SŒURS CONVERSES
Marie-JuUienne Bienvenu 68 »
Renée Martineau. 62 »
Jeanne- Véronique Pottin 7^ '•^
Marthe-Claire Girardin 64 »
Madelaine Taupin 56 »
Anne-Brigitte Riffet =)4 »
Julie- Anne Micheau 34 »
Marie- Anne Gugée 3^ ^^
Anne-Marie Mignot 36 »
Marie-Adélaïde-Victoire Carré 30 »
Marie-Madelaine-Monique Carré 2=, »
QUELQUES MONUMENTS El' INSTITUTIONS
Dans la mesure où le permettent leur état et les documents, nous donnerons encore quelques renseignements sur certains autres monuments de Beaulieu.
Le Temple.
La gracieuse résidence de Sansac, que Ton comparerait volontiers à quelque ravissante dame du xvi' siècle, nous a mené au seuil recueilli du couvent des Viantaises. Celui-ci nous conduit à une demeure austère qui rappelle la physionomie d'un chevalier médiéval. Cet édifice, trop peu connu, s'élève en bordure sur le côté gauche de la principale rue, et. malgré les modifications qu'il a subies, il sollicite encore très vivement notre attention.
Il se développait autour d'une cour rectangulaire, et la partie méridionale offre l'aspect d'une forteresse par l'épaisseur
des murs, qui ont i m. 20. A l'époque de la guerre de Cent ans, ce dut être comme le bastion avancé et le premier ouvrage militaire détendant la ville de Beaulieu contre les Anglais.
L'entrée principale, à l'est, est précédée d'une petite ruelle pavée, et les piliers qui l'encadrent ont été refaits au xviii^ siècle.
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Beaiilieu, la maison des Templiers. Façades est et nord.
Le bâtiment principal, qui va du levant au couchant, mesure environ ic) mètres de longueur et 7 mètres de largeur. Le rezde-chaussée, austère et peu éclairé, comme une casemate, devait servir de dépôt pour les provisions diverses. 11 est voûté de voûtes d'arêtes ou de pénétration, tiivisées en trois travées dans le sens de la longueur. Au-dessus se déroule une vaste salle
qui occupe l'aile entière et avait 6 m. 1^0 sous ciel. De la voûte en
pierre en arc ogive,
Maison des Templiers, grande salle voûtée. Partie supérieure avec le manteau de la cheminée.
subsiste les amorces aux deux extrémités et les arrachements dans le mur du sud ; les doubleaux reposaient sur des colonnes encore en partie debout.
On y accède par un escalier droit, disposé dans l'épaisseur du mur du midi, qui conduisait également aux combles. Des baies qui éclairaient cette superbe salle, il subsiste des fenêtres romanes dans le mur sud, ainsi que trois fenêtres romanes dans le mur nord, lesquelles ont été remaniées. A l'est s'ouvre une grande fenêtre à plein cintre, et ces baies autorisent à placer cette construction à l'époque de transition ou dans la seconde moitié du xii"" siècle.
L'attention se porte plus particulièrement sur le mur occidental, où se voient les restes d'une vaste cheminée. La partie inférieure a été détruite, mais la partie supérieure est fort curieuse. Le manteau, qui était de forme arrondie, se termine en haut par un gracieux couronnement formé de quatre arcades à plein cintre reposant sur cinq jolies colonnettes. Cette belle cheminée fait penser, par certains détails, à celle qui se voit encore en partie dans le mur sud du superbe réfec-
QUELQUES iMONUMENTS ET INSTITUTIONS 223
toire monastique du premier étage de la Merveille du Mont Saint-Michel, et que l'on fixe au début du xiiT' siècle.
Aussi bien, le grand logis du Temple, de style romanogothique, a été complété f>ar la suite, en particulier au xv' siècle. Alors on a dû le doter du surélèvement , et surtout de plusieurs bâtiments disposés autour de la cour. A cette époque, notamment, se rattache un logis avec balustrade en bois. Ailleurs, une cheminée en pierre accuse l'époque Louis XV; et, sur la rue qui borde le Temple au sud, dite rue Brûlée en souvenir des incursions des Anglais, on relève les restes d'un cadran solaire.
Divers édifices.
La ville de Beaulieu montre encore une légion de vieilles maisons dignes d'intérêt. Du xn° au xvni'' siècle, il y a toute une série de logis qui gardent leur aspect ancien au milieu de la petite cité rajeunie. Sur la route de Saint- Qiientin s'élève une maison du xif siècle dont les fenêtres à plein cintre ont été remaniées au xv° siècle, avec une baie Renaissance.
Ici, on remarque telle maison du xv% avec sa paroi recouverte d'une carapace ou imbrication de lamelles de bois; là, sur les bords de la rivière, des logis en pierre et colombage avec petites terrasses et lavoirs pittoresques; ailleurs, une maison du xv" siècle montre une cheminée Renaissance avec peinture décorative. Sur la route de Saint-Quentin, on remarque également une maison du xv" siècle à grosse console, remaniée au xvi° ou xvii% qui présente un couloir pavé conduisant à une cour, où une fenêtre montre des vitraux
blancs en plomb du xv*" siècle. Au-dessns de la porte d'entrée, qui esl de cette dernière époque, on a gravé à la pointe, sur deux lignes, une inscription qui doit être du ^\\f siècle, et dont il subsiste la plus grande partie, bien caractéristique du logis :
... POUR LES FILLES Q^Ul NOUNT [POINjT DE MAITTRE
A l'ouest d'une place située en dehors de l'enceinte, actuellement plantée en quinconce, et jadis cimetière de Saint - Pierre , on observe deux maisons contiguès du xy' siècle, de silhouette d'une élégante simplicité, avec une porte de la même époque, surmontée d'une sorte de crénelage. Les fenêtres étaient à meneaiix , et les consoles sont rehaussées de feuillage et d'animaux. Dans la façade est. est encastré un panneau portant deux têtes en demi -relief de cette date, et qui paraissent tigurer saint Pierre et saint Paul. Dans le mur, ainsi que cela se voit dans maintes maisons à Beaulieu, une rainure semi-circulaire est creusée verticalement dans la pierre en guise de
Beaulieu. .Maison des .xiie et xv° siècles.
gouttière.
Parmi les maisons les plus intéressantes, on remarque celle dite d'Agnès Sorel. dans une petite rire solitaire allant du sud au nord et aboutissant au carroi de Saint- Pierre, et d'où l'on distingue, à l'est, les vestiges de l'enceinte mutilée. Ce n'est pas à dire qu'Agnès Sorel ait été jamais dame
de Beaulieu. c'est-à-dire ait possédé le fief, ni même qu'elle ait habité dans ce logis, d'ailleurs de dimension modeste. L'imagination populaire, là comme en tant d'endroits, s'est plu à recourir à une fiction qui ne s'appuie sur auciui fondement. Dans cet ordre d'idées, nous avons été très amusé d'entendre une enfant de cette maison nous dire, sans que nous la questionnions, que le panneau sculpté, incrusté dans la façade sur la rue, représente l'alcôve de la belle Agnès, alors qu'il s agit tout simplement des pièces d'un blason.
La maison peut appartenir au milieu du xv" siècle. Dans le mur oriental s'ouvrait une grande porte d'environ ■? mètres de large, qui a été remplie depuis; et, au-dessus, est une fenêtre rectangulaire, dont le meneau a été coupé. A droite, une moulure en rampant d'escalier décore la partie de la façade qui se soucie avec un mur contigu, et une grande baie paraît une
entrée de cave. Mais l'intérêt réside surtout dans un grand panneau d'environ i mètre de haut sur un peu moins de largeur, qui, hélas! a été mutilé, et il est de style flamboyant.
Dans un cadre en relief rehaussé de deux colonnettes et de feuillages se détache un blason qui était tenu par deux supports animés et debout, animaux ou anges. L'écu est parti au premier d'uue croix, et au second, bien que la mutilation empêche de distinguer les pièces, il semble qu'il s'agisse de fleurs de lys.
Il y aurait tout un album à faire des vieilles maisons de Beau-
Rcaulieu. Logis dit " d'Agnes Snrcl
L'Ar.l'.A^E DE BEAULIEU-LES-LOGHES
lieu , en particulier de celles qui présentent le cachet de l'époque romane (et ce sont les plus rares), et surtout les maisons des xv"
et xvi'' siècles. Quant à celles des deux siècles suivants, elles n'offrent rien de spécial. A partir du règne de Louis XIII, à Beaulieu comme ailleurs, on s'inspire du style néo-classique parti de la capitale, et le pittoresque disparaît sous les lignes plus ou moins uniformes. Il importe de faire une exception en faveur de celle dont l'entrée est marquée de lettres et de signes cabalistiques, c]ue nous reproduisons ici et que nous avons mentionnés précédemment (p. 211). Parmi les curiosités, il convient de ne pas oublier les fontaines avec fût en pierre en forme de colonne, telles qu'on en voit une dans le voisinage de Saint- Laurent et une autre dans le jardin de l'ancien presbytère de Saint- André, servant actuellement de presbytère de Beaulieu.
Beaulieu. .Maison avec lettres et signes emblématiques.
Châicl Guigné et ioiir Chevaleaii.
Si l'on quitte Beaulieu en remontant la partie orientale du bourg dans la direction de la forêt de Loches, on sort de la ville à l'endroit où s'élevait jadis l'une des cpiatre portes, dite de Guigné. D'où lui venait ce nom? Du lief ou castel de Guigné, situé non
loin sur le côté droit de la route, et qui avait également donné son nom à ce lauhourg '. L'appellation qui a survécu dans le peuple est celle de porte et faubourg de Guigné; mais le vocable populaire donné communément à la maison fortifiée est celui de tour Chevaleaii"-.
Le castel , bâti en pierre blanche de tufïeau, domine le villaoe et la route, du haut de son rocher taillé à pic sur les côtés, sauf celui de l'est, qui tient au plateau.
Jadis cet <-< hostel-fort w comprenait des dépendances lui attenant, et il
n'en reste plus qu'un lambeau de terre. La construction, assez bien conservée, est disposée en éqirerre avec double façade extérieure à l'ouest et au sud , et double façade intérieure à l'est et au nord, présentant, les i:nes et les autres, la physionomie austère d'une forteresse ou donjon. La dimension est d'ailleurs restreinte, et l'un des côtés de l'équerre mesure une vingtaine de mètres.
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Beaulieu. Tour Chevaleau ou (.'hevalon.
' Au xiir' siècle, à propos de ce tiet", on lit dans les titres: Burgus de Ciuegne (i23i). — . Bitrgus qui dicitur Gueiyiiei . jpiid Bellumlocum ,I23.S). — Ciucigncium. feodus de Gunigneio (1273). Dans la première moitié du xiir siècle, le tief passa de l'abbaye de \'illeloin au chapitre de lÉ'g'lise de Tours, puis à l'abbaye de Beaulieu. Dans la suite, on le voit à la collég-iale de Saint- Martin, et, en 1483, un aumônier de Saint-Martin est qualifié seig-neur de Guigné. (Cf. C. de BusseroUe, Dictionn.iire d'Indre-el-Loire . t, III, p. 2gi-2.i
D'autre part, une charte du mois d'octobre i235, de Juhel, archevêque de Tours, consultée par D. Housseau dans les archives de l'abbaye, atteste que le chapitre de Tours avait cédé à l'archevêque la métairie des .Mieux pour une rente de 21 livres, et rappelle que précédemment cette métairie avait été échangée avec le chapitre par le couvent de Beaulieu contre le bourg de Guigné, de Guignei. (D. Housseau, Catalogue Mabille, n" 2793.)
^ Sous Louis XIII, un différend étant survenu entre les chanoines de Saint- Martin et Jacques de Beaune, le roi donna des lettres concernant la seigneurie de Guigné, dite la tour Chevalleau, et le fief de Coddes. (Collection Joursanvault, n° 2796,1
Pour ce qui est du mot Chevaleau, on trouve également Chevalon, et Chauvalon,
Nous sommes en face d'un ouvrage mi]itaire avec robustes contrelorts, du xii'' siècle, notamment les fenêtres de l'ouest. L'ouvrage a dû être construit vers le milieu du xif siècle et remanié au cours de la guerre de Cent ans, de manière à ce qu'il offrît plus de résistance. C'est ainsi que l'on remarque, sur les diverses façades, la réunion des fenêtres à plein cintre et des fenêtres des xiv'' et xv'' siècles. A cette dernière époque, on bâtit un gros contrefort dans une grande baie romane du côté de l'ouest, c'est-à-dire dans la façade principale, qui regardait Beaulieu et Loches, cités toutes deux captivantes par la vile et formant un fond de tableau tout à fait charmant. Un mur de clôture surplombe la route, qui formait douve de ce côté.
La façade sud otïre une baie à plein cintre et une carrée , et sur le dehors il y a, à la base, une sorte de grand enfeu, et, au dehors, une baie géminée gothique. Le mur regardant l'est otïre, au rez-dechaussée, une grande baie en manière d'enfeu d'environ i mètre de profondeur avec une série de bandes rouges, et, à l'étage supérieur, une grande fenêtre à croisillon, du xv" siècle. A l'intersection des deux ailes perpendiculaires, un arc supporte un passage en encorbellement. Quant à la façade qui regarde le nord, elle se prolongeait vers le couchant par une construction des xir et xiif siècles, bien caractéristique d'une maison fortifiée. A l'angle est, se dresse une tour d'escalier et de vigie, et au sommet, au-dessous de l'entablement, une série de trous formaient mâchicoi;lis.
Si l'on descend dans les soubassements, on découvre, à droite de l'escalier, une sorte de cachot. A gauche, un passage à voûte en berceau traverse le bâtiment dans le sens du sud.
A l'intérieur de la tour Chevalear;, on a relevé trois blasons : un de gueules à une fleur d' argent; un autre, d'azur à la haiide de gueules: le troisième, d'argent à une fasce de gueules. Elle a appartenu à MM. de Pairenard, Chavigny et Saudinet, ce dernier du chef de sa femme. M"'' de Vienne.
Paroisse de Saint- Pierre.
On considère cette église comme le centre de la plus ancienne paroisse de Beaulieu. Ses registres remontent à l'année 1565 (ceux de Saint-André sont de 1613, et ceux de Saint -Laurent de 1619). Dans ces divers registres, conservés à la mairie de Beaulieu, outre les actes concernant la vie paroissiale et monastique, on recueille des observations variées laissées par les auteurs des actes. L'église de Saint-Pierre, qui avait deux cimetières et qui a donné son nom à une porte et à la rue où elle s'élevait, se dissimule en partie dans une maison de construction récente, et nous donnerons quelques indications à son sujet.
La première construction se rattache à l'époque romane, et certaines parties ont persisté, notamment dans le chevet qui forme la façade orientale de la nouvelle maison. Lors de la reconstruction à l'époque ogivale i^tin du xir siècle ou
début du xiiT" siècle), on conserva un gros mur où paraît un arc à plein cintre. Les fenêtres ogivales de l'ahside sont sans moulures. L'église comprenait une nef principale et un collatéral au nord, dont on remarque les trois baies à ogive avec robustes contreforts. Au xiv'' siècle, on refit une grande baie.
Bien qu'il ait été divisé par un plancher, le chœur subsiste
avec ses colonnes et sa jolie voûte à nervures ogivales, qui accuse bien le caractère général de l'ancienne église. Du côté sud, se trouve un escalier en vis de Saint- Gilles cpii servait à la tour et conduit aujourd'hui à un belvédère.
L'église de Saint- Pierre avait été rehaussée de peintures, et, parmi les sujets, on remarquait un saint Pierre de grandeur naturelle, la tête nue (26 centimètres de haut), avec de légers flocons de cheveux frisés, et un nimbe d'or avec des raies de même; sur sa tunique bleu-clair était un manteau rouge; de la main gauche il tenait mie clef d'or de grande dimension, posée obliquement et dont le pêne était à la hauteur du visage; la main droite étendue paraissait bénir. On voyait encore ces peintures au mois d'août i8si. époque à laquelle un calque du saint Pierre fut fait par M. de Galembert, et ce dessin est conservé dans le musée de la Société archéologique de Touraine.
On sait que cette église paroissiale a été supprimée en lygr en même temps que celle de Saint -André, et les cérémonies du culte
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