‹ L'abbaye de Clairmarais d'après ses archivesChapitre 9 sur 43 · I.rl: m · texte numérisé non relu

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SOMMAIRE

lltNKi, d Vpres, succède à Sf.gai.on, en 1223. — Il imint en 13*21. — Son inhumation dans le chapitre. — Cet Abbé rétablit la ferveur ébranlée.

A la mort inattendue du Bienheureux S étalon, d'heureuse et sainte mémoire, la communauté assemblée reporta unanimement ses regards et ses suffrages sur Henri, d'Ypres, dont le bon souvenir n'était point encore cflacé.... 11 fut spontanément réélu (1223 , mais son grand âge lui permit à peine de conserver pendant un an \ la nouvelle administration qui lui était conférée. Il mourut le 28 octobre 1324 et reçut la sépulture dans la salle eapitulaire, devant la stalle du prieur *.

• M ordmani: de l'Abbau*. — llist. *J Un . , 1 iug. 3L»J.

* lllï>t 'lll.. 1 l Ig. j>J.

13-23—132* Sous son gouvernement et celui de son prédécesseur, la ferveur un instant attiédie reparut à Clairinarais. — Henri lut enterré sous une grande pierre noire gravée, portant l'image d'un moine en cuculle

(cucullali), tenant la crosse a la main Sous ses

pieds se trouvait une autre crosse comme pour indiquer sans doute qu'il fut deux fois Abbé : à l'entour de cette pierre tombale, on lisait l'épitaphc suivante :

Il I C JACET D. HENRICLS DE YPRA , AU BAS HUJl'S BCCLESI.iv, OUI ORIIT , AN NO MCCCXXIIII, DIE B. LEODKGAHU *.

On ne voit figurer à cette époque qu'un seul religieux, D. Pierre, de Saingliin (sic ?, dont il est fait mention dès 1297.

L'écu armoriai attribué à ce Prélat était moitié de sable, en bas, et moitié d'argent, portant la double croix de gueules, avec la devise.:

Victrix oral cirlus \

Le second gouvernement d'IlENRi, a donné lieu aux vers suivants :

« lYena vol învitus memoranda IIknrice résumes

i Blacte tum solita, dirige lege gregem

« Hune annum peragis, miro virtutis odore

<■ Scd nimium immitis stamina parca secat *. »

1 Jougelin. — Berlin de Visscry.

* Ne serait ce pas Assinghem ?... Un connaît plusieurs localités de ce nom dans le Pas-de-Calais.

3 Hist. Clar . 1 pag. 394.

1 llist. m ' Clar . à Uertin de Vissery, pjg 3^3.

LES ABBÉS DE CLURMÀRÀIS

JEAN BIEVER ou DE BIÈYRE, 23° Abbé, ^n^irn

SOMMAIRE

Jean, de Bièvre. succède à Henri. — Origine de son nom. — Son lieu de naissance. — Il devient docteur et professeur de théologie.

— Sa science, ses vertus, ses qualités, la sua\ité de ses mœurs.

— Il accepte en tremblant la prélnturc et se démet au bout de 7 mois. — Il reprend ses études et ses ler.ons de science sacrées, chez les Bernardins de Paris, aux applaudissements de tous. — Ces leçons sont fructueuses. — Il se préparc a la mort. — Ses libéralités envers ses frères. — Il figure parmi les bienfaiteurs.

— On ordonne des prières pour lui. — On les récite régulièrement pendant 200 ans. — Sa mort en 1327 . — Sa sépulture. — Moines contemporains. — Son éloge en vers. — Ses armoiries.

Doih. Jean Biéver, Biévère ou plutôt de Bièvre, succéda à Henri, le 3 octobre 1224, après une bien courte vacance ; né dans les environs de Paris, ce Prélat tirait probablement son nom du lieu de sa

i 3-2 i— naissance il était docteur en théologie, lecteur exercé et très habile professeur ; sa science profonde et peu commune ainsi que ses précieuses qualités étaient généralement remarquées: pourtant ce ne fut qu'en tremhlant qu'il se décida à assumer sur lui, l'honorable fardeau qui lui était imposé • et qu'il ne devait pas garder longtemps ; imitant le noble exemple de ses vertueux prédécesseurs, il se démit volontairement avant l'expiration d'une année d'exercice sept mois environ;.

Jean, était le plus doux des hommes, mitimmus huminum, le véritable pacificateur de ses frères (cents (/uietatorj. Après avoir abandonné le fauteuil Abbatial, il reprit ses anciennes études chez les Bernardins de Paris, où il ne cessa de professer les sciences sacrées aux applaudissements des religieux de son ordre, unis à ceux de tous les membres de l'Université de Paris, excitant a un haut degré l'admiration publique... I n peu plus tard, il demanda la permission de se reposer pendant ses derniers jours, pour mieux se préparer à la mort, dans la divine contemplation. Avant de mourir, dit l'annaliste Jongelin, et après avoir obtenu son pardon de Lambert Wolt, son Abbé, et l'un de ses successeurs, il lui remit une somme considérable d'argent provenant des dons

1 Bièvre, village île 1,000 habitants, peu éloignée do Versailles, situé sur la rivière de Bièvre, ù 21 kiloin. sudom>st de t'arK — llisL C.lar., pag. 391. — Berlin de Visseï y.

• hu ilus et tn mcbundus sm cinmn AhbolinU >» , rlwm si )n<t,,mi mk'nli'i aliis r/"f ni'turœ thtil»"< i>o!U nL (llist. ni • Clar., 1 lui. 7 et 8. p'y. 3U1;. - D. Guiilaiii-Uuipiun.

volontaires qu'il avait reçu pour ses leçons de théolo- — iner. f^io, et il appliqua cette somme à la distribution d'un lot de vin à chaque prêtre qui célébrerait la grandmesse K En mémoire de ses libéralités 2, son nom figure dans le catalogue des bienfaiteurs à l'anniversaire du mois de septembre, et autrefois, pendant longtemps, le prêtre semainier avant de chanter la messe ou avant de commencer la messe du matin, devait réciter l'oraison inclina pour le repos de son âme, décision qui avait été confirmé par 1). Mathieu, 29p Abbé deClairvaux, le 29 avril 1327. — Ce ne fut que 200 ans après la mort de Jean, en 1628, sous (iiLLEs Dumont , 4oe Abbé, que Dom. Dents l'Argentier, Abbé de f.lairvaux, exonéra l'Abba\e de cette obligation, par lettres patentes données à Dijon.

Jean, de Nièvre, mourut à Paris au mois de septembre 1327, il fut inhumé, à ce qu'on croit, dans le collège des Bernardins de cette ville \

Parmi ses contemporains, on cite : — Jean Boulleouin.— Anselme, de Elestres.— Henri, de Mère

1 llist. m" Clar., a Hertino do Vissery, toni. I, pag. 306.

2 Voir les lettres de Lahrkiit Wout, ordonnant des prières pour le repos de Jean Rikver, (il reconnaissance de *es diverses donations.- llist. m" Clar., 1 png. 396 et 103. lin. 1 à 34). — Ces lettres sont intitulées : Littenr I). Lnmhrrfi Wout Abtxtlis, tir oral ion i- Inis fticientlis pro nui nui D. Jonnuix tir Hirrrr I>. Th. Profrss. — Elles commencent par ces mots: .Xorrrint nnicrrsi i>r:t'*rnles lifteras imperturi, et finissent par ceux-ci : bain furrunl hoc ann. Dom.

Die .S'<i lioberli Ablxtlis....

» llist., m" Clar., tom. I. lin. M et lô, pag. 396. 1 Idem., idem.

\:\ï\—\ï::> On a écrit ainsi son éloge :

« El doctoralus célébrât sacrata Joannrm,

« Laurea et innocuœ, rclligionis amor

ï Quis credat tanta Iicet arte et dote coruseet,

« Erosum. prima messe, résignât omis. »

Les armoiries attribuées à Jean, de Bièvre, étaient deux brandies de laurier sur fond d'azur, avec celle devise :

Spiritu lauréat us l.

1 Hist. Clar. mnnuscripta, 1 pas. 394.

LES ABBÉS DE CLA1RMARAIS

1)0 M. FRANÇOIS SANDRE, 24° Abbé. MÊtmm: 1325

SOMMAIRE

François Sandre, 24e Abbé, né à Saint-Omer. — Il entre de bonne heure à Clairmarais. — La sympathie qu'il avait su inspirer le fait élire à la place de Jean, de Bièvre (1325). — François était très zélé pour le culte divin et d une charité inépuisable. — \± commença et acheva le clocher. — Il rappella dans le monastère les religieux dispersés qui n'étaient pas encore rentrés.— Il pourvut largement à la nourriture de ses frères et mourut en avril 1326.— Son éloge en vers, par Dom. Martin Dubuisson. — Moines contemporains. — Armoiries de cet Abbé.

Tranç.ois Sandre, 24e Abhé de Clairmarais, naquit à Saint-Omer, il entra de bonne heure au monastère, il y prit l'habit religieux et fut appelé à la prélature à la place de Jean, de Bièvre, qui venait de se retirer. Il fut élu au mois d'avril 1325, et dut son élection à la sympathie générale qu'il avait su inspirer

1 llist. m" Clar., pag. 397, etc.

■l:t-2.v-i:v»o Ce Prélat, de pieuse mémoire, fui d'après un vieux monographe que nous rappelons, aussi zélé que ses |>ré(léeesseurs, pour tout ee qui touchait au culte divin 1 ; de plus, d'après un ancien annaliste, il fut toujours rempli d'une inépuisable charité envers ses frères et plein d'ardeur pour la maison de Dieu.

Pendant la seule année que dura son administralion, il fit commencer et terminer la flèche qui renfermait les cloches, monument qui n'avait pas moin*, assure-t-on, de 237 pieds de Roi en hauteur, depuis la hase jusqu'à la croix du sommet, 20 pieds de largeur dans la partie où se trouvaient les grosses cloches et dans le haut 10 pieds de diamètre a. — Audessus des voûtes de l'Église jusqu'à l'extrémité de la toiture, on comptait environ 100 pieds. — Pendant que par les ordres de l'Abbé on exécutait avec rapidité et très heureusement ce remarquable travail, François rappelait dans son monastère ceux de ses membres qui, momentanément éloignés, n'étaient point encore rentrés, et il pourvoyait avec abondance à la nourriture de ses frères. Tout cela put s'accomplir dans le cours d'une année.

François mourut au milieu du mois d'avril 1326, selon quelques-uns, le 27 de ce mois, laissant sa mémoire en bénédiction; on ignore combien il vécut

' Idem, idem.

Obrliscitin camp inarium h abri in allihulinem .Q.37 pedts... l'snue ml rriirnn, in lalihulinem vrrà habel '20 pnl, in ptrtr, uhi sunl majores c nnpanœ et in sujteriori parle uhi podium per eircuilum rjus habel 10 prîtes in iliametro. — De super voila rrrfesi.r....

* llisl. m" Clar., 1 png. 398, note.

d'années, ainsi que le lieu de sa sépulture. — Il fut 13-25— mi) remplacé le 27 avril 1326.

Dom. Martin Du buisson \ a retracé l'éloge de François Sandre, dans les deux distiques suivants 8 :

« Nulli Franc isers splcndet probitnte secundus, « Quique magis hoc fratres, diligat altcr abesl ; « Attollit templi tangentem sidera turrim, « Et quas Mars pridem ftiderat accit oves 3. »

Parmi les moines contemporains, nous voyons : — Robertu de Diévart ou Diéval. — Walterus Renard.— Almoricus, de Carnin.— Pétris (AtrebasJ, (V Vrras.— Petrus, de Dixmude.— Joannes, de Melroza. — Guillaume, de Popcringuc, qui fut conservateur des chartes sous Pierre, de Divion, 19e Abbé. — Jean, de Maldingbem, dont il est fait mention, dès 1297, dans des lettres de l'Abbaye de Wœstine et autres. — Jean Wollvericq. — Jevn Bladarins. — Philippe, de Montquesnoy. — Guido Gui), de Baille u l (de Ballioloj. — Michel, de Polincbove. — Jean, de Menrecourt. — François, d'Ypres (Ypremis). — Jacques, de Bonne-Fontaine (de Iiondfnnte).—}K\xt de Fresnoy. — Guillaume, d'Arqués. — Jacques, de Pecne. — N.... Bazin. — Jean Kaukin (sic!. — Simon, de Oxelaere. — Jacques, de G and (Ganda-

1 Hist. m" Clar., 1 pag. 121.

' Idem, idem, p:ig. 398.

3 Idem, idem, pag. 398, lin. 10 à 14. — Au 2* vers, l'auteur du manuscrit a écrit mage au lieu de m'tfjis. C'est évidemment une distraction de copiste....

i s?:. -i:v:r» rensisj. -—Simon, do Sarcus. — Hkmu Hriyant. — ■h' do eu s Josée l.

On attribue à Doni. François Sandre, les armoiries suivantes : chevron de gueules sur fond d'or, trois roses de gueules deux et une, en haut en bas, deux glaives pointes en haut dans le chevron, avec la devise :

Justifia* jter arma -\

1 Hist. m"Clar., 1 pas. 399, lin. 1 à 17. 5 Idem, idem.

LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS

LAMBERT II WOUT, W Abbé.

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