyte, Saint-Martin et Saint- Jean, avec cinq

Loches, avec les restes de l'église et du prieuré Saint-Ours, au-dessous de la collégiale.

arpens de pré et les trois quartiers, affermés pour neuf ans, pour 2SO livres.

Les dames religieuses chanoinesses de la maison de Beaulieu doivent, le 12 avril, 2=, livres de rente pour l'indemnité du moulin des Bordes et ses annexes, situées dans le fief de Mal ville.

Les dixmes du canton de Fretay, affermées pour 10 ans à 1 10 livres par an.

Les dixmes du canton de Boisclair, affermées pour 9 ans à 90 livres par an.

Les dixmes du canton de Granvaux avec une grange et le canton de Halo, 400 livres par an.

184 1;A1HÎA^ li DE BEAULIEU-LÈS-LOCHES

Les dixmcs du canton du Bois-Sainte-Marie, affermées 140 livres.

Les dixmes de le vin, dans la paroisse Saint-Ours, sont affermées à 40 sols Tarpent. par transaction entre M. d'Argenson, abbé commandataire de cette abbaye , et messieurs les habitants de Loches (16-^6), et selon l'arpentage de i^kSi , il s'en trouve environ 400 arpens ; mais on en a beaucoup arraché et beaucoup se partage avec le curé de Chanseaux.

Le moulin de Quintefou est affermé avec quatre arpens de pré pour 5 septiers de froment et su de méteil payables par quarte.

Le moulin à foulon de Beaulieu est cionné à rente aux Girouard pour 40 livres par an.

Le lief et seigneurie de la Grange à l'abbé consiste en cens, rentes, bled et argent (feuille blanche). La terre du Clozeau-Testart, près Bourdillet, appartenant à M""" de Mauvière, doit à la Saint- Michel un septier de froment.

Sept quartiers de terre situez au gué aux Vaches, appartenant au sieur Beauregard, doivent 4 boisseaux de froment et 6 deniers de cens.

Pitancerie unie.

Cet office comprend la prée Saint-Ours, consistant en 10 arpens 7=i chaînées de pré : chaque arpent est affermé environ 40 livres. Cinq arpents de pré près Brèches, chacun environ 20 livres.

Un arpent de pré dans la grande prairie de la Foire, dit le Grand- Arppnt, affermé 38 livres.

Le four banal de la ville de Beaulieu est affermé pour 9 ans ( 1703 ), 200 livres.

Le droit de four banal dans l'étendue des faubourgs de Saint- Pierre de la ville de Beaulieu, affermé pour 18 livres de rente.

Le droit de four banal du faubourg de Guygné , de la ville de Beaulieu, affermé 30 livres.

La terre, fief et seigneurie des Serpillières est fait valoir par la

communauté et est entre en partage sur le pied de 192, ce qui fait avec les prés et les fours cy devant dénommés, dépendant de la Pitancerie, 1074 livres (série des diverses pièces de terre 1. Un arpent de pré, dit des Mées, avec le ferrage des Ajoncs dépendant

Beaulieii, église Saint- Laurent (xir'-xv-' siècle, façade ouest).

des Serpillières, alfermé 30 livres. La Bourderie, au-dessous des Serpillières, offre v livres.

Le fief et seigneurie de la Pitancerie située en Beaulieu et environs, consistant en cens et rentes (page blanche).

L'héritage de Fosse-Martel ou Bordebure, paroisse de Saint- Qvientin, de 14 arpents 2 quartiers, doit à la Pitancerie 16 boisseaux de froment, 3 chapons, i poule et =, sols de rente. Sur 3 arpens et demi de terre, paroisse Saint- Pierre de Beaulieu, est due à la Pitancerie 8 boisseaux de froment, mesure de Beaulieu, 2 chapons et i poule de rente.

La terre, fief et seigneurie du Portail, relevant en arrière- fief de la Serpillière, doit 20 boisseaux de froment bon, sec et nouvel,

186 i/AniîAVE DE beai;lii:u-les-lociies

rendu à l'abbaye et mesure d'icelui, et de plus au pitancier, à muance d'homme, foy et hommage, une paire d'éperons dorez ou

5 sols.

La fresche de Chezelles, contenant fi=, arpens c)2 chaînées, doit à la Serpillière 24 boisseaux de froment sec et nouvel et 2 sols

6 deniers.

L'Aubuis. ou fresche d'Esset, de 4 arpens lo chaînées, doit à la Pitancerie 4 boisseaux de froment mesure de Beaulieu et 6 deniers de cens.

Sur un arpent de terre en Picaudin ou plus, joignant ladite terre de trois parts aux terres de M. Jacques Bouillac, d'autre part au chemin tendant de Corbery à la forest de Loches , est deu par ledit sieur Bouillac 7 livres par an à la Pitancerie.

Sur une maison près le Pilory (page blanche).

Sur un jardin en la rue Bourgeoise de la ville de Beaulieu, joignant à la rivière (en marge les dames religieuses de Beaulieu en jouissent), 20 sols.

Sur un jardin en la rue de la Vieille-Boucherie, 26 sols 6 deniers.

Sur une maison en la rue Basse du faubourg de Guigné, un jardin et vignau, 2 sols 6 deniers.

Sur une maison en la rue de Guigné, joignant d'une part au pavé du roi, 7 sols 6 deniers.

Le droit appelé droit de filet et d'ongles, de tous les porcs qui se tuent et débittent dans Beaulieu, affermé 3 livres.

Sur une maison de la rue Brûlée est du 6 sols.

Sur une autre maison, cour et jardin, en la rue Brûlée, est du 12 sols 6 deniers.

Par les sieurs chapelains de Sainte-Barbe, de la Varenne et de Saint-Nicolas de Cignory, desservie en l'église collégiale du château de Loches, est du 2 sols 6 deniers à Noël.

Sur une maison et jardin de la rue Neuve est deu 10 sols.

La maison et jardin de la V^arenne , appartenant à ^L Jacques Doiisset l'aîné, doit lo sols.

Le liel, terre et seigneurie de Mossay, en la paroisse de Favrolles en Berry, consistant en une chapelle de Saint-Gilles, bois, taillis, prez, terres labourables, dixmes de vin, cens, rentes, terrages, affermé i=ïo livres.

La terre, le fief et seigneurie de la Roche en Muzé, diocèse d'Angers, dépendant de la Pitancerie, consistant en une chapelle, une métairie, terres, prez, bois, vignes, pescheries, cens, rentes, avec 20 arpents de pré en la rivière de Fouzon, 800 livres.

La métairie de la Serpillière est donnée à ferme à moitié, et la communauté fournit d'un homme pour la métairie et pour battre les blés; le fermier est obligé de donner tous les ans une chartée tie branches d'arbre pour faire la rame i avec chapons et poulets), et aussi de faire charroi pour mener le vin.

Petit- Couvent.

Dvr Petit- Couvent dépendent 10 arpents de prez en un tenant, situez aux Anglées, affermés à divers particuliers environ is livres par arpent; un arpent et demi -quartier en deux pièces aux Anglées, 20 livres; deux arpens, 36 livres; 2 arpents, -;0 livres; 2 arpens 3 quartiers, 18 livres; 3 quartiers de pré en 2 morceaux aux Anglées, levés par la communauté, is livres; =, quartiers de pré au pré Turmeau, V' livres; un arpent de pré au Pré-Clos, 12 livres; le pré des Brèches, affermé 8 livres; 3 quartiers de pré; en trois endroits de la prairie de la Chapelle-Saint-Hypolite , 4 arpens de prez, appelez les Mathurins, proche le pré Saint- Louis, 38 livres; trois quartiers de pré nommez le Bricon, 60 livres.

Le prieuré de Saint-Ours de Loches doit le disner le jour de la feste de Saint-Ours, 28 juillet, apprétié 12 livres.

Les dames religieuses chanoinesses, dites deViantais, doivent

au jour de saint Martin d'hyver "ioo livres de rente foncière annuelle poin- 4 arpens de prez renfermés dans leur enclos.

Un canton de rivière à prendre depuis le ruisseau de Cornillé jusqu'à risle-Auger.

Le sieur Ferrand, pour les Batailles, contenant 40 arpents, 8 boisseaux de froment.

Le sieur Boillac de Chambourg, dit de Champnois, pour =s quartiers de terre à Vaudefeu en Chambourg, 4 boisseaux froment et une poule.

Huit quartiers de terre en la pièce des Grands- Champs, dite la Terre-aux-Moines, 4 boisseaux de seigle, une poule et 3 deniers de cens. La fresche de la Longue- Pièce, contenant 2 arpents, I chaînée trois quarts, 8 boisseaux de froment. La fresche de la Giraudière, en la paroisse de Genillé, consistant en 80 arpens 44 chaînées, doit 4 septiers de froment, mesure de Loches, et s sols. La fresche des Bruères, contenant ^2 arpens terre et pré (paroisse de Vou), doit 4 boisseaux de froment.

Charles Salmon, au lieu de >L Louis de Baraudin. sieur de la Grenouillère, pour un arpent de pré situé à la Magdelaine, 3 quartiers en la pièce de Boutineau et ■; quartiers en la pièce au-dessus de la Fuye Saint-Epin, ou Tour- Carrée, S boisseaux de froment, mesure de Beaulieu, et 10 deniers de cens.

Recepte des cens et menues rentes deus à la Mense conventuelle ou Petit- Couvent.

Au sujet de terres, vignes, prés et maisons (menues rentes), on relève la maison dite le Vert-Gallant à Loches; les dames Augustines de Beaulieu ou Viantaises, pour un jardin situé sur les planches dudit Beaulieu, s sols 6 deniers, et un logis rue Brûlée, 1=^ sols; M. Ambroise Buisson, pour un grand logis rue Bourgeoise, 30 sols; une maison au faubourg Saint- Pierre, 7 sols 6 deniers; maison sur la rue tendant de l'église Saint-Laurent à

celle de Saint-Pierre, s livres; logis, cour et écurie en la nie du Grand-Carrefoixr de Beaulieu à aller au Guigné, 2s sols; 2 arpents de pré sur les chaussées de Beaulieu, 40 sols; au chemin de la Porte-Châtillon à Sainte- Barbe, maison proche la porte Châtillon, 20 sols; maison au faubourg de Saint-Pierre. 1=, sols; maison en la rue du Haut -Carrefour à aller à la porte de Guigné, 100 sols; maison rue Bourgeoise, 4 livres.

Deux corps de logis, cour entre deux, proche le Grand-Carrefour de Beaulieu, 'so sols; une maison au boulevard de Guigné; et, pour une maison aux tossez de Beaulieu, 47 sols, (> deniers; une maison appelée les Indraults en la rue tendant de l'église Saint-André à la porte de Châtillon, joignant à la ruelle de la cour Sainte-Marie, 1=) sols; pour 3 arpents de pré, caves et cavraux et bâtiment en rocs en la vallée de Picaudin, 2 chapons, 2 sols, 6 deniers; une maison, cour et pressoir, proche le petit cimetière de Saint-Pierre, 4 sols b deniers; un jardin au faubourg de la rue Poitevine, 7 sols (> deniers; maison et jardin derrière la rue Basse du faubourg de Guigné, 2 sols; maison, jardin et appartenances au faubourg de Guigné, 10 sols.

M. André Harreau, lieutenant- criminel à Loches, pour un pré et jardin sur l'Indre, 5 sols; pour une chenevril à semer un boisseau de chenevis, au faubourg Saint-Pierre, =io sols; M. le curé de Saint-Ours, pour un quartier de terre aux Gulichères, 4 sols. Le sgr de Barbançon (de Vineuil), la dame du Chatelier, etc., pour 6^8 chaînées de terre, pré, pâtureau et vigne à l'Épinay, 2 sols, 2 chapons; pour i arpent 7=) chaînées d'héritages à l'Oreslier près l'Epinay, i chapon et s sols; pour une maison près la Chapelle Sainte-Barbe, 3 sols; 83 chaînées et maison, ouches, au village des Bessez, <^ sols; i arpent de terre au Puy-Continvoir, 12 sols; 3 quartiers de vigne en Razay, 2 sols; maison et jardin, rue Neuve, devant la Charbonnerie, 5 sols; un quartier et demi de vigne, derrière la Grange à l'abbé, 2 sols.

Antoine Garnier. ponr son logis proche le palais de Loches, 2 deniers, et Louis Chantelou, notaire, pour une maison proche le palais (la maison joint au pavé dii roy et d'autre part aux prisons de Loches). La communauté de la ville de Loches pour la

Châtuaii de Sansac (xvi'- sièck), sur le côté sud de la route de Beaulieii à I.nehes lEtat en i855j.

prison et pour une partie du Palais royal dudit Loches, 20 sols 9 deniers; une maison à Beaulieu, 12 sols; inie maison au faubourg de la Porte- Poitevine, de Loches, joignant à une ruelle à aller de ladite rue en Belebat, -^ sols.

Les dames religieuses de Beaulieu, pour deux corps de logis, cours, jardins, sis à Beaulieu, rue Brûlée, joignant à ladite rue, au logis desdites religieuses et aux fossez de la ville, 10 sols ; une autre maison avec des joignants presque identiques, 12 sols ; une maison

du faubourg de Porte-Poitevine; "? sols, une autre, U) sols; une maison à Beaulieu, s sols; une grange au faubourg de Guigné, 12 sols,

6 deniers: M"'' de Fave, 2 arpens de terre sous les Couteaux du Roy ou la vallée de Turmeau, joignant le ruisseau de Mazerolles, 2 poules et h sols.

Le prieur de Balesme, à cause de son prieuré de Balesme. au jour de la Trinité, 10 sols; un arpent de terre au Quay aux Ouches, proche le village de PIsle-Auger, joignant à l'Indre, 5 sols. La fresche de la Cailletière, de 46 arpens 63 chaînées, doit à la seigneurie de la Serpilière V> boisseaux d'avoine, 2 boisseaux de froment, 4 chapons et 2 sols 6 deniers. La fresche des Poussiers, de is arpens, doit à la Serpilière 1(1 boisseaux d'avoine, 2 chapons et 7 sols 6 deniers. La fresche des Chenevais, de 16 arpens 48 chaînées, doit à la Serpilière 6 boisseaux d'avoine, i chapon, ■? poules,

15 sols I denier. Autre fresche des Chenevais, de 9 arpens et demi,

7 sols 6 deniers. Les Brûlées de 3 arpens, au jour de l'an neuf, 4 boisseaux de seigle et 1 3 deniers.

La grande fresche des Robineaux, de 46 arpens <Si chaînées, doit à la Serpilière 41 boisseaux d'avoine, 5 chapons, i poule,

16 sols 2 deniers. La fresche Touche-Bernelière, de i arpent 26 chaînées un tiers, doit à la Serpilière 6 boisseaux d'avoine, i chapon et 4 deniers. La fresche des Vineteries, aultrement les Petits- Aulnez, de 4 arpens, doit à la Serpilière 2 boisseaux d'avoine, I poule, 2 sols 6 deniers.

La fresche de Barbe- Chenorie. de 12 arpens 30 chaînées, doit à la Serpillière 10 boisseaux froment, (> boisseaux d'avoine, I chapon et 2 deniers. L'Aubuis, ou fresche de l'Esset, de 27 chaînées, doit 4 boisseaux de froment. Un quartier de terre, au lieu de Touche de la Cave, i livre. Les quatre arpens des Chesneaux, situés en la pièce des Grands- Champs, i sol. Les dames Vientaises (dames religieuses de Saint- Augustin) pour 10 arpens de terre joignant au chemin du village de Chillé à Barbe-Neuve,

192 lAVBBAVE DE BEAULIEU-LÈS-LOC 1 1 l':S

au cliemin de Perrière -Larçon à Loches, 12 sols. Sept quartiers de terre dépendant de la Martinière doivent à la Serpillière i sol et une poule blanclie.

La Bruère-au-Moine. de s arpens de bois de haute futaie, dépendant de la Basse-Bouteillerie, doivent à la Serpillière 6 boisseaux d'avoine, un chapon, 4 sols S deniers. Le Poirier-Menard, ou les Vineais. 4 arpens et maison, doivent à la Serpillière 2 boisseaux froment, 2 chapons et 7 sols. Le Magny-Combrosy, de 62 arpens, doit à la Serpillière 27 sols 6 deniers. 2 chapons. La Chesnaye, contenant 60 arpens, doit à la Serpillière 24 boisseaux d'avoine. 4 chapons et 7 sols 6 deniers.

L'aubier doit à la Serpillière 1 boisseau de froment, 2 boisseaux d'avoine et 4 deniers. Les Antes doivent 2 deniers. Les Barbotinières, de 7 arpens, 2 boisseaux froment, 7 boisseaux d'avoine, 2 chapons, i pain et demy, 1 sol i denier. Les Chesneaux, de 2s arpens, doivent à la Serpillière 26 boisseaux d'avoine, 4 chapons, i poule, 19 sols. Le Pré-Fondal ou THérardière, de 12 arpens. doit à la Serpillière 7 sols, 6 deniers, 2 chapons. Les Grands- Aulnez, de 4 arpens ss chaînées, doivent 6 boisseaux d'avoine, i chapon et 12 deniers. Les Prés-Pissouet, de 4 arpens de terre, doivent à la Serpillière 4 boisseaux froment. 12 boisseaux d'avoine, 2 sols 6 deniers. Deux arpens et demi de terre près la Bouteillerie, joignant au chemin du carrefour de la Jouannée à la Bouteillerie.

Le clos Bouquet ou Chesne à l'abbé, de 6 arpens 3 quartiers, joignant le fief du Plessis-Savarv, doit à la Serpillière 2 boisseaux avoine, i poule, 1 sols 6 deniers. Trois quartiers de terre, au lieu dit les Rabineaux, 3 deniers. Fresche des Vingt- Arpens doit à la Serpillière 8 boiseaux froment. 12 boisseaux d'avoine, 4 chapons, 6 sols 8 deniers. Les Marqueries, de is arpens, s sols. L'Ouche à l'abbé, près Saint-Jean, de 12 arpens, 72 chaînées 3 sols 1 denier. Les Buissons- Girard, de 3 quartiers, fi deniers.

Les Perruches de demi-arpent, joignant aux terres de la Chapelle de Trisaque, ii deniers. Cinq quartiers de terre dits les Trarablières, 6 deniers. Le quartier des Chenevottières, 2 deniers. Six quartiers de terre aux Fougeroux, 6 deniers. Trois quartiers du Buisson, joignant au lie! de Fretay, 6 deniers; la Ferendière, 4 deniers; l'héritage des Girard, pour 6 quartiers au Fougeroux, 2 sols 4 deniers; demy arpent au Grand-Noyer, 2 deniers.

La Fontaine -Belle, autrement les Pastureaux, demi-arpent, 7 deniers. Un quartier de terre en la fresche des Perruches, 10 deniers. Trente-trois arpens déterre et bruère, dits THérardière, 7 sols 8 deniers. La vigne des Moussiers, 20 sols, i denier. Cinq arpens un quartier, au bois de Chenevais, où il y a 60 pieds d'arbres, 17 deniers.

Le S°'' de Saint-Senoch doit pour la dite Seigneurie 24 boisseaux d'avoine requerable au jour de saint Brice, et s'il ne Ta pas preste, il doit l'envoyer à ses pilliers, mesure de Beaulieu. Sur 18 quartiers de terre aux Pinaudières, 18 deniers. Crapaudeau doit une mine d'avoine, i sol, 2 chapons. Le terrage du Breuil, dépendant de la Pitancerie, de 4 arpens et demi. Les tailles de Porte-Manteau, de 2 arpens et demi, 2 boisseaux d'avoine. M. Aubry, pour =, arpens de terre tenant à la pièce du bois de Chenevais, 20 deniers.

Le revenu de la sacristie.

La fresche du Bois-Pont, de 5 arpens et demi, 8 boisseaux de froment. La métairie de la Bouteillerie, pour 2 arpens et demi de terre, sis à la Puischarie en Perrusson, 2 boisseaux et une poule. La métairie du Chanvre, paroisse de Perrusson, s boisseaux de froment, i chapon. La fresche Pérolle Poitevine, 4 arpens à Saubonne, 8 boisseaux froment, (> boisseaux d'avoine, 2 poules et 2 sols 6 deniers.

La fresche des Martillons, autrement les Benards, de sept vingt-

sept cliaînées et demi, près le village de Saubonne, 12 boisseaux d'orge, 3 chapons, i poule et 9 deniers. La fresche des Marmouillé, de 8 arpens, paroisse de Dolus, 8 boisseaux froment, mesure de Beaulieu, 1 chapon, 20 deniers. La fresche du Bas-Changrué,

de Chambourg, de ^27 chaînées, 8 boisseaux froment, i chapon.

La fresche du Haut-Changrué ou Noyer- Collier, paroisse de Chambourg, de 4 arpens 86 chaînées, 12 boisseaux froment, 2 chapons et demi. La fresche la Girard, 24 arpens de taille, paroisse de Luzillé, 8 boisseaux froment et 2 sols () deniers.

La fresche du Sacristain, sise paroisse du Fau (Reignac), de 3 arpens, 8 boisseaux froment, i poule. Deux arpens de terre, partie en vigne, au clos des Roches, joignant le chemin tendant du clos des Gulichères à la tour Chevalon, 20 livres. La dixme de la Bouteille, sur le chemin de la Biesse, dépendant de la sacristie et chapelle des Napes, affermée 18 livres. Deux arpens de pré en la prairie de Mauvière, affermés 36 livres.

Par MM. les chapelains de la chapelle de Sainte-Barbe de la Varenne et de Saint-Nicolas de Cignory, desservie en l'église collégiale du Château, est deub =, sols à Loffrande de la grande messe que l'on chante dans notre église aux vendredys des Quatre-Tems, pour l'âme de messire Jean Cignory, à raison de 1=) deniers chaque lois, que lesdits chapelains sont obligés de porter à l'offrande de la grand'messe len 1743, Pierre Drouet, chapelain

Bcniilieii. tiiLir (. hcvaloii, façades siiJ-est.

de Saint-Michel, et Gaspard Laneau, chapelain de Sainte-Barbe). MM. les trois ciirez de Beaulieu doivent chacun 30 sols, le i

our

Beaulieu, chevet de l'abbatiale, état en i855.

de saint Michel, pour le droit d'oblation (en 1670, il y a déclaration de MM. Louis Pottier, Jacques Girard et Isaac Contan;

1742- 1763, M. Scabre. curé de Saint- Pierre ; 1746, M. La Botellière, curé de Saint - Laurent : 1747, M. Colin, curé de Saint- André; 17S9, M. Noiret, curé de Saint- Laurent 1.

L'administrateur du Rozère de Saint- Ours, pour une maison au faubourg de Bourdillet de Loches, joignant à la ruelle Monsabré, i denier; pour une maison au grand carrefour de Beaulieu, 10 sols; pour une maison et jardin, rue de la Vieille-Boucherie,

2 boisseaux, i chapon. Une maison et jardin, faubourg de Guigné, 8 sols 4 deniers. M. Pierre Augeron , conseiller du roi, pour

3 arpens de terre devant la croix du Poiet, joignant le chemin de Beaulieu à Saubonne. 7 sols 6 deniers. Par un logis et jardin, appelé les Indios. sis rue Sainte-Marie, s sols. Pour un jardin sis rue Sainte-Marie, 6 sols.

Pour un jardin et cour, où il y avait autrefois maisons bâties en la ville de Beaulieu, joignant à la mette tendant de la grande rue à l'église Saint-André, i livre. Un logis rue Bourgeoise, 10 sols. Pour une maison et jardin faubourg de Guigné, 4 sols I livre. Au faubourg de Guigné, rue Basse, s sols. Un demiarpent de terre aux Gulichères, 3 livres 20 sols 2 deniers. Trois quartiers de terre, joignant au chemin tendant du carroi Saint- André à la fosse des Huiliers, i poule, s sols. Trois arpens de terre proche Puycoutan, paroisse Saint-André, =) sols 8 deniers. Une cave et jardin rue Neuve, 1 sols. Trois quartiers de terre, appelez Mangouit, proche la Basse- Archette, 2 sols 6 deniers. Trois quartiers de terre aux Gulichères, =i livres.

M. Louis Pottier, comme curé de Saint- Pierre, pour un quartier de terre près la croix du Puybiget,, 14 deniers. Un logis et jardin, rue de la Vieille-Boucherie, 10 sols. Maison et jardin, rue Brûlée, 3 sols. Petit jardin, rue Basse du faubourg de Guigné, 6 sols; morceau de terre, niême rue, s sols. Cave en roc, cour et petit vigneau, id., i denier. Un demi -quartier de terre proche le champ Saint-Epin, i denier. Une ouche rue Basse du fau-

bourg de Guigné, 3 sols => deniers. Un logis et vigneau, id., I denier. Trois quartiers de terre, 21 deniers.

Les Montys de Blois doivent 3 livres à prendre sur le domaine de Blois à cause du cens desdits Montys, 3 livres. Sept quartiers de pré à la Ronde, près la rivière, 7 deniers. Un jardin et une cave dessous, en la mette des Grandes -Caves, 2 sols 6 deniers. Un morceau de terre autrefois en ouches dans l'enclos des Basille, 3 sols. Fresche du Bois-Sacristain, de 3 arpens, 77 chaînées terre et vigne, joignant le chemin du village de Poret à Macquetruans, 10 sols (2 quartiers sans redevance).

Une maison, cour, cave et jardin, de demi-quartier, au faubourg de Bourdillet de Loches, 3 deniers. Un logis et jardin, au dit faubourg, 2 deniers. Un logis, cour, cave et jardin, id., et 26 chaînées de terre au Vau, i denier. Une maison, un fondis et deux jardins, id., 3 deniers. Cinq quartiers de terre au Vau,

5 deniers. Une ouche de 14 chaînées au clos Leconte, i denier. Une maison, cour et jardin, id., i denier.

LTne cave et jardin au faubourg de Bourdillet, s sols. Un logis et jardin, id., 2 deniers. Un logis et jardin, id., i denier. Une maison et jardin, id., 2 sols 6 deniers. Un logis, cour et jardin,

6 sols. Deux maisons et jardin, id., i livre 8 sols 4 deniers. Un logis et jardin, id., 2 deniers. Un logis et jardin, 2 deniers. Une maison et jardin, id., 2 deniers. Une maison, cour et cave, id., 4 sols 2 deniers. Uu jardin, id., 3 sols. Une maison et jardin, id., 2 deniers (quatre domaines sans indication, à Fr. du Caudray, lieutenant particulier à Loches, Fr. Pouissault, conseiller du roy). Une maison et jardin, faubourg de Bourdillet, i denier. Une maison et jardin, id., i denier. Partie de maison et un jardin, i denier.

La veuve Louis de Baraudin, écuyer, sieur de Mauvière, comme mère et garde noble de ses enfants, pour une maison, jardin, terres, vignes et appartenances, au dit faubourg, 13 deniers. Cinq quartiers de terre au Vau, joignant le chemin de Picquois aux

198 L'ABBAYE DE BEAU Ll EU-LES-LOCHES

Prébendes, ii deniers. Un quartier et demi de terre an Vau, I denier. Deux arpens déterre au Vau, 2 deniers. Un arpent en terre, vignes, vigneaux, jardins, cave au bout du faubourg de Gesgon, 2 sols. Trois quartiers de vigne au clos des Pallis, 3 sols. Qiiarante chaînées de vigne au clos de Tournebeuf, i denier, et =i chaînées de vigne, id., 1 denier.

M. Jean Bouillac, curé de Chambourg, pour s quartiers de vigne, audit clos, s deniers. Un demi-arpent de vigne audit clos avec quelques autres terres, id.. doivent le denier à quartier. Trente-trois chaînées de vigne, dit clos, i denier. Cinq quartiers de vigne, id., s deniers. Trente et une chaînées de vigne, id.. I denier. Vingt -cinq chaînées de vigne, id., i denier. Deux morceaux de vigne audit clos, en 8 chaînées, le denier à quartier.

Qi-iarante-cinq chaînées de vigne audit clos, 2 deniers ; neuf chaînées de vigne, id. . le dernier à quartier; six chaînées de vigne, id.,

1 denier; sept chaînées de vigne, id.; huit chaînées de vigne, id., le dernier à quartier ; seize chaînées de vigne, .id, i denier ; quinze chaînées de vigne, id.. i denier. Treize chaînées de vigne, id. Un quartier de terre en Vaudefeu, i denier. Demi-arpent de vigne audit clos. 2 deniers. Quarante chaînées de vigne audit clos, 2 deniers. Un quartier de terre au Violet, 3 deniers. Quarante chaînées de vigne, id., au denier à quartier. Trente chaînées de vigne, id. ; quatorze chaînées de vigne, id.; douze chaînées, id. vingt chaînées, id., au denier à quartier; demi-quartier, id.; douze chaînées. id.; cinq chaînées, id. ; sept chaînées , id. ;

Albert Bouillac. pour is chaînées de vigne, id.; près le chemin des Hellas à Monchenain et quelques autres, id.; terre à la Touche- Ronde, 14 deniers. Pour divers autres terres, 8 deniers, 6 deniers,

2 deniers, i denier. Quarante chaînées de terre. 2 deniers; un quartier de terre, i denier; ^ quartiers de terre, id., ^ deniers; quatrevingts chaînées de terre, 3 deniers; 3 quartiers de terre, 3 deniers;

quatre-vingts chaînées de terre, 3 deniers ; quatre-vingts chaînées de terre, 3 deniers ; soixante chaînées de terre, etc., 8 deniers. Un qixartier de terre, i denier; un demi-arpent de terre, 2 deniers; un quartier de terre à la pointe de la Marcille, joignant du midi la Bouère, I denier; un demi-arpent de terre, id., 2 deniers; un quartier de terre, i denier.

Le Vau Saint-Martin, autrement le parc Saint-Martin, contenant 7 arpents 3 quartiers de terre, 12 sols 7 deniers de devoir seigneurial ; et quelques autres terres sans indication. Dans le tief de la Grange à l'abbé, un logis doit 13 sols 4 deniers.

Revenu de l'office d'infirmier.

Cet office a plusieurs revenus.

La dixme de Chambour, sçavoir le quart et demi de la grande dixme de ladite paroisse, 120 livres.

Trois arpens de pré en la prairie du Roy, près la Maladrerie et Corbery, en trois lopins, 30 livres. Un demi-arpent de pré près la maison de Rouveroy, vis-à-vis du gué, 9 livres. Pré jadis jardin, sis rue Saint-Maurice, n sols. Jardin et cave en roc sis au lieu de la Tour- Cudon, au faubourg des Roches, près le chemin de la Tour-Cudon à la Grotte, d'autre au roc de Vignemont. Deux maisons, cour et jardin, rue Brûlée, (> deniers et un chapon. Deux ouches, rue Saint-Maurice, s sols.

Une maison et jardin au faubourg de Quintefou de Loches, 5 sols 4 deniers. Maison et jardin, rue Sainte-Marie, i livre 2 sols. Maison, cour et jardin, dit la Hurouardrie, rue Saint-Maurice, 10 sols =1 deniers. Un demi-arpent demi-quartier de terre à la Noirais, =, sols. Logis, cour et jardin, faubourg de Guigné, 7 sols. Deux

('hartrcusc du Liticl, dans la réi^ion de lieauliou. clal ancien.

maisons, caves, cavereaux, jardins et vignes au lieu du Crème, près le chemin de la rue Saint-Maurice au clos de Ruzé, 2 sols et 10 deniers. Un vignau et chènevril. faubourg de Guigné, 6 sols 9 deniers. Un quartier de terre au Picaudet, 28 sols i denier; sept quartiers de terre au Champ-Chardori, près le chemin de la Grande- Arche au Porlet.

La métairie de la Huberdelerie, paroisse de Perrusson, 7 sols. Un jardin au faubourg de la Varanne, 2 sols (1 deniers. Un jardin appelé Paradis, rue Saint- Maurice, i sol b deniers. Une maison et jardin à la Galope ou la Petite -Maison, paroisse Saint-Ours. Trois quartiers de vigne au clos du Petit -Marandais, 12 sols 3 deniers. Trois quartiers de vigne au clos des Chauchardon, •5 deniers. Un quartier de pré sur les Chaussées, 6 sols. Trois arpens de pré, id., ■? sols 4 deniers. Fresche du Puy-Blanchet, paroisse de Perrusson, 10 sols b deniers. Fresche de la Touche, id. Un arpent de terre au Picaudin, paroisse de Saint-Ours, 13 sols 4 deniers.

Office d'aumosnier.

La Fresche de Robert Dupont, paroisse de Chambour, village de l'Epinay, 12 arpens i quartier et quatre chaînées, 22 boisseaux de froment, 6 boisseaux de seigle, b d'avoine et 1=, deniers. La fresche du Breuil, de 17 arpents de terre, paroisse de Chambour, 14 boisseaux froment, b de seigle, 4 d'orge, 3 d'avoine et 7 deniers. Sur sept quartiers de vigne en Marandais, un provendier de froment (2 boisseaux), i poule et 4 sols. Sur la fresche dite de Dix-Boisseaux, paroisse de Chambour, 10 boisseaux de froment, b d'orge, 23 deniers. Un jardin en Guigné, d.it le jardin de TAumosnier, 12 livres.

Le moulin de l'Aumosnerie au faubourg de Saint -Pierre, avec terres et-dépendances de la chapelle Saint-Louis, affermé 166 livres. La vigne de l'Aumosnerie. de 7 quartiers enfermés de fossés, près le lieu du Pressoir, 15 livres. Le seigneur de Courbât, à cause des

terres de Vesché et de Muye, dépendant de Toftice d'aumosnerie qu'il a arentez, 40 livres s sols.

Une maison devant l'abbaye, joignant d'un bout au pavé du roy, d'autre à l'écurie du Moulin, et par derrière à la rivière, 7 sols 6 deniers. Deux corps de logis et jardin, rue de la Vieille-Boucherie, 2 sols. Deux maisons et jardin au faubourg de la Varanne, près la rue Naudin, 16 sols, une poulie. Une petite maison et ouche, rue Naudin, 8 sols. Un jardin en la cour Sainte-Marie, joignant le mur de ville, 7 sols b deniers. Une ouche, rue Nevive, 4 sols. Deux arpens de terre en la pièce des Sablons, paroisse de Perrusson, =s sols. 2 poules. Un appenti et cour près la porte de Saint- Pierre, 4 sols. Une ouche au faubourg Saint- Pierre, 3 sols 4 deniers. Un logis et jardin, faubourg de Guigné, => sols.

Office de chambrier.

Un arpent de pré en la prée de la Foire, 3 s livres. Le prieur de Mouzé, annexé à l'office de chambrier, affermé 190 livres. Le sieur prieur de Saronnes, de redevance annuelle, 40 livres. M. le prieur de Meusnes en Berry, à cause de son prieuré, 40 sols. Trois quartiers de vigne à la losse aux Poitiers, près le chemin de Beaulieu à la forest et aux terres du lieu des Fourneaux, 12 livres. Un carton de rivière à prendre à l'endroit où estoient les fourches patibulaires (cet article ne fait qu'un avec le précédent, p. iss^. Une maison rue Brûlée, 3=5 sols. Fine maison, id. , 4 sols. Fine maison, cour et jardin faubourg Guigné, 7 sols 6 deniers. Fin jardin rue du Puy-Meier; un pré à la Grenouillère, de 5 sols. Fe prieuré de Meusnes, 40 sols.

La chantrerie.

Une petite dixme et un petit fief proche de Poret, affermé 30 livres. Un arpent de terre aux Cjèmes, 28 sols. Fin logis près l'église Saint-Faurent, près la rue du carrefour des Morins à ladite église

et près la rue dudit carrefour à la porte de Guigné, 7 sols. Un

arpent de terre près la croix de Puy-Gibert. 6 sols 8 deniers. Une maison rue du Pilory, autrement Puy-Morier, joignant d'une part à ladite rue et d'autre à la rue Manda. 2 livres 10 sols. Une maison et jardin au faubourg de Beaulieu, 10 sols. Un jardin rue de la Vieille-Boucherie, 4 sols. Un quartier de terre dans l'enclos de Basilles, 2 sols 6 deniers.

Le seigneur de la Follaine, près la fresche de l'Aubrière, paroisse de Chedigny, 8 boisseaux d'orge, mesure de Beaulieu, et 20 sols. Cinq quartiers de terre au Champ-Chardon. 4 sols 2 deniers, i chapon. Deux arpents de terre près la cave Marinet et Contray joignant le chemin de Corbery à Contray. et au ruisseau de Contray à rindre, 10 sols. Une maison et jardin faubourg Saint- Pierre, II sols ^ deniers. Logis rue Bourgeoise, <s sols.

Une maison rue du Puy-Morier. devant ledit puy et près la mette à aller à la rue du Manda. 7 sols b deniers. Maison et jardin rue du Manda. 7 sols. Un jardin, rue de la Vieille-Boucherie, 2 sols 6 deniers. Maison, cave en roc, cour, jardin, vignes, terres près la rue Saint-Maurice, 7 sols. Quatre quartiers de terre près les Boublains. paroisse cie Saint-André, s livres. Quatre caves en roc et jardin au-dessous du cimetière de Vignemont, 8 sols.

La chapelle des Nappes consiste dans une petite dixme qui se lève en la paroisse de Perrusson. dépendant tant eie ladite chapelle que de la sacristie, laquelle se prend à une borne dans la pièce du Champ d'oiseau ou le Champ-Chardon (il est question de '•' deux grosses pierres // et d'une autre « grosse pierre w, peut-être des mégalithes). Quatre arpens de terre en la pièce de la Couture, paroisse de Sennevières, 5 sols. Un quartier de terre, dit la Planche-au- Moine, au lieu du Cresme, "; livres. Une maison au Cresme, 5 sols. Une maison, cave et jardin, rue Haute du faubourg de Guigné, 2 sols 6 deniers. Pour le lieu de la Grenouillère, consistant en maison, cours, granges, colombier, jardin, etc., 7 sols (■> deniers. Un jardin et ouche, id., 7 sols

Une maison et jardin au faubourg de Saint-Pierre, 7 sols 6 deniers. Trois quartiers de vigne au clos de l'Embrassé, 6 sols. Une maison devant l'abbaye , s sols.

Trois quartiers de terre proche la métairie des Fourneaux, 7 sols 6 deniers. Un jardin à Beaulieu, ^ sols.

Une maison, cour et jardin au faubourg de Guigné , 7 sols 6 deniers. Sept quartiers de terre dépendant de ladite chapelle de Saint-Louis en la vallée de Picaudin, et 7 quartiers de pré sur les Chaussées.

La chapelle de Saint- Martin.

Fresche de Jean Héron de Mesgneu, autrement la Tevenou, paroisse de Taussigny, de 8 ar-

pens de terre, au village des Mesgneux, 8 boisseaux de froment. Un demi-arpent de vigne au clos du Grand-Marandais, 40 sols. Fresche des Robmeaux, dépendant de la seigneurie de la Serpiière, 6 boisseaux de froment et une poulie.

Église abbatiale de Cormery, état en i855.

La chapelle de Saint-Etienne.

Deux arpens de pré, affermés -j-; livres. Suitte de la fresche de Jean Héron dépendant de la chapelle de Saint-Martin ( f . 380), 8 boisseaux de froment. Fresche d'Olivier Dupont, quelques boisseaux.

Cette liste très complète nous indique les cens et redevances que l'abbaye de Beaulieu percevait sur les divers points de la ville et de la province. Ses dépendances, on l'a vu, se trouvaient plus particulièrement sur les bords de l'Indre, soit en amont, soit en aval. Dans cette dernière direction, à Chambourg, à Reignac et ailleurs, les Bénédictins de Beaulieu avaient l'occasion de laire échange de bons procédés avec leurs frères de Cormery, remarquable abbaye dont la fondation remonte à l'époque de Charlemagne, et dont la curieuse tour de roman primitif a perdu son vénérable clocher.

[Au verso du dernier feuillet (-|bui du registre que nous avons cité, on lit quelques notes.]

''■' Rentes.

« Le 21 avril 17 "50, la communauté a emprunté de M. Dupont de Loches la somme de trois mil livres poin- cinquante écus de rente payables à deux termes : 7s livres au 21 octobre et 75 livres au 21 avril. Le 11 août i7'5o, la communauté a emprunté de M"'' Chauvau de Tours la somme de deux mil livres pour 100 livres de rente payables audit terme. Le dit constitut a été remboursé et transféré à ^\. Dupont par acte capitulaire de mars 1748.

'>' Le 20 février 1748, la communauté a emprunté de ^L Dupont, procureur du roi à Loches, la somme de 2000 livres, pour 100 livres. Le lo juillet, les dames de l'Hôtel-Dieu de Loches, pour le principal 400 livres, 20 livres à terme. Le 2'; aotit, pour deux mil six cents livres de principal.

« M. de Sassay, 400 livres; 14 livres seulement pendant 40 ans.

MM. de Saint-Gatien de Tours, 6 livres.

'•' 1=) octobre, M"' Reneaume, à Orléans, 33 livres au denier 24.

'•' >L\1. du Château de Loches pour le four banal, 26 livres en janvier. M. Goujon, 100 livres.

" Le "51 juillet, 100 livres pour 2000 livres de principal à la Visitation de Tours.

'< Le 30 septembre, 90 livres à M"*" Pillault, pour (Soo livres de principal.

» Le 1=) février, so livres à M"'' Monique- Françoise Lesourd, pour 1000 livres de principal.

<■< Le 2 octobre 17=17, emprunté de M. Ledet, dit Souterrenne, 4000 livres pour luj en payer 200 livres d'intérêt à constitution, 200 livres. »

Grâce au registre des cens et redevances, nous connaissons dans les moindres détails les divers revenus de l'abbaye et des différentes charges ou offices du couvent, soit à Beaulieu et Loches, soit dans la région, soit en des contrées plus éloignées. Ces documents ont, en outre, l'avantage de nous renseigner sur la topographie du pays. On y rencontre l'indication non seulement des fiefs, mais encore des quartiers, des rues et des chemins, ainsi qu'on a pu s'en convaincre. Aussi avons -nous respecté l'orthographe du texte, même dans les variantes de noms, ce qui permettra plus facilement de rapprocher le vocable des lieux dits des désignations plus anciennes et plus récentes.

Le document qui précède nous éclaire sur un grand nombre de points. Indépendamment des possessions et revenus divers de l'abbaye, il nous fournit de très précieuses et très précises indications sur la topographie de Beaulieu et des environs, et c'est, par là même, une sérieuse contribution à la géographie locale. En outre, si l'on songe à l'importance des emprunts que nous venons de constater, l'on n'a pas de peine à en retrouver la cause dans la reconstruction d'une partie du couvent. Ces ouvrages du xviii" siècle sont encore debout dans leur froide correction et leur aménagement pratique, et ils servent pour l'usage de l'hôtel de ville.

Les faubourgs.

N is86, selon le rapport d'un espion huguenot : -r Beaulieu était ville d'abbé, non forte, inal peuplée,... dessous la torêt royale de Loches; // trois ou quatre canaux de l'Indre arrosant '•' belle et grande prarye >,\ les habitants sont '< pouvres, en petit nombre et de peu de défense... Est toutefois fort logeable; il y a de beaux jardins et des meilleurs fruicts de la France ». Et ailleurs, le même écrit : '< Beaulieu, vers l'orient, distant de troys ou quatre jets d'arc seulement (de Loches), le long de pavé. De laquelle distance, où il n'y a que ponts de pierre (une partie dite d'Orfons ou du Canonnier) sans bâtiments vers le midy, il y a vers le septentrion hostelleries et force beaux logis, et vers le midy on void la grande prarye a descouvert, et appelle-t-on ces maisons de dessus les ponts les Perris. ,,

On a diversement interprété ce terme de « Perris », appliqué au quartier des Ponts. Vers le xviie siècle, on a écrit parfois des

LcL Tow C?Le.vcvlc

ïw>Use AttatCale

« prairies »; mais c'est là une corruption du terme ancien. On y voyait une chapelle, mentionnée dans un compte de 1498, et qui était entourée d'un petit cimetière; elle avait reçu le nom populaire de '•' perris /> ou ^ perriz //. A cet égard, les uns voient en cette désignation une allusion à l'empierrement du chemin, et les autres à un désastre. Que l'on écrive «perris //OU "péris*, l'orthographe du vieux temps étant assez variable, il ne nous semble pas que l'on puisse y voir une allusion au mot « pierre » : en pareil cas, le mot courant est « chaussée >/, et l'on ne comprend pas pourquoi le terme de « perré » se serait appliqué à ce chemin plus qu'à tant d'autres.

On a pensé que le nom de la chapelle Notre-Dame des péris et, par suite, du quartier, tient au souvenir d'un accident, à moins qu'il ne s'agisse de la mémoire des fondateurs, ainsi qu'il est arrivé en plus d'une circonstance. D'autre part, on sait que sur la petite place se faisait la tenue des plaids ou de la justice, et que d'ordinaire le peuple a consacré ces souvenirs judiciaires par le nom du lieu. La chapelle n'était-elle pas destinée à assister religieusement les '< péris » ou ceux que la sentence avait condamnés?^ Quoi qu'il en soit, la chapelle récemment bâtie sur le côté droit de

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Viti-diia^C/usm- AUvatt

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Voaic.diLOuK.u>- Ooù.kt de (à

fl,.B Ài^ci un. iHi.cùi Toufs"]

Armoiries relevées à Beaulieu, d'après un ms. de la bibliothèque de Tours.

la rue rappelle au passant la pieuse fondation en sollicitant « un Ai\' /■/ '.

De Loches, Litca ou Locca. l'antique cité fortifiée avec donjon, château, remparts et portes encore debout, on prend vers l'est la direction de Beaulieu, la petite ville dont l'enceinte, en partie conservée, renferme toute une série de monuments curieux, indépendamment de l'abbatiale. En sortant par la porte Lochoise, dite des Cordeliers, bâtie au xv^ siècle et dont le pont-levis paraît dans le dessin de Gaignières, de 1691), on suit la route ou rue dite des Ponts, ainsi nommée parce que la traversée de la vallée, arrosée par plusieurs bras de l'Indre, Augeria (d'où le pont Anger ou Augeri, s'effectuait à l'aide d'une série de ponts.

Gaignières, dans un dessin remarquable de précision, a conservé la silhouette avec légende des principaux édifices qui. dès le xvn' siècle, s'élevaient le long de la rue, plus particulièrement du coté gauche. Ce sont d'abord « les Cordeliers », à la chapelle surmontée d'une flèche élancée. C'est un grand bâtiment rectangulaire autour d'une cour offrant des portions du xv' au xvHi' siècle. L'aile du fond et aussi celle de droite a le cachet du xvi% tandis qu'une série de six arcades, à gauche, rappelle le cloître remanié à l'époque Louis XIIL La porte d'entrée, encadrée de deux colonnes ioniques avec tympan triangulaire, paraît se rattacher au xvn" siècle.

Plus loin, '•' l'Hospital général /. montrait jadis son dôme, et ses bâtiments du xvn"' siècle attirent toujours l'attention par leur caractère monumental. Dans le voisinage des bras de l'Indre, le

' A Kiiiiiu. via Latiiia. la maison n" ii montre, dans une nicliedc marbre, l'image de la \'ierge avec cette inscription :

Angelo Carpino F. F. ifierifecil)

O vol divoti che di qui passate

Un ]\itcr e un' Ave Maria diciate

Per le anime che sono da questo mondo passate.

(Iniicazione délie imiiKiaitii di Maria sanlissima collocate siille mura eslerne di taluni edifici di Roma, Rome, i853, 2 vol., t. Il, p. 42-43.)

couvent des '< Capucins » fixait le regard par sa flèche aiguë, tandis que « le colège des Barnabistes », remplacé par une institution moderne, donnait l'enseignement dès une époque reculée.

Bientôt, également sur la droite, apparaît le gracieux manoir de Sansac, auquel nous ferons une étape, ne fût-ce qu'en souvenir du buste qu'il a perdu. Sa blanche silhouette s'enveloppe dans la verdoyante frondaison d'un parc arrosé par une eau courante.

De dimension modeste et de forme gracieuse, le monument montre, à sa façade nord, un docu-

ment de grande valeur. Dans un

Sansac. Buste de François I" à 04 ans, terre cuite du xvi'-' siècle.

encadrement, formé par ^ deux

élégants pilastres Renaissance et rehaussé d'arabesques, ixne double inscription en capitales accompagne le buste de François I", qui ornait l'entrée et qui a été remplacé par un moulage. La première inscription, disposée circulairement autour du buste avec le collier de l'ordre de Saint-Michel, porte : FRACISCUS PRIMUS, et la seconde, rectiligne, porte, à commencer par la partie supérieure :

FRÂCOIS DE VALOIS - ROI DE FRANCE PREMIER DE CE NOM AAGÉ DE — 34 ans — 1^29

Il y a tout lieu de supposer, en raison de la parfaite harmonie du style, que cette décoration a été faite à l'époque même de la construction, dont nous avons ainsi la date précise. De même que les fondateurs des vastes châteaux se plaisaient à placer la statue pédestre ou équestre du souverain, sinon leur effigie

personnelle, an dehors de leur porte d'entrée (comme à Véretz et à la Roche-du-Mainei, de même a lait le constructeur de Sansac en tenant compte des proportions de rédilice.

La raison de cette détermination est toute naturelle : le bâtisseur est le chevalier Louis Prévost, seigneur de Sansac, gouverneur de l'Angoumois et grand tauconnier de France, " un des meilleurs chevau-léo-ers de son temps, yy qui entendait honorer ainsi son souverain, dont il avait voulu se rapprocher. Le buste en terre cuite, à émail blanc, d'une expression tine et d'un heureux modelé, a figuré à l'exposition du Cinquantenaire de la Société archéologique, et a été reproduit dans l'Album.

Ce portrait de François est à rapprocher de ceux que l'on connaît, notamment du pinceau de Clouet ; et comme son aspect lait penser à un peintre, il se pourrait que ce maître, qui savait modeler, n'y soit pas étranger. La tête est couverte du chapeau à larges bords ombragé d'une plume, que la trad.ition a consacré. La lace est modelée avec vigueur et harmonie tout ensemble; la lèvre épaisse est épanouie par un sourire empreint de sensualité, qui s'étend à l'ensemble de la physionomie. Une ironie douce et contenue ressort de l'ensemble des traits ; le nez est long et lin, la barbe assez courte et fourchue. L'œil noir, — seule partie du buste qui soit colorée, — regarde dans le vague et semble poursuivre une rêverie qui voltige. Le cou à découvert est frangé à droite par une partie du manteau, et la poitrine

i-'raiiv'ois l*^'. l'ableau du l.nu\ic.

École des Clouet.

est décorée du collier de l'ordre royal. La hai;teur du buste est de 49 centimètres.

Nous ajouterons seulement que l'original a été vendu et que la niche est occupée par une copie. Les armoiries qui paraissent sur la façade rajeunie ne sont plus celles des Prévost, mais bien des Bridieu. Actuellement, le joli manoir appartient à un ami distingué des arts, M. Jahan de Lestang.

A l'approche de Beaulieu, une des maisons qui fixent la curiosité à gauche est une demeure du xv" siècle, avec pignon sur la rue. La façade était éclairée d'une élégante fenêtre à deux baies, dont il reste la partie supérieure. La porte à arc surbaissé se rapporte au xvn" siècle et est rehaussée d'une série de lettres et d'emblèmes peints et cernés de noir, dans une moulure en creux. Les emblèmes ont la forme de serpe, de croissant, de triangle et autres genres, et parmi les lettres inscrites on remarque P, répété, T, G, M. Ces signes cabalistiques poursuivent encore notre pensée, tandis que nous pénétrons un peu plus loin dans un passage dit 'f impasse des "Viantaises -/.

Le couvent des Viantaises.

Ici nous sommes en pays moins mystérieux, et nous visitons les vestiges d'un couvent de religieuses. La porte d'entrée était encadrée de colonnes, et la première cour, réservée pour les servitudes. La plus curieuse de celles-ci est. à droite, une maison à pignon très aigu du xv° siècle; dans la partie ouest, une porte ogivale donne accès à un escalier en vis de Saint- Gilles ; au rez-de-chaussée, une forge a masqué la grande cheminée; les

lucarnes gardent bien le caractère du temps, ainsi que Tentablement partiel à triple corniche.

La seconde porte, du xvii'' siècle, introduit dans un vaste enclos, transformé en jardin, où s'élevait le bâtiment conventuel. Il en reste une aile, qui a été remaniée. Le côté oriental de la clôture est baigné par un bras de l'Indre, qui servait de douves à cette partie de l'enceinte de la ville. Les restes les plus caractéristiques du couvent consistent en une chapelle formée d'une seule nef, à laquelle coniîne une grande salle allant du sud au nord, qui pouvait servir de chapitre.

L'histoire de ce couvent, fondé en i64-5 par deux filles du marquis de Viantais, a été écrite par notre savant et regretté collègue. Ed. Gautier, auquel on doit tant de travaux sur la région lochoise. Son important travail, paru dans le tome VII des Bulletins de la Société archéologique, a été puisé à une double source : un manuscrit intitulé Aniiales du couvent des T)aiues de la Mère de Dieu chatîoinesses régulières de Saint- Augustin, possédé par une personne privée, et des registres du couvent déposés aux archives du greffe de Loches. Pour compléter cette étude, il y aurait à compulser les documents des Archives départementales pour le point de vue domanial, et surtout le manuscrit in-folio n" 1326 de la bibliothèquede Tours. Il n'entrepasdans notre pensée d'aborder cette tâche, dont nous n'avons pas le loisir. Mais nous entendons faire qvrelques observations au sujet du dernier manuscrit, en visant de préférence ce qui peut toucher les arts et certains usages particuliers.

Une des religieuses d'une noble famille de la région, sœur Marie- Louise de Menou-Charnizay, de concert avec sœur Madeleine de Chancy, fut chargée par la supérieure de la rédaction du Coutumier, qui fut signé le 11 août 1728 par les quarante-cinq sœurs de la communauté, avec l'approbation expresse de M^"" Louis de Rastignac.

Le Coutumier, qui est précédé d'un avertissement sur l'excel-

lence de la vie religieuse, et qui compreud les règles et les charges, occupe la première partie du manuscrit, écrit sur grand papier du xviii" siècle. Il est complété par le Cérémonial (f. 162), qui renferme ce qui regarde l'oftlce divin, les processions et la prise de possession et installation de la supérieure, ainsi que la réception solennelle de l'archevêque. En ce manuscrit, qui résume bien la

couvent , nous glaqui nous paraissent but.

mier, les divers châle lever, le silence chambres (où les pas avoir de tadres , ni autres que de piété, mais papier), la cloche le réfectoire, la

vie intérieure du nerons les notes répondre à notre

Dans le Coutu- ^^^^mi^^^J

Broderies liturgiques du xvir' siècle.

(Couvent de relio-ieuses.'i

pitres regardent du dortoir, les soeurs ne doivent bleaux avec capeintures bien des estampes en des observances,

récréation, la vaisselle, la lecture particulière (soin tout particulier de conserver les livres), le silence, les ouvrages manuels, le coucher et la visite, le chauifoir, le parloir. Les chapitres suivants concernent : les lettres et écritures (en haut, une croix avec Louange à Dieu), les jeûnes réguliers, les pénitences de règle (discipline, coulpes, pardon particulier, baiser les pieds, manger à terre, le vendredi saint la communauté mangera à terre), les satisfactions et avertissements, les coulpes, les corrections régulières. Il y a les devoirs envers Tarchevêque, le gouvernement de la maison en temps de vacance, la manière de présenter à M^'' l'archevêque les sujets de la maison propres à la supériorité, devoirs de la prieure après son installation, devoirs des sœurs à son égard, élection de la sous-prieure, des conseillères et de leur élection, des assemblées du conseil tant pour les offices que pour le maintien des observances régulières, règles pour les filles qui demandent l'entrée

du noviciat, devoirs des malades. Viennent ensuite les chapitres concernant l'habillement (tunique en serge trémière blanche, habit de serge blanche, chape de serge noire, voile d'étamine noire, petite ceinture de laine blanche, chemises de gros brin, rochet de toile tine, guimpe de lin tin, bandeaux de lin, tabliers de droguet), les aumônes (préférer les pauvres honteux), les sorties, les devoirs des novices (p. 100-134), les pensionnaires, avec des détails de uKt'urs très curieux.

La seconde partie, comprenant les charges, renferme les chapitres de l'oflice de la Mère prieure, de la sous-prieure, des obédiences en général, de la maîtresse des novices, la sous-maîtresse, les maîtresses des pensionnaires, la dépositaire (ou administratrice temporelle), les secrétaires du conseil et du chapitre (avec divers formulaires), le soin des livres; l'oflice du tour, de la dépencière, de la grenetière, de la réfectorière , de l'infirmière, l'office de la couture, du linge, de la jardinière; le soin des sœurs converses, devoirs envers les domestiques, l'ofticière des caves, les menus emplois (assistante du parloir, boulangerie, cordonnerie, basse-cour).

Le Cérémonial (f. ■519) embrasse trois parties :

i" L'office divin, concernant la sonnerie, l'heure, l'entrée et la sortie du chœur, l'ordre dans le chœur, la maîtresse des cérémonies, la sacristine, l'assistante, les chantres et les sous-chantres, celle qui préside, l'officiante, les parties de l'office, signe de croix, inclinations et génuflexions, attitude au chœur, quand il faut baiser la terre et porter les grands voiles, sur les heures diverses, les offices du temps, de la Vierge et des défunts, les messes et fêtes de différent degré, le luminaire, le chant, exposition du saint Sacrement et salut.

La seconde partie du Cérémonial expose l'ordre des processions qui se font dans le cours de l'année, d'abord d'une façon générale et puis pour les solennités spéciales : mercredi des Cendres, Passion, Rameaux, mercredi saint, jeudi saint, lavement des pieds

(à douze S(rurs avec une croix faite par le pouce et un baiser), le vendredi saint, samedi saint, Pàqi;es, Pentecôte, mardi de la Pentecôte (jour où les curés de la ville viennent en procession), fête du saint Sacrement, Noël et antres fêtes, jour des Morts (on va au cimetière). La dernière partie regarde la prise de possession et l'installation de la prieure, ainsi cjue la réception de M^' l'archevêque et autres personnes constituées dans les premières dignités de l'ordre ecclésiastique et séculier.

Le volume se termine par une exhortation à la fidélité à la règle, avec la signature de toutes les religieuses, et par une approbation de l'archevêque de Tours, Louis de Rastignac, c^ui d'ailleurs a mis de sa propre main quelques observations en marge du manuscrit. L'intérêt de ce volume, au point de vue de la vie religieuse d'autrefois, fait que nous y reviendrons ailleurs pour l'étudier en détail.

ortail de l'ancien AiLiievêelié.

( État ancien, i

De leur côté, les Archives départementales d'Indre-et-Loire renferment un très grand nombre de documents relatifs au couvent des Dames chanoinesses de Beaulieu, depuis ses origines. Ils sont compris dans la série H et forment les liasses de 858 à 870 inclusivement. Comme les documents se rapportent presque uniquement aux questions de domaine, nous n'en extrairons c][ue quelques indications.

En 1641, en vue de l'établissement des Viantaises, messire Charles de Boursault, chevalier, seigneur de Viantais, de Bridoré et autres lieux, et dame Catherine-Renée de Boursault, chanoinesse régulière de l'ordre de Saint- Augustin, se trouvant à leur château de Bridoré, constituèrent M" Jean de Loineau pour leur procureur spirituel et temporel , atin de préparer l'installation des religieuses

à Beaulieu, en particulier avec pouvoir de traiter avec les héritiers des feux sœurs de Montplaisir et de Brethonneau pour des logis situés à Beaulieu. Cette même année, eut lieu la prise de possession de la seigneurie de Bridoré par le chevalier Charles de Boursault. En 164^,, il est dressé procès-verbal de l'installation solennelle et de la bénédiction du prieuré des religieuses dans une maison de Beaulieu, mise à leur disposition et située paroisse de Saint- Laurent ; l'installation et le procès-verbal furent faits par messire

Bertrand Chassepoux, prêtre, chanoine prébende de l'église de Loches, vicaire général de M" Victor Le Bouthillier, archevêque de Tours.

Les religieuses, en 16=^9, lirent une acquisition cie messire Louis de Voyer d'Argenson, abbé commendataire, et des religiei;x de Beaulieu, de 4 arpens de pré '< dans la prairie du roi //. pour y construire le couvent, moyennant 320 livres de rente annuelle. La même année, les Viantaises prenaient à bail une partie des fossés de la ville. En l'année 1666, les Viantaises ont payé 872=1 livres pour augmentation des métairies de Crossay et de la Tuffelière, paroisses de Vou et de la Chapelle-Blanche. En 1678, eut lieu un procès entre Nicolas Le Roy, abbé commendataire de Beaulieu, et les Viantaises au sujet de certains droits.

Le 21 juin 1690, demoiselle Anne-Louise de Boursault de Viantais, dame de Bridoré, fille d'honneur de la princesse de Conti,

Victor Le Bouthillier, archevêque de Tours 1041-1^-11, gravé par Xanteuil.

acquit la terre de Bridoré avec ses tlefs et droits moyennant 60 ISO livres. En 1717, Anne-Lonise de Boursault, " première fille d'honneur de la princesse de Conti, et dame des terres de Bridoré, Villecuit, la Roche, » vend lesdites seigneuries aux Viantaises, moyennant 1 14200 livres. En 17=19, les religieuses adressaient une pétition au roi pour abattre deux cantons de futaie pour reconstruire un corps de bâtiment qui a été renversé par une tempête au mois d'avril 17^8, ce qui leur fut accordé par le roi. De 1777 à 1781, on voit les religieuses faire les mêmes démarches et recevoir une autorisation semblable.

Entre les années 1761 et 1764, e\it lieu un procès entre les religieuses et des habitants du \illage de Rangé, paroisse de Saint- Martin -de -Cerçay, au sujet de l'étang de ce nom, dont les habitants avaient fait un pacage parce qu'il était à sec, et ensuite ils voulurent s'opposer à ce que les religieuses le fissent renfermer comme étant une propriété du couvent. Par suite de l'acquisition faite, en 1717, par les Viantaises,

on dressa un procès-verbal des réparations à exécuter à Bridoré à la requête de Marie- A.nne-Bertrande de La Bazinière, dame du Grand- Pressigny, Estableau, etc., veuve de Claude de Dreux, chevalier, comte de Nancré. marquis de La Flosselière, gouverneur d'Arras, par raison du retrait féodal \

Le Registre 867 est un livre de recettes du couvent, commençant en janvier 1786 : les recettes s'élèvent à 3-5000 livres, dont les pensionnaires fournissent 8000 livres. On remarque

Michel Anielot de Gournay,

archevêque de Tours en 1073,

g-ravé par Nanteuil.

' Archives d'Indre-et-Loire, H. 858, 839, 860, 862, 864.

qu'en 1787, le comte de Marolles doit iso livres pour une année de rente constituée. Les comptes sont interrompus en mai 1790.

Une série de neuf dessins conservésaux Archives nous fournissent certaines indications sur le couvent et la chapelle. On y relève : un dessin de l'escalier avec balustres; un plan du chevet avec le retable de l'autel, style xviie siècle; un plan diT baldaquin et des dessus de panneaux de boiserie. Sur le dos des documents on lit : '■'' Loches, canton de Beaulieu Viantais, divers plans de portions des bâtiments. » En outre, un dessin de charpente indique un marché passé le 27 décembre 1(171 entre le charpentier René Pequé et les religieuses, représentées par la sœur Catherine- Angélique de Boursault, prieure, sœur Renée-Thérèse de Boursault et d'autres; l'architecte est « M. Jean Verdari, sieur de La Plante, maître architecte />. (Archives départementales, H. 864.)

Les « Annalles du monastère des filles de la m.ère de Dieu, chanoinesses régulières établies dans la ville de Beaulieu près Loches en l'année 1643 par les T. R. M. Catherine-Angélique et Renée-Thérèse de Boursault de Viantais, fondatrices et premières prieures perpétuelles de cette maison /,, forment un gros volume in-folio manuscrit sur papier, que nous avons consulté à notre tour, grâce au bon vouloir de M. l'abbé Lay, le distingué curé de Beaulievi. Dans une dédicace '< à la R. M. Marie-Louise de Menou- Charnizay, troisième prieure perpétuelle de ce monastère », l'auteur, qui est une religieuse, dit qu'elle va de l'établissement de la maison à 171 4, et que pour ce travail elle s'est appliquée à « démêler mémoires et manuscrits /^.

Parmi les documents relatifs aux arts, nous y relevons la mention suivante : '< 1783, novembre, le treizièsme, plusieurs de nos sœurs commencèrent à apprendre à jouer des instruments basse et dessus de viole et guitare, d'un maistre que nos révérendes mères ont jugé capable, par sa grande sagesse, de montrer à des reli-

gieuses (p. 288). — i()84, à Pasques de ceste année, à Ténèbre, on chanta la musique pour la première lois w (p. 290).

Novis terminerons ces renseignements par une liste des Viantaises de Beaulieu, dressée en 1790.

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