‹ L'Abbaye de Fontenay et l'architecture CistercienneChapitre 7 sur 13 · BATIMENTS DIVERS 7D · texte numérisé non relu

BATIMENTS DIVERS 7D

sa partie supérieure par une belle fenêtre à deux baies surmontée d'une rose à quatre lobes et flanquée de deux autres petites fenêtres en plein

La Porterie (Côté de l'abbaye.)

cintre ; on en reconnaît les restes à Tintérieur. Au rez-de-chaussée, s'ouvrent deux baies géminées. Les murs conservent encore la trace d'une décoration très sobre, dessinant des assises, exécutée

y6 l'abbaye de iontenay

à la fresque. C'était probablement la chapelle réservée aux étrangers, où, dès leur arrivée, l'abbé venait leur souhaiter la bienvenue.

La Boulangerie. — L'autre extrémité du bâtiment était occupée par la boulangerie, dont le four, adossé au pignon septentrional, est encore utilisé et conserve son ancienne cheminée cylindrique.

Le Colombier. — Entre la boulangerie et Téglise, un vaste colombier élève sa tour massive, dont les murs ont plus d'un mètre d'épaisseur. Sa construction paraît remonter au xii"" ou au xiii^ siècle. Rien n'est plus gracieux que de voir les charmants oiseaux s'ébrouer et se désaltérer sur les bords d'une grande vasque voisine, aux eaux débordantes, et, comme se plaît à le dire le propriétaire de l'abbaye : (( Si la fontaine est moderne, la race des ramiers est celle du temps des moines. »

Le Logement des abbés commendataires — Le

pavillon situé à l'est du cloître, près du colombier, a dû être construit dans la première moitié du xviii® siècle et servait d'habitation aux abbés commendataires qui ne séjournaient que rarement à Fontenay. Sa construction n'offre pas un intérêt spécial.

La Forge. — De tout temps, les monastères avaient pour principe de se suffire, sans être obligés d'aller chercher au dehors les produits industriels

qui pouvaient leur être nécessaires, ainsi que l'ordonnait, dès le siècle, la règle de saint Benoît.

Saint Bernard avait donné aux ateliers de Clairvaux une grande importance, et Doni Martène, dans la description qu'il fait de l'abbaye, mentionne les travaux des frères convers et la merveilleuse organisation des tanneries.

A Fontenay, en plus de l'importante exploitation des nombreuses fermes et métairies, confiées aux frères convers, il est certain que la communauté devait pratiquer la plupart des industries indispensables à la construction et aux usages domestiques. Un grand bâtiment, élevé à la fin du xu^ siècle et connu de tout temps sous la dénomination de (( Forge », permettait à Tabbaye d'ouvrer sur place toutes les pièces de fer qui pouvaient lui être nécessaires, et probablement aussi d'en fournir aux communautés voisines. C'était une véritable usine, située en dehors des bâtiments réguliers, sur le bord de la rivière canalisée, dont les eaux faisaient mouvoir des roues liydrauliques actionnant les martinets et la soufflerie des cubilots.

L'édifice, long de 53 mètres, large de iS'^So, terminé aux extrémités par deux pignons, est renforcé par une série de contreforts à double étage répartis sur les quatre faces. 11 comprend quatre salles séparées par des murs de refend. La première, à l'ouest, est recouverte de quatre voûtes d'ogives, dont les nervures reposent le long des murs sur des culots et retombent en faisceau sur une colonne centrale. Deux grands arcs communi-

l'abbaye de fo^tenay

quaient avec la salle suivante, dont la voûte conique et construite sur arcs d'ogives, aujourd'hui démolie, s'élevait jusqu'au sommet de Fédifice et devait être terminée par un lanternon, afin de faciliter la ventilation. Actuellement^ un plancher la divise dans sa hauteur, mais nous espérons qu'elle ne tardera pas à reprendre sa forme primitive. C'était la forge proprement dite. On reconnaît, en effet, dans la paroi qui longe le canal, les traces des deux fourneaux, dont les larges cheminées traversaient le mur au-dessous de l'arc formeret de la voûte et débouchaient au dehors. Les amorces des hottes sont encore très visibles.

La troisième salle, qui est la plus vaste, est recouverte de dix voûtes d'ogives. Les nervures, les doubleaux et les formerets entiers-points, dont les arêtes sont simplement abattues, s'appuient sur des culs-de-lampe en forme de cône renversé, engagés dans le mur. Ces faisceaux de nervures retombent sur deux colonnes isolées, trapues et couronnées de chapiteaux à feuilles lancéolées ; trois fenêtres en plein cintre sur la rivière et deux sur la paroi opposée, à droite et à gauche d'une porte, distribuent une abondante lumière. Cette salle, aussi bien par la disposition de ses voûtes, que par les autres détails de sa construction, offre une similitude complète avec le cellier de Noirlac.

La dernière salle, recouverte de quatre voûtes d'ogives, est éclairée par deux vastes baies du côté sud ; c'est là que, probablement, se trouvait le moulin à farine, dont les roues motrices devaient

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être renfermées dans une petite construction latérale, portée sur des arches qui existent encore, à cheval sur le cours d'eau. Au-dessus des voûtes de la forge, de vastes pièces servaient de magasin, largement éclairées par de nombreuses fenêtres en plein cintre.

L'abbaye devait encore posséder d'autres dépen-

Photo L. B.

Cellier de l'abbaye cistercienne de Noirlag

dances telles que les logements des artisans et des serviteurs, les granges, les étables, les écuries, des ateliers de foulons, le moulin à huile, la tuilerie, la buanderie, le cellier pour les provisions destinées aux aumônes distribuées par le frère portier. Une autre hôtellerie pour les ecclésiastiques s'élevait très probablement, suivant Tusage, à proximité des bâtiments réguliers. De ces constructions secondaires, il ne reste pas de traces.

lVbbaye de fontenay

Quelques débris de murailles, qui couronnent la hauteur, au midi de Tabbaye, sont les seuls restes du château que l'évêque Ebrard s'était fait construire en arrivant à Fontenay. Au-dessous du château, sur le bord de la route, les anciens plans de Tabbaye indiquent une petite chapelle, sous le vocable de Saint-Laurent, mais dont on ne connaît pas la date de construction.

Le domaine de Fontenay, sans cesse agrandi, était devenu considérable, comprenant des bois, des terres arables, des vergers, des prairies et des cours d'eau arrosant les deux vallées.

Le vallon Saint-Bernard, dans la direction du nord-ouest, bordé de bois de chênes et de hêtres, aboutit à Fancien ermitage, berceau de Fabbaye naissante. Ses ruines à peine reconnaissables, envahies par les lierres et les viornes, se reflètent dans les eaux d'un étang abrité sous les aulnes.

La profonde et riante vallée, qui serpente de l'orient à l'occident, et qui porte le nom de « Combe Saint-Laurent », en souvenir de l'ancienne chapelle, donne naissance à la petite rivière de Fontenay qui Farrose en coulant doucement au milieu des prairies et des bois. Ce cours d'eau alimente deux étangs particulièrement pittoresques, dans un paysage enchanteur : la « Fontaine de l'Orme » et Fétang de la « Roche », non loin duquel s'élève la (c Tour du guet », construite, dit-on, pour la surveillance de la pêche. En effet, les truites saumo-

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