Alterum Magislri, Joannis ab Abbatis villa
« Altcrius libri hœc est inscript io :
« Allegoriarum moraliumque sententiarum , in « utrumque legis instrumentum (exeepto psallerio).
« Item, Miscellanea, secundum biblinrum ordi- « nem, etc. , a prcelaris et religione et doc tri nd viris « coneinnata.
« Rogabis (/nanti estiment [Lot nu et Plasma ton « ut ai uni) sic , et a fabre cnmpaginatos , tune in- « dicabis nobis prêt in m : cupit enim H. P. I). Abba* « Iris iheologiu'prorenbux nnrum quamstruit biblin- <* theeam Adurnari....
« Licitaberix prn'terea desrripli»ncm Asia* et lùt- *< rupin* sk ab Andriïu SHeio, uhi eslimatiunem « rescripseris, dabit Dnmnus pecuuiam ut emas.... « Yale Daniel. . . . Titus Hannucquius 5, idus Martii, « /.5j?7. »
Un mois après, jour pour jour, Hvnnocq impatient de recevoir les livres demandés, écrit de nouveau 7e lettre), toujours au nom de l'Abbé, et ajoute une nouvelle commande ; on remarque dans cette lettre comme dans beaucoup d'autres de cette époque, un style expressif, nerveux, souvent poétique qui contraste singulièrement avec la latinité des siècles précédents et surtout avec celle des siècles suivants: ainsi dans son empressement, d'avoir ce qu'il attendait et de ne pas en savoir le prix, faisait allusion aux travaux d'Hercule et au tourbillon des affaires de Taris, Dom. Jean Hi.xnolo s écrie eu s'adressanl > DjL.vrcL . - Qoor'ct vc - H:rcu}c»\ niuM-orum te »?o
« goViorum undis insultantibus obrui, cm ne tan- \bîb « Villam quidem otii, super fuerit, ut bibliopolas « adiré licueril a quibus didicisses, quanto ii codi- « ces.... Precio venirent ? Kumerata jam fuisse! « tibipec uni a.... prêter illorum et horum estimait tionem nociscamus audi inscriptiones ?
« La légende des Vénitiens, par Jean Le Maire de « Belges, secrétaire et judiciaire, etc.
« La description de i Asie et Turquie, et le Voyage « d' Outre-Mer, par Jean Le Maire de Belges, etc.
« ValeBecthsimèel D. Antoniumet fratremtuum « a me salut a.... 5 cal. apr. 1521. »
La commission était l'aile, elle ne tarda plus à arriver, Dom. Damki, en fit part aussitôt à son ami, qui lui répondit qu'il sortait des douleurs de la goutte \ et lui envoyait l'argent pour payer le prix de son acquisition avec ce qu'il avait acheté, il s'exprimait ainsi (8° lettre) 8 : « En tibi cellcrarius in- « gentem pecuniac summum mit Vil : Aureos solares « sex. — Angelatum unum, Leonatum unum, — « ingentem monetam /.... Ex his omnibus résultant « floreni triginta.... Jubet Domnus Abbas ut psal- « teria duo ex pretio ipso non compacta huic nuntio « tradas, junioribus religiosis in ipso choro propo- « nenda. . . . Curabimus ea hic adparari. — Vale 8. »
1 II" inédit do Berlin de Vissery, tom. II, pag. 46.
* Idem. idem.
* Aureos .t'Unres, — les ccus d'or fin au soleil, commencèrent le 2 novembre M7ô, lorsqu'on cessa les écus d'or à la couronne sous !o règne de Louu XII i!s valaient 36 sols 3 doniors tournois au poids
1525—1544 Jean Hannolo, écrivit encore à Daniel pour lui dire que l'Abbé désirait sans délai les deux pseau liens demandés, parce que la guerre était imminente — — daté de Saint-Omer, le jour de Saint-Mathieu
Dans une I0l lettre, il accuse réception de ces livres et lui fait remettre cinq Philippcs d'or 1 poulie prix, plus \ 'ô sols tournois (sclidi Turonici quindecimj que D. Daniel devait retenir pour lui, avec G sous Tournois, monnaie publique à Tours, laquelle on le sait, était devenue commune à toute la France, de Saint-Omer, 3 id. d'octobre \'62T;. — I n mois après novembre 1527 , Dom. Daniel recevait encore
de 70 deniers au marc de Paris ou 2 deniers 16 grains 3 1 lurent portés sous François Irr, à 4U sols tournois par un édit du 27 novembre 1516, du 21 juillet 1519 et du 28 septembre 1526, ils s'élevèrent jusqu'à 45 sols (23 karats). ils valaient 2 livres monnaies française en 1529 'Liber Kdit du 5 mars 1532 et du 18 octobre 1539. — (Voyez Leblanc, traité de l lnst. des monnaies de France (pas. 305). et gloss. de Ducange, tom. IV, col, 929, édit en f de 1733).
Angrhttum uni>m, un angelot. --- « Quelques-uns, dit Leblanc, donnent encore à Louis XI, une monnaie d*or qu'ils nomment angelots, à cause que d'un côté il y a un Saint Micbel qui foule un dragon sous ses pieds. — Ces pièces, ajoute-t-il, n'eurent jamais cours pour monnaie, elles furent faites lorsqu'il institua l'ordre de Saint- Michel ; il s'en trouve aussi d'argent, les unes et les autres sont de différents coins, de différents poids. * — (Leblanc, pag. 305 et 306}.
l'hum Leonatum, sous Louis XI, le lion de Flandre de 3 deniers 8 grains, valait 33 sols 4 deniers. — (Leblanc, pag 308).
Florini triginta, — à la même époque le florin de 2 deniers 15 grains, valait 32 sols 1 denier. (Idem, idem). — Le florin d'or de Florence, bon poids, valait 13 sols 10 deniers. (Ducange, tom. IV, pag. 9211 — (Vêtait à peu près 20 fr. de notre monnaie actuelle.
1 « Ecus de Philippe si connus, ils cherront pour 15 sols 4 deniers. « — (Ducange. col. 94, tom 1W
comme un petit souvenir (memoraculum) de la part 1525 I5ii de Dom. de Wintre, Chapelain de l'Abbé, une pièce d or à l'effigie de François T'r, aurcum unum Francisai primi l. Dans la même lettre Dom. Hannocq annonçait la mort de Philippe Dubrœucq, sousprieur, en même temps que la remise d'un missel demandé par le prieur Dom. Nicolas Labacere, et pour lequel deux nouveaux Philippes sont envoyés.
Dom. Labacere était l'ami de D. Hertauld ; on trouve une lettre que ce Prélat lui écrivit de Saint- Orner, pour le prier de satisfaire pour lui à une messe de Requiem, parce qu'il était obligé de s'absenter avec l'Abbé Devillers; la fin de cette lettre se terminait par ces deux vers :
« Vive memor nostri, supplex, dum votj preces que % Fundis, corda, deo flda placere soient. »
Dom. Labacere avait été élu prieur à la place de Louis Hertauld, au moment où ce dernier fut élevé à la dignité Abbatiale 2.
Dans la 13e de ses lettres, datées de son fauteuil (ex lecticâ med), Dom. Hannocq en envoyant de nouveau, au nom de Dom. Hertauld, quatre livres de gros 3, entretient à la hâte Daniel, de l'accusation
' Francs d'or fin du poids de 3 deniers 1 grain du prix de 30 sols. 63 poids de marc. — Le denier d'or pur, appelé François d'or, valait 16 sols parisis. — (Ducange, tom. IV, col. 921). — Hist. m'* de de Clairroarais, tom. Il, pag. 47.
* Hist. m" et inédite de Clairmarais, tom. II. pag. 47.
5 « MUtU ad vos R. P. Abbasiibras grossarum quatuor etc., ur jet me nauta ncc palUur per Ckristum ut vostibus me induam, etc.
1.^5 — 1544 d'hérésie portée contre Erasmk et de son triomphe.
il s'exprime ainsi : « Quant o honoris, theoloyici, « monasticiuue nominis dispendio Krasmum Uotbe- « roda muni bereseos apnd Vesarcm accitsm unf .... '< Erasmi trinmpbum, narrabit libi (icrardus 1
*< meus Berlinicus, citi bas mcas t rades »
On voit combien le nom d'ËRASME occupait alors les esprits ; l'intérêt qu'y attachaient les moines de Clairmarais était d'autant plus grand, qu'indépendamment de la question théologique, il y avait celle des relations particulières ; on sait qu'à celte époque le savant auteur des Colloques et de l'éloge de la Folie, demeura quelque temps à Saint- Herlin dans
lErlecliru mea hora J* decembris /ô?7 .«—En 1529. l'éui d'or au soleil valait 2 livres monnaie française. — (Liber, pag. 143).
Lotis XI, pour ses monnaies d'argent, avait fait faire dans tous ses États des gros et des demi gros; ils étaient ù 11 deniers 12 grains do loi A H., les gros pesaient près d une drachme et valaient 2 sols 6 deniers, et les demi gros 1 sol 3 deniers. — Le marc d'argent valait alors 8 livres 15 sols, et le Roi ne prenait sur chaque marc d'argent en œuvre que 5. sols, et sur le marc d'or qui valait 10) livres au commencement de son règne. 25 sols 5 deniers. — On voit que le désordre qui régnait depuis quelques temps dans les monnaies, cessa peu de temps après qu'on eut chassé les Anglais hors du royaume — (Leblanc, pag. 306).
1 Ce Gérard est probablement Gérard, de Tuynghem. qui fut Prieur du Waost, puis Abbé de Saint- Phar.— (Les Abbés de Saint- Bertin. tom. II. pag. 51 et 70).
■ La lettre d'IUxxocQ se termine ainsi : « Promissutn jnm diu Carmen nostrum arcippe.... Communicabis li° Daccalaureo lau-
densi Salulat te Jodwus Belangier, summur Prior Claroma-
risci, rogal que plu ri muni ul ipsi legendnm Yenelensem qualem. H. J). avunculo tuo misisli nu\,er ipsi <'li,'im initias.... Generuli c/ipilulo Luleciac celebrando an H. P. l)n™ nosler Abbas inlercriU Sec ipsi quidem liquel... Yellem ul adircL spero iti tiens fore comilet». 1 10 C2l febr 1528.. * - fl!:s* uV' Ghr . '.cm H peg- 48).
l'intimité des religieux et de l'Ahbé Antoine, de 1525-1544 Bcrgues, qui lui accordait une noble et généreuse hospitalité l. C'est même là, dit-on, qu'il composa quelques-uns de ses doctes travaux.
Mais assez sur cette correspondance de Dom. Jean
Hannocq Peut-être le lecteur nous pardonnera-
t-il d'avoir consigné ici tant de détails contemporains de Dom. Hkrtaui.d, en se souvenant qu'ils ont été arrachés aux feuilles épargnées d'un vieux manuscrit vermoulu, presque illisible, pour faire revivre le nom et quelques œuvres depuis longtemps oubliées, de ce vénérable et docte cénobite, qui semble s'être caractérisé dans son style, toujours expressif, toujours élégant et distinefif d'une bonne latinité qui ne se dément jamais *.
Pendant que Dom. Daniel Lavende faisait ses recherches à Paris pour se procurer les livres qu'on lui avait demandé pour la nouvelle bibliothèque, l'Abbé Hkrtauld s'occupait de son côté a obtenir d'antres ouvrages curieux el utiles \ parmi lesquels on remarquai! :
I" Le* Œuvre* de SatHt-Jrrnme.
1 Les Abbés de Saint-Berlin. Biographie (I Antoinf, de Beignet, lom. Il, pag. 60 et 69.
9 Tom. Il, pag. 4f>.
Le nom de L Hlfitu u> ne peut- il dignement figurer et combler une lacune dans l'histoire littéraire qui se poursuit par les soins il** l'Académie des inscriptions et belles lettres?
Le regrettable M. V. Lcclercq, de l'Institut, a la prière duquel nous avions fait quelques recherches, devait recevoir de nous quelques notes à cet égard, sa mort ne l'a pas permis.
1 lli«t m" et inéditn de Bertin de Vi^ery. tom. Il, pag 49.
15-25—1544 & jgaint- Augustin sur les lettres de Paul K — Ces livres portent la signature F. L. Hertaldus, avec ces mots : Yince in bono malum 2.
(&\liugo Cardinalis inutrumque testamentum, 6 vol. in P\ cet ouvrage provenait de la bibliothèque de François, Évêque des Morins 3.
(£&)Cornwopiœ seu latinœ linguœ commentaria, etc., I vol. in-f\ F. Hertaldus, ann. 1526. — Auxilinm meum a domino.
l'f Chronicœ ab initio mundi. — F. Hertaldus Abbas. Un seul grand et gros volume et beaucoup d'autres....
Pendant que Louis Hertauld veillait avec zèle à la formation de sa bibliothèque, il eut à subir des contestations, dont la cause nous est restée inconnue ; mais qui parurent assez graves pourtant pour nécessiter l'intervention de Guillaume Fauconnier, 47e Abbé de Citeaux.... Nous avons sous les yeux une pièce officielle en date du 1er mai 1526, par laquelle ce prélat en sa qualité de supérieur général de Tordre tout entier, interdit à l'Abbé de Clairmarais, de soule-
• .S»' Hieronimu opéra, S1' Auatislinus in rpistohis Pauli. — Un vol. in-r.
! M" de Clairmarais, tom. 11, pag. 50.
a Au commencement de chaque volume de cet ouvrage, il y avait des armes en mignature avec des besants d'or sur champ d'azur. Sur le premier volume on lisait : « Xobilia hxc insignia, lector candide, sunl inclyl.T familix de quâ rrat H. in christo paler et Dr" Francivus Episcopus Morinensis, à cujus funere quos habes vides que libros, eo stemmate notutos empte sunt in usum bibliothecx B. M. de Claromarisco. Hos autem suo tempore paravit R. in christo pater D"" Abbas ejusdem loci D. Ludovicus Hertaldus. »
Le Pontife dont il e*t ici question, était probablement Fiunçoi»
ver aucune discussion, de traiter ou de transiger sur I5î5- 1544 elle, sans l'autorisation expresse du chapitre général de la communauté l. Nous donnons cet acte plus bas, comme pièce justificative.
Au mois d'août de la même année lo2(i , Edmond, deSaulieu, 42e Abbé de Clairvaux, commissaire du chapitre général de cet ordre, faisait la visite régulière de Clairmarais ; après y avoir solemnisé la fête de Saint-Bernard, ce Prélat partit pour aller visiter l'Abbaye de Blandecques, où il délivra ses lettres d'inspection, le 21 du même mois, en y apposant sa signature et son cachet constatant sa qualité de commissaire général. Par ces lettres il ordonnait aux Abbés de Saint-Bernard, sur I Escaut, et de Baudeloo, de se joindre à l'Abbé de Clairmarais. pour défendre ensemble la cause de ce monastère, au sujet des difficultés qu'on lui suscitait — Enjoignant d'en agir ainsi : .\omhie totius ordinis, plenarid tmrtoritnle ordinis u tentes et fttngentes ?.
Ces lettres de l'Abbé de Clairvaux, ainsi que celle de l'Abbé de Citeaux rappelées plus haut, semblent avoir été délivrées pour la même cause.... Il en est de même, parait-il, d'un autre litre retrouvé incomplet, déchiré et eflacé. sur la couverture d'un vieux manuscrit ... Et que nous consignons également dans les preuves.
i»e Mki ln de la maison des Princes d'Épinoy, ancien Prévôt de Saint - Orner, pui* 4.")' Évequc d Arras [1509 ,et 56' Évéque de Thérouarine 1512;. il f-jt remplacé en 1518. par Jean, Cardinal de Lorraine 1 Prêtai, pag. 459 et 460.
' lltsf nr Clar.. tom II, pap 50 et .V?.
i.V2.r»-i544 C'était le moment ou la paix des Dames venait detre conclue à Cambrai 5 août 15.29:, entre Marguerite, d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, et la Régente, au nom de l'Empereur Charles-Quint, et du Roi de France. On y convint, entrcautrcs choses, que François I", renoncerait à l'hommage de la Flandre et de l'Artois, ainsi qu'à ses droits sur Xaples et le Milanais, et que Charles-Quint, de son côté, se désisterait de ses prétentions sur la Bourgogne, au moyen d'une somme de deux millions d'écus d'or, qui lui serait payée pour la rançon des deux fils de France qu'il retenait en otage.... Cinq ans après, au mois de juin 1530, le Roi allait au-devant de ses deux fils que les Espagnols amenaient au même lieu où ils leur avaient été remis en 1526, et Élêonore, sœur de l'Empereur, veuve (I'Emmanuel, Roi de Portugal, épousait François Irr, à qui elle était fiancée par le traité de Madrid. — A son retour, ce Prince établissait l'Imprimerie royale et fondait, à Paris, deux chaires pour les langues savantes, ce qui a donné naissance à la dénomination de Colléyr royal '.
Mais peu avant cette paix éphémère, la province avait été de nouveau troublée, la garnison française de Picardie avait rompu la trêve consentie avec l'Empereur; une fois encore l'Artois dut être livré au pillage.... Déplus, c'était le moment où régnait une épidémie violente, la suetlc ou sueur anglaise,
' L'art de vérifier le* dates, édit. in-f» de 1770, col. 572.
ravageait le pays, enlevant sans pitié en 24 heures i.V2:>— i.vu les malades qui en étaient atteints \
Ces graves événements du dehors frappaient toujours, plus ou moins directement, le monastère de Clairmarais, sans empêcher pourtant l'Abbé de vaquer aux fonctions de sa charge.... A cette époque il donne l'habit à 1). François du Taillis, son neveu, dont nous parlerons un peu plus tard, ainsi qu'à quatre autres novices, dont les noms incomplets furent longtemps tracés sur la muraille du grand réfectoire avec le jour et l'année de leur profession : ainsi on y voyait, anno domini, sahatoris que mundy /ô'50, //// idus juin cucullam indvcruut ï sodalex
nempe : le premier nom effacé \icolawt
Jonuncs ac Vaterandus Thorillon
Vers le même temps, Loris Hkrtauld faisait peindre la cinquième fenêtre de son église, représentant la sépulture de Noire-Seigneur avec l'image de la Vierge ; à leurs côtés on voyait la figure des parent* de ce Prélat, notamment celle de Daniel Lavende, son neveu, ainsi que le portrait de l'Abbé lui-même et celui de son oncle D. Paul Cooieliiergue 3.
L'année 1 o3(), fut également témoin d'une immense inondation dans la province, où elle causa d'affreux ravages et fit bien des victimes parmi les hommes et
1 llist. inédite de Clairmarais, tom. Il, pag. 53.
* l)om. Jean Ballin, m" inédit, aujourd'hui perdu.
' Le portrait de Dom. Paul avait été probablement reproduit' d'après une ancienne ropie, puisqu'il iu> vivait plus depuis ]."> ans, lorsque M. Il KltTiri.it devint Abbé.
i.vr, \:,\\ les animaux : alors paru! cette mémorable cl redoutable comète qui garde encore aujourd'hui le nom de Charles-Quint 1
A cette époque, la mer s'étant retirée de près d'un quart de lieue de (jravelines; l'Abbé obtint de l'Empereur, la permission de faire paître les troupeaux de la ferme d'Henné, dans les dunes délaissées par les eaux ; un autre mandement de Charles-Quint, ordonnait aux gardes de détruire les lapins dans ces dunes et d'y empêcher leur reproduction à l'avenir. — L'an de ces actes est daté de Bruxelles [3 octobre Mm .
L'année suivante, Louis Hkrtauld achetait au prix de 10 livres la demie mesure, 12 verges de terre, attenantes au moulin de Correl. Cette acquisition est consignée dans les lettres de Jean Lecompte, lieutenant de Walleran, sieur de Fléchin, écuyer, et dans celles du Bailli 1o33'.
En même temps, on voit P. Guillaume le Fauconnier, /j.7° Abbé de Citeaux, faire enlever de la terre qui les gardait en dépôt, les reliques de Saint-Étienne et de Saint-Albéric, qui avaient été enfouies pendant les temps de troubles, pour les soustraire à des profanations. Ces précieux restes furent alors plus décemment placés dans )c grand cloître du monastère avec une inscription mémorative a.
Un peu plus tard, après la prise du château d'Hes-
' llist. inédite île Clnirmarnis. lom. II. pas. 54. * Idem, idem, tom. Il, |>»«. 33.
- loi —
«lin lo37 , Louis Iïertauld donnait la sépulture, ir.r.-K.u à côté du chapitre, à 1). Dupont Chastel et à un religieux étranger à la maison, D. Adrien Lhomkl, de Douai, docteur en théologie, mort à Clairmarais, le 31 octohre 1538, entre les bras de l'Abbé dont il était l'ami particulier. Une pierre sépulcrale de six pieds de long, avec la figure d'un moine recouvrait cette tombe et portait l'épitaphe suivante :
HT PI' TITRA HON'ORABIUS VIRI DOMINI MAG1STRI A DRIANI I.HOMI I , DOl'ACI (Sic), FAMILIARIS Ml. 1. OB1IT PRO FF.STO OMNIUM SANCTORIM AN NO 1538.
— On rapporte qu'en ce temps-là, un religieux, dont on ne dit pas le nom, succomba à la tentation de quitter secrètement le monastère, mais que bientôt reconnaissant sa faute, il revint spontanément se soumettre à la pénitence qu'on voudrait lui imposer; cette pénitence accomplie, il demeurait depuis quelque temps paisible dans sa cellule, lorsque, cédant à de nouvelles tentations il prit de nouveau la fuite et une seconde fois il s'échappa du couvent ; bientôt atteint par la misère, le fugitif alla se jeter aux genoux de son oncle, Prieur de Saint-Waast d'Arras, pour en obtenir un secours qui lui fut accordé ; mais en même temps ce digne religieux lui fit comprendre la gravité de sa faute en essayant de le faire rentrer encore dans sa communauté, à cet effet, le Prieur
' Le signe Ul semble désigner une L < t nn II. et signifier Ll'ixivn o IlKRTxrin. — Mnnn Rallin .
1525—1544 de Saint-Waast, flom. Martin Quincanet, c'était son nom, adressa à Louis Hertauld une lettre touchante que nous reproduisons aux pièces justificatives
On ne dit pas si celte fois encore, ce religieux infidèle put obtenirsa rentrée....
* — On a remarqué jusqu'ici, et on peut voir sur les planches, que les armoiries de l'Abbaye, ainsi que celles des Abbés qui se sont succédé, étaient surmontées d'une crosse au haut de laquelle flottait appenduun drapeau blanc, auquel on donnait le nom de Lacrymaloire; ce signe au bâton pastoral n'était point un vain ornement, il avait été adopté, dit-on, comme l'emblème d'un linge ou mouchoir servant à essuyer 1rs larmes que le poids d'une charge aussi lourde que la dignité Abbatiale, arrachait souvent au plus digne9. — Sans égard pour les motifs de celte respectable origine, Louis Hertaui.d commença le premier à renoncer à cet emblème, ainsi qu'on peut le voir sur son écu ; ce fut un tort s'écrie 1). Berlin de Visscrv.
« La chute de ce religieux devait èlre une leçon « pour lui faire regret ter son imprudence et lui l'aire « reprendre le lacrymaloire, pour en faire usage eu « occasion ; d'ailleurs, ajoute-t-il, la fragilité bu-
« inaine qui ne peut subsister sans causer de
*« l'inquiétude et de l'affliction à un bon supérieur, « était un motif plus que suffisant pour garder le
' Preuves, png. 461 et 462.
* M" <le Rpi-!intle Vi<ser\, Inm II, p;«g. .">7
«< laervmaloire !. » — Malgré cela on ne le revoit i.Y»:» -\:*\\ plus depuis....
Cette même année 1540, D. Jean Loïsieh, succédait le 30 mai, à Guillaume le Fauconnier, 47* Abbé de Citeaux, qui venait de mourir *. — En même temps, Louis Hertauld donnait la sépulture à Monseigneur Guillaume, de Gonncville, de l'ordre des Carmes et Evèqucde Damas, suflragant de Thérouanne, mort à Clairmarais et inhumé dans les carolles, derrière le chœur, vis-à-vis la chapelle de la Sainte- Vierge \'6ï{) 3. — A la même époque, cet Abbé faisait faire aussi le mesurage du Petit Quilleval; mais son temps avançait, il avait reconstruit à neuf le moulin de Caurel, qui était à censé à Jean Hrandefêrt 15301.
L'année précédente, il avait aflermé le chef lieu de Meaumont où était la grange nommée la cour de Beaumont, contenant H mesures pour la somme de 1o sols pari m de rendage annuel, à charge par le fermier de faire moudre son blé au moulin du Breucq, qui fournissait à la communauté un seizième en grain et une année de revenu pour relief l.
— Alors que la guerre venait de se rallumer entre la France et les Impériaux, au sujet de la mort de deux ambassadeurs tués en route I <H1 ), alors encore
* llist. inédite de Clairmarais, loin. Il, p.ig. bii. 5 Call. Christ., tom. IV.
* Oom. J. liallin. — Jongelin.
* llisl. m" et inédite de Clairmarais, tom. II. [>;tg 01 et (r.\ — Le marc d'argent lin valait alors de 11 à 15 livres ( I ô 10;. — Dttpr de Saint Maur, pag. 216. — Métrologie?. — (Leblanc).
- loi -
l.v>:» -ivîi que le village et le comté d'Arqués venaient d élie réduits en cendres par les Français, la nuit de la Saint-Martin 1543; \ Dom. Hertauld trouvait le moyen d'obtenir de Charles-Quint un dédommagement de 800 livres tournois dues aux Bénédictins de Saint-Thierry de Kheims, par le sieur Delières et sa mère, cl cela pour le préjudice causé, soit par le pillage de la garnison de Thérouanne, suit par la confiscation des biens de l'Abbaye dans le Boulonnais sur les terresdu comté de Saint-Pol , pendant la guerre ; biens évalués chacun à 1,000 florins d'Artois. Ces lettres sont datées du 9 janvier 1543.
Un an après i lo44 , alors qu'llENRi VIII, Hoi d'Angleterre, s'emparait de Boulogne avec une formidable armée, et que le Pape Paul III, délivrait à l'Abbé de Clairmarais une commission qui ne devait arriver qu'après sa mort-, Louis Hertauld sentait ses forces défaillir; il descendit dans la tombe au bout de 19 années de gouvernement, le 3 des calendes de juin 1544, et reçut la sépulture à l'entrée gauche du chapitre. Au milieu des graves préoccupations du moment, on avait laissé une place pour mettre sa pierre tumulaire, mais elle n'a jamais été posée. 1). Daniel Lavende, son neveu, lui consacra en vers latins une épilaphc que l'on voyait près de la porte du
' D. Jim n Biillin.
* Cette commission chut relative à la commande de l'Abîme 1 1 ** Licques. ordre de l'rcmonliê. elle était datée du 4 des nones de juillet 1514. Elle arriva un mois après la mort de l.oris IUrtau.ii — (Ilist. m" de Clairmarais, tom. Il, pag. 63). — Preuves, pa*. 163.
chapitre, mais 'qui avait depuis longtemps disparu ; i v::> i'»u mais I). Louis du Taillis qui avait vécu 1(3 ans avec
Ïlui, lui dédia les lignes suivantes qu'il écrivit à la fin d'un manuscrit portant en titre: « Epistolœ Stl Iliero- « nimy, bomini Luduvici Iferlaldi (Haromarensis « Presulis meritissimi numéro 58' obitus et fans.
« Relicta postcris honestissimi nominis immor- « talis memoria tertio kalendas junii an, incarnat « -1544. ,
« Yenerandus dominas D. Lad. Hertaldus Clari- « marisci Abbas dignissimns, ab hujus ritœ malis « in beat or um consortium de mi gravit ; hic siquidem « (candidè lectorj omnigena virtute, scicutid que, « vitœ integritate, ac incredibili humanitatc prœ- « dilus fuit. Algue ut compendio dieam, nulli opli- « moruin Antistum pielate, aut alio virtutis gc- « nere secundus, optima lioncstissima que studia « coiuit ; doctas ac studiosas ipse doctissimas ama- « vit y fovit .provexit. Dignissimus sanè cujus memo- « ria ad posteros duret, sit que merito œvis omni- « bus mansura. — Prefuit autem annis 19.... Unie « erat simbolum : Sali deo Jwnor l. »
Les armoiries de I). Louis Hertauld étaient une bande carrelée tiercéc, en face sur fond de gueules, surmontée d'une simple crosse, privée du lacrvmatoire. Avec cette devise :
Soft deo honor.
' Ilist m" <-t mcdito do Clairmaïaiï., loin. Il, pas. 60rt 61.
l.v::» i.Vn Martin Oubuisson lui a consacré ces vers :
Parmi les religieux contemporains on voyait : I). Jacques \aes, mort en ioU>.— 1>. Jean Bkav dekkkt, sacristain, men t en loiG. — D. (iuv Perui.n, mort en loW), âgé de ol) ans environ.
\ On a conservé jusqu'aux derniers temps de l'Abbaye, le bréviaire de l'Abbé Uektalld, exemplaire u in-i0, qui était fort propre dit Berlin de Vissery;
depuis lors, ce livre a été égaré et perdu avec bien d'autres !....
■< (Juo functo 1 cum puce régit Ludovicus Ovile : " Primus is a summo Cœsare frena capit !,
Doctrinâ ut claret, quanta virtute coruscat? « (.Mieni quoque pastoretn Crcsaris uior liabet J. »
* Un a fait remarquer que c'était une inexactitude. 1 Manuscrit de Uertin de Vissery, tum. Il, pas. 5?fi.
REVERENDO PATRI, DOMINO LUDOVICO HERTALDO : |.v»r, ABBATI. FRATER DANIEL LAVENDUS
* Non e>tquod multis verborum ambagilius. \\e,lr aumeule. luas demuleeam aures, nam du m sequor ambages, et vcrba, et nmipora perdo. His itaque omissis. Quo in statu res fuerinf iioslrur, paucis perstringere dcerelum est. Cum enim in locum res nostriesunldeduetaî, ul pejores esse non possint. Imprimis pi opter omnium rerum caritatem miseruni in modum nos nrgentem bursa (quai vulgô ccmmunitalis dicitur) * duobns abliinc mensibus, supra modum tenu'u est — Née mi ru m quandoquidem omnia mine ad suuunain earitatis lincam provenere. Deindè quod longe tristissimum est, quod latranti s'omacho nbjicerc queam, nibil omninô babeo. »
« Porro cum mibi ab unica fortuna pcndeat anebora, ad te proinde, ut ad exlremam (quod dici solet aneboram) confugere eogor. Me itaque tua! gratis, benignitatique, plurimum commendo, tamquam Cbristum oro, obtestorque, ut miserise nostra; suppetias, ferre digneris. Te quando quidem solum babeo, tu es patronus, tu denique Pater. Filium tuum in pristinum loeum restituera ne graveris ? Quod nisi veluli Numen i psi prolinùs adfueris, toius ut fortiter pereat necessum est. Proinde miserere mei, quoniam neccssitatis telum vulnerat me ? Intérim cures ul valcas ?. . . Ex collegio noslro ipso Diva? Mariœ Conceptionis festo. An. dom. 1326. Iterum valè. »
1 Hist. m" Clar , tom. Il, pag. 40 et 41.
» On voit en marge ces mots: llnbehal enim sochim sentm.
■ Héi>nnsc tir M. Herlautrf, à son nrrru.
• Salve dileele lili ? Aecepi lil'.oras tuas quibus 1110 do >la!u luo ivddidisti eerlioreni. Venim videris miliî esse de eorum numéro de quibus dictum est: «■ Cou filebuutur tibi cum bcucfeceris eis ? » Nam nihil uwjuam scribis, qui» semper pelas sempcrque a ut bujus, aul illius modi egere le dieas ? Ôuod smr lam jmcni, el ei preserlim (jui pauperlate gaudere debeal non admodum décorum c>t ? Si enim pergas sic, semper conqueri non arhilror cresci opes ? Tuis necessitatibus qua- tu te militas et magnas pali dieis satisfacere posse, nequo enim lia»c scribimusquod ncseiamusseolaslieos multis egere non enim nobis teremuspeclu^ ,aut tain dura precordia, sed quod nono porteat eos qui se voluntariè pauperlati suam que Christijugosubdiderunt voluntalem, omniinoda voluptalis abundantià aflluere. »
« Si qucT pecunia? libi, fralrique mittuutur, non eas mitli scito, ut voluptati ^alisfacias, sed ut necessitati urgenli subveniatur. De ectero entière pro viribus, ne in vacuum dei gratiam suscepisse videaris, ne tempus tibi ad studendum prestitum sine fruclu prelereat, deum super omnia timeas, cogitaque î 1 1 11 1 1 1 in ejus loco speculari bonos et malos. Bonos quidem ut sorvet, adjuvet, et augeat, malos verô, ut eorum memoiiam de lerra perdat. — Vale in Cbristo. — Dominus Carolus Dupont Cbastcl aureum solarcm vobis mitlit, dividile inler vos fraternaliter et reddiîe ei gralias. Quos pelis libros, initlenlur pei primum tabellioncm. Kx domo lapidea nostra An. > —
Lttihn icus humilia Abbus Clarom.
1 On le voit le refuge de Clainnarais s'appelait alors la nt/iisnn rie inertes, tex domo noslrn tapiiten).... Probablement il y on avait peu (pu fussent ainsi construites, les autres étaient peut-être en briqurs ou plutôt on torchis ou en pisé.
Vo» -
L'un lôW>. M. Herluuld ai mit eù quelque procès dont lu : I.V'ti muse nous est ineonnû (sic), dit Dom. Merlin do Vi*j>er\ , /c chapitre général de celte année fit cette définition 1 :
« .Nus F.Guillelmus iFaulconicr, 47e Abbé;, Abbas Cislcrcii, in Cabilonensi diœcesi, cœlerique diflinitores Capituli gencralis ordiois Cisterciensis : nolum facimus universis etc., in eodem capitulo, die prima meusis maii an. Dom. quingent. 26to. Apud Cislorcium celebrato, facla fuit qua-dam difliuilio, ciijus ténor sequitur et est talis. »
« Abbali de Claromarisco nuper ad udministrationem seu regimen dicli monasterii promoto, presous Capitulum Générale districtiùs precipit, ne super lite exortà, aut super regimine et administratione prefati monasterii niota seu movendà, eum nulla persona, quacnonsitdc ordinenee Iraiisigcrc, concordare seu pacificare présumât, absque expressà capituli gencralis licentià super hoc petita et obteula. »
« liane autem diflinitionem, idem capitulum générale vull extendi ad omnes ordinis personas etc. Datum in dillinitorio nostro Cislerciensi cum appenso Sigillo difïinilorii ejusdem capituli generalis. Anno, mense, et die supradictis. »
' Hist. m" Clar., tom. H, png. 50, lin. î?3.