SOMMAI KL
Jacques, do Minko, portier de l'Abbaye est élu Abbé. — Sa conlirmalion par les Abbés des Dunes et de Loos. — Charte do confirmation. — Ce Prélat se montre d'une grande douceur. — Il administre 20 ans et se relire dans sa première cellule où il meurt en 1365. — Sa sépulture. — Sa pierre sépulcrale. — Son épilaphe. — Son éloge. — Ses armoiries. — Temps désolés, la peste, la guerre, la famine. — Hostilités continuelles entre la France et l'Angleterre. -^Prisedc Gnînes — Tentative infructueusesur Saint- Orner (1352). — L'Aimé réclame de nouvelles lettres de sauvegarde (1346). — L'Abbaye devient déserte, elle est exposée au pillage (1348]. — Le Bailli de Saint-Pol forcé à payer une redevance de deux setiers de blé, etc. (1352). — Transaction avec Eustacîie, de Conflans, Avoué de Thérouanne (1356 . — Témoins et sceaux figurant sur cet acte. — (1359). Le duc de Lancastrc envahit l'Artois. — Désolation du monastère. — L'Abbé so retire et dépose sa démission entre les mains du visiteur général. — Discus-
l;li.V-l:W5 sion avec Jkax, de Uaumoni. Châtelain de S.unt-Omer, qui avait fait enlever om/ rt/uivx dans les marais. — Celle discussion se termine à l'avantage du monasb-n». — Moines rnntemporains.
Le 2? novciuhrc j.'i'io, .1 \<:oi i.s, do Minke, moine et portier 1 de l'Abbaye, lui cauoniquemonl appelé à la prélatine par les su Arabes de la communauté capilulairemeiil assemblée : peu après, cette élection était régulièrement confirmée, aux termes de la huile Clémentine'-', par les commissaires délégués, les HH. PP. Abbés des Dunes et de Loosqui. ayant trouvé les opérations parfaitement régulières, leur donnèrent leur approbation officielle dans une charte scellée que nous donnons textuellement aux pièces justificatives; c'est un titre précieux \ on y trouve des documents
1 Les fonctions de portier ne se bornaient pas aux simples attributions de gardien de la porte, elles avaient une autre importance ; c'était une mission de conlianc»:. h: religieux qui en était investi était chargé de distribuer les nombreuses aumônes, il avait un budget spécial pourcla, il recevait îles donations, accueillait les étrangers, etc , etc.
* Constitution du Pape Ci.kmi.xt IV, — 'flertrand de (ioth, fiançais, né dans le diocèse do Bordeaux, mort en 1314).
3 Uist. m" Clar., 1 pag. 105, 400 et seq.
Voir aux pièces justilicatives, tom. I, pag. 380 à 38*2.
Le Rallia Cliristiana, tom. III, col. 5^9, donne aussi à cet Abbé le nom de Mmir..
Compendium chrunologicum a Carolo de Wisch, pag, 7ô, etc. I Au gouvernement de cet Abbé semble se rapporter le premier J usage de boire du vin dans les monastères; Mever en rapptdant la ' mort do Lambeht, Abbé des Dunes, mort en 1354, dit : « llie pri- ■ mus induisit monacliis, ut vinum Inhérent, eis que singulas pintas « quotidie adti ibuit... . successit Cualterus Stirpc Capriacensis, (jui <•• dictam vini portionem duplicavit.... Tune celcbiis et pergrata in « eo cœnobio.... Optimorum illorum Abbatum permanet memoria
•• 'Dunensibus Hationibus, qwibus vinum memoratum con-
« cesserint, qii«» clarè expnmuntur in instrumento superiornm auc-
plein d'intérêt, surtout dans l'inventaire qui lut lait 1 345—136!» à cette époque: le prix et la quantité des objets inventoriés doivent praticulicrement fixer l'attention du lecteur que nous engageons à y jeter les yeux.
Jacques se montra d'une douceur et d'une charité extrême envers tous, il s'acquitta de ses fonctions à la satisfaction générale pendant 20 ans, puisa cause de sa fatigue et de son âge, devançant l'heure de la retraite, ilahandonna volontairement le bâton pastoral entre les mains de son supérieur immédiat, au mois d'octobre et alla reprendre humblement son
« toritate ronfecto «lîcit Mo\ crus ; qiuc prima est, quia cenobium « Dunense situm oiat in loro insaluborrimo, juxta mare, variis ex- -< halationibus et humoribus nocivis ; obnoxia 2° chori Molestia, « ofllcii liivini prolixitas et fréquentes religiororum infirniitates 3° « et prœcipuè, quod religiosi per totum anmim, nunquam eomede- : rent carnes.... Notandum quod universus Cistercirnsis ordo. a pri - <• mâ fundatione. anno 10!)8. altstinentiam a carnibusohservaverit in « monasteriis, usque ad aunum 1173. quo Sixtus Papa IV. ad ins- « tantiam Humbcrti, Ahbatis Cistcrciensis bullarn cxpedivit, quû «r concessit omnibus Abbatibus et monachis, ut tam intra quam cx- « Ira monastet ia possent carnes conu dere pro discretione capituli « generalis.
« Qua? bulla di'mum anno 1 181 in capitulo gcnerali ab omnibus « ferô Abbatibus acceptata fuit ... Çjuarc Ahbates memorati Lamber- « tus et Walterus plusquam centum annis prececesserant hoc capi- « tulum générale, dum vigerct adhuc abstinentia valdo discrète con- « cesseront haustum vint — Quod adhuc non fecerunt, nisi sub < conditione, ut deinceps non coquorotur seu Braxaretur Cervisia « tàm fortis quàm ea tenus coda fuerat sed multo tonuior.... Quod « etiam observatum est.... (Pag. 76).
v .... Imprimis poilio vini concessa multis Abbatibus. brcvi om- « nino tempore continuala fuit.propter notabilem diminutionem red- « dituum monasterii per frequenliores inundationos, per continua
fero bella et patria? vastationes. — Futile et indignum annalibus, - ajoute Charles de YVisch, assertum Meyeri contrnduo Abbates « Lambertum Valonis. ... » (Pag. 77, lin. 1,V,.
1345-1365 ancienne cellule, près de la porte du monastère ; là, plein de vertus et de bonnes œuvres, il s'endormit dans le Seigneur (obdormivil in Domino).
Peu de jours après, il fut inhumé dans le cloître, auprès de l'entrée du chapitre, sous une pierre carrée représentant le buste d'un moine, au-dessous duquel on voyait, d'un coté une crosse étendue par terre, de l'autre un écusson représentant une chauve-souris *. Tout autour de cette pierre on lisait Tépilapho suivante :
nu: jacft n. ju oni s m i \ k k , ql-omiam m a s r« ri esi.e ariias 27.
ORATE l»RO EO.
Cette pierre avait été déplacée.
Après lui la vacance ne dura que trois jours. Dom. Martin Dubuisson, moine du XVIT siècle, a fait ainsi l'éloge de Jacques, de Minke.
■< Quis referai quanta rutilet, virtute Jacobis ?
« Quamque sngax quali bajuget arte peilum ?
« Quidquiii id est. mamlare piget regimen que molestum
« Redditur. ne lirli pars fit i* una grogi*.... »
Ce Prélat avait des armes parlantes, son écu d'or portait une chauve-souris -.
.Cette administration, comme les précédentes, ne fut pas exempte d'orages, les temps étaient toujours bien sombres, bien désolés : la peste, la guerre, la
1 En flamand cet animal se nomme, dit-on, Miidr et Yrsfu rlilio , en latin.
1 llist. m" Clar., 1 pag. 110.
fa mine exercèrent, tour à tour, leurs ravages, pendant 13-15 — 1365 les 20 années de gouvernement de Jacques ; les Rois de France et d'Angleterre, sans cesse aux prises, n'abandonnaient pas facilement leurs rancunes et dans un de leurs perpétuels et malheureux conflits, la ville de Guines demeura au pouvoir de l'armée anglaise, qui tenta vainement alors, une fois encore, de surprendre Saiut-Omer 1 ;i3o2
En 1346, à cette mémorable époque de Crécy et du siège de Calais, l'Abbé de Clainnarais, redoutant pour sa maison les maux de la guerre, auxquels elle avait été déjà si souvent exposée, réclama de Guy, Comte de Nèele Vie), des lettres de sauvegarde; le 10 mai de la même année, il avait obtenu des lettres semblables du Boi de France, Philippe, de Valois, pour la conservation du monastère pendant les hostilités :i.
Deux ans après, la peste, cet impitoyable fléau s'appesantissant sur les maisons de Tordre, les rendit désertes, les exposant ainsi à toutes les insultes, au pillage, à la dévastation 4 1348 .
Nous vovons successivement ensuite l'Abbé de Clainnarais forcer Piehre, de Landas , Bailli de
1 Hello, nempe, fume, peste, pieu us.... Inlrr se (une hcllabant Heaes (iilli.r cl Amjli.r.... In code m confliilu, ciritutem (îisnensrm dit ion t reyis sui addixerant Angti.... Similitcr attentaverunt contra .S""" Audomarum, sed prostrati, minime huie cicilnti piduerunt.... — (Hist. ni" Clar., 1 pag. 411, lin. 3 et scq).
i Oom. Charles Martel.
3 Hist. m" Clar., I pag. 111, lin. 9ctseq.
• Idem, idem. Gallia Christ., tom. IV, f ]0no.
1345—1365 Saint-Paul, à payer chaque année à la communauté, deux setiers (duos seplenarios) de blé et deux setiers d'avoine ]. Il traite avec Kustacue, de Conllans, seigneur d'Estage, avoué de Thérouanne, pour un droit que la communauté possédait à Maninghem et dont la moitié appartenait à ce seigneur ; le titre de cette transaction portait les sceaux d'EusTACHE, de Conflans, et ceux de Jacques, Abbé de Clairmarais, qui y est représenté assis sous une colonne, avec une chauve-souris sous les pieds, animal qui indiquait son nom et ses insignes ; on y voyait également le scel du chapitre Abbatial, lequel portait les armoiries de la communauté avec l image de la Sainte-Vierge Marie placées sur Técu ? 1356' .
C'était le moment où le duc de Lancastre promenait ses armées triomphantes dans nos provinces qu'il livrait à merci à des ennemis implacables :J.
Nous trouvons à cette époque dans les archives d'Artois une lettre curieuse de Louis, de Maie, aux Kchevins de Saint-Omcr, lettre par laquelle il leur mande qu'il est instruit que pour la sûreté de leur ville, « ils se proposaient de prendre l'Abbaye de Clairmarais, et d'y mettre gens de par eux, et même de la démolir ; mais que, comme il est gardien de cette Abbaye, il les prie de ne point entrer dans la juric-
' En 1318. d après les tables do Dupre de Saint-.\laur, le setier <le froment se pavait i5 sols •> il, niers, — pour 3 muids U setiers on donnait 31 livres 5 sols î) deniers. [Vnti. 24).
Le prix du marc d'argent valait alors 5 livres. (Lehlanc. pas. 405 .
? llist. nr* Clai ., : pag. 112.
<* lli^l de Kran«:e d«> lViniel, Imu III.
diction et meta du pays de Flandre ou de faire sur !3%r» — 1 :«;r. ladite Abbaye, qui est eu sa présente sauvegarde, aucune chose qui soit préjudiciable à sa seigneurie et juridiction ]. »
On comprend (cuites les tourmentes qu'eurent alors à subir le monastère et >es pieux habitants»; l'Abbé en ressentit vivement les atteintes, aussi, dès qu'il en vil la possibilité, il chercha à se retirer, ce qu'il ne tarda pas à exécuter. Ce Prélat donna sa démission entre les mains du supérieur général, en ; trois ans auparavant, Jacoies, de Mincke. avait dû soutenir une discussion avec Jean, de Baumont, Châtelain de Saint-Omer, qui croyant à tort ses droits plus grands qu'ils ne l'étaient, avait fait enlever d'autorité dans les marais cinq cygnes, un mâle et quatre poussins, qui appartenaient à l'Abbaye.... L'affaire fut portée devant le sieur de Fientes, qui par son Bailli fil condamner le sieur de Baumont à la restitution, le 28 mai 1362 \
Au nombre des religieux contemporains de Jacoies, de Minke, nous trouvons :
Jacques, d'Aire de Ar 'uï .— Jacoues, de Ghisnes. — Baudoin. — Michel, de Rozebeeq.— Pierre, de Saintghin. — Nicolas, de Hazebrouck. — Michel, d'Kbblinghem. — Jean, de Douai. — Laurent, de Loghem. — Michel, de Nedonchel. — Jean Olof, Jean, de Chysoin, — Guillaume, de Lens. — Jean.
1 Inventaire de Flumlre, loin. VIII, pag. 4:)6. * llist m" Clnr.. 1 p;tç. 41?, lin. I l * soq.
1345-1305 — Jean, de Herlios. — Jean Kufus. — Denïs Doxem. — Bernard, de Steenfort. — Antoine. — Gilles, de Desvres pi rendu . — Hugues, de Dohem. — Pierre Lefay.— Jean, de Poperingues.— Michel Galant. — Gérard, de Thérouanne Morincnsis. — Michel, de Cassel [de Caslcto . — Jacobus, de Croix de Cruee . — Lambertus, de Desvres de Divernid .
LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS
JEAN GODBEROISS \ 28* Abbé. =i m:.
SOMMAIRE
D'après les archives dos Dunes et le G'tllia Christiittm, Jean, d Assevelde, reçoit en religion Jean Godbfrons. qu'il avait fait étudier à Paris avec l'Abbé de Koyaumont et l'Abbé de Loos. — Même opinion de Sanderus. — Jean, d'Assevolde, obtient pour l'Abbé de Clairvaux et des Dunes, le droit déporter la mitre. — Avant d'être élu, Jean Godberons se faisait remarquer par sa bonté, sa science* (i et sa piété, au monastère des Dunes, où il remplissait les fonctions «le prieur. — Sa vertu s'étendant au -dehors, il est désigné trois jours après la démission de Jacuies, de Minke, pour lui succéder.
— 11 est élu en présence du visiteur général. — Temps de schisme et de guerre, les Anglais ravagent le pays. — Reconnaissance de la rente d'un quartier de blé (1368). — Loris, Comte de r'Ian-'V dre, accorde des lettres de sauvegarde pendant la guerre (1370). »''
— La ferme tic Baumont est affermée ù la veuve de Ghibealvai.. Prix progressif du fermage à charge d exercer l'hospitalité en-
\eis l'Abbé, les religieux et les passants, etc.— (1372) Plainte au sujet de ritt>i ri/ynm, pris par le Châtelain de Saint-Omer, dans
* Nous trouvons Godblrons, Godlhon ou Gédéov
13b5 — 138(> Jes marais. — La restitution est ordonnée. — (1374. 15 août).
Acte constatant les droits de l'Abbaye dans les marais. — Hostilités continuelles. — l.'Abbé reçoit de Ji:an, de Nielles, (J sois de rente, à charge de participer aux prières (1375 . — Plainte devant le Prévôt de Montreuil, contre Matiiiki. E\êque d" Thérouanne, pour le bois que l'on portait dans cette ville (1383/
— Droit du monastère reconnu par lettres scellées (Hu7]. - 138»)). Discussion entre le monastère et les justiciers de Cassel et Scoubroucq. — Incendie de la ferme d'Enne, par les Anglais. — Réparation du dommage. — Lettres de sauvegarde de Philippe.
— Temps des grandes luttes. — La ville de Saint Orner échappe encore une fois aux Anglais — Après bien des vicissitudes, Jean, meurt avancé en Age, au bout de 21 ans d'un gouvernement heureusement accompli, le 4 octobre 138'). — Sa sépulture. — Son épitaphe. — Fin du 1" catalogue des Abbés. — Hemercîments à l'auteur à qui on en doit la conservation. — Eloge de Jkan Gouhkroxs. — Religieux contemporains. — Ses armoiries.
Les archives du monastère des Dunes, consultées par les auteurs du i] allia Chrisliana \ nous, apprennent ce que fut Jean Godberons, 28*' Abbé de Clairmarais ; elles nous disent que Jean Maes, surnommé Thomas, originaire d'Àssevelde, 23e ou 23p Abbé des Dunes et très dévoué à l'étude, avait fait étudiera Paris quelques cénobites de choix, parmi lesquels plusieurs se firent remarquer par leur science et leur vertu et furent placés un peu plus tard à la
' Tom. V, f" 290, l7v/>o Dniium — On lit ee qui suit dans la préface du Compmdium chrannlittjintm Abbili.r Cft/risshtt.r llrnl/i Mavur de Ihinis, par de Wisch (Bruxelles, 1660\ « rinms »uirinis jii.rtà Audoninropolim. Abbnlna suiim W hidmit Jouit nan Godbn-ons monaclmm Dunensem, rirum omui hmdr dignissimum, qui monaxleriunt, illud, lemporc schi.smatis d MU prudenlissimc rexit. A nuis '21 nbiit que nnno IM6, 4 orlobris. « — (Préface sans pagination, pag. 7}.
— D'après Dora, de Wisrh.
tète de divers monastères : parmi eux on distinguait I3»,r,-i38«> Dom. Gilles Cupe, qui devint Abbé de Hoyaumont en France (regalis monlis in Francid), Nicolas Maloens, qui fut Abbé de Loos, Jean Godbeiions, Abbé de Clairmarais, Mathieu Pilsaert, Abbé de Beaupré, lequel mourut Abbé de Clairvaux.
Sanderus \ ra pporte à l'article de Je an, d'Assevelde. que le premier, il obtint pour l'Abbé de Clairvaux et pour l'Abbé des Dunes, le droit de porter la mitre avec le droit d'officier, en habits pontificaux 2. A son tour, Jean reçut 67 religieux, parmi lesquels se trouvaient, maître Nicolas Maloens, Abbé de Loos, et Jean Gedeon :j sic), Abbé de Clairmarais; mais avant d'arriver au fauteuil abbatial, ce dernier se faisait remarquer déjà par sa piété, sa bonté et sa prudence exemplaire dans l'exercice des fonctions de prieur du monastère dés Dunes 4 ; sa vertu dépassant les limites de son abbave, s'étendait au-dehors ; aussi au moment où Jacques, de Minke, eut déposé le bâton pastoral, entre les mains du visiteur général, au mois d'octobre 13o*o, les suffrages se portèrent tous sur Jean Godberons, qui fut élu trois jours après la démission de son prédécesseur, en présence du visiteur, en conformité de la bulle Clémentine. Les titres ajoutent que ce Prélat gouverna son
1 Tom. I, l'^ôl, Tabula Ihuit'iixis.
* Joannks, de Assevehle Milram d mina [Hmlifirtilima xibi
H Abhati Clar.rrathuxi hu^trfir if.... — (Ilist. Clar., 1 p«|ç. W\
:l C'est Godberons ou Goberon qu'il faut lire.
* Ilist. m" C.lar., 1 p:u:. 415.
1365— I38t> Eglise dans des temps de schisme et de guerre f (empare schismatis et belli). Sous son administration, la province presque entière était livrée aux bandes anglaises, qui exerçaient partoutleurs ravages 1370-1372 ; les historiographes en France et en Artois sont d'accord sur ce point l. Malgré cela, Jean ne négligeait pas les soins de sa charge. Vers 1368, dans les commencements de son gouvernement, on voit Gilles Benhel, homme de la Comtesse d'Artois, reconnaître sur sa terre, entre les mains de l'Abbé, la rente annuelle d'un quartier de blé, en faveur de l'Abbaye a.
Kn 1370, au moment de la guerre, Jean reçoit de Louis, Comte de Flandre, des lettres de sauvegarde signées à Gand 3.
La même année, il affermait la maison de campagne de Baumont, à demoiselle Jeanne, de Saint-Pol. veuve du sieur Grant, de Gribeauval 1 ; le prix de location imposé était de 40 livres pour la première année et, pour les 8 autres années, le prix lut élevé à 120 livres en monnaie de Flandre, à cause de 1 10 mesures situées au-dessus des prés, à la charge par elle d'exercer toujours l'hospitalité envers les Abbés, les religieux et tous les pèlerins, selon l'usage de l'ordre
Les Anglais sortis de Calais, continuaient leurs
• Idem, idem, pag. 415
8 Le setier do blé valait alors 34 sols 2 deniers. — 5 setiers 15*2 livres. (Dupré de Saint-Maur, pag. 26).
3 Idem, idem, idem.
1 Hist. m" Glar., 1 pau. 41o.
v!dem, idem.
déprédations dans la province (1352), pendant ce 1365-1386 temps, Jean Godberons porta une plainte devant le Prévôt de Montreuil, Jean Warin, contre le sieur de Bac.mont, de Sance, cité plus haut pour les cinq cygnes^ qu'il avait fait enlever dans les marais du monastère. Le Prévôt en ordonna la restitution aux religieux, le 15 août 1374, restitution que le Châtelain de Saint-Omer , ne tarda pas à effectuer après la sentence rendue contre lui, en présence de l'Abbé et de plusieurs religieux. A cette occasion on délivra des lettres constatant que le Châtelain n'avait aucun droit sur les marais; le scel des parties fut apposé sur l'acte l.
Peu de mois se passaient sans quelque hostilité nouvelle, on avait vu éclater la guerre dans le pays de Liège ;i 352;, dans les Gueldres, dans le Brabant et à Juliers 1373 , le Duc de Luxembourg était aux prises avec la Comtesse de Saint-Pol (1372), mais malgré le feu qui embrasait la majeure partie des dix-sept provinces, Jean Godberons n'oubliait pas les plus minimes intérêts de sa communauté; en 1375, on le voit recevant de Jean, de Nielles, et de Mabille, son épouse, une rente de six sols de revenu annuel à prendre sur deux maisons, situées dans le faubourg de Douai, près de la maison du Iteguinage-Malvaut, afin que les donateurs puissent participer aux prières et au saint sacrifice célébrés dans l'Église du monastère 8 juillet 1375 .
1 Hist. m" Clar., tom. 1, pag. 415.
tw>r>— I38iv Ce qui est plus important, le il) novembre 137o, Jean recevait du Pape Innocent, la quatrième année «le son pontificat, des lettres données à Lyon, par lesquelles le Souverain-Pontife de son autorité privée accordait à 1'Abhaye l'exemption de toutes sortes d'impôts l.
Plusieurs années après, en 1383, l'année de la # mort d'YpEiuus, 38e Abbé de Saint-Berlin, et histo-
riographe de la maison, une plainte fut formée devant Warln, Prévôt de Montreuil, contre Monseigneur Mathieu, Kvèque des Morins, qui, a tort s'arrogeait m un droit sur les bois que Ton portait à Thérouanne ; sur la demande de l'Abbé, le droit du monastère fut reconnu et constaté dans des lettres patentes scellées et signées en 1407
En 1386, une autre discussion s'éleva entre l'Abbaye et Messieurs de la justice de Cassel et de Scoubroucq, la cause fut portée par-devant le Souverain- Pontife, qui recommanda à l'Abbé de Saint-Jean-au- Mont, au doyen de Saint-Omer et autres, d'enjoindre aux gens de Cassel et de Scoubroucq de cesser toute attaque contre le monastère de Clairmarais, à peine d'excommunication, d'interdit et d'une amende de cent marcs d'argent devant revenir par moitié a Clairmarais et au Souverain-Pontife
* Une copie de ces lettres certifiées et collationnées se trouve aux archives de Saint Orner. — Pièce en parchemin, — scel bvisà. — 20 novembre 1375. CXC-2.
Le prix du marc d'argent valait alors (1374\ 5 1. 10 ?ols environ. — (Leblanc, pag. 411).
* Hist. manuscripta Clar., 1 pag. 416.
1 Ilist. m" Clar., 1 pag. 417.
À la même époque, la ferme d'Enne et autres lurent i36f>— 1« incendiées par les Anglais, mais pour la réparation du dommage, Philippe, fils du Roi de France, donna des lettres de garde et défendit de procéder désormais envers les biens de l'Abbaye autrement que par la voie de justice ordinaire et non par des voies de fait comme on l'avait pratiqué à Bruges 1 1387 .
C'était le temps des grandes luttes, le Brabant était entièrement en combustion et sans répit par suite
des guerres générales La ville de Saint -Orner
venait une fois encore d'échapper à la domination anglaise, grâces au secours opportun des Ducs de Bourgogne et de Bretagne, lorsque au milieu de diverses vicissitudes inséparables du temps où il vivait, Jean Uodbekons, déjà avancé en âge, termina par une heureuse mort, un gouvernement de 21 années fructueusement accomplies, il succomba à la peine le 4 octobre I38t), et fut inhumé au nord de la salle capitulaire, du côté des fenêtres.... Sur sa tombe on plaça un marbre noir portant l'image de moine en cuculle, tenant une crosse à la main : autour de ce marbre on lisait ces mots :
Hlf: JAC.F.T JOANNES GODBERONS, MONACIRS DE Dl .MS ET POSTKA HUJUS
rrriKsi.*:, abbas 28*. qi i obiit anno siccclxxxvi die
S" FR ANCI.SC I ANIMA FJl S REQUIESEAT IN PACK. PATF.R NOSTER 5
— Ici s'arrête le premier catalogue des Abbés,
• Idem. idem. pag. 117.— Ce fait par sa date semble se rapporter plutôt au gouvernement suivant (1387V ! Hist. m" Clar., 1 pag. 418.
13ï>5— 138G^ d'après le manuscrit de l'Abbaye \ auquel ont été empruntés les renseignements ci-dessus, c'est à l'auteur de ce catalogue inédit que l'on en doit la conservation et des remercîments 9.
Dom. Martin Dubuisson a écrit ainsi l'éloge de cet Abbé.
- Nulli Tarna parem Dunis latitarc JoAKNeM « Prodiit, huic donuii prœficiendus adcst. * Quœ dédit en recipit mutata sorte magislros; « Mox aliis alias progenitura patres »....»
Les noms des religieux contemporains qui ont été conservés sont : — Gobert, de Guise. — Walter, d'Estrée (de Stratis). — Bartholomée Wastina, de Wœstine. — Mathieu Vigier. — Alberic, de Gand.
— Robert, de Feverencq. — Nicolas Capelle.— François, de Bailleul. — Guillaume, de Pecne. — Jacques, de Borre (de BorraJ. — Jean Moris. — D. Henri le Grip et sa famille ;ils sont compris parmi les bienfaiteurs de l'Abbaye à l'anniversaire du mois de mars; . — Guido Florens. — Guillaume, de Demmarc. — Jacques, de Cassel (de CasletoJ.
— Guillaume Spriet. —Henri. — Henri le Gay. — Nicolas, le Boen.
Les armoiries de Jean Godberons *, d'après sa pierre sépulcrale où elles se trouvaient deux fois
» Hist. m» Clar., 1 pag. 418.
1 Idem, idem.
• Idem, idem, pag. 418.
* Le m" de la maison écrit ici Goderok. — Voir les planches.
représentées, de chaque côté de l'image, étaient un l;i»'.*>-i:îs»; chien d'argent sur fond de gueule, avec cette devise:
Esta fidelis....
Dom. Berlin de Vissery déclare avoir vu lui-même ces armoiries sur cette tombe qui existait encore intacte au XVIIe siècle
* llist. m" Oar., 1 pag. 414. — Voyez les planches.
LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS
PIERRE II RUTHE ', 29' Abbé. Uternal: 1386
SOMMAIRE
Deux jours après la mort do Jean, Pierre Rutiib lui succède. — 11 visite les reliques de Saint-Berlin. — hait réunir l'Abbaye de Bouham à celle de Blaudecques ù cause de la pénurie extrême de cette première communauté. — Entréo solennelle de Maximilien a Saint-Omer — Sa réception. — Mise à sec de deux étangs pour donner au Princo et aux Seigneurs un splendide dîner. — Lettres de non préjudice — Autorisation de traverser le territoire d'Arqués. — Difficultés apaisées à Bcaumotz. — Donntion d'une maison à Tliérouanno par Jean Fraillon, à charge d'un anniversaire. — (1396). Ratification d'une rente de 15 livres pnrisis, par Robert, Marquis de l'ont. — 1397). I/Al.bô de Saint-Berlin accorde un Yùlimus aux lettres de Guillaume, Châtelain de Saint- Omer, pour la concession d'un droit de forage.— Mort de Pierre Rltiie, après M ans environ d'administration. — Ses qualités. — Sa sépulture. — Son épitaphe. — Son éloge en vers. — Ses armoiries. — Moines contemporains.
A la mort de Jean Godberoxs, l'Abbaye de Clairmarais ne demeura vacante que deux jours, au bout
1 11 y a sur le territoire do Ruminghem un quartier qui porte le nom de llulh où récemment on a élevé un pont sur l'Aa, pour lequel
nsr» -i khi desquels 1). Pierre Bi tue, moine profès, et receveur des rentes de la communauté (rentarius), fut élu à sa place au fauteuil Afil>ati:»l.
La première année de son administration, le nouveau Prélat, sur l'invitation de Jacques, de Condète, <39V\bbc de Saint- Berlin , eut la mission de visiter les reliques de cette église, de concert avec Guillaume, second Prévôt de Watten. Bientôt après cette visite, Pierre voyant la pénurie extrême de la petite maison religieuse de Bouliam ou de Boussan *, dépendante de son ordre, laquelle ne comptait plus alors que deux religieuses et ne possédait, dit-on, pour toute ressources que 2i francs qui se trouvaient encore dans sa caisse, s'appliqua à faire opérer la réunion de cette Abbaye avec le monastère de Sainte- Colombe de Blandecques, qui dépendait également de Clairmarais. Pierre en demanda la permission à Citeaux dans un chapitre général, ce qui fut accordé et exécuté le i février 1384.
Le monastère de Boussan, Bouhan ou Bouham, avait été fondé par la Comtesse de Bourbourg 2.
En l'année 1389, la ville de Saint-Omer eut l'honneur de recevoir la visite de Maximiuen, Comte de Flandre, lors de son entrée solennelle, le Prince fut
on a demandé une subvention à la ville de Saint Orner. Le 29e Abbé do Clairmarais aurait il pris lo nom de ce quartier ou bien le lui aurait il impose ?
' On trouve ce nom inscrit de différentes manières.
• Hlai. m" Clar., 1 pag. 4->0.
Ktat des ArchcvOchcs, tfvèches. Abbayes de France, par nom. Beaunier. — Tom. I, in -4°, pag. 361.
accueilli avec toute la pompe possible, on ordonna à 1386— Uoo cette occasion de mettre à sec les étangs du Boni s et deSaint-Kloi \ afin de pourvoir à un splendide festin, destiné à toutes les notabilités de la ville ; mais S. A. ne voulant pas porter atteinte à la propriété des moines s'empressa d'accorder à l'Abbé des lettres de non préjudice, lettres qui furent délivrées à Saint- Orner, le 28 novembre suivant.
Pierre Ruthe obtint également du Hoi, l'autorisation de traverser librement le territoire d'Arqués, sans la permission de l'Abbé de Sain t-Bertin, Seigneur du pays, ou de son représentant 1389 .
Peu d'années après, en 1394, ce Prélat donna une preuve de sa grande d'extérité et de son esprit conciliant en apaisant, sans dommage pour sa communauté, diverses difficultés soulevées entre les religieux et leurs voisins de Beaumetz, qui sans consulter la partie intéressée, avaient changé quelques limites et enlevé du sable sur un point qui ne leur appartenait pas. Il en fut de même d'une autre difficulté suscitée à l'occasion de la corde du puits dans le même village *.
En 1396, l'Évêque de Tbérouanne informe l'Abbaye, que Jean Fraillon vient de lui donner une maison dans cette ville, à charge d'un anniversaire pour l'âme du donateur. On trouve dans le manuscrit
1 Ces étangs appartenaient aux religieux de Clairmarais. * Ilist. m" Clar., 1 pag. 421.
Summa dexlerilale sopivil qu.r dissuliti I). P. Hiitht sine tillo nosh'o incommwfo.
1380— hooicle Berlin de Vissery la note suivante : Anima douai io.
La même année, Hubert, Marquis de Pont et Seigneur de Cassel, ratifie la donation d'une rente annuelle de 15 livres parisu, donnée par Michel, de Boulers, en 1219.
En 1397, le 1M janvier, Jacques, Abbé de Saint- Bcrtin, accorda à la demande de Pierre Kuthe, un Vidimus des lettres de Guillaume, Châtelain de Saint-Omer, pour la concession d'un droit de forage dans cette ville l. Peu avant sa mort, le 22 mai 1440, les habitants du village d'Ausq furent condamnés par sentence du Parlement, sur la demande de l'Abbé, pour avoir conduit leurs troupeaux paître dans les wastines et les bois de l'Abbaye.... Mais le temps marchait, l'Abbé de Clairmarais touchait nu terme de sa tâche, il avait administré son monastère pendant 13 «nus, 8 mois et 26 jours: toujours bienveillant et charitable envers ses frères et envers les étrangers qu'il recevait avec bonté, il laissa des regrets à sa mort, qui arriva le 2 juillet 1400; ce Prélat fut inhumé au second rang septentrional de la salle capitulaire, en tète de Jean (iODHEROns , son devancier immédiat , et sous une grande pierre noire, plus étroite du côté des pieds que du côté des épaules; on voyait sur celte pierre, selon l'usage,
' 'i'> nutii t WO, i>!inlo onlr murlnn I). P. Hulhr liomims pnji tir \n\rif (jni tliisrmnl pnofi sua mi ptnruu in W'nslin f'v et sHcis notifia r.)n(h')nntiti fiimml prr tuvslmn (sic), fW ^fflonirnli x.-ntni- !> >■». — ; H i - 1 ni- Chu-.. 1 pjii;. ô ?,T .
un Ai)bé en cuculle avec ses armoiries aux angles; 1380— Hoo une ligne marginale portait ces mots :
H If. JACET D. PETRIS RL'THE, Ql'ONDAM ABBAS, HUJl'S ECCI.ESI.E XXIX, QUI OBIIT, AN. DOMINI MCCCC, DIE SECUNDA MENSIS JL'LII. ANIMA EJUS REQU1E8CAT IN PACE , AMEN !.
Un moine de l'Abbaye nous a laissé sur ce Prélat les quatre vers suivants :
« Si fors, cauta petit colubrum mustela trifulc.um, « Marte prius Ruta languida membra fovet, « Vil plege tonlheum, viduus grex prospicit hostem «. Fis viduo pastor, Ruta que Petre gregi.... »
Contemporains: — Jean le Amman. — Jacques Stove. — André Pailliart. — Jacques Capon. — Gilles, de Dixmude. — Jean Amez. — Baudouin, de Bourbourg.— JacquesUrabbe.— TheodericDubort.
— Jacques Copman. — Jacques Toete. — Jacques Cousin. — Guy, de La Ire (de Atrio). — Jacques Pillard. — Pierre Ghereboede. — Jean Clinghez. — Jean Marcotte. — Jodocus Judoci. — Walterus Raet. — Guillelmus, de Teneu. — Joannes le Scot.
— Jean Godibeur. — Jean Quadaens. — Jean. — Petrus Biscop. — B. 1). Jacques Langbeen, prieur
Les armoiries de Pierre Buthe, telles qu'on les voyait aux angles de sa pierre tumulaire, étaient un poisson d'argent entre deux étoiles, de même en haut et en bas, sur fond d'azur, avec cette devise :
Rulilanter
1 Hist mMClar., 1 pag. 422.
5 lUst. m" Clar. , 1 pag. 420 à 423. — Planches
LES ABBES DE GLA1RMARA1S.
GEORGES DESCHAMPS *, 30* Abbé. .^«..uoii
Variantes sur lo nom de ce Prélat. — Georges succède à Pierre peu de jours après sa mort. — On a peu de renseignements sur lui à causo des guerres. — Faculté do conduire les troupeaux à Kuminghcm. — Transaction au sujet de la ferme de La Fresnée. — Jugement du Prévôt do AJontreuil pour le droit sur le vin. — (1401). Les hommes du Comte de Saint- Pol sont condamnés à restituer des abeilles usurpées à Fief — Autorisation du Roi Charles pour poursuivre les officiers de Pierre, de Montbertaut, pour une propriété à Blandecques. — (1406). Invasion des Anglais sortis de Calais, dans la province. — Incendie des faubourgs de Saint - Orner. — Le couvent des Dominicains épargné par l'adiesse du Prieur. — Il subit néanmoins quelques dommages. — Nouvelles b-tties de sauvegarde accordées à l'Abbé, par Chari.es, Roi de Fiance. — Permission de rétablir les moulins de Corel lès -Fiez et .le Beaunietz. — Wai.lerand. de Luxembourg, obtient une reconnaissance pour La Fresnée. — Les actes de son administra -
1 Do Camimms, de Campis, de Campagnia, Deschamps, Dkscamps ou de Campagne.
uoo-un;,
SOMMAIRE
IÎO0 — 1HI tiou sont rares. — Sa mort en 1411. — Son inhumation. — Sa tombe. — Son épitapho. — Son éloge. — Moines contemporains.
— Ses armoiries.
Ce Prélat est désigné de diverses manières : de Campims, de Campis, de Campant, Deschamps, Descamps ou de Campagne Nous adopterons celle de Deschamps comme nous paraissant la plus vraisemblable, la plus naturelle.... N'est-ce pas d'ailleurs un nom très connu en Artois? C'est celui de l'une des familles les plus honorables et les plus anciennes de la ville de Saint-Omer ?
Quoiqu'il en soit, Georges fut appelé au fauteuil Abbatial peu de jours après la mort de Pierre, il fut ainsi le 30e Abbé de Clairmarais ; mais il nous est resté bien peu de souvenirs de lui.... On ne perdra pas de vue, que l'époque où il vivait concorde avec celle des continuelles alarmes qui souvent n'ont pas permis aux écrivains de remplir les lacunes que renferment leurs annales 9.
Ce que nous savons se réduit à bien peu de chose, voici par ordre chronologique ce que nous avons pu rencontrer: en 1401, Gilbert, de Sain l- Omer, déclare à Georges qu'il est permis à sa communauté de conduire et de garder librement ses troupeaux dans la forêt de Huminghem.
En 1402, ce Prélat entre en arrangement avec Balderic, Seigneur de Poix et de Romy, à cause de la ferme de La Fresnée.
» llist. m» Clar., 1 pag. 424.
- Idem, idem.
Deux ans après 4404, il obtient une sentence «lu uoo-nn Prévôt de Montreuil, par latjuello le droit de l'Abbaye sur le vin exposé en vente, était maintenu dans le territoire de Baumont.
La même année, toujours à la demande de l'Abbé, les hommes du Comte de Saint-Pol, sont contraints par décision rendue contre eux, de restituer des abeilles qu'ils s'étaient indûment attribuées sur les terres de Fief.
Cette même année encore, Ch arles, Hoi de France, la 24e année de son règne, accordait à Georges, l'autorisation de poursuivre une instance commencée contre les officiers de Pierre, de Monlbertaut, parce qu'il avait lui-même vendu à Pierre, de Poix, dit le Bandrin, une propriété qu'il possédait à Blandecques. — Peu de mois après, au mois de décembre, un jugement fut rendu à Montreuil dans cette affaire contre les officiers de Montbertaut.
L'année 1406, fut mémorable, elle rappelle que la veille de la fête de Saint-Martin, pendant que Jean, Duc de Bourgogne et Comte d'Artois, séjournait à Thérouanne, les Anglais sortis de Calais firent une nouvelle invasion dans la province, portant partout après eux, le fer, la flamme et la dévastation ; les faubourgs de Saint-Oiner venaient d'être incendiés, lorsque la soldatesque effrénée se porta sur le couvent des Dominicains, situé alors hors de la ville ; heureusement le Prieur de la maison, homme fort adroit, parvint à la radoucir en lui offrant deux pièces de vins excellents que les bons Pères avaient reçues en
\m— 1411 cadeau peu auparavant du Comte de Flandre; les chefs eux-mêmes furent si contents 1 de cette gracieuse attention que peu de temps après (mitescentes) ils adressèrent à ce même Prieur, dont le nom ne nous est pas parvenu, douze nobles d'or à la rose, monnaie anglaise 2, en signe de gratitude. Malgré cela , ajoute le chroniqueur Campion et après lui Bertin de Vissery, les frères prêcheurs du couvent (extramur os) de Saint-Dominique, pas plus que les maisons religieuses voisines, n'échappèrent complètement à de graves dommages3....
Le 20 juillet de l'année 1407, Georges réclamait et obtenait du Roi de France de nouvelles lettres de sauvegarde, contre les menaces et les dommages continuels de la guerre.
Nous trouvons dans les archives communales de Saint-Omer, à la date du 28 août 1408, une charte partie contenant : 1° procuration donnée par l'Abbaye, afin de traiter d'échanges de rentes ; et 2° convention à cet effet en date du 28 septembre 1408. (Parchemin P.)
Un an après, en 1409, nous voyons Guillaume, de Luxembourg, Comte de Lincq et de Saint-Pol, ainsi que le Seigneur de Fiennes, permettre à l'Abbé de reconstruire les moulins de Corel-lès-Fiez et ceux de Bcaumetz, près du bourg de Lisbourg. Nous
1 Nom. Guisliiin-Campion. — f)om. llertiu de Vissery, tom. I, pag. 425.
* Hist nV'Clar.. 1 pag. 425.
a Aiitumunrlum rjuotl in vicinorum nosfrorinn aihnnihitf, ilf.rstun oh Arg'is non rvn$er\t cjrnobium. — (Pag. 425. lin. 24 et 25).
trouvons aussi que Wallerand, de Luxembourg, noo— 1UI avait également exigé une reconnaissance pour la censé de La Fresnéc l.
Quand à ce qui touche directement l'administration abbatiale de Georges Deschamps, les auteurs on le voit, en disent très peu de chose, ils nous apprennent seulement que ce Prélat gouverna honorablement sou monastère pendant 1 1 ans et qu'il mourut laissant des regrets, le 1 9 du mois d'août, veille de la fête de Saint-Bernard, de l'année 1411. — Son corps fut enseveli au 2° rang, dans la salle capitulaire, côté nord, près de la porte mûrée de l'ancienne chapelle de Sainte-Catherine, sous une grande pierre couleur fauve sur laquelle on voyait la ligure d'un moine en habit de chœur ; cette pierre habilement gravée en style gothique, portait en marge l épitaphe qui suit :
HIC JACF.T DOM. GEORGIUS DE C AH PIN 18, QIONDAM MU JUS KCCLESJ.K ARBAS XXX, QUI OMIT AN. DOMINI MCCCCXI NONA DECIMA DIE AIGUSTI. CUJLS ANIMA REQl'IESCAT IN FACE - PATER NOSTER.
Voici l'éloge de ce Prélat par I). Martin Dubuisson, qui dans ces deux distiques fait allusion au nom de Deschamps :
« Quis memorct quantis commissn Georgius arva « Fa3cundet studiis, irriget, atque colat ? « Cultor agri factus, cultoris muncra complet « Impigra, quid mirum, nominis. oraen hafoet *. »
1 llist. m" Clar., 1 pag.
» llist. m" Clar., 1 pag. 426.
noo— un Religieux contemporains :
Simon, de Talinghem. — Lambert 11e lys. — Nicolas Abietis. — François Caldere. — François, de Bailleul. — Nicolas, de Rcxponde. — Roger. — Jean Lambrecht. — Thomas Eke. — Jean Coquillaen. — Jacques Baert. — Pierre Osterline. — Mathïas Heineman.— Philippe, de Riévelt.— Pierre Jacobi. — Jean Boethrussel. — Jean, de Clère. — Chrétien, de Boulogne. — Jean Scoldane. — Jean Moris, sous-prieur. — Beaudouin, de Croix (de CruceJ. — Nicolas Cordewanier. — Vincent Valcq. — Michel Bosquet. — Olivier Boom.
Nous trouvons à l'année 1409, Jean Hielle, procureur de la maison, dont le nom §e trouve rappelé dans la délimitation de la banlieue
1). Georges Deschamps portait, dit-on, 3 champignons d'argent sur fond d'azur, avec cette devise :
Elonyavi fuyions
1 Idem, idem, tom. I, pag. 434.
- Ilist. m" Clar., 1 pag. 424 et 4*20. — Voir les planches.
LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS
JEAiN III GHEERS, 31e Abbé. aù-^ ihi
Mort : H 38
SOMMAIRE
Jean Gheers III, entre de bonne heure à Clairmarais. — 11 prend l'habit sous Jean Godberons. — Ses progrès dans la vertu le font connaître. — Il est élu à la place de Georges Deschamps (1411). — Il se montre toujours affable envers tous. — Il reprend les travaux de son église, achève les culs de four du sanctuaire et le côté droit du Iranssrpt. — 11 y place les armoiries des Rois de France et d Angleterre, celles des ChAtelains avec son chiffre. — 11 ne peut achever le second bras de la nef transversale du côté de la porte Lawarl.— Renonciation des habitants de Rencscure et de Zudpeenne a l'usage par eux usurpé de faire paître leurs troupeaux à Scoubroucq. — Charte signée à cet effet par les parties. — Ses témoins. — Les gardes du Comte de Saint-Pol qui avaient indament enlevé des ruches à Fiefs, sont condamnés (1414).— Bataille d'Azincourt (1415).— Déposition de Jean XXIII, au concile de Constance.— Jean Gheers assiste à cette assemblée comme envoyé du Duc de Bourgogne. — Sa réputation. — Confirmation de la dîme de Coreel (1418). — Cession viagèro de la censé de La Fresnée à Pierre, de Poix, Seigneur de Bomy.— Vente du quart
Hl i — 1438 d'une maison située sur la place de Saint-Omer. au prix de 80 francs 20 sols (1420). — Déclaration du Duc do Bourgogne, énonçant que \ la ferme de Scoubroucq, était située en Artois et non en Klandro !* (1421). — Défense aux habitants de Renescure de garder leurs troupeaux sur les pftturages de l'Abbaye. — Déclaration de cette défense. — Plainte pour la dîme du lin provenant du jardin de La Molt*' Lacurnne (1423). — Condamnation de deux habitants de Dlangis, pour avoir insulté un religieux. — Sentence contre le Seigneur de Poix, pour cent livres d'arrérages (1425) — A sa mort la ferme est restituée (1427- 1429). r- Celte ferme n'est point soumis à l'affermage envers l'Evcque. — Jean traite avec l'fivèque pour l'ordination aux ordres sacrés (1431). — Difficulté suscitée par Robert, do La Motte, Seigneur de Bléquin. — Il reconnaît son erreur. — Acte qui le constate. — Témoins do cet acte. — Contestation élevée par les habitants de Dlangis au sujet des dîmes de Cavrcl.— Elle s'applanit grâces a Pierre Quikret, Seigneur de Tramecourt. — Lettres de non préjudice données par le Sénéchal du comté de Saint-Pol. — Étangs loués aux religieux par les Comtes. — Jean, Évôquo de Thérouanne, momentanément à Boulogne, donne à Jean Giieers des lettres qui exemptent ses successeurs de subir les examens devant les religieux de Citeaux.
— L'administration de Jean III, est extrêmement agitée. — Dispersion forcée des moines. — Cet Abbé fait ouvrir les fenêtres de l'église au deuxiémo rang. — Sa veillesse. — Sa mort après 27 ans d'exercice. (17 février 1438). — Sa sépulture. — Sa tombe.
— Son épitaphe. — Ses armoiries. — Son éloge.
Jean Gheers embrassa de bonne heure la vie monastique a Clairmarais el fit ses vœux de profession entre les mains de Jean Godberons, en 1384 l. Ce cénobite montra bientôt ce qu'on pouvait attendre de lui ; sous le digne maître qui savait l'apprécier, il gagnait tous les jours en science et en vertu, aussi obtint-il bientôt une telle réputation qu'à la mort
» Dom. Charles Martel. — Hist. m" Clar., 1 pag. 428.
de Georges Deschamps il fut unanimement désigné nil— ms dans les 2\ heures pour prendre sa plaie, et à peine arrivé au fauteuil delà prélature il ne tarda pas à justifier pleinement la confiance <|tTil avait su inspirer ; jamais il ne cessa de se montrer clairvoyant et affable envers ses frères connue envers les étrangers Profitant d'un moment de relâche dans les agitations du dehors, Jean se hàia de reprendre les travaux de . son église commencés et inachevés depuis lo ans, il fit élever les culs de four et les voûtes du sanctuaire ainsi que celles de la partie droite du transsept, du côté du dortoir". En mettant la dernière main, à ce travail Jean y fit placer les écus armoiries des Rois de France et d'Angleterre, celui des Châtelains de Saint-Omer, tous bienfaiteurs de la maison, et à la clef de voûte il ajouta son chiffre personnel, composé des deux initiales de son nom et de son prénom J.-G., le J en argent, le (j en or, sur un champ d'azur '.
— La guerre toujours à nos portes, jointe à d'autres graves préoccupations ne lui permirent pas d'achever le second bras de la nef transversale du côté de la porte La a- art l. — En 1il2, dans le cours de la première année de son gouvernement, Jean III, toujours attentif aux intérêts matériels, comme aux intérêts moraux de sa maison, obtint des habitants de Kenescure et de Zudpeenne, qu'il avait convoqués
1 Idem, idem.
* J)om. Guislain-Cumpion.— boni. Berlin de Visser) , 1 pag. <1;M 3 Idem, idem. — Planches.
» llist. ne Clar., 1 pag. 428.
Mit — 1 î:ïs dans son monastère, leur renonciation à conduire leurs troupeaux paître sur les terres de Scoubroucq, appartenant à l'Abbaye, licence qu'ils avaient prie jusques-là.... Le prévoyant Prélat fit rédiger un acte en leur présence, qui l'ut signé sous ses yeux, près du cloître (prope claustrant), le 2,1 décembre 1413, la troisième année du pontificat de Jeax XXIII, G" indiction, par-devant le prieur Philippe, I). Mathieu Heure, boursier, Olivier Hoborls, maître de la vieille cour, Rolland, Chapelain de l'Abbé, et Jacques, de Rumilly, procureur
Deux ans après, nous voyons une autre sentence rendue par le Sénéchal du sieur de Ternois, qui déboule les gardes du Comte de Saint-Pol, lesquels avaient enlevé des ruches d'abeilles sur le territoire de Fief, sous le prétexte quelles appartenaient au Comte leur maître.
C'était l'année de la fatale journée d'Azincourt, là où da:;sune efiroyable mêlée, sur un vaste champ de bataille, situé entre les deux Abbayes de Kuisseauville et de Blangis, succomba l'élite de la jeunesse française.... S'il faut en croire Baluzeet les écrivains de Clairniarais1*, la France aurait alors perdu 10,000 de ses enfants et l'Angleterre 1,000 à peine \
— Mais fermons les yeux sur cet effroyable et désolant épisode des annales françaises!
1 Idem, idem.
- nom. C.uislain-Cîimpion. — Dom. Charles MarlH. — Dom. Berlin de Vissery. — Ralu/c, pag. 230.— llist. m" Ular , 1 pas. 129.
3 llist. clironolog. des Papes, etc., pag. ôl.
La même année, le Pape Jean XX III, était éloi- ni|^| i;liS gué de son siège pontifical an bout de cinq années d'exercice, par une décision du concile de Constance l.
La réputation de JeanGheers grandissait toujours, elle parvint facilement aux oreilles du Duc de Bourgogne qui habitait souvent Saint-Omer, avec sa cour 9 ; aussi cet Abbé fut-il choisi pour être l'ambassadeur du Prince au concile de Constance 3 ? Ce fait, dit Bertin de Visserv et avec lui les auteurs du (iallia Christiana, nous est affirmé par les notes manuscrites du savant Baluze ....
En 1418, à la demande de Jean 111, nous voyons la confirmation de la dîme de Coreel accordée par le Souverain-Pontife Martin V. Un peu auparavant 1416) Pierre, de Poix, surnommé le Beaudrin et Seigneur de Bomy, avec sa femme Emmeloï, de Monbertaut, avaient pris du couvent en rente viagère, la maison de campagne de La Fresnée, au prix de 18 livres parisis "'.
Le 19 octobre 1420, Arnould, de Wissoc, et
1 Idem, idem. — L'art de vérifier les dates.
* Cum fuma domini Joannis (jlieers Abbulis, ad a ares duris lluvfpnv.li.e pervenisset et idem Coûtes s.rpc ruui uul'i Audomtn i deuerel, dirtum Albulem sut ambntiulorem (sic) seu letpdum elef/il. (Pag. 129). — Gallia Christ., tom. 111. — Verho J. C.heers.
" Raluzc, etc., etc.— l a date de ce fait est contestable. — Gallia Christiana, tom. III, col. 529.
4 Ilist. ni" Clar., 1 pag. 430.
3 Qutu'tnin p utnn dumus, in mujori plat.ru tieihili.s Audomttirnsi.s pro summù <V0 fruneonnn et '/<) sniid. paris. (Pag. 130).
Le prix du marc d'argent s'était alors élève à 18, 2(i et 28 livres (M20). - Leblanc, pag. 111.
MU — H38 Jkannk, sa femme, vendent à ('lai K (C/ayeJ, de Wissoc, fils de Jean, le quart de la maison qu'ils possédaient sur la (irande-lMai'e de Saint-Omer, pointa somme de 80 francs el 2i) sols parisis l.
En i iil, le due de Ibutrgognc, (jui était aussi Comte d'Artois, déclara sur la demande de l'Abbé et malgré line vive opposition des Flamands, que la terme de Seoubroueq était située en Artois et non en Flandre, comme on le prétendait Declaravit villam nostram esse in Arfhrsia, contradicentibus famen me m brin Flandria' :i.
l e 31 mai de celle année, une singulière contestation s'était élevée entre le monastère et le magisuat de Saiut-Omer : on voit dans les archives de la ville la copie d'un concordat intervenu au sujet du déchargement dans le refuge dit la Maison de ]'icrn\ d'une partie de vins, contrairement aux règlements de police li il
La même année, le même Comte détendait aux habitants de Kenescure de conduire leurs troupeaux dans les pâturages de l'Abbaye et leur faisait déclarer cette défense par Colakd, de Comines, Seigneur de Kenescure et de Til, Hailli do Cassel, en présence du
1 Idem, idem.
*J Idem. idem.
1 Cette désignation de Maison dr J'ii rrr donnée au rédige prouve qu'il en existait peu alors ainsi étahlies Quant à l'infrac-
lion aux règlements de police et à la contravention de contrebande pour les droits d'entrée dos vins elles sont également curieuses à constater de la part des religieux Bernardins.. . . — (Papier. IV T-17 et 48). CXC 8.
4 llist. m" Clar., 1 pag. 438.
procureur Baudin, de Croix, et de Bolland, le liil— n:w Moine (31 janvier 1421 l.
Deux ans plus tard , Jean Gueers se plaint publiquement de ce que la dîme du lin, cultivé dans le jardin dit La Motte Lux are nue, lui a été enlevée 1 423: .
Presque en même temps eodetn <utuu, sur une autre plainte de r.Vbbé, plainte consignée dans les archives du Sénéchal du Comte de Saint- Pol, deux habitants de Blangis lurent mis en prison pour avoir insulté I). Pierre Ciiotekel, l'un des religieux de r.Vhhave *.
En I 42o, le Duc de Bourgogne qui avait fait mettre à sec l'étang du Bourg, fit donner par le Bailli de Saint-Omer, des lettres de non préjudice 112') .
En I 42(i, le Prévôt de Montreuil, rend à son tour une sentence contre le Seigneur de Poix et de Boni) , pour une somme décent livres due au monastère pour plusieurs années écoulées de la rente de La Fresnée. — A la mort de ce Seigneur (1427 ou 1 429 la eense fut restituée par sa femme ainsi qu'on pouvait en juger par les lettres de Jean, de Poix, son (ils.
D'après ce qu'on trouve dans les titres, il parait que cette ferme de La Fresnée, ainsi que le bois lUmtin, n'étaient point soumis au droit d'alTermage envers l'Evèque deThérouanne n.
1 Idem, idem, png. 131 — Roi land fut lo successeur do Jf.vn III. - Idem, idem.
1 Ilist. m" C.lar., 1 p;ig. '131. — Anciennes archives de l'Abha\e an mot Beoumont. — Hoite II.
(411-1438 En 1431, on voit l'Abbé traiter avec l'Evèquc diocésain, Louis, de Luxembourg, pour les ordinations aux ordres sacrés.
En 1 432, le mandataire ou fermier (cillicus) de la grange de Baumont nommé Galopin, avait enfermé dans les dépendances de la ferme, douze nouvelles mesures de terre. Robert, de La Motte, Seigneur de Bléquin et de Liédeghem, s'en plaignit en soutenant le droit qu'il avait depuis un certain temps d'y envoyer paître ses troupeaux, il força la communauté à suspendre son emprise et la traduisit devant le Bailli de Saint-Omer ; mais bientôt reconnaissant la concession faite aux religieux par ses prédécesseurs, Robert se désista de ses prétentions et donna des lettres de cette reconnaisance. — (les lettres furent scellées par lui et par l'Abbé Jean Giieers, dont le scel portait l'effigie d'un moine en cuculle avec ses armoiries et un lion sur l'écu. On v vovait aussi le scel du chapitre avec la statue de la Sainte-Vierge l.
Dans les derniers actes du gouvernement de Jean Gheers, on voit une contestation élevée avec les habitants de Blangis (cas de lilangiaco), par rentremise de Dom. Rolland, le moine mandataire de l'Abbaye, pour des dîmes de Cavrel et de Livolsat.
Dans cette affaire, noble Pierre Ouiéret, Seigneur de Ramecourt et de Maisecourt, capitaine de Thérouanne (cftpiluneus de Mtn,inoJ% interposa ses bons offices comme médiateur 1 434 9.
1 m (..Lu , 1 p.-ig. 432.
- Idem, iiem, ji.Iu'o; Je I'ALLjv \
On trouve (les lettres de non préjudice délivrées l'.il — î'r.:* par le Sénéchal du eointé de Saint-Pot, à l'oeeasion d'un voleur retenu indûment dans les prisons de Lisbourg, contrairement aux droits de juridiction de TAbbavc ;l*33 K
On remarque également que tous les étangs des environs du monastère étaient régulièrement affermés aux religieux, par les Ducs de Bourgogne, Comtes de Flandres, notammant par Philippe-le- BonU3o;9.
On rencontre à cette époque dans les archives municipales, un acte de Jean, Abbé de Clairinarais, et de Marie, de Wissoc, Abbesse de Sainte-Clairelès-Saint-Omer, acte relatif à une acceptation de legs.
On aperçoit, en outre, des lettres de Jean, Kvcque de Thérouanne, qui alors momentanément retiré à Boulogne à cause des guerres (ttoloniiv in domo habit ationis suœ Joannes Episcopus Morinensis) \ déclare à Jean Gheers qu'il dégage ses successeurs de l'obligation future d'examiner les religieux de l'ordre de Citeaux, notamment ceux des monastères des Dunes, de Clairinarais et de Longvilliers. t'es lettres portaient le grand scel 'suinn xigilhim majorât! J, scel qui, dit Berlin de Yisserv, s'est conservé
1 Idem, idem.
! Parchemin P, 2 sceaux, l'un de Clairmarais, l'autre de l\\bb:i\e de Saint-Claire, assez conservés et retenus par des bandes de parchemin. (3 novembre 1135}, CXC-4.
3 llist m" Clar., loin. I, pag. 432. lin. 15 et
un— ms intact jusqu'à la tin et qui était magnifique, heurjnilchntm est 1 l.
dette même année Jean YH, '19'' Ahl>é de Cilcaux, abolit dans un chapitre général l'usage de la communion, sous les deux espèces, ce qui s'était pratiqué régulièrement jusques-là
Il ordonna aussi que ceux qui dans le chœur adoreraient Xotre-Seigneur , ne pourrait demeurer debout pendant l'KIévation 3.
Enfin le dernier acte correspondant à l'administration de Jkan Giikkrs est l'ohlention d'un ViiUnms délivré par le magistrat de Saint-Omcr, pour une transaction intervenue en 1102 avec le seigneur de Poix et de Boni v IM81 ».
Les annalistes nous disent tous que l'aduiinislration de Jean (îhkkhs, l'ut singulièrement tourmentée et (jue le monastère eut beaucoup de pertes à essuyer par la dispersion forcée des religieux dans différentes maisons '. En se rapportant à l'époque où il vécut, il n'est pas d'illicite de croire à ces assertions. Te fut ce Prélat qui ordonna au questeur du couvent Dom. Chrétien Ekaure, de faire ouvrir h s fenêtres du second rang * le la nef de l'église, lesquelles avaient été fermées jusques-là ,;. Presque aussitôt après
1 Idem, idem.
s Idem, idem, pas 431.
3 Idem, idem. -Cuil. Christ.. f> 1003, tom. IV;. * Hertin de Vissery. tom. I. pag. 432.
:; I). Guislam-Campion.— Hc-i-tin do Vissery. — D. Charles Martel.
0 On voyait le nom de Dom. Li:.n:r,Rr, écrit, sons une statue de la Sainte Viorne, placée an mur septentrional du cloître Tlist. ne- Clar , 1 pag. 13.\ Sin. 31 et 32
l'exécution de cette améliora lion qui, en donnant l *# 1 1 — tW8
du jour, embellit beaucoup la basilique Abbatiale,
Jkan (jIIKKRs courbé sous le poids des années, brisé
par la vieillesse, au bout de 27 ans de nombreux et
utiles travaux, succomba le 1 7 février 1 438; ce Prélat
reçut la sépulture au nord du chapitre, à gauche de
Paul, de Bailleul. On vovait sur sa tombe une grande
pierre grise où se trouvait habilement gravée dans
un dessin gothique l'image d'un Abbé en euculle,
comme sur les marbres de ses prédécesseurs. Autant
qu'on pouvait s'en souvenir, d'après les témoignages
des plus anciens, l'inscription placée à l'entour de
sa pierre sépulcrale était ainsi conçue :
J MET FKMCIS MKMOHI K I». JOAN.M-S r,||EKRS y L'OMIAM IllilS
trn.m auras xxxi, yn obiit anno domim 1 13H, hit: 17
l ICBRt Allll : ANIMA LUS REOLIISCAT IV PACK '.
Les armoiries de Jean III, étaient un lion d'or debout sur champ de gueules avec cet devise :
Concuko Leutiem '-.
Cet écu se voyait du dehors dans la partie supérieure de l'église.
Dom. Martin Dubuisson a écrit l'éloge de Jkan (iiiEF.RS dans les deux distiques suivants :
' Dum régit insigni spiendot pietalo Joannis, « Fulget ut aonii florin magna cliori « Slemmata, ni fallunl majoris fornicis arcus Extruxit, cttrcnios applicat hisque tholos >
' llisl nr Qui., 1 pag. ÏXI ' Idem pifg 128. -- Plan- lies. 3 Mo m, idem, pa^. 433.
Mil -M38 Dans la série dos moines contemporains on trouve les noms suivants placés par ordre de religion :
Lambert Lebeere. — Galïe.n Dringbier. — LAU- RENT DeCAM (sic! - — GUILLAUME C\RRÉ. — ROBERT DE SMIT. — SlGERUS LyPÏNS. — VlDO.N PlERRLNS. —
Villelm Sïabbecoell. — K. D. Jean Wissoc, prieur l.
1 Hist. maiiuscripla Claromarisci, a Uertioo de Vissery, lom I, pag. 433.
JEAN MONACHY on LE MOINE, 32e Abbé. a™™. :i«s
SOU M Al KE :
Peu de documents sur co Prélat. — De simple moine, chapelain de l'Abbé et cellerier, il élu Abbé le 24 mars 1438.— Sa bénédiction retardée. — Ratification des donations antérieures. — Fermage perpétuel de la censé de La Fresnée. — Concession de l'étang du Bourg. — Restitution d'un criminel. — Mort de cet Abbé. — Son inhumation. — Son épitaphe. — Son âge. — Vacance de l'église. — Ses armoiries parlantes. — Son éloge. — Moines contemporains.
Quoique nous ayons déjà vu apparaître le nom de Roland Monachy ou le Moine, il reste bien peu de chose de lui. Ce qu'on sait, c'est que de simple religieux il devint chapelain de Jean Gheers, en 1412, puis procureur ou cellerier de la maison qu'il fut régulièrement appelé à gouverner, le 24 mars 1438, par les suffrages de ses frères, un mois après la mort de son digne devancier
1 Dom. <juis!a:a-(Jurap:on. — D. S. KoLerty.
Hoï.and rerut la bénédiction solennelle dans son église, le I" juin qui suivit son élection ; il aurait dû scion l'usage être immédiatement béni par l'un des Prélats qui avaient présidé à son élection, une maladie fut vraisemblablement cause de ce retard
Ce Prélat surveilla de son mieux, disent les écrivains, les intérêts de sa communauté, il réclama et obtint de Philippe, Duc de lîourgogne et Comte d'Artois, la ratification des donations faites au monastère par ses prédécesseurs, ces actes sont datés de Saint-Omer, au mois de juillet 1439.
.Nous voyons à la date du 30 mai 1440, un acte copie t ntre le magistrat de Saint-Omer et l'Abbaye, au sujet de l'élargissement de la rue longeant le refuge et la construction d'une porte et d'un mur audit refuge, dit la Maison tir /'/mr, près du Vain quai
En outre, l'Abbé afferme à rente perpétuelle la rense de La Fresnée, au prix de 2 sols 6 deniers s de rente la mesure 1441 .
' Hist. m" Clar., tom. 1 pag. 43ô.
• Archives municipale?, papier P° î° «17, CXC 9.
La rue alors élargie et elle devait avoir bien besoin de l'être, est sans doute, la rue actuelle du Quartier de Cavalerie, du côté de l'hôtel des Pompiers, la poito est peut-être celle qui donnait sur la rivière et dont il y a peu de temps on voyait encore la trace. — (Atelier Vandenbossche).
a Quelle était alors cette valeur ? 2 sols G deniers, dit Leblanc, équivalaient exactement à un gros tournois a dater du 7 juin 1157).
I1iiaiii.es VIL régnait alors en France, il monta sur le trône, on le sait le 21 octobre 1122 et mourut le jour de la Madeleine M61, après un règne de 10 ans.
Pendant ce règne on ne tit point de monnaies nouvelles, mais on diai^ci Lien souvent le poids, le titre et le couiï de celles qui
Il obtient de Philipim:, île distille, le fond et les 1438-1 Us poissons de l'étang du Bourg, et autres laveurs qui déjà avaient été consenties pur M am.uilikn et Chaules, Ducs de Bourgogne et Comtes de Flandre I ri ïo .
On voit, aussi qu'à cette époque, le Bailli de Saint- Pol, fait restituer par sentence au Bailli de Fiel", un criminel arrêté dans la juridiction du monastère il HT . C'est tout ce qu'on trouve sur le gouvernement de cet Ahhé, lequel au bout de 10 années d'exercice, mourut le 3 mai I MS, et fut inhumé
existaient, il y eut alors des variations extrêmes à cause des affaiblissements mont taire».
Ja(qiks Co.lh. maître «le la monnaie à Bourges, en M3Ô, puisa Paris. Inrsquelle y fut rétablie (M36;, avait fait fabriquer des gros d'argent fin pesant justement un o- ou 3 deniers.
On faisait également une grande quantité de monnaies de billon, parmi lesquelles se trouvaient des grands hluurs. demi bltuirs, des ilimhhs et îles deniers /t u'isis et luurnois, mais l'affaiblissement devint tel que une pièce d'argent lin, dans son piincipe, lorsqu'on faisait de la forte monnaie, se trouvait n'être plu» tard que du billon. — Lorsque Ciiam.es VII. n'était que Dauphin, les gros qui étaient à cette époque de 5 deniers 8 grains de loi, vinrent à n'être plus qu'à 8 grains.
L'histoire de ce temps là. remarque que le 11 mai on dé-
cria tous les f/ros, le Dauphin en ayant fait contrefaire « il y eut. dit le P. I.abbe, ijraiid murmure du p, iijn'e nui t/ perdu il moull, piree uue le mriUntr n - hur vuluil nu un denier nu un lournuis. »
On conserva seulement alors les écus de 21 sols G deniers.
Les grands blancs de 10 deniers.
Les petits blancs de 5 deniers.
Les doubles de 2 deniers.
Les gros tournois de 2 sols 6 deniers.
Toutes les au'.ics monnaies furent alors décriées et en Normandie les mêmes monnaies eurent cours pour un prix ditVércnt. — On permit que celles d'Angleterre de Flandre et de Uretagne y fussent mises, — les écus valaient 30 sols, les blancs 11 deniers, les plaques de Flandre 15 deniers, les gros tournois ? sols 9 deniers. — (Voyez Leblanc, pag. 399 à 303).
n:tt-m8 dans le chapitre, du côté méridional, à la tète de Pierre Ruthe, là où Ton voyait aux extrémités une croix figurée en briques l.
On ignore son âge. — A sa mort l'Abbaye fut vacante pendant 27 jouivs 2.
L'écu attribué à Ho L AND, le Moine, (armes parlantes ), se composait de trois bustes de moines vêtus de blanc, sur fond de sable, avec la devise :
Cantemux Domino *.
Voici l'éloge de ce Prélat .
« Imperium douant juvenesque, senesque Roi.ando, « Paret, et id multû laudo colendus obit , « Actis at Lustris, uno cum menso duobus, « Pastoiï functo mœsta parental ovis ». »
On trouve parmi les religieux contemporains : Louis Coureidere. — Mathieu Trurert.— Dom. Pierre Cotreel. — Henri Disser (de IsserdJ. — Simon Wissoc. — Jean Stenstraet. — Jacques, de Hemillv (Remilig lu). — Gui do Peypin (Piscator). — Dom. Chrétien Leaecre (quaestor), dont le nom se voyait sur la seconde fenêtre de l'église et dans le cloître. — Jacques Scoleri. — Nicolas, d'Audenfort.— Jean Walque.— Louis, de Ledegbe. — Jean André, sous-prieur. — 1). Pierre Kanpegoint, il était peint derrière l'autel Saint-ttienne avec ses parents qui avaient fait les frais de ce tableau. — Guillaume Tellier. — R. D. Jacques Goederuer, prieur \
1 Hist. Clar., 1 pag. 436. — 4 Idem, idem. — 1 Idem, idem. * Idem, idem. — Planche?. — 3 Hist. m" Clar., 1 pag. 436.
LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS
JEAN IV SERLANS ou SERLAMINS, 33' AbbB. mmmim
DtniaioB : i l G"»
SOMMAIRE
Jean IV, songe lo premier à noser des verres de couleur dans son église. — Sujet du premier tableau. — Sa noble origine. — Son mépris du monde. — Ses vertus. — Il est élu Abbé le 30 mai 1448. — Il achève les voûtes près la porte lœivarl. — Son application à l'administration des biens temporels. — (1451). Location de la censé de Baumont. — (1454). Location de la censé de Cavrel. — (1463). Location à vie des rcoulins de Blandccques. — Jean se retire le 30 mai 1465. — Sa mort. — Sa sépulture — Ses armoiries. — Son cachet. — Moines contemporains.
Jean Serlans ou Serlamins, est le premier qui ait songé à faire établir des vitraux coloriés dans l'église de Clairmarais, la première fenêtre qui en fut décorée représentait Saint -Jean baptisant Notre- Seigneur Jésus-Christ, avec l'image de l'Abbé et les armoiries de sa famille.
Jean IV descendait de l'ancienne et illustre famille
ma— lier» de Wavrix l, ainsi qu'on peut le voir sur son écu s;
mais sa noble extraction ne l'empêcha pas de fuir le inonde, ses dangers et ses déceptions, pour se faire serviteur de Dieu.... 11 entra Tort jeune à Clairmarais où il grandit tellement dans la prati(|ue des vertus, que les suffrages de ses frères allèrent le chercher pour lui confier, le 30 mai 1148, le gouvernement de l'Abbaye, fonction dont il s'acquitta à la satisfaction publique. Zélé pour la maison de Dieu, il fit achever la voûte de l'église, qui restait à faire du côté de la porte Lairavt .... Son chiffre en or et en argent J. -S., sur un champ de gueules, placé à la clef de voûte, l'indiquerait clairement à défaut d'autres titres
Appliqué aux soins temporels de la maison, il céda à perpétuité la censé de Baumont, au prix de 100 livres I loi annuellement payées. — Le bois Bouttin contenant 31 mesures l/i fut également affermé à perpétuité au prix de * sols 6 deniers la mesure
La coise de Cavrel de la contenance de 10 mesures dut aussi être louée pour cent années parce que les frères convers manquaient pour la cultiver (déficiente copid cniiversonun ad culturam ejusj 1 ioG l.
Eu fin, en I iG3, on voit encore de cet Abbé un litre par lequel il renouvelait pour la vie du bailleur et
» Dom. r.uislam-Campion.— Dom. Chat 1rs Martel et Dom. Berlin tle Yissery, tom. 1. pas. -138.
* llist m" Clar., 1 pas. 438.
• l.lriii, i.lctn.
' llist. m" Clar., 1 pag. -13<*.
celle de ses fils, la location du moulin de Mandée- ut;:> ques. Sur ce titre portant trois scels, on remorquait celui à l'effigie de l'Agneau Pascal 1463'.
La même année, IIu.mbkrt, 42° Abbé de (liteaux, ordonna dans un chapitre général de chanter dorénavant l'antienne Salve Rcyina, après compiles, dans tous les monastères de l'ordre l.
Ainsi se passa l'administration de Jean IV, au milieu de tous les soins incessants qu'il donnait à tout ce qui concernait sa maison ; il mourut ou d'après une autre version, il se retira volontairementau bout de M ans de prélatine, le 30 mai 1465. Ce qu'il v a de certain, c'est que le jour de sa mort est fixé au 29 décembre de la même année ; il reçut sa sépulture dans la salle capitulairo, à gauche de Roland, son prédécesseur, sous une croix formée simplement en petits carreaux blancs a.
Les armoiries de Jean Serlans étaient un écu d'argent surmonté d'un croissant de même, sur fond d'azur à sénestre, écartelé avec l'écu de YVavrin, ban des noires sur fond d'or avec cette devise :
Tene médium \
Le chiffre entrelacé aux initiales de cet Abbé qui figurait à la voûte de l'église, se retrouvait à la fin du
1 Gall. Christ., tom. IV, P 1014.
1 Sub cruce quadrix coctilibus nlbis stmta fujuvn ximpliri. — (Pag. 439).
• llist. Clar., 1 pag. 438. — Planeho iv.
second volume d'un manuscrit de la bibliothèque ntitulé : Maghter Hugo super Lucain u
Parmi les religieux contemporains on voit les noms suivants :
jEgidius Oluve. — Balduinus Zevencotte. — Kobertus, Abbas Bonifontis Bonne-Fontaine), ordre deCiteaux, diocèse de Kbeims1'. — JoannesSceperk.
— Balduinus, monachus Claitevallis. — Joannes Billot. — JOHANNES GllEEHS. — PETRUS SoURGON. —
Joannes Caron.— Joannes Romà. — Pétris Caes-
TRE. — EUSTACHIUS BERRE. — NlCOLAUS Ql'IECQUIN.
— F. Vincentius, conversus. — Egidius Danel.— Joannes Vos. — Florentius Martel. — Guillelmus Bapere. — Joannes Macquart. — Joannes le Scot 3.
Au-dessous du portrait de Jean Serlans, placé sur la dixième fenêtre, on lisait ces vers de Dom. Martin Dubuisson :
« Cl a ru s avis solida prestat, virtute Joannks, * Antiquum gestit sic superare genw.
< Altamen hune Marthœ laedet tranquilla Maria'
< Tempora, deposilo pondère fessus a Rit *. »
1 liiftt ra" Clar., 1 pag. 440, lin. 5 et 6.
1 Ce religieux serait mieux place" sous le successeur d»« Jean Srblani.
•flirt, Clar.,, pag. 439.
4 Idem, idem, pag. 437
JXGKLKAM CKAYBEN, W Aunt.
li(W>-U8i .
SOMMAIUE :
Inoiiium. né ;'i \.\7c\, laubourg do S;sir.t -Orner, ci. tir ;.u monastère de Clairmarais. — Il devient pro< invnr de l;i maison. — Sa science, >a veitu.— 11 est nomme Abbé le jour même de la retraite de Jlan IV, et i croit lu cuntii ui;il;on du supérieur général. o( — Il donne ses soins à l'achèvement de l'église. — Il prie l'Lvéque de Juliers, suftrngant de Thérouanne. lie venir la consacrer.
— Cérémonie solennelle à cette occasion, le *0 juillet H66. — Procès-verbal et inscription rappelant cette solennité. — Texte de cette inscription gravée sut un tableau placé;» côté de l'autel. — Ce tableau tombant de vétusté fut transporté aux archives, en
— Pompe avec laquelle on célébrait l'anniversaire et les lèles de Sainte-Margueiite et de Saint-Adrien. — Lvgemum fait pincer la neuvième fenêtre coloriée avec son portrait et celui de ses parents.
— - (M70 . Continuation de? privilèges. — i -iT 4 1 . Lettres quirebtr tuent l'usage, jusques-!à interdit, des terres nouvellement défrichées noidlium . — L'Abbé touche à la treizième année de son gouvernement. — Son église est bénie après 300 mu. — La guéri e réparait. — Nouveaux malheurs. — Les moines sont dispersés.
— Invasion de Loris XI, en Artois. — Prise d Arras par les
1465—1484 Français. — Soumission volontaire des habitants Je I en«, Uéthunc et llesdin. — Saint-Omer brûle ses faubourgs du côté de l'Artois et détruit plusieurs maisons religieuses pour sa propre dérense.— L'armée française envahit le monastère qui est déserté et incendié.
— Le Roi y vient en personne. — 2.000 livres de plomb enlevé à la toiture des nefs collatérales. — On en voyait encore la trace au XV11I» siècle 1477). — Détails "donnés parj). Charles Martel,
— Saint-Omer assiégé résiste au Roi d<> France forcé de lever le siège. — Religieux dispersés. — La paix renaît après la bataille d'Enguinegatte, sous .Maximuîin, d'Autriche. — L'Abbesse de Rlandccques se démet entre les mains d Imii.i.ium. — L Abbé obtient des lettres do créance de Maximuifn. — Il rappelle ses religieux, rétablit les ruines et reconstitue la discipline. — Il se relire et meurt le 22 novembre 1 184 — Sa sépulture. — Durée do l'administration de cet Abbé. — Il désigne son successeur. — Opinions diverses à cet égard. — Il donne ses soins à la biblio-
jlthèque. — Sentences pieusesjjioutées par lui à la septième fenêtre.
— Son portrait en vitraux coloriés. — Celui du prieur. — Religieux contemporains. — La première sépulture d'après le nécrologe.
Lngelram était né à Saint-Omer (yatrid Audomarensis), ou plutôt dans le faubourg de Lyzel (ex Lysel suburbio ejusdem civitatis), il se fit moine de Clairmarais et devint procureur et juge de la communauté 1 pour les intérêts qu'elle avait a défendre en Artois (questor), notamment dans le Boulonnais ex îractu lloloniemi.... Ce cénobite se faisait remarquer par les qualités de l'esprit et du cœur s, on admirait sa science et sa piété, aussi le jour même de la retraite de Jean Serlans, fût-il unanimement désigné pour
1 Qiicslor Fa-cUsix, mh oratus. (b-f>>nsnr. ~ Ducange, tom.V.pag. 1026, in-f°. Paris, 1734.
* Ilist. m" Clar., 1 pag. 442. — Vir multis n»tm;r tint Unis onxitus, pr.txrrtini srientùi rl pielutr. — (Pag. 412).
prendre sa place 30 mai 1 16o . Ingelram fut immé- Ufi5— diatement confirmé par le supérieur général x.
Aussitôt en fonctions cet Abbé donna tous ses soins à l'entier acbèvement de son église qui, ne tarda pas à être terminée et qui reçut bientôt après la consécration ~. La seconde année de son administration, Ingelram pria l'Evêque de Juliers, alors suft'ragant de Tliérouanne", de procéder à cette cérémonie, ce que ce Prélat fit avec empressement le 20 juillet liGO, et avec toute la pompe possible, au milieu d'une grande jiflîuence de inonde: l'Eglise et les deux principaux autels lurent alors solennellement consacrés, on dressa le procès verbal de la cérémonie dans les termes suivants :
« A n h o do m in i J/° Cn LX I 7" d ie men sis ju lit, « nnnum (njcnte secitndnm, in retjimine liujus mo- « nnsterii. Dompno Inr/elrammo Crayben Abbale « ejusdem tnri VA A///", dient a fuit Keelesin islaper << Dominant Jaeobnm Episc(tpnm Juliense, in hono- « rem S1' dei (jenitrieis Mnriu\ cl codent die eonse- « ernln fnerunf is!a duo allaria, per eumdem « Pontifteem, (jttorum mnjns ronseemlum est in «. honorem ipsitts dei (jenitrieis Mnriœ, cl alind in « honorem snneli Adrinni mnrtyriset snnctœ Mur- « (/nrife, rirr/inis et mnrt(irisin (fuilnis eonlinentur « relitfuiw iste *. >»
1 Confirm"lus tt p/tlrr iinmcdinl-'. — (Idem).
2 kjux cnnscrr'il ion^m fmn!>ihis f.sf.
J Jfw. Kvéquo de Julirts. le conséernteur de l rglisc de Clairmnr.ii*. mourut en 14"7, d apré- Sanderu?. tom. II. 4 Voici textuellement 1 énumeralinn de ces reliques :
D- G tpU'ii 'jhriosv dr-jinis M 'rix.
fin— lis; (> |)iMurs-vcrl»al lui gravé sur un tableau, dont l'original placé à côté de l'autel s'est conservé jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, époque à laquelle tombant de vétusté, il fut transporté dans les archives I7U) : les peintures cruciales faites avec le saint f.lirème et tracées sur les colonnes de l'église, conservaient seules encore le somenir décrite consécration dont l'anniversaire se renouvelait chaque année 1 avec solennité ; le jour de Sainte-Marguerite, si c'était un dimanche '•' , on ornait ces empreintes , murales de eier.-j-es » l de branches d'arbres, nu faisait jff de même au vêpres et à la grande- messe du îr et
^ ^ du dernier jour de !'ncia\c de la Dédicace, t'es jours
lit, le chielu-r était entièrement pavoisé de verdure pour annoncer au loin la fête aux étrangers, et selon un assez curieux usage, pendant la grande-messe.
Ih: (', un <ln,iiini.
!>■■ YrsHi.u-Hlis ti/rtyfoloniui l'ilri >■! /v- /<.'.' ,< Jn :>t:tis >-r -i>(jrh!;i .
Dr /'/<>>/'»//.
Dr llrurhit) .S" l'-.ilijf/h Hfnisinli.
Dr l'nsht S1' M-'ri.r M<t>fd<tlrnr.
])•' r>rpil!is .S" .1/' n'a >trit<- vinjia is .
Ih' .S1" Audantaro h]>i\nijH>.
D- S'" HrriKirih) .\hbt'h\
Ih' S'm h f/innr T'irh-nnim.
Ih- .S't" Mnx 'niio Trr.; n\is i>io> A"///v «/"< .
H- l\ H'julis sont '■'mm rii 'jinittii M aulli".
Il.\u H' inp.-ir S r ir'ortnn, i^uirmu tiras uuutiiut nord. — Ili>t. ne* f.lar., tom. 1. p.if:. 443;.
1 Ih-t. mM l'.!;«r . ! jui». 1 13.
? Si la fi-ti» il- Si.it t.-- Mai uu» ; ;t • ne tombai t |»as le «lin .»::, lie on li (•/'!"!■! ail ic i!hî::::i< ! e <u.\ ;;•:! . — Ili-U. (!lar. . ) y;\<*. lit.
I.o jour ilo Sainte Marque; l'une «les patronne.- i!o J'i'^li^'. on «•'; n' i(t !;: ir. '-r on •'•.i<l-i<' ;n::|i ii:-. am«t oui' !e jo-ir <lo S' Alihn tu rt; ' . q':i ot.îit eju.lonie!:' l'un do- i»::tioi)> H-op'uu! !<•
on déposait çà et là sur le maître autel, six calices 1465—1484 avec leurs patènes.
Ingelram fit placer une verrière coloriée à la neuvième fenêtre de son église, cette peinture représentait le jugement dernier avec l'image de Saint-Michel terrassant le démon ; on y voyait également le portrait de cet Abbé et celui de ses parents avec leurs armoiries. Cette fenêtre ainsi que plusieurs autres, notamment la septième, avaient été probablement achevées peu avant la consécration.
Ce saint Prélat soigneux des intérêts de sa communauté, obtint de Charles le Téméraire, en 1470, la confirmation de tous les droits et privilèges dont jouissait la terre de Scoubroucq, ainsi que ceux que l'Abbaye possédait à Cassel. Ce même Prince assura également la même année au monastère, les droits et la justice sur Hihoult 1470;.
En 1474, on réclamait depuis 60 ans, par ordre du Comte, le droit du pour les terres de l'Abbaye nouvellement mises en culture, nocalium l. Baudin le Prieux, procureur de la communauté et Guillaume Brasskt, vinier, vinitor -, se présentèrent devant Jacques, de Fielcscamps, Seigneur de Herissart, pour attester que de temps immémorial, le monastère n'avait fait aucune acquisition, ni aucune conquête (ai lui acquisissemusj..,. Sur cette déclaration le
1 Xoualîs proprie dicitur de rgro novo. Forcelini Lexivon. — (Tom. III, psg. 243).
* Qui costodil linum.— Ducange, édit. in P de 1734. tom. VI, p;ig. 1625.
iWi.i— U8l Comte délivra des lettres qui rendaient au couvent l'usage, jusqucs-lii, interdit des terres qu'il possédait en Artois et dans le territoire du comté de Saint-Pol l.
liNGEi.RAM touchait à la 13° année de son gouvernement assez paisible d'ailleurs ; il avait mis la der nière main à son église, dont la construction entière n'avait pas demandé moins de 300 ans et qui avait
. successivement consumé le zèle, les forces, les sueurs et les épargnes de trente Prélats.... Cette basilique, objet de tant de soins et de peines, venait enfin de recevoir la consécration, on en avait fait tout récem-
, ment la dédicace, lorsque de nouveaux fléaux vinrent fondre sur le monastère ... La guerre s'était rallumée plus vive, plus désolante, le pays était ravagé, livré aux flammes: l'église, l'Abbaye entière subirent le même sort, il fallut encore une fois se résigner à disperser les cénobites dans les maisons religieuses
i les moins éloignées *->
Louis XI, Roi de France, avait envahi l'Artois avec une nombreuse armée, dévastant partout cette belle province, incendiant les villages jusqu'aux environs d'Arras l iToj 3.
Après la prise de cette ville 1 477 i, les habitants de Lens, de Béthunc, de Thérouanne, d'Hesdin,
■ llist. m" Clar., I pag. 443.
5 Idem, idem. — l). r.uislain-Cnmpion. — D. Charles Martel. — llertin do Visseiy. tom. I, pas 44Ô.
a 3 ll c'ixt'tns h" tir proviminm. pluret pugos ignr inmuiens u.sgue relut lum. — Hertin de Vis?ery, tom. I. pag. 445. — Idem, l»om (iuislain-Campion.
frappés de terreur (terrorc concussij n'hésitèrent pas 1465-148» à se livrer volontairement aux Français vainqueurs de leur capitale.... Également effrayés les Audomarois 1 se hâtèrent de mettre le feu à leurs faubourgs attenants à la partie extérieure de la ville, ils détruisirent, eux-mêmes, les maisons des Dominicains, des Franciscains et des Clarisses, qui existaient dans ces faubourgs 1477 â.
En même temps, ajoute Dom. (juislain-Campion de qui nous empruntons ces détails, l'Abbaye de Clairmarais devenait la proie de l'armée française, la communauté dut se disperser 3. Louis XI y parut en personne, cenit Rex Ludovicm XI" Après } avoir dévasté le château d'Arqués, tout fut livré aux / p flammes dans le monastère, excepté les lieux destinés l aux exercices réguliers loca prœtcr regularià, rien # " ne fut épargné [nihil intactùm reliqni*) ; on enleva I plus de 2,000 livres de plomb, ce qui fut une seconde I ruine pour la maison hm fuit secunda domm hujits ruina) "'.
On a vu qu'à diverses reprises le monastère subit la loi du vainqueur.... La tradition rapporte que le plomb enlevé fut prisa la toiture des nefs collatérales,
1 Audom>trenses vrro codem timon" o/pli, suburbin civitntis a parte Arthcsvtnn eombnsserunt, nique monaxleria Dominicnnrum , Frnncisrnnorum, rl Clnris.utrinn, qiur in dirlis suburbiis rj inlebnnt destruxerunt. — Berlin de Visscry, pag. 445.
- Dom. f,uislain-Campion.
J Sanderus. tom. II.
* llist. Clar.. I pag. 4l>.
* Dom. (itiislain-Campion. — Herhn de Visscry. 1 png. 416. lin. 3. — SI*" inédit et aujourd'hui perdu.
1405— \m ce qui apparaissait encore au XVIIIe siècle, au mur attenant au cloître de lecture, lequel étant miné par le temps et les eaux pluviales, était devenu d'une solidité plus que douteuse :.
.V ces détails fournis par le manuscrit inédit de I). (iihslain-Campion, un autre écrivain de l'Abbaye I). Ch. Martel, ajoute eu retraçant les mêmes mal- ^ heurs, que cette fatale guerre commencée en 1177, à la mort de Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne, ne livra point cependant cette fois la ville de Saint-Omer au Hoi de France, qui, après diverses tentatives vaines se vit obligé d'en lever le siège.
La communauté resta dispersée pendant plusieurs années, ce ne fut qu'après la bataille d'Enguinegalte, qui assura la victoire à Maxlmilien, d'Autriche, que l'on commença, dit le chroniqueur, à jouir de la tranquillité pox t'xordhnn hnhuit *.
Ouatre ans après, nous voyons l'Abbesse de Blandecques, Marie le Prlvut, dont la maison avait été également dévastée par les guerres, abandonner la crosse Abbatiale entre les mains d'I.NGELRAM '1180 \ — >ous voyons encore Inc.elram, obtenir de M axïmilien, d'Autriche, et de Philippe, des lettres de sauvegarde et de recommandation rlicntcla' corn m, pour les remettre au Comte de Nassau — Puis la paix commençant à renaître, l'Abbé rappela les membres de son troupeau dispersé, il releva les
' llist. ne-a.r. 1 p.iK. 445.
5 Llrm. i.lem. 446.
3 C.ill Christ . tora. NI, pas- 530. — fiist m" Clur., 1 png. 416.
ruines de sa maison et rétablit la discipline parmi ses U6"ï— \\h\ frères. Mais bientôt, à la vue de tous ses désastres, plein de tristesses, et chargé d'années, il se retire et meurt au bout de 17 ans G mois et 19 jours d'administration, le 22 novembre 1484
ÏNftELRAM fut inhumé dans le chapitre en tête de Roland, le Moine, au lieu où l'on voyait une croix simulée en carreaux noirs. — A sa mort l'Abbaye demeura vacante pendant 7 semaines. — On a dit « 1 1 1 e ce Prélat s'était volontairement retiré et qu'il avait lui-même désigné son successeur ~ .
dette opinion est d'autant plus probable qu i GKLRAM est mort le 22 novembre 1484, et que son successeur a été nommé le 22 mars de la même année. Son administration n'aurait alors duré que 17 ans (> mois et jours n.
Cet Abbé donna ses soins à la bibliothèque du monastère, on voyait sur un manuscrit intitulé : ^V/tœ saur for um lomo 5° : dominus Inyclrand [sic , Abbast ferit reliyarc,pcr fralres )Villehni(as in Peenc anno 441 1 4.
Sur la septième fenêtre posée sous ce gouvernement, on lisait au XVIIIe siècle en caractères presque indéchiffrables quelques pieuses sentences attribuées
1 Manuscrit inédit de I). Guislain-Campion. — llist. ne' Qar.. ;i Itcrtino île Vissery. 1 pag. 446. — (ïall. Chris! , tom III, col .>30. Idem. idem. pag. 447.
• i ontraiP'inc-nt il ci' Ou opinion. Jongelm et après lui I). Charl. s Marte! disent rpn> J a< yu s i.f. Cilvm:. ne succéda à Inwcuum que »e 1! j uivicr \ m. - illist. C!ar , 1 pag. 4 IV
Qi-t. m- Uar , 1 pag. UN
1465 — à Ingelram ; ainsi on voyait au pied <le l'image du Christ : « .4 la fontaine Siloës qui pour réparation « des humains, est une (fraude source faite de sang « en abondance, si que l'homme quait fait à mon « y mage, y puisse a voir parfaite cognoissance de sa « folle oultrecuydance, etc., etc. »
« Item, peccata nostra ipse pertulit, in corpore ¥ suo super lignum, ut peccatis morlui justifia* «< vivamus nos. »
« Idem, je te priepechaus qui espérez avoir para- « dis vous attachier vers chy la vray fontaine de « la quelle courre grâce, etc. »
Derrière la stalle de cet Ahbé, pour la grandemesse, on avait ajouté son image, il était représenté à genoux avec quatre religieux et celte devise :
Te Dcum Landamus te Dominum con/itemur.
Derrière la stalle du Prieur, on avait égarement placé le portrait du Prieur, accompagné de huit cénobites, avec une inscription qui paraissait être celle-ci :
Te Eternum Patrem, etc.
Le nécrologe de la maison et d'après lui les manuscrits inédits donnent les noms suivants parmi les contemporains dl.NGELRAM Ckayhen . — Nous les reproduisons dans l'ordre où ils sont inscrits, savoir:
l llist. nvClar., a Hertino do Vissery, 1 pas. 418.
La couronne de laurier que l'on voyait sur la téte d Ingti-Ram, était peut-être une allusion an couronnement et ù la consécration de son église.
Dom. GuiLLELMIS XlEUSTRAET. — BaLDUINUS LE hG:>-l484
Drieux, procurator. — D. Bvlduinus Semeel. — Guillelmus Brusset, vinitor. — Jacobus Fernaghut.
— Simon d'Ambkï. — Dom. Guillelmus Fromentel, bachelier en théologie et économe, il fut inhumé dans le cloître du chapitre, près de la chapelle Saint- Pierre, avec une épitaphe placée dans le mur ; sur le marbre qui la portait on voyait son image gravée avec la tête laurée [lauréat o capite et l'Assomption de la Sainte-Vierge l.
Guillaume Fromentel est le premier cénobite dont la sépulture soit connue ?.
Après lui on voit encore : — Oliverus Langbeex.
— Jacobus Dedreve 3.
Les armoiries (IIngelram étaient d'azur avec deux barres d'argent surmontées d'une étoile et d'un croissant de même....
Nous reproduisons la ligure et les armoiries d'iNgelram telles quelles nous ont a été conservées par Berlin de Vissery *.
1 Cotte inscription se trouvait dans le 3e volume, pag. 35. Malheureusement ce volume est égaré, peut-être pour toujours.... — Que signifiait ici cette couronne ?....
! Ilist. m" Clar. , 1 pag. 417. — Priants mon fichus cujus sepullurnm novimus.
a Nécrologe.
* Voyez planche iv, n° 5.
IACQUF.S IL LE CIEVRE, 3o' Amie, w^-.ym
Drmiuit.ii : \ \\)(\
SOMMAIRE
Jean le Cièvre, 33" Abbé. — Sa piété, sa .douceur et sa prudenc e le font élire. — Antonine, de Ramburc, dame d'Éperlccques. veuve de (îuy, de Rrimeu, renonce en faveur de l'Abbaye au droit de chasse dans la forêt de Rethloo. — Reconnaissance de 3 sols 8 deniers et d'une rasière d'a\oine — Le! ires à ce sujet. — L'Abbé assoupit les discussions qui s'étaient élevées au sujet de ce droit.
— (1485}. Solution des diflirullés. — Paix -les Flamands a\ec Maxiuimen, d'Autriche. — Prise d'habit de deux religieux. — Donation de la propriété des étangs, par l'Empereur et le Comte.
— d'Esquerdes surprend la ville qui est bientôt reprise par les Bourguignons. — Difficultés suscitées par Dlnvs, de Dersacques, pour faire révoquer les privilèges. — A la demande de l'Abbé, le Roi ordonne une enquête pour le droit do justice de Alaningliem.
— Jacques le Cièvre, obtient des lettres de sauvegarde de l'Empereur et du Comte. — Amende honorable exigée de la part d'un homme do la dame de Ilumbertcoui t , à l'occasion d'un cerf tué sur les terres de l'Abbaye.— Litige à propos de dîmes indûment recueillies, d'un chemin usurpé et d'arbres coupés. — I! est terminé"au bout d'un an. — Jacques préférant obéir que commander
1484 — 149G s« » étire volontairement et résigne ses fonctions Abbatiales entre les mains de Gilles Dbvillers, (17 janvier 1496). — 11 meurt sept mois après. — Sa sépulture. — Religieux morts sous son administration. — Moines contemporains. — Ses armoiries. — Quatrain renfermant son éloge.
Jacques le Cièvre religieux profès de Clairmarais l, se faisait remarquer par sa piété, sa douceur et sa prudence, lorsque par suite de la démission d'I.Ngelra.m, il fut spontanément désigné, d'un commun accord, pour lui succéder; il reçut la confirmation des mains de l'Abbé de Clairvaux, le 22 mars 1484*.
A cette époque, Antonine, de Ilambure, dame de Humbertcourt, Eperlecques et Bethloo, veuve de Guy, de Brimeu, renonça par arrangement intervenu entre elle et l'Abbé, à tout droit de chasse dans la forêt de Bethloo 3, et sur la censé du Quilleval4 ; le
1 Gall. Christ, tom. III, col. 530.— Dutems, Hist. du Clergé de France, tom. IV, pag. 229. — Jongelinus. — Dom. Charles Martel. — Dom. Certin de Vissery, tom. I, pag. 450.
* Idem. Per resignationem predcccssoris sui, toti us que huj us va t m Je consensu, ejus lem Ion comlitutus est Abbas .W" H confirmationem habuit ab Abbnte Clarevnilensi QTA" Marin, anno 14$ i. — (Pag. 450).
* In nemore Belhlo quw dicilur ad Sperliacum. (La forêt d'Eperlecques et de Ruminghem.
* La ferme ou censé de Quilleval était située entre l'extrémité septentrionale de la forêt d'Épcrlecques. sur le territoire et a peu de distance de Watten, cette ferme aujourd'hui entièrement défrichée et m iso en culture, était jadis recouverte d'eau marécageuse, successivement desséchée par les moines de Clairmarais. — Le Quilleval qui. par suite d une donation précieuse avait été cédé depuis tant de siècles aux religieux qui le mirent en culture, était de notoriété- publique un lieu privilégié pour la chasse aux canards et aux bécassines. Ce fait que nous tenons de la bouche d'un vieux Nemrod qui y avait pris les plaisirs de la chasse, semble pouvoir
lidimvsdo relie transaction (ut délivré au monas- 1 4Sî — 1 1ère, par le ma^islrat de Saint-Omer I VJI .
En échange, l'Abbé se reconnaissait débiteur de 3 sols 8 deniers et d'une rasière d'avoine \ envers ladite dame de Hriineu. Le seel qui figurait sur les letlres patentes, conjointement avec celui du chapitre3, portait une étoile, signe dislinetif'des armoiries de Jacques leCièvre
Ce Prélat parvint à assoupir par son extrême prudence les difficultés nombreuses qui s'élevèrent au sujet de ce droit de chasse 1 48i .
En 1485, Jacques entreprit de défendre énergiquement le droit de la communauté au sujet de l'exemption des dîmes, à l'occasion d'une sentence rendue contre les chanoines tic (lassel et le curé de Zudpeene : à cet elïet, il députa deux de ses religieux, (iuiu.AiJME Frome.ntel, ccllerier,ct (irm.U ME
indiquer l'importance de la cession du < 1 1 oit lait en 1491, par la dame d'Kperlecques, aux moines de (ilairmaraK
Le (Ju il levai uudu nationnlement à la suppression de l'Abbaye, appartenait en dernier lieu à M. Iboutta, qui l'avait re<;n de feu l'avocat Leuilleux, son beau -père.
On sait que l'on chassait la grosse béte dans la forêt de liethloo, Je cerf et le daim y étaient même si nombreux et si nuisibles aux recolles, que les habitants du voisinage obtinrent ù diverses époques l'autorisation de les détruire. — (V. Bull, hist des Antiq. dela5lorinie.
1 En février 1483, le prix du marc d'argent tin reçu aux monnaies comme matière valait 10 livres et la valeur du marc d'argent monnayé en valait de 11 à 12 livres. — Kn 1488, le premier prix était de 11, le second de 12 liv. — ^Dupré de Saint-Maur, in-1", édit. de letfî, pag. 21ô-2H>. — Idem, Leblanc, pag. 415;.
* Le scel du chapitre portait l'image île la Sainte-Vierge, patronne de l'Abbaye.
1 Voir planche i\ .
U8i — ivjg Avlsse, défenseur (ijUdslurem), pour aplanir tous les obstacles, ce à quoi ils réussirent en obtenant des chanoines la reconnaissance des droits de l'Abbaye et la pleine renonciation à la dime l.
La même année, au moment où Maximilien venait de se réconcilier avec les Flamands 3 il 485), nous voyons Jacques le Cièvre, donner l'habit religieux à Chuestien Pehdrieux et à Villaume Longuenesse 1 480' , cet Abbé reçoit ensuite de l'Empereur Maximilien et de Philippe, Comte de Flandre, la propriété des étangs qui jusques-là avaient été affermés au Prince pour le prix de 20 florins de rente annuelle 3 (1487).
— A cette époque la ville de Sain t-Omer éprouvait de nouvelles alarmes : d'Esquerdes à la tète des Français, était parvenu à la faveur de la nuit à escalader les remparts à l'aide d'échelles appliquées sur les murs et à pénétrer ainsi dans l'enceinte de la cité ; mais cette invasion française ne devait pas être alors de longue durée ; les Bourguignons redevinrent les maîtres le M février suivant M488 4. Toutefois
» llist. Clar., 1 pag. 450 et 451.
* M" de Dom. Guislain-Campion. Dom. Bcrtin de Visscry.
s Le prix du marc d'or et d'argent et celui des monnaies demeura fixe depuis le commencement du règne de Charles VIII. jusqu'au dernier jour de juillet de l'an 1487; alors le prix des écus d'or fut augmenté, pour empêcher le transport qui s'en faisait ; ainsi l'écu à la couronne fut mis à 35 sols. I écu au soleil à 36 sols 3 deniers. Le prix des autres monnaies d'or qui avaient alors cours fut augmenté en proportion. — Le 24 avril 1488, on augmenta au«si le prix des espèces d'argent et le marc qui valait 10 livres en valut 11. — (Traité historique des monnaies de France, par Leblanc, pag. 314, 315).
* Dom. Guislain-tiampion. — llist. m" Clar., 1 pag. 451.
ces graves agitations du dehors n'empêchaient pas ust— 14% les intrigues intérieures les plus mesquines de se faire jour, ainsi nous voyons, l'année suivante, noble Dknys, de Bersaeques, Seigneur de Monnecove, soulever à l'Abbé de Clainnarais des diflieultés qui ne tendaient à rien moins qu'à faire révoquer les lettres de privilèges accordées par Maxi.mime.n
La même année, sur la demande de l'Abbé, Charles VIII, Hoi de France, ordonnait au Bailli d'Amiens, au Prévôt de Montreuil et autres, de se transportera Maninghcm pour s'enquérirauprèsde témoinsdignes de foi sur le droit de justice Abbatial, qui était contesté par le Seigneur de Clenleu sic 1489 \
Peu après, Jacques LE Cièvre, obtenait de l'Empereur Maximilien et de Philippe, Archiduc d'Autriche, des lettres de sauvegarde signées le 21 septembre 1 490 3- — Puis au sujet d'un dissentiment sérieux survenu avec l'un des hommes de la dame de Humberteourt, à l'occasion d'un cerf tué sur les terres de l'Abbaye, cet homme sur la plainte du Prélat, était forcé de faire à la communauté une juste et suffisante réparation
Nous voyons encore le 35e Abbé de Clainnarais Il 492], soutenir une discussion contre les habitants de Ruminghem, qui avaient à son insu perçu des dîmes appartenant à la communauté, qui s'étaient approprié un chemin qui ne leur appartenait pas et
1 Dyonisius de liersactfaminux de. M aurore lilrni \nnvlt. (Pn>î. 45] ). - llist. m*» Clar , 1 pas. 431.
3 Idem, idem, idem.
* Idem, idem, pafi. 152.
1484—1400 qui en avaient cou pi- les arbres. Ces litiges furent terminés l'année suivante 1 VJi . — Enfin après beaucoup de soins minutieusement donnés au matériel cl au temporel de son monastère, Jacques le Cievre, préférant obéir que commander, malais subesserjuam pree&w, se démit volontairement de sa charge au bout de 12 années d'exercice : il la résigna entre les mains de Gilles Devillers, le lo ou le 17 janvier 14%. — V la suite de cet abandon, heureux de son humilité, ce Prélat s'éteignit dans l'ombre et la paix du Seigneur, le 17 août suivant, sept mois après son désistement de la prélature, il reçut la sépulture dans le chapitre, sous une modeste tombe marquée par une croix, tracée en carreaux noirs, auprès de la pierre lumulairo de 1). Gilles Dupont l.
Le nécrologe de l'Abbaye donne dans l'ordre suivant les noms des .cénobites contemporains de l'administration de Jacques le Cievre.
1). Guillelmus Adiusse, cellerarius. — I). Florentius Romele, convers. — I). Philippe Stryppe. —
I). QUIXTINUS GuiLLAIN. — - JOANNES KlLTAU. — MàL- LIM'S Ol.LIVE. — JuANNES WlTTE. — I). LaMBERTUS
Vincent. — Martinus Florent, rei pecuariae pra?feetus [chargé delà dépense". — Petrus Goegueruer.
— Nicasius Coelstoc mort en 1o03 . — B. D. Arnoldus Bernaert, prior. — 1). Judocus Monachy.
— 1). Philippus, de Seninghem (dont on voyait le portrait et les armoiries à la septième fenêtre de l'église ]). Amatus, de La Tour.— 1). Stephanus,
• lli<t. in'M'.lar.. a Rorlino de Vissery, 1 paR. 152
de Iloudenhem, mort le dernier jour de février 1508, 1484—14% et inhumé dans la partie supérieure du cloître gauche, avec une épitaphe placée dans le mur1. —
GCILLELMUS AviSSE, (JUCStor. — JoAXXES DE CvMl'ls
Deschamps;, prior obiit an no \o()\Y. — Christiants Perdieux obiit aimo Io09, religionis anu. 2i . — Jacobls Vincent ohiitanno M'Ai)). — Pau ls, de Coquelberghe, procurator et économus dont le pur trait se trouvait sur la cinquième fenêtre, c'était l'oncle de l'Abbé Hehtauld , il mourut le Ù\> août lolO et fut inhumé dans la partie occidentale du cloître avec une épitaphe dans le mur, il était représenté à genoux devant la Mère des Douleurs, soutenant le Christ sur son sein \ — l). Michael Mas obiit anno MAI. — Joannes, convers obiit anno 1 '6 1 i) . — W i x oc usji i. a x c a kt o b i i t anno I o I i . — Ouillelmus Lauyvers obiit anno MA h- .— Phiuppus, conversus obiit anno loi t . — Halduixus, conversas.— Joaxxes Hrolck ohiitanno I5IG . — Paulus Gautrax ohiitanno 1 ol 7; . — IÏUGO Lovs obiit anno loi?'. — Nïcolaus Fabuy obiit anno loi 8 .
Les armoiries de Jacques i.e Cièvre étaient une croix d'argent sur fond de gueules, avec cette devise:
Quasi stella matuliua 3.
Au-dessous de son image placée autrefois en ver-
1 llist. m" Clar., 1 pag. 45-2. — Cette inscription funéraire se voyait aussi a la pag. 36 du 3e volume du m" de Merlin de Yissor y.
■ Son épitaphe .*e trouvait également dans !e 3J volume. — Voir plus loin l article du 3ft* Ahbé.
3 H:st. m" C!ai\, 1 pag. -150.— Pbncbe iv. n* 6.
mhs—MW* res de couleurs à la sixième fenêtre de l'église, et dont nous reproduisons une copie d'après une grossière esquisse contemporaine, on lisait les deux distiques suivants, dans lesquels 1). Martin Du buisson, moine de Clairmarais, avait renfermé l'éloge du 3ap Abbé :
« Prirficihir, cîctn toto gratnnte, J .troncs
« Quaquo. valet laccram dirigit arte ratem.
« Ast lieu, pacis amans. Martis seu territus armis.
« Otia, donato muncre blanda petit'. »
' llistoria mnnuscripta Claromarisci. pag. 419.
LES ABBÉS DE CLA1RMAB VIS
GILM^ES DEVILLEHS, :.K>" Abiié. at^.:ii%
S.rl: i:»|8
SOMMAIRE
Cilles Df.vii.lkrs, .Î8' Abbé, né au Haut- Pont, faubourg de Saint Orner, entre au monastère sous Ingeiram.-- Il assiste à la dédicace de l'église — Ses vicissitudes. — Il se lend dans une autre maison à cause de la guerre. — Son retour. — Ses vertus, sa ferveur le font désigner par Jacqlks le Cièvrk. pour prendre sa place. — Choix approuvé par la communauté (1496). — Sa confirmation par l'Abbé de Clairvaux — Témoignage de reconnaissance envers son prédécesseur — Il fait pincer son portrait à la sixième fenêtre. — Soins du nouvel Abbé.— L'église est décorée . - Sa réputation mise en honneur. — Ce derrière des stalles est entouré de murs surmontés de corniches — Tabernacle en marhro blanc sur le maître autel. — Ouvertures pour le senicc do la sacristie.— Armoires dans la boiserie.— CrédetuoA.-- Sièges pour les officiants. — D. Mailhht, 51* Abbé, déplnre le /»>.<////ierium. — Grilles placées autour du sanctuaire. — Chapelle particulière de l'Abbé. — Fenêtre qui porte le portrait dp GlLUa Dkvm lers et celui d Antoine, de Beigues, son ami Ha ff'-'j. — A:stoine. de Bergues. fait poser à ses frais la 11° fenêtre. — Boi séries du chapitre et du réfe< toire — Transacv'ion avec !cs L'che-
\VM\ \it.s cl le llailli i|<? Saint-Umer 14HN . - Sentence rendue nu
polit de I Af'N.ivf-, r.-iiti L- i;i dame iio lltunbei -tcourt , pour la rivière de Runiiii^'tji-m. Moit d*<in homme de l;i maison. blessé «l;ms une rixe. — Gm-lamnation des mcuitriers. — t'n témoin est con- ^° damne a faire I.' pèlerinage de Notre- iJamevde Hall»;. — .1511 Jo oi rs, de l.wvemliourtf. donne une fenetrv.^~7Tol 1). Doodii-n f uie p.ir 1,i:on Kl am' n r. prêtre de Iteaumety, a charge «le trois uu-s*r* par seui..ir:e. - lol-V. l.'Ahhe iicrordc un passage aux Saurs (.iisi ,. — V ieillesse de (in li s Hi.vii i mus. — Sa démission
• •litre les mains de l'Ai»!)-' de Clan vaux juin lôlS . — Clin s su! toujours s'attirer les s\ mpathies des grbiuK — Sa mort, le
.p ut l.")lb — Sa -epulture — Sou épitiphe en forme de ebro»ouramme. — Décès des moine- contemporains. — Armoiries. — Son portrait. — Son éloge.
fiiu.Ks Vii.i.kks ou Dkyillkks, ué dans le fauboui g du Haut-Pont à Saint Orner \ prit l'habit religieux des mains d'I XjEI.ra.m Craybe.n, M* Abbé, et son compatriote (jui l avait attiré à lui, vers l'an IlOoou I U)0 -, cette (laie donne lieu de croire qu'il put à l;i rigueur être témoin de la dédicace de l'église, peu après son en liée au noviciat.
Au hou I de quelques années de profession, pendant lesquelles il subit avec ses autres confrères le fléau de la guerre, qui notamment en I i77, le força de se réfugier dans diverses maisons de son ordre, (îii.lks revintà son monastère lorsque le calme fut rétabli, et partout il se montra, ce qu'il était, c'est-à-dire un homme prudent et sage. Après avoir combattu pendant M) ans avec nue grande ferveur pour le ser-
1 Au toiHtircnsis >> r snlurUn A 'lojionh n\i . — (l\ip. 4ôC;. I.es auteurs du ('.allia (ihristinnn. tom. 111, pag. ôAO.
* l) Charles Martel. — Jongelm.
vice de Dieu, disent les annalistes, il fut choisi par IW6— 1M8 J. le Cièyre pour lui succéder. Ce choix reçut l'approbation générale le 17 janvier 1496, et le nouveau Prélat, alors âgé de oî ans, fut confirmé peu de jours après par l'Abbé de Clairvaux, son supérieur immédiat. L'un des premiers actes de son administration fut de donner un témoignage de gratitude h son prédécesseur en faisant placer son portrait à la sixième fenêtre, sur laquelle on représenta en même temps le sommeil de la Sainte-Vierge \ en verres coloriés (dormit io B. Marias).
Toujours attentif à ce qui concernait son église e( sa communauté, il ne négligea aucune occasion de les servir et de les mettre en honneur. Sous son gouvernement la maison de Dieu, fut convenablement ilécorée et I on vit s'accroître au loin la réputation de cette église Abbatiale *. Gilles fit fermer le chœur derrière les stalles des religieux, les murs en furent couronnés de corniches gracieusement sculptées. Il fit élever en même temps l'enceinte qui entourait le sanctuaire, et du côté de l'Évangile il plaça sur le maître autel, un tabernacle en forme de pyramide, de marbre blanc, travail remarquable par son architecture et sa décoration. Des ouvertures furent soigneusement ménagées dans les murs pour le service de la sacristie, qui était alors placée dans la chapelle
• llist. Clar . 1 pag 456.
; Jonçelinus — lli>t. CJar., 1 pag 456.
Te opium rnaUo décor n ii Honore, et fauta m hujus amp'init. ... ;l»ag 456 .
1496—1518 Sainte-Agnès ; deux armoires y étaient réservées,
I une plus grande placée sous le mausolée de ( Abbé Blomme, une autre plus petite derrière le tableau représentant le miracle de Ja Multiplication des Pains1.
II y avait un autre vide du côté de l'Epitre, là où se trouvaient des crcdences, Gilles Demllers y plaça quatre sièges (scdîtia) pour les ministres des autels. Ces sièges ornées de colonnes sculptées, s'élevaient en hauteur jusqu'au premier cintre et remplissaient en largeur tout l'espace qui séparaitles piliers. — Plus tard, Dom. Maillyrt, 51" Abbé, déplaça le prcsbylerium, lieu où se tenaient les prêtres ; le chœur fut également entouré île grilles sculptées, depuis l'entrée jusqu'aux bras du transsept ; au XVIIIe siècle ces grilles n'existaient plus. Ce n'est pas tout, pour s'adonner plus facilement à sa dévotion particulière, Gilles Devillers fit établir au point, où était en dernier lieu la sacristie, une chapelle particulière «;ù il éleva un autel à Sainte- Catherine, c'est là que ce pieux cénobite célébrait le Saint Sacrifice et qu'il faisait ses oraisons secrètes pendant plusieurs heures de la journée.... On arrivait à cette chapelle par la porte que plus tard l'on voyait fermée dans le mur du chapitre J. — Enfin, Gilles à cause de ses excellentes relations avec Antoine, de Bergues, 67e Abbé de Saint-Berlin, lui consacra
» Hist. Clar , 1 pag. 457.
' Hist. Clar., I pag. 457. — Tant que l'oratoire dont il s'agit demeura sur remplacement de la sacristie actuelle, la sacritie était dans la chapelle Sainte-Agnès et les prêtres officiants se rendaient I r»!ors à fautol par la porto qui était dans le mur du sanctuaire.
la huitième fenêtre de son église, réunissant dans un t4%-t5f8 même tableau son portrait et celui de son ami ; en échange Antoine, de Bergues, donna à son tour la onzième fenêtre sur laquelle on voyait son image accompagnée de ses armoiries x.
La grande fenêtre de la chapelle des quatre Docteurs fut établie dans le même temps en l'honneur de Saint-Grégoire, ainsi que les boiseries du pourtour / de la salle capitulairc et celles du grand et du petit ' réfectoires. — Ces boiseries disparurent en 1677.
Mais les soins donnés à toutes ces améliorations intérieures n'empêchaient pas l'Abbé de Clairmarais de songer en même temps aux affaires temporelles du dehors et de soutenir ses droits; ainsi en 1498, Gilles traite et transige avec les Ëchevius de Saint- Omer, dans l'affaire d'un malfaiteur saisi sur le territoire de Muncq-Nieurlet, juridiction de l'Abbaye *.
La même année, il intente une action au Bailli de la ville (Balliacatus A udomaremh) , et transige ensuite avec le magistrat, sans aucun préjudice, à l'occassiou de l'incarcération d'un sujet du monastère.
Le 4 décembre de cette même année [1498), il reçoit une délibération du magistrat concernant l'inventaire des biens de la succession du portier du refuge de l'Abbaye, sur lequel s'étendait la juridiction du magistrat a.
' llist. m"Clar., 1 pag. 457.- Les Abbés de S' Bertin. tom II. * llist m"Clar., 1 pag. 458.
J Papier CXX-10, 4 décembre 1501 - l'Archives communale,* de Saint Omcr).
1496 — !5I8 Un peu plus tard, la daine de Humberteourt et iTÉperlecqucs, ayant voulu interdire aux religieux la navigation sur la rivière de Kuminghem et dans le fossé du Quilleval, l'Abbé se vit forcé de former une plainte contre elle, par devant le Prévôt de Montreuil ; l'affaire fut déridée au profit de l'Abbaye par sentence rendue en 1505, après Pâques
En 1507, un homme de l'Abbaye, le palefrenier nommé Ja.net, ayant perdu la vie dans une rixe, la justice Abbatiale dut poursuivre les meurtriers ; mais en même temps, le brasseur de la communauté ayant été témoin de l'accident, pendant qu'il tenait à la main un bâton, dont pourtant il ne fit pas usage pour empêcher la mort, fut néanmoins condamné à faire le pèlerinage de iNotre-Dame de Halle, et à y offrir à la Vierge un cierge d'une livre ?.
En 1511, l'Abbé obtient de Jacques, de Luxembourg, le prix de la troisième fenêtre posée dans son église en 1513, en même temps il est indiqué dans le Diarium comme traitant une affaire avec le Seigneur de Kenty. — En 1514, il reçoit par donation testamentaire de maître Léon Elament, prêtre et châtelain de Beaumetz, 17 florins pour l'acquittement de trois messes à célébrer chaque semaine, plus une maison et attenances, à la condition seule que les messes seront dites dans la chapelle de Beaumetz 3.
1 Nous devons foire remarquer cependant, pour rester toujours \\ dans le vrai, que rarement les chroniqueurs de l'Abhnye consentent M à avouer leurs défaites.. Toujours le cœur humain !. ..
5 llist. Clar., 1 pag/4ô8.
3 llist m" Clar., a Bertino de Vissery. 1 pag. 359.
Eli lolo, Gili.es accorda un chemin de passade à U96-I5I8 la demande des Sœurs-Grises, à la charge par elles de payer trois livres pariais en monnaie de Flandre à chaque élection Abbatiale l.
Ajoutons que l avant dernière année de l'administration de ce Prélat, un religieux du nom de Jean Steme, fit poser à ses frais dans le cimetière des moines, derrière jcjdiœur, une croix de grès dont la base subsiste encore aujourd'hui légèrement penchée et sur laquelle on voyait jadis l'inscription suivante :
CIESTK CROIX FIST PAIRE DOMPS JEHA STKME RELIGIEUX DE CHIENS.
Cette croix dont l'arbre seul reste maintenant debout, sert comme point de repaire, pour se former une idée de la situation de l'église à cette époque. *
Gilles Devillers, jisjmj^nos archives, passa le ' contrat de vente d'un terrain vague, près du pont dit des Foulons et listant au jardin appartenant à l'Abbaye s. 31 octobre loi 7 .
Mais ce Prélat vieillissait, il exerçait depuis tt ans les pénibles fonctions Abbatiales, lorsque profilant de la visite d'EDMOND, de Saulieu, 41* Abbé de Glairvaux \ à Clairmarais, il déposa ses fonctions
* Idem, idem.
s Archives municipales de Saint Orner. — Parchemin P., CXX-12.
Ce terrain est peut-être l'emplacement de l'hôtel actuel des pompiers, là où on voyait la foulonnerie de MM. de Pestre, laquelle a duré jusqu'à ces derniers temps.
* Dom. Edmond, de Saulieu {diclus de Saulieu v, le plus jeune des prtHrea de son époque, avait été élu à 43 ans Abbé de Clairvaux, où il
1496—1518 entre ses mains en le priant d'agréer à sa plaça Gilles Dupont, son neveu.
Edmond, deSaulieu, est le même Prélat qui, en 1509, avait déjà consacré l'autel Sainte-Anne, à Clairmarais l.
Dom. (îilles Devillers parut toujours aimable envers tous, il savait s'attirer la sympathie des grands potentium) ; on peut en juger par les largesses qu'il reçut de Claude, de Messiaco, Charles Decroix, Jacques, de Luxembourg, et Anîonine, de Bergues, qui tous, on l'a vu, lui laissèrent un souvenir en faisant les frais d'une fenêtre dans son église.
Gilles donna sa démission en présence des Abbés des Dunes, de Saint-Berlin, du Prévôt de Watten, de maître Lobel, chantre, et de Philippe Vigie,
se lit remarquer par ses nombreux services. — Jongelin, pag. 27. — Hertin de Vissery, 1 pag. 491.
1 llist. m" (îlar., 1 pag. 460. — Voici la copie textuelle du procèsverbal rappelant cette consécration. — « Tabula de consécration? allaris Sm A un* in reelesid D. M. de Claromarisco. »
« Anno domini millesimo, quingentesimo nono.die /? mensis srptembris consecratum est hoc allure a Hcvcrendo in christo paire //. Eâmvndo Abbate Clarxvatlis, ex commission* ac privilégia spécial i I). Innocenlis Papœ octavi in honorent div.r Annx mnlris dei pire \'irginisy ac snnclorum aposlolorum Philippi et Jacobi et omnium santtorunx et sanclartnn deiin quo<onlinentur reliquiix islx: Sanclx Agnetis virginis et S. Joannis llaptislx, — D. Lancea domini. — de scapulario Jleatx Marix cirginisy — tle M'axillà ex 1100 virgi- Itttm, — de Pulvere S. Malnchix, Kpiscopi, — de Silicio, Joannis liaplislx, — de tabula ubi Sutiavit D"" quinque millia hominum et plurima in SS. quorum nomina scripla sunt in rxlis. » — Hertin de Vissery. pag. 491.
Le tableau portant cette pièce avait été restauré au XVII' siècle par lé moine Dom. Arnaud Cadet, ; D. Hertin de Vissery déclare la*>îr trouvé dans la chapelle de Sainte-Anne. — (Pag. 491)
ofliria! de l'église desMorins, puis 36 jours après son m%— 1518 abdication, c'est-à-dire le 22 du mois d'août 1518, il mourut à lage de 72 ans et reçut la sépulture clans la chapelle Sainte-Catherine : on plaça sur sa tombe une épitaphe avec l'image d'un Abbé en cucullc cucullati). Cette inscription rédigée, dit-on par lui-même, en forme de chronogramme, dans la pensée d'une fin prochaine, était ainsi conçue :
SIC OoLUCâfVa sVM h onsCVnl*.
Gilles Devillehs gouverna le monastère de Clairmarais pendant 22 ans et 6 mois, il abdiqua en 1318.
— La pierre tumulaire de cet Abbé avait depuis longtemps disparu de sa place; au XVIII* siècle Berlin de Vissery a pu pourtant encore en retrouver les fragments portant la figure abbatiale, il a pu même lire le nom nomen legebam).
La date des décès des religieux contemporains est indiquée par le nécrologe dans l'ordre suivant :
1). Willelmus Longuenesse obiit anno 1519, religionis an 33;. — - 1). Laurentius Poetre (obiit anno 1520:. — D. Laurentius Lecocq (obiit anno 1522 ».
— I). Petrus Vincent (obiit anno 1522). — D. JEaidius Volcrincove 'sicj, (obiit anno 1524;.
Les armoiries de Gilles étaient une barre en croix, au milieu, un poisson d'argent, au-dessous une étoile
1 Hist. m" Clar., pag. 491.
1496—1518 et un croissant de même au-dessus, le tour sur fond
Son portrait tel qu'il était représenté sur la huitième fenêtre avait inspiré ces vers à Dom. Martin Du buisson.
« /Egidio meritos quae musa rependat honores,
« Quam pius, et quanta relligione praeest ?
« Phidiacis ornât sacratas artibus rcdes,
c Pars tandem, emoritur : factus et ipse gregis ». *
1 Planche iv, n° 7.
* Ici à la page 460 s'arrête le premier volume de Bertin de Vissery, qui se termine par ces mots :
Hic dimittam calamum, in brevi eum reassumpturus. juin ossumpluriispenicellum.pro depingendis stemmntibus, et rfflgirbus, etc.
d'azur, avec cette devise :
- Die 9 decembris finis /7i9.
« Soti dco honoi" sit et gtoria amen.
•' Antf ' deum, seriptoris, memenlole sodnlrs
« Vtilitati damus scribere j assit amor. >•
LES ABBES DE CLÀIRMARAIS.
GILLKS UliPO.NÏ \ 37r Abb*. Wn.*:iaH
1518-1525 . WniMi,B: ,5'-:'
SOMMAIRE
Gilles Dupont, 37*' Abbé, est celui de tous les Prélats à qui sa charge a été le plus vivement disputée. — Variantes sur cette élection. — Opinion de MM. de Sainte-Marthe à cet égard. — Idem de Jongelin — Récit de Dom. Charles Martel. — Rectiflcation du Gallia Christiana. — Gilles demeure libre possesseur de son siège, le 16 juillet 15*28. — Ses soins pour la communauté (1519).
— Vidimusôes lettres do Piiilippk, d'Alsace.— Lettres de Charles- OciNT.quimaintiennent le monastère dans la possessiondelavallée do Kundrinberghe. — Condamnation de Rems, de Rersacques.
— Arrentement de la terre de Calmont. — Achat dujnaniisrrit
sfl La biographie de ce Prélat est puisée dans le second volume manuscrit de Dom. Rertin de Yissery, pas. 1, (0 volume inédit est écrit en français, le premier élail en latin. Son titre est ainsi conçu : Histoire chronologique de l'ancienne et célèbre Abhajfe de llairmoruis, de l'ordre de Ci!< ni.r, fih'rlin,) de C'aircnu', situe d'ins la province d'Artois ou diocèse dr Thèrouanne, présente ment dans celui de Saint-Omcr. — Par un religieux de ladite Abbaye, l an de Notre- Seigneur 1751, le tout ajoute l'auteur. « Gratis pr» deo. seripluro nique ligatura.... -> (Pag. 1 et 3).
K>IX- 1.V2."» <les^nstitu^sjie Benoît XII. — Prétentions du Cardinal Malaoucchy. — Ses poursuites. — Placet adressé à l'Empereur. — Pièces produites par la Cardinal. — Moyens de défense de Gilles Dlpont. — Antoine, de Bcrgues, examine l'affaire. — Il se prononce en faveur de Gilles — Il est interdit au Cardinal de persister. — Fin de cet incident imprévu — Lettres de sauvegarde de Jacques, de Luxembourg. — Autorisation de faire annuler les con- trats illicites. — Incendie de l'Abbaye de Wœstine lo 11 novembre 1523. — Convocation des tëtats à Snint-Omer, pour subvenir à la réparation des remparts. — Contribution de l'Abbé d^ Clairmarais. — Hiver rigoureux. — Gelées très fortes. — Blés perdus — Famine.— Guerre. — Grande mortalité. — Ses ravages. — L'Abbé voit ses forces s'épuiser. — Il se retire à Ravensberg et meurt Agé de 56 ans, le 23 mai 1525. — Il est rapporté et inhumé dans son monastère. — Sa tombe. — Son épitnphe. — Moines contemporains. — Ses armoiries.
Gilles Dupont, de Bourbourg (Huburganm), 37* Abbé, dont le nom figure en tète du second volume des annales inédites de 1). Bertin de Vissery, est de tous les Abbés de Clairmarais, peut-être, celui sur l'élection duquel le jour a plus besoin de se faire, il est également celui auquel la prélature a été le plus vivement disputée 1 : s'il fallait en croire les auteurs du Gallia Christiana *. Gilles, à la retraite de D. O Villeus, aurait été nommé d'oflicc par Charles- Quint, au mépris des lettres de coadjutorerie que Louis ITertauld avait précédemment obtenues, puis le même jour 16 juillet:, il aurait été acclamé par ses frères et aurait reçu la confirmation des mains de Dom. Edmond, Abbé de Clairvaux, en présence
1 Hist. m" de Clairmarais, tora. II, pa^. 1. 1 Idem, idem. Gall. Christ, tom. III, pap. 530.
d'A.NTOiNE, de Pergues, 07e Abbé Je Saint-Berlin, 1518— i^:, accompagné de Pierre Emwanberghe, Abbé des Dîmes, de Claude, de Mcssiaco, Prévôt de Watlen. de maître Philippe, de Lobel. chantre, de maître Vigry, officiai de Thérouanno, et d'un grand nombre de religieux. Le même auteur, ajoute que ce Prélat eut à subir beaucoup de tracasseries, surtout de la p part d'un puissant Cardinal qui demandait avec in- f sistance que cette Abbaye lui lut accordée en coin- • monde.
Jongelin 1 n'entre point dans de longs détails à ce sujet, il se borne à dire : Cilles Dupont, de Pourbourg, maître de la vieille cour (cet cris atriw mayister) gouverna très prudemment le monastère, (\mtdcntimmm) pendant 7 années, il mourut, le 23 mai 1523, et fut inhumé à l'entrée du chapitre ?.
Le moine chroniqueur, T). Charles Martel, nous apprend seulement que cet Abbé fut élu capitulairement et canoniquement le jour même de l'abdication de son prédécesseur, il ajoute qu'il fut confirmé et installé par l'Abbé de Clairvaux qui était présent à l'élection. Ce récit nous semble se rapprocher beaucoup plus de la vérité que celui des auteurs du Gallia Christiana \ dont les sources étaient peutêtre plus douteuses ; nous donnons textuellement 4
1 Idem, Gill. Christ., tom. MI, 5H0. ■— Berlin de Visserv. tom II. pag. 2.
! De notitid Abboliarum.
» Berlin de Vissery, Hist. m" de Clairmarais, tom. Il, pag. 2. — C„U. Christ., tom. 111.
1 Voyez à la suite de l'article biographie concernant ce Prélat.
i i s — - i.v:ô la charte de résignation de Gilles Villers, ainsi que les procès-verbaux officiels de prise de possession de (iiLLKsDt pont, entre les mains d'EDMOND, de Saulieu, Ahhé de Clairvaux ; on ne verra nulle part l'intervention de ITjnpereur Charles-Quint dans l'acte de nomination, ni même la plus simple mention des lettres de coadjutorerie accordées antérieurement d'après MM. de Sainte-Marthe, à Dom. Louis IIertauld. Dom. Berlin de Yissery assure même que Dom. Louis, ne fut jamais coadjuteur il ajoute que Gilles Dupont ne se démit jamais, ni ne fut dépouillé de son vivant de la dignité abbatiale, il affirme qu'il mourut dans l'exercice de sa charge et que Dom. Louis Hertiui.d, son paisible successeur, fut mis régulièrement à sa place le 5 juin 1523, douze jours après sa mort Il demeure donc établi que Gilles, régulièrement élu, demeura tranquille possesseur de son siège, depuis le IG juillet 1518, jusqu'au mois d'août 1'>20. Pendant ce temps, toujours
1 Hist. de Clairmarais, loin. 11, pag. il.
; llist. dcClnir..tom II. pag. 12 — Remarquons en passant ici que le bon moine Bertiu de Yissery, parle ;:ssez longuement et avec une certaine aigreur de ces erreurs et de quelques autres, commises par les auteurs du Cnllin Christian1! : il dit que ces messieurs ont écrit sur dos mémoires infidèles, et ajoute ces mots : « Il est surprenant que « nos anciens n'aient point songé dans le temps à faire corriger cet •< endroit défectueux et faulcrie (sic, du 3° tome du G ilt. Christ..
ou du moins cherché à engager l'auteur a rétracter cette erreur, <i comme il l'a fait dans le même tome, au catalogue des Abbés de
Saint-Berlin à M. Le Riche. »> Après tout, s'écrie-t-il en terminant, « les suppositions imaginaires de cet auteur ne peuvent infir- « mer ou annuler des monuments aussi authentiques et aussi res-
ppptnbles que ron\ rités ci-dessus — (Tom. II. pajz. 12 et 13\.
attentif aux intérêts de sa maison, cet Abbé iinpétra tMS I5?r, le 2 juillet 1519, un Vidimus des lettres de Philippe, d'Alsace, à la date 1176 : ce Vidimus donné par Antoine, de ltergues, Abbé de Saint- Berlin, commençait par ces mots : << Anihouius miserieordid « divind Abbas ecclesiw seu monasterii Sli Audo- « mari Morincnsis diocœsis, ad Homanam curiam, « nullo medio pcrtinenlis, universis présentes littv- << ras inspecturis salutem, etc., etc. » Avec le sceau des armes du Prélat l,
La même année 1519, Gilles Dupont obtint également des lettres de Charles-Qlint, par lesquelles ce Prince maintenait le monastère de Clairmarais dans la libre possession et jouissance de la vallée de Fundrinberghe -, laquelle avait été régulièrement cédée par ses aïeux MaximiliencI Philippe, en 1487. Les lettres impériales étendaient les droits de l'Abbaye aux étangs et aux poissons de cette vallée —
Le o mai de la même année (1519 , ce Prélat obtenait encore de Chaules, Hoi d'Arragon, une procuration relative à une reconnaissance en matière de succession 3.
En 1520, on le voit protester contre le magistrat de Saint-Omer, au sujet d'un droit de juridiction sur le refuge intrà-muros
' Ce scel était conforme aux armoiries peintes, sur la on/inne fenêtre de l'église. — Hertin de Vissery, tom. Il, pag. KL
* Vallée située dans le Itois de Kihoult. c'est de là que viennent les eaux qui découlent dans l'étang du Bourg.
(Plan delà forêt de Rihoult, dressé en 1686) — Ton». I, pl. x. «-1 Archives municipales, CXC-6. (5 mai 1519 . V1 Archives municipales CXC-7.
1 M*— i,v>:. ()n trouve à cette époque une condamnation portée eontre Denys, de Rersacques et consorts, pour avoir comblé et rompu les digues de l'étang, purgé parles mains des moines
On rencontre nussi un acte d'arrcntemenl de la terre désignée sous le nom de ('aimant, contenant 2'i mesures, au prix de 14 sols la mesure
(l'est Gilles Dupont qui procura à la bibliothèque du couvent le manuscrit intitulé : Constitution?.* (fcncdicfi Pajnv duodvcimi \
Mais alors, au bout de 2-> mois environ d'une possession paisible et non contestée, on vit brusquement surgir les prétentions du Cardinal M.waducchy, du titre des Quatre Saints couronnés.... lequel ne négligea rien pour parvenir à évincer Cilles Dupont de sa place et pour obtenir la commendc de son Abbaye. Son Kmincncc représentait au Souverain- Pontife que l'Abbaye de Clairmarais devait être vacante, sous le double prétexte que le nouvel élu n'avait point recula continuation du Saint-Siègedans l'espace de (i mois, et que d'ailleurs, il n'avait point acquitté le droit d'annate dû à la chambre apostolique '.
l/ambitieux Cardinal ne s'en tint pas là, il lit altieber des copies de sommations aux portes des
' Lertin île Vi<~. rv. (uni II. p;i-. 1:5 et H.
liU'in, i'Irni.
; Llom. iiL'in.
k On ;i|>|»>l;iit ;iin»i le rv\,iiw d'unr jiiimiv . |u i de\;nl rUv juive .1 l;i cour roimiine... Sir crrlrsio.sl i, i hrnrfirii nmuinm n-l'hlmtt ntrtwl mri.T Ofjmhlir.r. — ||,v| de Cl:irm:ir;iis. |»;iu. 1. lin. -11.
I, ri, ri,'., !(» n. III. I' .Vio.
églises de Cambrai, pour attirer Gilles Dupont en 1518 — i5-2.ri première instance à Home, ce qui était entièrement contraire aux privilèges et aux franchises des Comtés de Flandre et d'Artois comme aux coutumes suivies
de temps immémorial Quelque irrégulières que
fussent ces sommations par affiches, dont on ne pouvait vérifier l'existence, ce prétexte servait à Son Eminence Monseigneur Maladucchy, pour obtenir en lo21, en cour de Rome, en première instance et par coutumacc, une sentence cxécutoriale tendante à l'éviction de l'Abbé de Clairmarais, ou tout au moins à le fatiguer, à le décourager l. A cet effet, au moment où Dom. Guillaume le Fauconnier, était élu 47e Abbé de Citeaux, à la place de Dom. Guillaume du Boiset, qui venait de mourir, le Cardinal adressait à l'Empereur le placet suivant .
« Remontre, votre orateur, le Cardinal S,or,,IM « quatuor coronalorum, comme jacoif que par « constitution du siège apostolique, même des Papes « Innocent et Jules ait été ordonné que tous Abbés « de i ordre de Citeaux, après l'élection faite de leur « personne, à la dignité Abbatiale, seraient tenus « prendre confirmation du siège apostolique, nomè- « ment et précisément ; toutefois un Dom. Gilles de « Ponte [sic], esleu Abbé de Clairmarais, en votre « Comté d'Artois a omis ce faire, et n'en a été con- « firme comme il devait par quoij, et par la dite « constitution, telles dignitez, ipso facto vacant....
1 A lo ve\»M. lo le rhiigriiiiM . — Horlin «!•' Vissery, lom,
Il . p;«£. l.V
CtK— l.v:r» « Pourquoif le dict Cardinal supplie (/ail mus « plaise luy accorder en considération des bons « serriees qu'il eous a fait et désir de filtre, vos lct~ m ires de patentes sur la provision par lui obtenue « comme sur la sentence et lettres exécutoires sur ce « rendues S'y ferez bien. >>
Vax marge pour apostille était écrit ce qui suit :
a L'Empereur ayant veu cette requette en son « privé conseil ordonne à Messieurs le Doyen de « Voligny, et le sieur Démaretz, conseillers et mal- « très des requettes ordinaires de son hostel, appeller « vers eus les partie les ouir, et accorder amiable- « ment s'ils peuvent, ou sinon faire rapport des dif- << ficullés, qu'ils y trouveront, pour le tout ouyy en
« être ordonné comme de raison Fait à Bruges
<< le dernier de mai Iz22. — Signé : d'Ardenne l. »
En présence des poursuites si actives du Cardinal. Gilles Dupont à son tour, ne négligeait pas sa défense, il présenta un long mémoire à l'appui de ses prétentions sa justification reposait sur les points suivants dans la forme et au fond.
P I/admission définitive en cour de Home serait rontraire aux franchises et aux libertés du pays, romme à eeiles de Tordre de (liteaux, puisqu'il faudrait évoquer en première instance 1 « D ailleurs,
' in* île Lliiinii m .us, tom II. p.ij.'. l'i et 17.
Suivent le» ntUuns dont se «ervif <i. Oii'ONr pour sa d< leiist- • pat »i, v,ml le- -n-Jits rommi«*:iirrs'. - (Tom. Il, pa« 17 20. ->\, ->'2
1 Idem, id*MU
'< :i jouttï-t-iî, s'il en était ainsi : il n'y aurait si petit * r» i 8 -lâ-tf « bénéfice dan* le pays qui n'eut un Homain à sa « suite l. >>
2° Les lois et libertés des provinces de Flandre et d'Artois ne s'étendent aux liévérendissimcs Cardinaux <j u'au tau t quod in eis eadent ratio est et par conséquent idem jus. Cette loi est générale, sans nulle exception.... En plusieurs occasions semblables on s'en est servi contre les Cardinaux *,
3d Les Abbayes de l'ordre de Citeaux, dont Clairinarais fait partie, ne peuvent se donner en cominende selon le décret d'I.NNOCEXT VIII, « factum de « consilio Dominorum Cardinaliuvt et laudabiliter « determinatum 3. »
i° Ce n'est point une faute de la part de M. 1Hfont, d'avoir omis de se faire confirmer par le Saint- Siège dans l'espac j de 6 mois, il n'y était nullement tenu selon le droit commun et selon l'usage des monastères soumis à l'ordinaire, dans lesquels après l'élection canonique, l'ordinaire se borne à approuver et à confirmer l'élu, « absque Apostolicœ sedis con- /irmatione. » (Excepti vero ordinis CisterciensisJ cui quant plura induit a sunl pririlegia, tant in cor pure juris illa quant alia ; post e'ectionem reUyiosoruin , u suis pat ri bus Abbatibus confirmant ur l.
1 Misl. de Cliiinnai.iis. par Berlin de Vissrry, loin. Il, jiafi. 1". lu». 14 et 21.
> Idem, idem.
' Idem, idem. — Voir lus détails donnés par Ueilin de Visser) l»ro ,,tili . — \ .,ir aussi la huile d'Issoces r VI II
• 518 — 15-25 o° Depuis la fondation de l'Abbaye de Clairniarais, les Abbés n'ont jamais payé Formate et n'ont jamais été confirmés par d'autres que par leur Père immédiat.... Sans remonter plus haut, le souvenir des trois derniers prédécesseurs de Gilles Dupont, est encore récent, Ingelram Crayben, Jacques le Cièvre et Gilles Villers, n'ont pas fait autrement. Les aulres maisons Cisterciennes, Cercamp les Dunes, Doest, Longvilliers, Villers en Brabant, elc, etc., ont constamment suivi cet usaj;e. Les seuls monastères qui résignaient en cour de Home étaient tenus au droit ; dans l'espèce, la vacance ayant eu lieu in manibus immédiat i superioris, la chambre apostolique n'avait rien à réclamer l.
6° La bulle de Jules II, ne fait aucune mention de l'ordre de Citeaux, elle est donc inapplicable.
7° La bulle d'Ix.xocENT VIII, n'est pas non plus contraire 2.
8° Ledit Cardinal ne devrait être entendu qu'après s'être soumis, ainsi que l'Abbé de Clairniarais, à la décision de M. de Berghes, Abbé de Saint-Bertin, au diocèse de Thérouanne \
Les deux parties ont accepté cette proposition.
* Hist. do Clairniarais, tom. Il, pag. 20.
* Voir le texte et la copie donnés en extrait par Bertin de Visser} , tom. 11. pag. 20.
* Idem, idem. pag. 21. — Voyez encore la biographie des Abbés de Saint-Bertin, article d'AxToiNE, de Borgnes, tom. Il, pag. 59 à .88. — Peu avant l'ouverture des négociations entamées par l'Abbé de Saint-Bertin, le 9 octobre 1520, ce Prélat consacrait son Église par permission du Pape Lkon X, exilé en Franco et lopé au tnona«tPro. — ï>om. Joan B.iUin. — Bot tin do Vissen
- Ml -
*JW Le mémoire ajoute : « Qu'on pourra s'informer 15!8-I.v^ «< à Adrien Baurs, marchand de Bruges, avec com- « bien de délicatesse M. Dupont a sollicité ledit « sieur Cardinal à produire ses titres, pour terminer «« ce différend à l'amiable ; on pourra pareillement «< s'adressera M. Yerderue, secrétaire, qui souvent «< a envoyé des paquets de lettres à Home, provenant « du susdit Abbé de Saint-Bertin, pour le même sujet. « et adressées audit sieur Cardinal pour lui faire voir h que M. Dupont est seul et vrai possesseur l. »
10° Au retour de l'Abbé de Saint-Bertin, en Flandre, M. Dupont s'offre de lui remettre, sous huit jours, toutes ses lettres de provision ; mais qu'il plaise audit seigneur Cardinal d'en faire autant, déclarant se soumettre également à toute sentence, jugement et accommodement qui pourra être porté, tant pour lui que contre lui....
En outre, disait Gilles Dupont, en terminant : « l'Abbé de Clairmarais représente très humblement ♦< qu'on ait égard à ce que dessus, à l'équité de ses h provisions et à l'injustice des prétentions du Car-
«< dinal Combien une commande est toujours
«< odieuse et fatale »
Antoine, de Dergues, examina M-rieusemenl eelh affaire et se prononça en faveur de Cilles Dupont dont il était l'ami connu \
Il avait été aussi celui de son oncle, il avait assisté
1 l{fi!in «I'* Yi>-«My. loin. Il, pac. 21 et ' lilt'in. l'icm. \r.iiz. :?*?.
* Mf m i Irru.
I5i8~l5-2ô à l'abdication de Gili.es Devillers, en faveur de son neveu, il- connaissait ses droits et la justice de sa cause, aussi prit-il chaudement sa défense, tout eu demeurant un juge équitable et un arbitre consciencieux... On assure même qu'AxToiNE tit le voyage de Rome tout exprès, pour faire prévaloir la vérité, dans la cause de Gilles Dupont ; ce qui est certain, c'est que l'Empereur Charles V, ordonna formellement au Cardinal de se désister de toute poursuite et de toute prétention sur l'Abbaye, annulant toute sentence portée contre elle. Les lettres impériales sont datées de Malines le 25 septembre 1523.
Ainsi finit cette déplorable aflaire si injuste, si imprévue, qui causa tant de peines et de chagrins à Gilles Dupont, lequel, débarrassé enfin de ces ennuis, put mieux encore donner ses soins à l'administration de son Abbaye.
On le voit alors obtenir des lettres de sauvegarde de Jacques, de Luxembourg, Seigneur de Fieunes, Comte de Grave, chevalier de la Toison-d'Or et gouverneur de Flandre, le même qui avait donné, en 1511, la troisième fenêtre coloriée de l'église l.
En même temps, Gilles reçoit du Pape Clëmem VII, l'autorisation de faire annuller toutes les conventions illicites. — 11 assiste à un immense incendie qui, le M novembre 1523, dévora en entier l'Abbaye de Wœstine, présidée alors par Peronne Risquelix. son Ahbessc
1 Manuscrit do Cluirmuruit». tom. II. pag. 22 vt 23.
' Berlin do Vissery. tom. II, pag. 2,1 ~ I) Jean Hallin.
«'.eftp Abhcsso uv figure pas dans \v catalogue donné par \ h\t-
Deux uns auparavant on retrouvait Gilles Dupont i.ïih— t:>r. li l'assemblée îles États, convoquée à Saint-Omer par ordre de l'Empereur Charles-Quint, pour assurer la prompte réparation des remparts de la ville, le moine Dom. Charles Martel nous apprend, « qu'entre les « autres Prélats qui se rendirent à cette réunion, le « R. P. en Dieu G. Dupont, Abbé de Clairmarais, « s'y trouva et de son propre mouvement donna 7 « livres 4 sols tournois, pour subvenir aux dites « réparations sans préjudice l. »
torien du Clergé do Franco, tom. IV. pag. 232.— Ni dans le Galliti Chrisliana, tom. III, col. 536. — MM de Clairmarais 2 pag. 23.
* Dom. Charles Martel. — Dom. Bertin de Vissery, tom. Il, pag. 25. — Le prix du marc d'argent On, reçu aux monnaies comme matière, valait alors 12 livres 15 sols et comme argent monnayé il valait 13 livres. — Dupré de Saint-Maur, pag. 216. — Leblanc. pag. 328).
l a livre de compte en numéraire fut à peu près toujours composée de 20 sols, qui se divisaient chacun par 12 deniers ; pourtant on n'avait point de pièce qui fût précisément de cette valeur. Il y a eu sans doute des monnaies d'or et d'argent réelles, qui ont valu justement une livre ou 20 sols, comme les francs d'or des Rois Jean 1k et de Charles V, et les francs d'argent de Henri III ; mais ce n'a été que par hasard que ces monnaies ont été de la valeur de la livre, car dans la suito leur prix s'est considérablement augmenté, <*e qui n'arrive point à la livre numéraire qui ne change jamais de valeur, car depuis le temps de Charlemagne qu'elle est en usage, elle a toujours valu 20 sols et le sol :2 deniers. Pour bien comprendre cela, dit Leblanc (pag. 22), il faut savoir que pendant la première et la seconde race de nos Rois, on ne se servait point pour peser l'or et l'argent, du poids do marc composé de 8 onces, mais de la livre romaine qui en pesait 12, Pépin ordonna au commencement de son règne qu'on taillerait 22 sols dans cette livre de poids d'argent.... Puis ce métal étant venu plus abondant par les conquêtes de CnARLEy agne ; ce Prince fit faire des sols d'argent plus pesants et on n'en tailla plus que 20 dans une livro d'argent, c'est-à-dire qu'alors 20 sols pesaient une livre de 12 nnros, depuis cp temps on
1018-15»:» Plus tard, en 1524, il passa un accord avec le magistrat à l'occasion des constructions faites pour la clôture du jardin du refuge (inîrà-murosj l.
En même temps l'Abbaye signait un acte de reconnaissance pour une rente due à l'Empereur et à la ville, par suite de la clôture d'une ruelle englobée dans ce même refuge *.
Les temps étaient bien durs alors, l'hiver fut tellement rigoureux et les gelées si fortes si prolongées, que d'après le récit de Jean Ballin, tous les blés furent perdus ; conséquence horrible et naturelle, la-famine s'en suivit, elle se fit sentir surtout en Picardie, en Flandre et en Artois. Ce fléau en amena un autre; la peste causée par la guerre, donna naissance à la plus affreuse mortalité, qui dans la seule province d'Artois enleva, dit un annaliste, près de 12.000 personnes dont 300 prêtres
s est toujours servi en France du mot livre, quand on a voulu exprimer une somme de 20 sols, voilà de quelle manière la livre de compte a été introduite et on voit quelle doit son origine à la livre de poids et que, dans le commencement, elles étaient toutes deux de môme valeur.
Sous Saint-Louis, le sol tournois pesait 79 grains 1,2 d'argent et en 1700 il ne contenait plus qu'environ 8 grains 12. quoique l'un et l'autre ait toujours valu 12 deniers. De là vient que celui qui, en 1700, avait 20 sols ou une livre de rente, était bien moins riche que relui qui avait pareille somme sous le Roi Jean ou Henri III, car au temps du Roi Jean, une livre valait 1 franc d'or fin pesant 1 gros et 1 grain, ce qui vers 1700, valait 7 livres. Quiconque, sous Henni III, avait 1 livre de revenu ou 20 sols ou 1 franc d'argent, aurait eu 27 sols 6 deniers de 1690 à 1700.— Leblanc, pag. 24).
» Liasse, CXC-5. — (Archives municipales 1524).
5 31 mai 1524. -(Idem, CXC-11).
J Dom. Jean Rallin. cité par Bertin de Vissery, pag. 22 et 25, tom. IL
Fendant cette terrible période, Gilles Dupont i^ih — 1 0-2:» voyait ses forces défaillir ; il se retira à l'Abbaye d'Outhove ou de Bavensberg, pour y cbercber le repos avec l'espoir d'y retrouver la santé, mais espérance vaine, le mal devenant sans remède, ce Prélat s'éteignit dans ce monastère, «âgé de 55 ou 56 ans, le 23 mai 1525.... Ses dépouilles mortelles furent rapportées à Clairmarais et ensevelies dans un coin du chapitre, à droite en entrant.... Cette sépulture Abbatiale était marquée par une pierre bleue carrée, de deux pieds et demi : cette pierre portait gravée le buste d'un religieux, avec les mots suivants tracés sur les bords :
hOM. r.r.lDIUS DE PONTE, ABBAS XXXVII, IIUJL'S DOMLS, REXIT VII. ANNIS ET OBIIT AHXO DOM. 1523. R. I. I*.
Voici, par ordre, d'après le nécrologe de la maison, les noms des religieux contemporains J.
I). François Dammars (sic), ancien boursier (burxarius) et maître de la pêcherie (magisler piscariœ), il mourut le 5 seplembre 1525 et fut enterré dans le cloître de lecture avec une épitaphe 2. — I). Philippe Dubrœucq, sous-prieur, mort au mois de septembre 1527.— 1). Bartholom.ee Blomme. — D. Pierre Gueraert, ancien maître de la pêcherie fali-
1 M" de Clairmarais, tom. II, pag. 23 et 24.— Call. Christ, tom. III, pag. 530. — llist. du Clergé de France, tom. IV. pag. 229.
* Ces mots avec une épitaphe icum epitaphio} que nous rencontrons souvent, semblent indiquer que tous n'en avaient pas et que l'on réservait cet honneur aux anciens dignitaires ou à ceux que l'on tenait à distinguer.
ir.i8-i.rtt ifuando mafjister PiscariœJ. — I). Bernard Habit.
— D. Martin Wintre, receveur et chapelain de M. Villars. — D. Mathieu Froo.m. — 1). Henry Lonys. — I). Antoine Dupont, mort en 1 531 . — D. Adrien Smeyt, mort en 1531, il fut maître des boulangers. — l). Aube ut Fromentel, économe, mort en 1531, inhumé dans le cloître du chapitre. — 1). Nicolas Haghe, mort en 1535. — 1). Chari.es Dupont Chàstel, mort en 1538 le 13 avril, enterré dans la partie occidentale du cloître, sous une pierre bleue de six pieds de long, portant son effigie, l'écusson de sa familleetune simple inscription marginale.
— D. Jean Baron, mort en 1539. — D. Arnaud (Arnaldus) Cordewanier, mort en 1539. — D. Jacques Moriane, mort en 1541 .— D. André Gorguette, mort en 1541 . — D. Gilles Herbine, professeur des plus jeunes (instructor juniorum) , mort le 7 septembre 1541 , enterré dans le cloître des bienfaiteurs, sous une pierre grise carrée, portant son buste fort bien sculpté et une inscription en marge. — Dom. Artus Baissart, mort en 1541
L'annaliste Berlin de Yissery pense que D. Guislain Campion a attribué à tort à Gilles Dupont les armoiries que l'on voyait jadis sous l'image de Saint- Augustin dans la première fenêtre de l'Eglise Abbatiale; ces armoiries, selon lui, devaient être celles du comté d'Holque qui se trouvaient sur le carreau du Wattendam *. Ce comté, on le sait, appartenait à la
1 .Manuscrit inédit de Cbirmarnis, tnm. II. pnp. ?V * Idom. idnm. pag. î.
prévôté de Watten, et 1 ecu dont nous parlons était 1518— 45*25 placé dans la fenêtre, en dessous du patron de cette prévôté, à cause du prévôt Claude, de Messiaco,qui avait fait les frais de cette verrière.
D. Berlin croit devoir attribuer avec plus de raison à Gilles Dupont les armoiries que nous indiquons, tant à cause de son nom, qu'à cause du rapport quelles ont avec celles de son oncle ; ce sont des armes parlantes, qui d'ailleurs, ont été retrouvées mêléesà celles des devanciers et à celles des successeurs de Gilles ].
Triple ponton d'or sur azur, en chef poisson d'argent sur fond de gueules, avec cette devise :
Fortitudo mea.
Ce Prélat est le dernier qui ait surmonté* l'écu de ses armes du lacrymatoireou drapeau blanc, appendu flottant au sommet de la crosse abbatiale *.
Dom. Martin Dubuisson, que Berlin de Vissery assure en cette circonstance avoir été mal informé, a consacré le quatrain suivant à la mémoire de Gilles Dupont.
« Dura parât jEgidius delato jure potiri,
< Ut sibi commi.ssas. arrogat aller oves :
« Septem decertant, clamosis litibus annos,
• .Egidii bis ponunt funera sola modum *. »
1 Voyez planche iv, n° 8.
» Idem, idem
• Manuscrit de Clairmarais, par Bertin de Vissery, tom. Il, pag 1.
CHARTA CESS10N1S D0M1NI W1LLERS ABBATIS, & ERECTIONIS D. EG1D11 DUPONT, etc.4.
« Universis et singulis présentes litteras inspecturis F. EdmundusAbbas Claraevallis Cisterc. ord. diœc. Lingon. Salutem in Domino sempiternam. »
« Notiim facimusquod nobis die datœ presentium, visitantibus devotura, et insigne Monasterium B. M. de Claroraarico in Morinensi diœcesi, nobis et praedictœ Clara3-valli iminediatè subjectum, in loco capitulari pradicti Monasterii, presentibus venerabilibus et in Christo nobis dilectis filiis priore, et conventu ejusdem loci, et testibus quorum nomina inferiùs describuutur; proposuit R'"', et in Christo peramatus pater dominus Egidius Willers prœdicti Monasterii de Claro-marisco Abbas, qualiter ipse (ut dicebat) considérais, se jam multis annis predicto monasterio praefuisse, et ad antiquitatem, provectamque œtatcm, quœ multis solet subjacere herumnis et infirmitatibus pervenisse ; sic quod labores et sollicitudines ad dignitatem Abbatialem rilè acquirendam requisitas, de caetero commodè subire, seu sustinere non poterit : quodque (ut etiam argue bat verissimititer formidabat si prœdictum monasterium vacaret per ejus decessum seu per obitum ; quam plurima spiriluaha et temporalia paleretur incommoda ; idcirco deliberavcrat, et apud se mature decreverat, prœdictam suam Abbatialem dignitatem
1 Ces pièces que nous insérons textuellement ici comme preuves, nous ont paru plus convenablement placées à la suite de l'article auquel elles se rapportent.
in manibus nostris, tamquam sui superioris immcdiati cedere, dimittere, et restgnare. (Si hoc nobis placerez. Quod nos pra?missis consideratis, et ronsensimus, et annuimus, tàm auctorilate nostrà paterna, quam capituli generalis praïdicli ordinis nostri quâ fungiraur in hàc parte. Quà permissione, seu licenlià habita, ipsc pra?fatus Ra"* paier, predictam suaro Abbatialem dignitatem, sive predictum suum monasterium in manibus nostris s ponte, libéré, et simpliciter eessit, resignavit ac dimisit. Nosque cessionem, et resignationem hujus modi duximus admittendam, prout et admisimus. Ipsum que Monasterium, (sic ut premiltitur) vacare, predicto priori et convcntui ejus declaravimus. Exhortantes eos ad novam provisionem fuluri pastoris celeriter properare propler muitiplicia quœ modernis temporibus, vacantibus monasteriis con ingère soient incommoda. Qui omnes predicti Prior, et religiosi, et ipse dominus Egidius nuper Abbas purè, libère, et sponte dixerunt et declaraverunt quod consenliebant, oplabant et instanter petebant, quod nos pro illâ vice, seu vacatione eis provideremus, plenarièque (et sicut magis videtur esse expediens;, novum pastorem, seu Abbatcm eis crearemus, et eidem monasterio preficeremus, totum hujus modi previsionis, et creationis negotium ad nos rémittentes. »
« Nos autem id attendentes, et ne praodictum Monasterium ex diuturnâ vacatione aliqua reportaret incommoda et dispendia, providere seu obviare volentes, de moribus et vità, competenti litteraturâ, laudabili conversatione, et multâ experientiâ venerabilis fratris domini Egidii de Ponte, ejusdem monasterii de Claro-marisco religiosi expresse professi, débite informati, et ad plenius in domino confidentes Christi nomine invocato, ipsum prefatum F. Egidium de Ponte ibidem presentem et adstantem, posteâ acceptantem, virtute prœdicti consensus et cornmissionis, et omnibus aliis melioribus via, jure, modo, et formâ quibus melius poteramus et debebamus, in Abbatem, et pastorem ejusdem Monasterii de Claromarisco creavimus, praefecimus, et constituimus. Ipsumque in choro Ecclesiae predicti
Monasterii in siallà Abbotiali intbronisavimus, pra?seutibus in omnibus pra?missis RHd'• in chriso patribus Dnis Antonio de Berghes, et Petro Emwanbergbe incliiorum monasteriorum Sancti Bertini, et Donartim Abbatibus, née non Claudio de Messiaco Pra?posilo aniiquo Monasle ii Watinenss. magislris Philippo de Lobel Canlore. el Pbilippo Vîgry Oiltciali eeclesiae Talbedralis Morincnsis, testibus ad pramiissa vocalis specialiter ac rogat is ac p remémora lis Priore et religiosis »
— « Universis présentes litteras inspectons F. Edmundus Abba3 Claraî-vallis cisl. ord. in Lingon. d'uec. Salutem in D. notum facimns quod die datte presentium, nos atlendentes quod besterna die Creaveramus et praîficieramus in Abbatem devoti et insignis monas!erii de C.laromariseo in Morinensi diœcesi, nobis et pnedicla? Clarovalli sine medio subjeeli vencrabilem et religiosum viruin dominum Egidium de Ponte ejusdem loci professum : sed obslanlibus aliquibus impedimentis nonnulla subsequenlia omiseramus seu distuleramus ; prefatum dominum Abbatem présente priore et eonventu dieli loci, ac nolario et testibus infra scriptis, in possessiotiem actualem et realem dicti monasterii juriuinque ac pertinentiarum cjus spirilualium cl temporalium per osculum majoris altaris eeclesiae seu oratorii ejusdem loci posuimus cl instituimus nullo ad boc se opponente. Jurameniumque per Abbates in ordine nostro de novo creatos emitti debitum et soliîum exigimus quod spontanée preslilit, tactis ab eo sarrosantis evangeliis presentibus RK*5 Patribus de Dunis et de Longovillari ejusdem ordinis monasteriorum Abbalibus, testibus nd pramiissa vocalis specialiter et rogalis. In quorum omnium premissorum lidem, etc., etc »
— « Universis présentes litteras inspeeturis F. Edm. Abbas Clarevallis f'isler. ord in lingon. diaec. salutem in domino. Nolum facimusquod die data? presentium, nos atlendentes quod besterna die creaveramus et pra'tteieramus in Abbatem devoti
et insignis monasterii de Claromariseo in Morinensi diaecesi . nobis el prœdictae Clarajvalli sine medio subjeeli, venerabilem
religiusum virum dominum Egidium de Fonte ejusdeni loei professum : sed obstaulibus aliquibus impedimentis. nonnulla subsequeniia omiscramus, seu distuleramus ; ideô Priorem et conventum cjusdem.monaslerii ad sonum campanae capitulariler congregari fecimus. eisque pnefalam creationem et instilutiouem sui Abbalis significavimus, rememoravimus, seu reiteravimus, preeipientes ipsis omnibus et singulis quatenûs reverentiani et obedientiam , professionem que regularem à monachis Abbatibus nostri ordinis prestari solitas, prefato suo novo Abbati exhibèrent. Qui onines (demplo uno; ipsi Abbati noviter creato prestiterunt, prelibatam professionem nostris parentes (sic) (pour parentibus) mandatis. Prcsentibus RRdii Patribus de Dunis et de Longovillari ordinis nostri monasteriorum Abbatibus, etc., etc. *.»
1 Ces titres sont littéralement reproduits d'après le manuscrit inédit de Berlin de Vissery qui les avait lui même transcrit sur les originaux, aujourd'hui perdus.
Hist. Clar., tom. Il, pag. 3. 4, 5, 7 et 8.
LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS
LOUIS HERTAULD, 38» Abbe. »rt«*..:i525
SOMMAIRE
Renaissance de? arts et des lettres.— Origine de Louis Hertauld — Ses dispositions sont encouragées par Paul Coqublbbrgbr , son Oncle. — Louis est admis au monastère. — L'Abbé lui donne l'habit. — Son intelligence précoce. — Son prpmipr dismnrs pq latin. — Prière en vers à Sainte-Appoline pour obtenir la délivrance du mal aux dents.— Texte de cette prière— Paul engage l'Abbé à envoyer Louis à Paris. — Il part — Ses lettres de remerclments. — Autre corres pondance. — Détails. — Peste à Saint- Omer et dans les environs. — Expulsion des frères Alexiens.
— D. Coquelbergre, adresse des reproches à Louis — Sa réponse en vers. — 11 revient de Paris, en 1509, avec le grade de bachelier et après avoir beaucoup dépensé. — Récit du prix de son grade de bachelier. — Lettres de rappel. — Réponse. — Il est surnommé Bourhe <VOr. — Louis devient compagnon de l'Abbé.
— Il est nommé prieur. — Mort do Paul Coqlt.lbergiik. — Sa sépulture. — Dom. Lotis remplit pendant 16 ans les fonctions dr Prieur. — Il est élu Abbé d'uno voix unanime (24 mai 1525,. — Il dovient confesseur de l'Impératrice. — Il apaise par sa parole un tumulto à Gand, en 1539. — Récit de Charles de Wischsur ce
1f)25 — 1544 point. — Louis admet dans la maison son neveu Daniel Latende et renvoies Paris — Sa correspondance. — Autres lettres de Daniel à ses amis — Affection de Dom Louis pour son neveu. — Ses soins. — Amitié de Dom Jean Hannocq pour lui. — Il est intermédiaire de l'Abbé. — IIannocq lui f.nl un envoi de fonds — ^ Reconstitution de la bibliothèque.— IIannocq demande des livres à D Daniel à Paris. — Impatience de Jean, en ne recevant pas aussitôt les livres demandés — Son stv|n élépnnL — 1 récrit de nouveau. — Nouvelle commande. — Correspondance de D. Jean Hannocq. avec D Lavkxde. — Accusé do réception des livres demandés — Leur prix. — Le Chapelain de l'Abbé fait un petit I cadeau à Daniel — Mort de Pu DinnŒi i o — Missel demandé par H Nicolas Labacere. prieur. — Amitié de L. Hehtaiid pour lui.
— Vers qu'il lui adresse. — Nouvel envoi de fonds 'décembre 1527). — Allusion à Erasme. — Erasme à Saint-Bertin. — Style
I , de D Hannocq. — Pendant que Daniel achète des livres à Paris, M l'Abbé en recherche de son côté. — Titres des livres acquis. — * Ordonnance de l'Abbé de Citeaux. — Visite de l'Abbé de Clairvaux à Clairmarais et à Dlnndecques. — Charte de visite. — La paix des Dames — Ses conditions — Ses résultats. — Mariage de François Ier — Etablissement de l'Imprimerie impériale. — Fondation du Collège Royal. — Guerre. — Trêve rompue. — Pillage en Artois. — La suelte anglaise, horrible maladie.— L'Abbé vaque à ses fonctions — 11 reçoit des novices — Il fait peindre ses parents sur la cinquième fenêtre de l'Église. — (1530). Inondations. — Comète — Permission de faire paître les troupeaux dans les dunes de Gravelines.— Interdiction des lapins. — Acquisition de quelques verges de terre — Élévation des corps de Saint Albéric etSaint- Étienne. — Sépulture de Dupont Chastel et d Adhie.n Lbomel.
— Inscription funéraire — Un religieux s enfuit de l'Abbaye. — Sa pénitence. — Il disparaît une seconde fois — Son recours au Prieur de Saint Waast. d'Arras. — Ce dernier écrit a Dom Uertacld pour obtenir sa grâce. — Loris renonce au laçiyuiatoire.
Cx^ — Il a tort. — Mort de l'Abbé de Citeaux — Son successeur.
— Sépulture de l'Évèque de Damas — Reconstruction du moulin de Caurcl. — Location de la cour do Keaumont — La guerre ec rallume — Incendie du Comté d'Arqués. — Charles-Quint accorde 800 livres de dédommagement pour le préjudice de la guerre. —
Invasion du Boulonnais — Commission donnée à l'Abbé de Clair- 1535 — 1544 marais. — l.ons IIertallu s'affaiblit. — 11 meurt — Sa tombe. — Son épitapbc par Dom Daniel L^vejwe. — Son éloge par Dom. L. oc Taillis. — Ses armoiries. — Religieux contemporains.
C'étaitle moment de la renaissance. . . Avec Léon X, ce protecteur éclairé des arts qui sut imposer son nom à son siècle \ avec François Ier, le père des lettres, on .voyait se ranimer le goût presque éteint des sciences el de la littérature, alors qu'échappées aux ravages de la Grèce elles étaient venues chercher un asile en Occident 2. Ce goût réveillé, déjà commençait à pénétrer dans toutes les classes de la société, dans la solitude mieux encore peut-être que dans la vie publique.... Le 38* Abbé de Clairmarais en fournit une nouvelle preuve ; sa vie est une belle page pour l'histoire littéraire de l'Abbaye....
Dom. Louis Wertxuld (Herlaldns ou Ilertaldîus), naquit à Saint-Omer, d'une famille honorable et aisée; de bonne heure, il entra au monastère sous les auspices de D. Paul Coquelberghe, son oncle, qui était économe de la maison.... Paul avait aperçu chez son neveu, du jugement, de la pénétration et le goût de l'étude; il constatait avec plaisir ses progrès et voyait avec bonheur ses dispositions incliner vers la vie monastique.... S'appliquant, dès lors, à favoriser ces inclinations, il guidait par ses conseils le jeune candidat dont l'âge encore tendre et une instruction
1 L'art de vérifier les date?, chronologie des Papes, pag. 313. * Idem idem, chronologie des Rois de France. 3* race, pag- 37ô.
1525 — 1544 encore incomplète retardaient l'admission et demandaient une épreuve un peu plus prolongée l.
Enfin, cédant aux prières qui lui étaient adressées, Gilles Devillers consentit, malgré sa jeunesse, à ouvrir à Louis, les portes du cloître ; il reçut l'habit vers 1500, des mains de l'Abbé, avant même d'avoir étudié la dialectique *, à laquelle il dut s'appliquer ensuite plus sérieusement, après sa profession.
Son intelligence précoce, ses progrès rapides le firent bientôt remarquer ; il étonna la communauté dans le premier discours, que, selon l'usage, il fut appelé à prononcer, à son tour, en plein chapitre, le jour de la fête de tous les Saints ; ce travail élégamment écrit en bon latin a été conservé avec plusieurs autres, tracés par la même plume, dans un manuscrit j in-4°, intitulé : Epistolœ et sermones latini, editi a i Clarimariscensibus religiosis 3.
Le hasard nous a fait rencontrer également une pièce de vers composée par Louis Hertauld, dans sa
* Idem, idem, m" de Claii marais, tom. II. pag. 27.
* Bertin de Vissery, tom. II. pag. 27. — La dialectique, ainsi qu'on l'a nommait, est l'art de raisonner et de discuter avec justesse, c'est ce qu'on appelle aujourd'hui la philosophie ou la logique. (Boiste, Lavaux et dict. de l'Académie).
* Bertin de Vissery. tom. H, pag. 28 — Ce premier et remarquable discours avait pour titre ces mots do la sagesse : Stabunt jusli, il commençait par ceux-ci : Veritus sum tanlâ multitudine, coram me tirunculus, ego balbutient qui ûotrre telle v idéal.... etc. — Les autres sermons retrouvés dans le même livre latin furent prononcés par L. Hertauld, bien dos années après le jour de Noël, ils avaient pour titre, l'un : Gloria in Exclesis ; l'autre : Suscitons a terra inopcm ; un 3e prononcé le jour de l'Assomption de l'an 1516, commençait par ces mots : Surge arnica mea, formosa meaelc — (H ist. deClar.. tom. H, pag. 28 et 31).
jeunesse, en l'honneur de Sainte- Appolline, afin u?&~t3U d'obtenir, par sa bienheureuse intercession, le soulagement d'un mal aux dents l.
Nous reproduisons ici cette prière, peut-être le lecteur nous en saura-t-il bon gré?.... La voici :
Il DIYA1 VIRGIIEI APPOLLMIAI LUD. HERTALDI CARI El
< Egregias inter Rutilans Apollonia nimphaa :
• Quam décorât Pater, Palraa pudoris, Ave ■ ! « Salve virgo decens, phoebco clarior astro.
« Salve virginei, flos que decus que Thori.
* Languidus, atque miser, rabido quem saepè dolore, « Afficiunt dentés : postulat auxilium ?
« Tu mibi solamen, tu spes, tu vita, salusque :
t Tu mihi, prœ cunctis, jure colenda venis...
t Te Deus œterno dignam, sibi foedere sponsam
« Junxit, et angelico fecit honore frui.
t Tu potens es, sa; va m, hanc, tanta que magistra
« Pcllere. et optatam ferre salutis opem ?
« Eya igitur miserum !.... ne despice, qua?sô,
« Clientem? Si jubeas flecti, Virgo benigna potes?
« Carminé perpétuas tanto te munere grates.
« Atque tuas laudes, carminé in astra feram.
't Carmen crit munus, dum nil nisi carmen habemus...
« Diviti© nobis carmina sunt et opes *. »
Tous ces écrits portaient leurs fruits, ils annon-
■ Cette pièce se trouvait, dit Bcrtin do Vissery, dans un petit manuscrit in-12 qui renfermait des vers de piété composés sur différents sujets par les anciens religieux.— (Tom. Il, pag. 30).
* Sainte- Appoline était invoquée contre le mal aux dents — l.e manuscrit porte A*tV«, nous pensons que c'est une erreur car le vers serait faux.... Nous avons cru pouvoir substituer le mot A te.... — (Bertin de Vissery, tom. II, pag. 30).
' Sur le m** lo mot posse est placé au-dessus do magistra....
* M" inédit de Clairmarais, tom. II, pag. 30.
15*25—1544 çaient des dispositions peu communes qui furent facilement remarquées l.
Dom. Paul Coquelberghk engagea M. l'Abbé à envoyer son neveu au Collège des Bernardins de Paris, pour y étudier la pbilosopbie, ce qui fut facilement accordé. Loris partit au commencement de l'année "1503 ; à son arrivée, il s'empressa de remettre au messager qui l'avait accompagné, une lettre de remerciments et de reconnaissance pour Gilles Devillers 2. — On voyait encore au XVIIIe siècle, dans la bibliothèque de l'Abbaye, un manuscrit contenant divers écrits des religieux ; parmi ces écrits Dom. Berlin de Vissery a remarqué et lu 50 lettres de Louis Hertauld, savoir : 8 qui étaient adressées à l'Abbé et 42 à Dom. Paul, son oncle. Ces lettres écrites en latin respiraient toutes, les meilleurs senti ments, exprimés toujours avec une grande facilité dans un style élégant et poétique 3.
Dans la correspondance destinée à son oncle, D. Hertauld rend compte de ses études, de ses progrès, de ses projets et de sa manière d'être. Dans la 8* lettre on lit : Sabbali proximd die, de Logica, deo juvanle responsurus su m : ideà, etc., etc. Dans une autre on voit : y on te latere vo/o, me audicisse Logicam et incepme Physicam, gradumqueDetermînatoriatus [sic , infrà annum habere cupio, et ex
1 Idem, idem pag. 31.
5 M" inédit de Clairmarais, toni. Il, pag. 31.
3 Idem, idem, pag 31 et 32.
liber alium artium studio ad veram Sophiam conatu iS'25— 1544 anhelo ascendere, etc., etc. l.
Dans sa 6* lettre à l'Abbé, il s'exprime ainsi : — « Quas tibi referam actiones, cuippe qui me indi- « gnum affectu et e/fectu a teneris annis educasti, « atque dulcimmo lacté charitatis fovisti, et pfi- « visti usque adeô, ut me non soium ad litteratis- « simum Gymnasium^ omnium que sckntiarum fon- « tenu saluberrimum, mittere dignatus es ; sed et « hactenus tuœ paternitatis, auxilio (destitutam) « nunquam dercliquisti y verum cum hâc sedulâ <x coyitatione revoho ; ad te inviolabili obedientiœ « nexu me adstrictum gaudeo.... dignetur benigna « Paternitas tua.mihi pecunias mittere ad gradum, « determinalorialu* (sic; capescendum : non enim « tuo sine consensu et ami ho hujus modi gradum « haberc aut possum, aut debeo eya igitur prœs- « tantissimè, Domine, paternis filium tuum aspice « oculiSy etc., etc. y.
Louis Hertauld écrit une autrefois à son oncle : « ^leecrtiorem dcsiderari reddere de lectione gram- « malices quant sua erga me Subprior cum benevo- « lentid Promsoris vices gereret mihi dédit, eam « nempe regendam habeo, etc., etc. 3 »
Le sous-prieur dont parle Lours, était Doin. Guillaume Haoolphi, moine de Loos et bachelier en théologie, ce religieux était particulièrement connu
1 Idem, idem. tom. Il, pag. 32.
» llïst manuscrite de Clairmarais, tom. II. pag. 32 et 33. » Idem, idem, Bertin de Vissery.
1525—1544 de l'Abbé et de Dom. Paul. Louis lui avait été recommandé etsut bientôt captiver sa confiance et son affection, il dit de lui dans une autre lettre: « D. subprior « istius collegii se luœ commendat Paternitati , « hesternd enim die fecit grande convivium Dccano « Parisiensi, unà cum aliquibus doctoribus, in quo « quidem convivio, ego simul, et socius mens fuimus « convivandi gralid invitait l. »
Le compagnon dont il parle était aussi un religieux de Glairmarais qu'on avait envoyé au même Collège et dont il dit dans une lettre : « Expectatum susdit pimus socium, is meam habitat cameram, at ego « cum Subpriore nostro optimè locatus sum, etc. »
Ailleurs parlant du fléau qui décimait Paris, Hertauld dit encore : « Dom. Jacobus (EveraertJ hic « perfectus est vir etc.... Non te lateat avunculum « meum Parisiis fuisse, filium que suum secum « reduxisse, propter imminentem pestilentiam ;jam « enim e suo collegio multi mortui sunt ; quas fèrè « omnes ad suam remearunt patriam 3. »
En se rapportant à celte époque (1525 , D. Jean Ballin assure qu'alors la peste désola Saint-Omer et ses environs, à diverses reprises, pendant dix ou onze ans. Ce chroniqueur fixe ce moment comme celui de l'expulsion de la corporation des frères Alexiens, soupçonnés d'avoir introduit l'épidémie dans la ville 3.
1 Bertin do Vissery, tom. II, pag. 33, manuscrit inédit.
• Idem, idem.
* llist. m" et inédite de Clairmarais, tom. II, pag. 33. — On sait que les frères de Saint-Alexis ou Cellebrodeurs (en flamand), étaient
D. Louis Hertauld écrivait souvent à son oncle, 1525—1544 qui étant procureur de la maison, avait la charge de lui fournir tout ce qui lui était nécessaire, et il ne cessait de témoigner sa reconnaissance pour toutes les bontés dont il était l'objet, en voici un exemple : « Prœstanlissimè Domine.... Tu enim mihi pater es « (et ut familiarius loquar) parentis caro et nutristi « et fovisti, ac sanctissimis litterarum studiis, fm- « buendum tradidisti.... Si débitas grattas reddere « nonpossum, assiduis tamen orationibus cœlestia « numinapro tuasalute pulsare conabor.... etc. 1 »
Pourtant au milieu de ces beaux sentiments, si noblement, si cordialement, si élégamment exprimés, Louis devenait quelquefois un peu exigeant, il demandait bien souvent de l'argent, des habits ou d'autres objets 2, et son oncle se voyait forcé de lui adresser, parfois, quelquescharitables réprimandes, auxquelles ilsesoumettaittoujoursdebonne grâce. Un jour ayant entrevu dans une lettre de Dom. Paul Coquelberghk qu'il y avait dans son esprit un peu de mauvaise humeur contre lui.il en fut touché, il se hàtade l'adoucir en lui adressant en vers latins, la réponse suivantequi peut donner une nouvelle idée du cœur et de la facilité poétique 3, de celui qui ne devait pas tarder à recevoir le surnom de Bouche d'Or. — « Ut ex tuarum litte-
venus de Gand. ils s'étaient réfugiés à Saint- Orner, dans le local ou étaient dernier lieu les pauvres Clarisses. Il n'y demeurèrent que 42 ans. (Archives municipales).
1 Hist inédite de Clairroarais, tom. II, pag. 34.
* Idem, idem.
» Hist. manuscrite et inédite de Clairmarais, tom. Il, pag. 34.
isiô-1544 « rarum tenorc (mémo quà furid agitante) tel pu- « tiùs, idquod melius (crcdiderim , primo mot vain oris « te stimulante), te in me admodum indignatum in- « telleiisscm ; calamum protinùs arripni, et ut sa- « picntissimum (ac clcmentid mird pollcntem ani- « mum Icnirc vaferem quod sollicitd oratione non « possumj, hoc carmen utcumque potui , edidi. »
« Cum tibi sit Fabii pietas. clemcntio magm
c Cacsaris. et claros. vincis honore \iros :
« liane satis admiror. tua nunc quid pectora bilem.
t Incutiunt. atram qui probitate viget.
c En tua me tenero. virtus nutrivit ab œvo :
< Et docuit tutum religionis iter.
« Tu mihi per sylvas erranti et lustra ferarum
i Porrexisti, mitem (Paule Colende) raanum.
« Non timui undosas (duce te) inhabita e paludes,
c Liroosas stygii sperneie fontis aquas.
« Quid sileo œrumnas paupertatis atque labores
« Muneribus crebris, te expulisse procul.
« Non mihi tam lenui crepitantia pectore verba
« Sufficiunt laudes enumcrare tuas.
« Accipe nunc nostro primas de carminé partes
c Paupere de loculo. non nisi parva damus.
« Nunc igitur natum primo complectcre amore.
« Vive Sibilinos, Nestoreos que dies. »
« Vale amantissime Domne, et quid quid indebitè « est, id tuœ, correctioni submittc lubens. Iterum « atque iterum vale l. »
Louis Hertacld revint de Paris, en 1309, au bout de six ans d'études, avec le grade de bachelier en théologie, il avait fait de grands progrès ; mais disent
' Bertin de Vissery, tom. 1!, pag. 35.
les annalistes, il avait dépensé beaucoup d'argent et 1&20— 1541
conté beaucoup à la maison ; on avait conservé de
lui 30 lettres qui, toutes, renfermaient une nouvelle
demande, toujours élégamment formulée 1 ; on peut
en juger par ce qu'il écrivit à son oncle, après avoir
pris le grade de bachelier, au Collège des Bernardins:
« Non enim te lalere potest , dit- il, quoi et quan-
« tau in susceptione mei gradus exposuerim pecu-
« nias: nam et id tibi certum faciam, in primis
\< quidem responsionibus duos francos 2 exposui, et
« ultrà. In primo autem principio 60 florenos, sub
« Priori quoque, pro suis impensis, laboribus, dimi-
» Idem, idem, tom. II. pag. 36.
* Le franc d'or fin. commença à avoir cours vers la fin du règne du Roi Jean, en 1360. Lorsque ce Prince fut revenu d'Angleterre, cette monnaie pesait 1 gros et 1 grain, elle valait 20 sols ou une livre. Versl700elle en aurait valu 7. — Combien vaudrait-elle aujourd'hui?
On lui donna le nom de franc parce quelle valait 1 franc ou une livre, c'est à diro 20 sols. — Charles V en fit faire de semblables à ceux du Roi Jean — Ceux de Charles VII étaient pareillement d'or fin. mais beaucoup plus légers, étant de 80 au marc. — Henri VI. Roi d'Angleterre, en fit faire aussi pendant qu'il était en France; on ne connaît pas bien leur titre et leur valeur Cette monnaio de francs d'or, fut longtemps fort en vogue à cause de sa bonté, de son prix fixe valant justement une livre, manière de compter usitée depuis Charlemagne. — Les francs se nommaient en latin franci. denarii au ri vocali franci. — (Leblanc, traité historique des monnaies de France, pag. 6 et 7).
Les francs d'argent furent faits à la place des testons; ils étaient a 10 deniersl 0 grains 11 de loi , mais plus pesants que les testons, puisqu'ils pesaient 11 deniers 1 grain. Cette monnaie valait 20 sols ou une livre que nous appelons aussi franc, c'est pourquoi on la nomma 1 franc. — Les demi francs valaient 10 sols et les quarts 5 sols. — Ces monnaies furent continuées sous Henri IV et pendant le règne de Louis XIII. — (Leblanc, traité historique des monnaies de France, pag. 15).
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1525- ! 544 « dium sculi dare oportet. Reliquat in rébus mihi « ntcessariis reponcndas habeo, etc. l. »
Dans la 8e et dernière lettre adressée à l'Abbé Devillers qui lui avait écrit pour le rappeler, Louis Hertauld se mit entièrement à la disposition de son supérieur, tout en laissant néanmoins percer le regret de se voir forcé d'abandonner l'élude des lettres ?.
A son retour, Louis reçut la prêtrise et soutint la réputation qu'on lui avait faite, comme les espérances qu'on avait conçues de lui ; en peu de temps même,
• llisl. manuscrite et inédile de Clairmarais, tom li, pag. 36. Pendant ce règne, le priv du marc d'or et celui des monnaies d'or
<jui fut le même que celui de la fin du règne de Chabirs VIII ne changea point : les crus i/W.v, les rot/aulx, les francs ô et « rhectil qui étaient des monnaies françaises, eurent cours sou.s ce règno avec les monnaies étrangères, mais les unes et les autres furent décriées le 5 décembre 1511, et les seuls cens d'or et demi écus d'or au soleil, à la couronne et au porc-épic eurent cours en France. — Quant a la valeur du marc d'argent, elle changea une fois, lorsqu'on fit les (estons on l'augmenta alors de 30 sols , ainsi il valut 12 livres 10 sols. — (Leblanc, pag. 319)
Le 24 avril 1488, on avait augmenté le prix des espèces d'argent et le marc qui vrlait 10 livres en valut 1 1. Voici le prix des espèces d or, d'argent et de billon qui avaient alors cours dans le royaume : rcus au soleil. 36 sols 3 deniers, — à la couronne, 35 sols, — crus ciels, 40 sols,— francs à pied et francs à cheval, 36 sols,— royaulx, idem. — Le marc d'or fin valait 130 livres 3 sols 4 deniers, — le grand blanc au soleilappelé douzain, valait 13 deniers.— les grands blancs à la couronne appelés onzains valaient 12 deniers, — les gros du roi, 3 sols, — les liards, liardijs, doubles deniers valaient leur prix, — le marc d'argent 11 livres. — Il y avait alors aussi quantité d'autres monnaies étrangères qui avaient cours en France. — (Traité historique des monnaies de Fiance, par Leblanc, pag. 314 et 315).
• llist manuscrite et inédite de Clairmarais. tom IL pag 37.
s'il faut en croire Henriquez, 1 il mérita d'être sur- 1515— 1M4 nommé la Bouche d'Or : l'Abbé se l'attacha aussitôt comme compagnon de voyage, ainsi que le témoigne une de ses lettres ; puis la charge de Prieur étant devenue vacante par la mort inattendue de Dom. Jean Deschamps (de Campis), Dom. Louis y fut appelé, quoique tout jeune prêtre encore, peu de mois après son retour de Paris (1509; 9.
L'année qui suivit sa nomination ,1e nouveau Prieur eut à subir une bien pénible épreuve ; il dut fermer les yeux à Dom. Paul Coquelberghe, son oncle et son bienfaiteur, celui qui toujours lui avait été d'un si grand secours.... D. Paul reçut les derniers devoirs de la main de son neveu, qui lui donna la sépulture dans la partie occidentale du cloître. Une épitaphe fut inscrite sur sa tombe avec la devise de ses armes:
Pan me Deus 8 /
Après l'accomplissement de ce triste devoir, Louis Hertauld s'appliqua avec soin à remplir toutes les obligations de ses délicates fonctions, ce qu'il fit avec succès tout le reste du gouvernement de Dom. Devillers et pendant toute l'administration deGiLLES Dupont, son successeur. Ce fut après avoir exercé
» Fasc. ord. Cist.
• Ilist. manuscrite et inédite de Clairmarais, par Berlin de Vissery, tom. II, pag. 38.
* Idem, idem. pag. 37. — L'épilaphe de D. Paul figurait dans le 3e volume de Bertin de Vissery, lequel, nous l avons dit, n'a pu être encore retrouvé.
I.V25 — 1 r. 4 ^ cette place pendant plus (Je seize années, qu'à la mort de ce dernier Prélat, il fut d une voix unanime désigné pour le remplacer 24 mai lo2o l.
Les moines l>. Martin Dubuisson et l). Philippe Laigle, chroniqueurs de l'Abbaye, ont écrit que Louis Hertauld, fut le premier Abbé de Clairmarais, nommé par l'Empereur Cham.es-Qunt; Berlin de Vissery révoque en doute cette assertion \ à laquelle il ne trouvepasde fondement; il pensequ'on aura confondu avec la nomination de Louis aux fonctions de confesseur de l'Impératrice, titre qui lui fut réellement conféré par l'Empereur. Dom. Hf.rtai i.d est en effet le premier religieux de ce monastère, qui ait été investi dt cet honneur. — On le voit, la réputation de l'Abbé de Clairmarais a\ ait franchi le seuil de son monastère ; [sa sagesse, son esprit étaient appréciés au loin, les princes recherchaient ses conseils — Loris donna une preuve éclatante de son talent et de son dévouement courageux envers son Souverain, en apai saut, quelquesannées après, dans la ville de Cand. mu émeute populaire qui avait pris déjà de larges propor lions.... La BomiKn'On dut à son éloquencederécon
eilier le peuple avec l'Empereur l ')39 Ce fait s<
trouve consigné dans la bibliothèque des écrivains «le l'ordre de Cileaux, par I). Charles de>Yisch, Prieurdes
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1 llist manuscrite et im-dite de Chirmarais. toni. J|, png — I). Charles Martel.
* On voit dans les archives municipales de Saint-Omcr, à la datf du mois de septembre 1523, un dossier de lettres écrites on bon latin, et .toutes concernant l'Abbaye. — rCX('-l.'î. septembre 1525V — Nous v renvovuis nos lecteurs
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Dunes 1 ; il y est dit : « Ludovic hs Hcrtuldux, Abbus « 38 de Claroniurisco, vie litterutissimus, et gratid « cerbi nul H secundus. S. T. Uacculaureus, et Im- « peratricis uroris Curoli Y, u sua is coufessionibus, « oralinuem edidit eleaanlissimum, (/uum eu m pu- « blicè GanduKUtu habu'met , lumultm;', populaces « coiitpescuit , pucem que iutec Gandenm et Juipe- « ratorem conciliai- il ::. ►>
Dom. Louis Hkrtauld avait apprécié les avantages de ses études au Collège des Bernardins de Paris, il voulait y faire partieiper les autres ; après avoir donné l'babit à un de ses neveux, Dom. Daniel Lavende (Lacendus), il s'empressa de l'y envoyer également pour apprendre la dialectique. On avait conservé les lettres écrites à cette occasion, par l'oncle et parle neveu ; une seule se trouve avoir été adressée par Daniel à son Abbé, nous l'inscrivons à la lin de cet article, avec la réponse J ; on y verra se reproduire la question de finance, si souvent agitée dans un autre sens par Louis Hkrtauld, à une autre époque que le lecteur n'aura point oubliée. Les situations n'étaient plus les mêmes....
D'autres lettres de D. Lavknde, à ses amis, étaient encore conservées dans les arebives de la maison, elles ne sont pas sans intérêt ; on nous permettra également d'en dire un mot.
1 Pag 232 — Bertin dcVisscry. loni. Il, png. H9. 1 Tumuilus ixtr, dit I).' lialliïi. 'fuit nnn > 1X1.9. i itertin du Vissery, tom II, pag 39. — San-^njs. lom II -- Vàrbo Clnro.naricus.
1 5^5 — 1544 D. Louis affectionnait particulièrement son neveu, il l'avait confié à son ancien maître Dom. Radulphi, moine de Loos, bachelier en théologie et sous-prieur du Collège des Bernardins de Paris, afin de préparer au mieux son instruction, son éducation morale, et de lui donner tous les soins possibles pour le spirituel, comme pour le temporel.
D. Daniel avait, en outre, un ami tout particulier dans la personne de D. Jean Hxhkocq (Hannocquius), homme sage, religieux, estimé, qui ne le perdait pas de vue, lui écrivait fréquemment, lui donnant des conseils, stimulant ses progrès et lui servant de gracieux intermédiaire auprès de l'Abbé, comme D. Paul Coquelberghe avait été autrefois celui de Louis Hertauld ; D. Jean veillait à ce que Daniel ne manquât de rieu.... Dom. Louis l'employait souvent pour lui faire parvenir ce dont il avait besoin. On lit 1 dans la 6e lettre de Daniel : « Miltit R. P. Domtnux « avunculm tutu, Aureos Leonatos * duos, aile-
1 Manuscrit inédit de Clairmarais, tom. Il, pag. 43.
= Manuscrit de Bertin de Vissery, tom. Il, pag. 43.
Uonalos aureos. — on appelait Lion une monnaie d'or des Comte* do Flandre et des Ducs de Bourgogne, parce quelle portait l'image d'un lion ,• — denier d'or fin au lion, sur lequel le Roi est représenté assis sur un fauteuil avec un lion à ses pieds, — du poids de 3 deniers 20 gr. valant 25 liv. tournois, au 14 novembre 1338, il valut jusqu'à 50 liv., c'est à dire du poids d'un marc. — (Gloss. do Du range, tom. IV, col. 124 et 915).
« Empirance qu'ils avaient faites pour l'œuvre du denier d'or. « appelés lions de Flandre, qui est à 23 karats d'or fin, en aloy 57 ■ déniera de poids sur le marc de Troyes, auquel la traitie du marc -> d'or fin est de 60 d'ieeux flourïns pour marc d'or fin dont Ton ' donnera è tous marchants 58 !i"rcs 16 sois, ledit flçurin coœpto
« rum Regenti vcslru, ut te féliciter instituât , pro \ï>\\ « xenio (l'hospitalité nuit datum esse alterum Dno « Haccalaureo de Lande, pro gratuito ntunere, ut « te ad veram disciplinant, et pios mores diriyere « pergat l. »
— Ami des lettres, qui avaient refleuri sous les auspices du Roi de France, le savant Hertauld voulait en étendre le goût dans son monastère. Le meilleur moyen était de réformer la bibliothèque et d'en créer une nouvelle plus ample, plus commode, mieux fournie ; à cette fin, il se mit en devoir de se procurer des livres, il en demanda de différents côtés et en même temps il donna l'ordre à I). Hannocq, d'écrire à Dam el Layende pour en acheter à Paris un certain nombre, dont il donna lui-même les titres.... 1). Jean s'empressa de s'acquitter de la commission auprès de son ami, heureux de saisir cette occasion nouvelle de l'assurer de son affection ; on lit dans sa 6e lettre *, à la suite d'une série de démonstrations amicales : « Rogabis domnum Buccal au retint de Laudc^ul î « tecum bibliopolas adeat, inquirat que, reneant «< ne usquam lu libri.
« Cantica scilicet canlkorum, eu m duubus com- « mentis.
« Alterum /fdi Pl™ Thomw (isterciencis ordinis « monachi.
« pour 20 sols de la monnaie du marc <*t de tout autre or à l ave- « nant. » — Ducange, tom. IV, pag 124).
1 Hist. mM de Clairmarais tom U. pag 44
: Idcn:, idem.