Canel, Ilixt. de la ville de Ponl-Audemer, II, 4Io
3. L'abbé de Boismont a souvent résidé au château du Lendin. L'abbaye de Jumiè}i;es lui avait fieffé plusieurs morceaux de leri-e situés dans cette localité. Ses œuvres ont été recueillies et publiées en 1805.
4. On y voyait (rois grands tombeaux avec table de [lierre pour trois branches de cette famille, ■■ et avec des représentations d'hommes et de femmes et des inscriptions. ■• C'est l'ancienne église du Sépulcre.
170 LABBAVE DE .NOTRE-DAME DE (iRESTAIN
certaine que depuis M^ Richard Thirel, avocat, sieur de Jouvence, qui fit faire en 1562 un procès-verbal du pillage de sa maison ; dans ce procès-verbal il n'est fait aucune mention de noblesse. La filiation depuis Richard jusqu'à Charles, son arrière-petit-fils, ne sert qu'à prouver quatre degrés de roture. La noblesse de 1 abbé de Boismonl ne date que de ce Charles, son grand-père, lieutenant général à Pont-Audemer, anobli par lettres de janvier 1697 moyennant finances. Ces lettres furent confirmées par autres lettres patentes du mois d'avril 1716 en faveur de Jean et de Jean-Charles Thirel, frères, fils de Charles, en considération de leurs services dans la deuxième compagnie des mousquetaires. Il y a beaucoup d'apparence que MM. Thirel de Boismont ont eu l'idée de s'enter sur une famille du même nom de Thirel établie ainsi qu'eux dans la généralité de Rouen où elle a possédé les mêmes terres de Siglas et de Jouvence '. »
L'abbé de Boismont nous apparaît escorté des commérages des gazettes, des propos légers des nouvellistes et même des anecdotes de boudoirs. Il fut un abbé à la mode, le héros familier de quelques salons. Ce ne serait pas néanmoins aller à notre but que de nous occuper de la vie privée de M. de Boismont, bien qu'elle ait fourni un aliment à la malignité des écrivains du xviii^ siècle ^. Ne cherchons point à nous instruire de choses qui n'étaient un mystère pour personne; il suffit que la partie publique de sa vie nous soit connue. Le talent d'orateur de l'abbé de Boismont, les succès qu'il a obtenus dans la chaire lui avaient fait un nom que la postérité a retenu parmi ceux des prédicateurs français. Il a été dans l'oraison funèbre celui qui s'était fait le plus de réputation.
1. Biljl. nat., Pièces orig., 2820, p. 89 ; Dossiers bleus, vol. 632, dossier Thirel.
2. Journal de Collé, II, 8i. 120. — Corresp. de Grimin, I, .388. — Journal de d'Argenson, 26 sept. IToo. — Bibl. nat., ms. fr. 12721, fol. 31.
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Nou^ savons l)ieii que 1 on a dil (|ik' ses ouvrages n oiiL pa^ ce qu'il faut pour soutenir l'épreuve du temps. Mais il paraîtrait, d'après d'autres appréciations, qu'on doive en excepter un sermon pour rétablissement d'un hôpital militaire qui est infiniment supérieur à ses oraisons funèbres.
L'abbé de Boismont devait assister fort paisiblement à la destruction de l'abbaye de (irestain, en voir aliéner les biens et démolir les bâtiments. Il avait pris à peine possession du vieux couvent dont le cloître e( l'église s'écroulaient que Dom Pipard, prieur claustral qui. de lait, était le chef de la maison, lui mit sous les yeux les signes irrécusables d'une lamentable décadence, d'une dévastation qui ne datait point d'hier et qui indiquait la fin très prochaine de l'abbaye. Le prieur proposait la réunion de la mense conventuelle au petit séminaire de Lisieux '. Au mois de mai IToT l'abbé de Boismont, approuvant celte résolution, donna pouvoir de régler les conditions de la réunion '. Et un décret — dont nous n'avons pu nous procurer le texte — prononça la suppression de la conventualité de l'abbaye de (xrestain '1757). Par le même décret, le séminaire de Lisieux fut chargé d'entretenir à Grestain un chapelain ^, de lui fournir un logement, un jardin et une pension annuelle de oUO livres payables par quartier et d'avance. Le séminaire fit bail des biens claustraux à des cultivateurs de Carbec '.
L'abbaye Notre-Dame de Grestain n'était plus alors qu'un
1. Et non de l'hospice de Baveux. — Cauel, Essai sur l'arr. (Je Ponl-Audenier, t. II, p. 466. Même page, il faut lire : IJ.'iJ et non /77.Ï.