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CHEMI^'ÉE DU CHAUFFOIR

5o l'abbaye de fontenay

cloître. Cette salle pouvait être réservée à certains travaux d'intérieur, comme ceux des scribes ; elle a pu servir de bibliothèque. Dom Martène, lors de la visite qu'il fît à Fontenay, au commencement du xviii^ siècle, signale, parmi les restes de son ancienne splendeur, un grand nombre de manuscrits des œuvres des Pères de TEglise, pour la plupart.

Le Réfectoire. — Dans les abbayes cisterciennes, le réfectoire était généralement situé à l'opposé de Téglise et perpendiculairement à la galerie du cloître, avec laquelle il communiquait. Celui de Fontenay ne manquait pas à la règle.

Si cette importante construction a disparu en grande partie, il a été facile de la reconstituer à l'aide des fondations récemment découvertes et de la face intérieure de Tune des travées, qui subsiste et forme, actuellement, le mur occidental du bâtiment connu sous la désignation d' a Enfermerie ».

Ce réfectoire fut édifié au xiii'' siècle et a du remplacer une construction de même destination, mais de proportions moindres, contemporaine de Torigine de Tabbaye, et qui ne tarda pas à devenir insuffisante. Il fut démoli vers 1745.

Il était divisé, dans le sens longitudinal, par une rangée de cinq faisceaux de huit colonnettes, formant deux nefs, et recevant les retombées de douze voûtes sur croisées d'ogives; un important tronçon de ces piliers, ainsi que la base sur laquelle

il reposait, est conservé parmi les débris de sculpture réunis dans Téglise^

Quatre longues fenêtres en tiers-point et superposées s'ouvraient dans chaque travée, répandant dans le réfectoire une abondante lumière. Celles de Tétage supérieur étaient encadrées d'une archivolte formée par un tore et un cavet et reposant sur d'élégants chapiteaux à crochets feuillagés, qui couronnaient de hautes et minces colonnettes engagées. Quatre feaêtres semblables s'ouvraient également dans le mur du pignon sud. Au-dessous des fenêtres hautes, un bandeau régnait sur toute la longueur des parois, supporté, entre les fenêtres basses, par des colonnettes surmontées de chapiteaux à feuillages lancéolés. Ces colonnettes alternativement simples ou groupées par faisceaux de trois, à l'aplomb des retombées des arcs d'ogives des voûtes, s'arrêtent à deux mètres du sol et sont amorties par des culots coniques dont Textrémité semble rentrer dans la muraille. Ce détail de construction, très fréquent en Bourgogne et, en particulier, à Saint-Bénigne de Dijon, au déambulatoire de Pontigny, etc., a été souvent exporté parles cisterciens dans d'autres régions : en Angleterre, à Fountains et à Kirkstall; en Italie, à Casamari, Fossanova, San Martino, etc.

La raison d'être de cette disposition, tout au

^ Cette disposition, forf élégante, se retrouve fréquemment et €n particulier à La Bussières, à Saint-Martin-des-Champs, à Paris ; au Mont-Saint-Michel, à Beauport (Côles-du-Nord), à Saint-François-de-Nicosie (^Chypre), etc.

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moins dans le cas actuel, était de laisser libre la partie inférieure des murs, le long desquels étaient alignées les tables des religieux.

Pendant le repas, un frère faisait une lecture pieuse du haut d'une chaire, généralement construite en encorbellement en forme de tribune, à laquelle on accédait par un escalier pratiqué dans l'épaisseur de la muraille. Nous en avons des exemples dans le réfectoire de Sénanque et aussi dans ceux de Tabbaye bénédictine de Saint-Martindes-Ghamps de Paris, de Bonport (Eure), de Fossanova, de Poblet, etc.

Les cuisines et l'office aux provisions étaient situés dans la pièce contiguë au cloître et qui accompagne le réfectoire au couchant.

Enfin, le cellier et les magasins devaient se trouver, comme toujours, à l'ouest des bâtiments réguliers, à proximité des cuisines et parallèlement au réfectoire. Des substructions, récemment mises au jour, ne laissent aucun doute sur leur emplacement. Le cellier de Noirlac (p. 8i), merveilleusement conservé et placé de même façon, peut nous donner une idée précise de ce que devait être celui de Fontenay.

Au-dessus du cellier s'étendait, sur toute la longueur du bâtiment, une vaste salle affectée, comme toujours, au dortoir des convers.

L'Enfermerie. — La tradition, confirmée par des pièces d'archives, nous apprend que l'abbé de Fontenay pouvait exercer des droits de justice très

étendus, aussi bien sur les habitants des terres dépendant de Tabbaye que sur les religieux et les frères convers, qui devaient obéissance absolue à leurs supérieurs. Les jugements rendus par le cellerier, au nom de l'abbé, pouvaient aller jusqu'à la pendaison aux fourches patibulaires qui se trouvaient à l'entrée du bois, sur la route de Châtillon, dans un champ qui est encore appelé Justice.

L'emprisonnement punissait le plus souvent les serfs, les manants jusliciables de l'abbé, ainsi que les religieux et convers indisciplinés^

Au sud, et perpendiculairement à la salle des novices et au dortoir, un corps de bâtiment, édifié en i547 frais d'un religieux, porte le nom

d' (c enfermerie » par euphémisme, comme l'indique une inscription gravée dans un cartouche de pierre, au-dessus de la corniche, sur la face méridionale :

Enfermerie faicte par frère pierre lerain, docteur en theologie

C'était la prison de l'abbaye. Les ouvertures des salles basses montrent encore de nombreuses traces de scellements de barreaux de fer qui attestent la destination de l'édifice. On accède à l'inté-

^ En vertu d'une prescription du Chapitre général de 1229, toute abbaye cistercienne fut tenue d'avoir une prison.

l'auchitectuue

rieur par une tourelle à pans coupés contenant l'escalier et décorée cFune élégante porte de la Renaissance. Cet escalier pouvait également conduire à l'appartement de Tabbé situé à l'extrémité du dortoir des religieux.

L Infirmerie. — Conformément à la rèole de saint Benoît et à celle de Citeaux, Tinfirmerie était

i Moto L. B.

L'enfermerie. — Le dortoir

toujours isolée par mesure d'hygiène. Celle de Fontenay était placée au levant et le long de la rivière, avant sa dérivation pour les besoins de Tusine. Si les murs remontent très probablement à la fondation de Tabbaye, l'intérieur, complètement transformé, n'a d'intéressant qu'un charmant escalier Louis XIII muni d'une belle rampe en fer forgé.

Le jardin des simples, que toute abbaye devait

entretenir pour la culture des plantes médicinales, comme nous le voyons déjà au commencement du ix^ siècle sur le célèbre plan de Tabbaye de Saint- Gall^ se trouvait à proximité de Tinfirmerie en avant de la salle des novices.

Inscription incrustée de ciments colorés (Sur la face méridionale de l'Enfermerie. )

Vitrail d'Obazine (Corrèze)

LA DÉCORATION PEINTE ET SCULPTÉE

Les Vitraux. — On a vu que les sévères doctrines de saint Bernard s'élevaient contre tout décor superflu dans les églises de TOrdre et recommandaient la plus austère simplicité.

En ii34, le Chapitre général prescrit que les verrières « doivent être blanches, sans croix et sans peinture^ ». Cette ordonnance fut certainement observée à Fontenay ; mais, des anciens vitraux, aucun fragment n'est parvenu jusqu'à nous.

^ Cap. LXXXI, ap. TVom, cist., 271.

Par les panneaux conservés dans les abbayes contemporaines de Bonlieu, d'Obazine, de Pontigny, on peut aisément se faire une idée de ce que devaient être ces verrières, probablement exécutées dans le couvent, par les religieux eux-mêmes.

On se bornait à découper les verres blancs ou légèrement teintés de gris verdâtre, suivant les formes géométriques ou ornementales, et à les assembler solidement par de larges plombs soudés et contre-soudés à chaque intersection. C'est ce parti, fort décoratif du reste, qui a été suivi dans la reconstitution des vitraux de Fontenay, en s'inspirant surtout de ceux de Bonlieu et d'Obazine.

Toute décoration peinte était également prohibée. Aussi n'a-t-on découvert sur les murs de Féglise que les traces d'un décor des plus rudimentaires, composé d'assises brun-rouge, exécutées à la fresque, sur fond blanc. Les quelques fragments, qui peuvent à peine se distinguer sur la paroi de la galerie occidentale du cloître, ne sont que du xvi^ siècle et représentaient les quatre grands prophètes dont les noms, celui de David entre autres, se lisaient encore il y a peu d'années.

La Sculpture. — La sculpture ne trouvait pas grâce, non plus, dans les coutumes cisterciennes, et, pendant que, de toutes parts, dès le début du xu^ siècle, les églises, et principalement celles de Tordre de Gluny, se paraient à l'envi de l'ornementation sculptée la plus riche, la plus exubérante, parfois même singulièrement osée, saint

LA DÉCORATION PEINTE ET SCULPTEE

Bernard, dans une apostrophe célèbre, s'élevait contre cette abondance de monstres grimaçants, « de singes immondes, délions farouches, de centaures monstrueux, de guerriers combattants, de quadrupèdes à queues de serpent », qu'il considérait comme des fables grossières, aussi coûteuses qu'ineptes, propres à détourner l'attention des moines dans le lieu saint.

Aussi n'avons-nous rencontré dans la sculpture de Fontenay que des chapiteaux dont le décor, emprunté aux motifs végétaux les plus simples, ne se compose que de feuilles plates à côtes faiblement indiquées.

L'abbaye peut cependant revendiquer quelques œuvres de statuaire de premier ordre, mais qui sont d'une époque où la règle, déjà plus tolérante, avait admis dans ses murs des artistes de valeur.

Vierge Mère. — Pierre : hauteur, 2 mètres. Fin du xiii^ siècle. L'église de Fontenay, comme toutes celles de Gîteaux, était placée sous le vocable de

Photo L. Bégule.

Vierge de Fontenay (Fin du xiii« siècle.)

la Vierge, en mémoire de la dévotion toute spéciale de saint Bernard pour la reine du Ciel. La statue de Notre-Dame qui, au xiii^ siècle, était présentée à la vénération des religieux, existe encore, malheureusement en dehors de l'abbaye.

Légèrement infléchie sur la jambe droite, Marie, la tête couronnée, porte TEntant Jésus sur le bras gauche, et la main droite tient un sceptre, aujourd'hui brisé. L'Enfant entoure le col de sa mère de son bras droit et appuie sur sa poitrine une colombe. C'est là une mère au port solennel, mais toute gracieuse, jouant avec son enfant. Cette statue était polychromée et on reconnaît encore de nombreuses traces du bleu du manteau.

Malgré les lichens et les mousses qui ont envahi cette admirable figure, exposée aux intempéries dans le cimetière de la commune de ïouillon, voisine de Fontenay, on doit la considérer comme une des plus majestueuses productions de la sculpture française.

Lors de la vente mobilière de Fontenay, en octobre 1791^ elle fut adjugée au prix de 6 livres.

Retable. — Pierre : hauteur, o'^So ; largeur, 2"^5o. Ce très bel ensemble appartenait probablement au maître-autel de l'église. Il se compose de trois fragments principaux, dont la réunion donne encore une haute idée de ce que devait être cette sculpture, alors qu'elle était dans son intégrité. Ce retable a, malheureusement, subi de graves mutilations, ayant été utilisé comme dallage, la face sculptée noyée dans un sol particulièrement humide. Il

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se compose d\iiie scène centrale et de deux groupes de sujets latéraux divisés en deux registres.

Au centre, sous un arc trilobé, la Crucifixion. Au pied de la croix, Marie tombe dans les bras des

Retable du maître-autel de Fonten.^ Partie centrale (fin du xiii^ siècle).

Saintes Femmes, et saint Jean, admirablement drapé, est entouré d'un groupe de soldats. Audessus des bras de la croix, deux anges à mi-corps tiennent le soleil et la lune, et, dans les écoinçons, deux têtes feuillagées n'ont, qu'une fonction décorative. A gauche, l'Eglise couronnée tient à la

main Tétendard crucifère. A droite, la Synagogue, très endommagée, n'est reconnaissable que par la hampe de sa bannière brisée, qu'on distingue dans la partie supérieure. Des cadres trilobés surmontent ces dernières figures et renferment des groupes de petites figurines difficiles à identifier.

Le décor des parties latérales se divise en deux séries de trois sujets superposés, encadrés par des quatre-lobes. Les deux médaillons de l'extrémité gauche ont disparu. Le premier à gauche du spectateur représente la Nativité. Marie repose sur un lit de parade, le bras droit gracieusement replié sous sa tête, tandis que saint Joseph sommeille appuyé sur son bâton. A côté, l'Adoration des Mages ; au-dessus, la Flagellation et le Portement de la Croix.

Les trois scènes du registre inférieur du côté droit sont : la Présentation, la Naissance de la Vierge et son Couronnement. En haut, le premier sujet à gauche montre la Résurrection. La Vierge et les Apôtres, témoins de l'Ascension, occupent les deux derniers médaillons.

Exécutée dans un style simple et noble, cette œuvre doit être rapprochée de celles qui décorent les soubassements de la cathédrale d'Auxerre et principalement du portail central, côté nord, qui sont, incontestablement, de la même école et de la même date : fin du xiii^ ou début du XIv^

Les trois œuvres suivantes, qui appartenaient à Fontenay avant la Révolution, sont actuellement conservées dans la chapelle du Petit-Jailly.

LA DECORATION PEINTE ET SCULPTEE

Vierge, — Pierre de Tonnerre : hauteur, i"'^)o. Portant l'Enfant Jésus sur le bras gauche, la Vierge tient un lis de la main droite. C'est une œuvre charmante du plus pur xiv*" siècle, avec tout le maniérisme qui caractérise l'époque, en opposition à l'idéalisme du xiii^ Le visage de Marie, rond, sans grande individualité, est encadré de fortes nattes de cheveux ; le déhanchement est accentué et le manteau, drapé en travers du corps, retombe en plis amoncelés sur la hanche gauche, enroulés comme des feuilles de parchemin. Tous ces caractères sont bien ceux de l'école de sculpture si florissante en Bourgogne dès la fin du xiu*^ siècle.

Un long bas-relief, de i™5o sur o'^Sd, utilisé dans le maîtreautel de la même église, représente la Mise au Tombeau.

Au centre, le Christ, mort, est déposé dans le sépulcre par Joseph d'Arimathie et un disciple, en présence dos Saintes Femmes qui occupent le fond du tombeau. Au bas du sépulcre, les gardes endormis et, aux deux extrémités, les donateurs, le mari et la femme, à genoux, les mains jointes, en costume de riches bourgeois. Cette sculpture, en parfait état de conservation, est une

Photo L. B.

Vierge mère (xive siècle.)

œuvre bien bourguignonne de la fin du xv® siècle. Elle se trouvait dans la chapelle du Saint-Sépulcre de Téglise de Fontenay.

Ecce Homo. — Pierre : hauteur, l'^io. Cette sculpture de style classique, non sans valeur, est très probablement du xvii® siècle.

Carreaux émaillés. — Quel devait être le pavement primitif de Téglise et des salles de Tabbaye ?

Conformément aux exigences de la règle, il ne devait se composer que de dalles de pierre ou de simples carreaux de terre cuite, sans aucun décor, (( sans mosaïques, composées de figures d'anges et de saints personnages, sur lesquels on crache et que Ton foule aux pieds, sans carreaux de diverses couleurs ^ ». Tout au plus les carreaux pouvaient-ils présenter quelques formes géométrales, gravées à la pointe, dans la terre encore molle, comme ceux que l'on a trouvés à la Bénisson-Dieu et qui remontent au xii^ siècle.

Dans toute la Bourgogne et particulièrement dans la région d'Auxerre, dès le milieu du xiii'' siècle, l'emploi des carrelages historiés et émaillés était devenu fort répandu, et il n'est pas étonnant de voir, à cette époque où la règle subissait quelques relâchements, pénétrer dans notre abbaye l'emploi de ces carreaux aux mille combinaisons ornementales.

^ Institutiones cap.gen. cist.^ dist., I, cap. iv, ap. N^ojh. cist,, ^75.

LA DÉCORATION PEINTE ET SCULPTEE 65

Ils recouvraient le sol du chœur et d'une grande partie de Téglise, ainsi qu'il ressort d'une pièce de procédure, en date du lo août 1702, relative à un procès entre les religieux de Fontenay et les adjudicataires des réparations à effectuer vers 1750 ^ Le chœur ayant été surélevé, les mausolées, les

p. de Montgolfler del.

Carreaux émaillés

tombeaux furent déplacés, et les carreaux historiés, transportés dans le cloître, servirent à paver deux des galeries. C'est là qu'ils furent retrouvés en très grand nombre et, depuis peu, utilisés en partie pour la décoration du chœur de Téglise.

Ils sont de différentes mesures, variant entre 8 et i5 centimètres, et sont, pour la plupart, destinés à former des motifs en forme de rosaces par leur assemblage quatre par quatre. Les uns portent un dessin simplement creusé dans l'argile encore

^ Archives de Fontenay.

malléable et sont recouverts d'un émail noir, jaune ou brun-rouge. Les autres sont décorés suivant la technique usitée en Bourgogne au xiii® siècle, comme dans l'Ile-de-France et la Champagne. Le dessin était d'abord établi en creux à faible profondeur à l'aide d'une étampe , puis rempli de pâtes colorées et fusibles qui se détachaient en clair sur un fond plus foncé. L'émail de ces dessins, souvent moins résistant que celui des fonds, a particulièrement souffert du frottement des pieds.

A n'en pas douter, ces carreaux furent fabriqués dans l'abbaye, de la main même des religieux, car nous savons que, dès le commencement du xiii^ siècle, les cisterciens étaient arrivés à une grande habileté dans l'emploi des produits céramiques et des terres de couleurs différentes qu'ils faisaient entrer par incrustation dans un même carreau, aussi bien que dans l'usage des vernis plombifères.

Les Tombeaux. — Les prescriptions de la règle de Cîteaux, interdisant d'ensevelir les étrangers dans l'enceinte du monastère \ furent généralement observées dans les autres abbayes. A Fontenay, la tolérance semble avoir été plus large et nous voyons de nombreux personnages de marque, prélats, ducs, barons, chevaliers, simples bourgeois même solliciter la faveur d'une sépul-

1 Tnstituta capituli generalis, dist. X, cap. xxiv.

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ture dans l'enceinte de Tabbaye qu'ils avaient, le plus souvent, enrichie de leurs libéralités.

Un très grand nombre de pierres sépulcrales formaient le dallage de l'église et des chapelles, mais elles furent bouleversées lors des travaux exécutés vers 1700 pour l'exhaussement du sol.

Un tombeau plus important que les autres, qui était primitivement un véritable mausolée, nous

conserve un intéressant spécimen de Tart néerlandais-bourguignon, malgré les sauvages mutilations qu'il dut subir au cours des siècles et aussi à la suite de ses divers déplacements.

Le tombeau se compose d'un socle moderne supportant les statues couchées d'un chevalier et de sa femme ; les pieds de l'homme sont appuyés sur deux lions adossés; ceux de la femme, sur deux levrettes ; les mains sont jointes sur la poitrine et deux dais d'architecture très élégante abritent les têtes des gisants.

Le chevalier, de très grande taille, a près de deux mètres. Il est casqué et revêtu de la cotte de mailles, de son armure et d'un surcot. L'épée est, en partie, recouverte par Técu aux armes des Mello de Bourgogne : cVor à deux Jasces de gueules et un orle de merlettes de même.

La femme a i"'75. Elle est vêtue d'un long surcot serré à la taille par une ceinture. La coiffure est une sorte d'aumusse d'étoffe épaisse.

Entre les deux gisants et des deux côtés, sur un cadre mouluré et fleuronné, sont assises des petites figures de moines en prière, affreusement mutilées, les mains jointes, ou lisant l'office des morts. Cette particularité, bien spéciale à la Bourgogne, se retrouve sur un tombeau du xiv*^ siècle dans le chœur de Téglise Saint-Thibaud (Côted'Or).

Ce mausolée est celui du seigneur de Mello et de son épouse, appartenant à une noble famille de Bourgogne, originaire de Picardie, qui vivait à la fin du XIV® siècle \

Nous savons par une ancienne description des tombeaux de Fontenay", que ce mausolée était accompagné des figures du Christ, de la Vierge et d'un riche décor architectural, dont on retrouve les arrachements sur les parois voisines.

Huit grandes pierres tombales sont actuellement disposées dans le chœur :

^ Cf. A. Kleinclausz, Les Prédécesseurs de Clans Sliiter, Gazette des Beaux-Arts, juillet 1905.

' Bibl. Nat., ColL Bourgogne, t. LXXIV, fol. 178.

LA DÉCOlîATJON PEINTE ET SCULPTEE 69

Ébrard, évêque de Norwich. Pierre : longueur, i"'85 ; largeur, o"'85 (p. 1 1).

IIIC : LVCET : DOMINUS *. EBUAllDUS ! NORVICENS : EPISCOPUS : QUI : EDIFICAVIT : TEMPLUM : ISTUD I

Revêtu de ses ornements épiscopaux, de l'aube, de la dalmatique, du manipule et de la chape brodés, coiffé d'une riche mitre, les mains gantées et croisées serrant la crosse sur la poitrine, Tévêque Ebrard est encensé par deux anges placés au niveau de sa tête.

La pieri-e qui représente le généreux fondateur de Téglise de Fontenay est ornée, sur le pourtour, d'une belle frise de feuillages en relief: primitivement elle était élevée sur un socle. Elle se trouvait encore, au commencement du xviii^ siècle, devant l'autel, au milieu du chœur, non loin de celle d'Etienne, évêque d'Autun.

Guillaume II de Montbard, sixième abbé de Fontenay. Pierre : longueur, l'^iS; largeur, o'^Gs.

T. PIE MEMORIE. DOMNUS. GUILLERMUS. SEXTUS.

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