‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 111 sur 185 · Pièces justif., n° 108. Acte du 9 août · texte numérisé non relu

Pièces justif., n° 108. Acte du 9 août

•"H. Pièces justif., n" lO'.t. Déclaration du curé de Carbec.

i. Jacques Bouleiller tenait h bail de Jean-François Dayot, prêtre, supérieur du petit séminaire de Lisieux, en 1790, une pièce de terre enclose de murs et faisant partie des biens des offices claustraux et petit couvent de l'abbaye de Grestain. La maison a])l)aliale, celle du chapelain et le jardin y aliénant n'étaient point compris audit Ijail. Le [irix du fermage était de 220 liv. — Arch. dép. de l'Eure, Q. lome VIll, fol. oi.

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vaste enclos inhabile. Des trois religieux qu'on y comptait alors : D. Pipard, prieur, demeurait seul dans l'abbaye, D, Benoît-Laurent Desplaces n'y avait jamais résidé depuis sa profession; quant au troisième D. Jean-Baptiste Dalbiac, il était détenu à Rouen.

Voici la raison de cette mesure. La loi avait réglé la destinée des biens de la communauté et décidé qu'ils seraient dévolus à un autre établissement ecclésiastique. L'abbaye disparaissait donc et ne laissait pas d'héritier. Cependant il était essentiel d'obtenir des moines leur renonciation aux biens et droits de la mense conventuelle. Chez l'un deux, on avait rencontré une vive opposition contre le décret épiscopal. Dom Dalbiac avait refusé d'abandonner son abbaye. Qu'était-il arrivé? Une lettre de cachet avait mis en mouvement la maréchaussée et on avait offert au religieux profès de Grestain une autre cellule dans la maison de force de Saint-Yon. Les gens de justice goûtent peu les vaines discussions ; ils ont des arguments péremptoires.

Un acte fixa et régla les conditions et les charges de la réunion au petit séminaire de Lisieux. M. de Boismont s'engagea à pourvoir à l'acquit de l'office et des fondations de l'abbaye par des chapelains, à payer au prieur une pension viagère de 700 livres, à verser une autre pension aux moines ; en conséquence de quoi ceux-ci n'eurent plus rien à prétendre dans les revenus de leur ancien monastère.

Ainsi finit 1 abbaye de Notre-Dame de Grestain où le relâchement s'était introduit depuis plus d'un siècle et demi, où le prieur, ami de la régularité, était impuissant à la faire pratiquer, où la clôture n'était plus gardée, la discipline plus observée, l'abstinence plus connue, l'office de la nuit abandonné, où les religieux étaient déchus de l'esprit de leur état.

Après la suppression de (îrestain il ne resta dans le diocèse de Lisieux qu'une seule abbaye des Bénédictins de l'ancienne

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observance : Xotre-Dame de Cormeilles où l'on comptait cinq religieux à Tépoque de Tédit de 1768. Les autres maisons bénédictines qui subsistaient : Beaumont-en-Auge, Bernay, Saint-Evroult, Préaux taisaient parlie de la congrégation de Saint-Maur.

A dater de cette époque, la ruine de Tabbaye de Grestain était consommée ; son état la réduisit à n'être plus qu'une chapellenie. On y vit un prêtre séculier y célébrer la messe, un garde-chasse y servir de portier et y surveiller les vieilles pierres. L'intérêt de conserver celles-ci diminua de jour en jour et on commença à prendre l'idée qu'elles étaient inutiles. Sur la demande de M. de Boismont, le roi permit de démolir les bâtiments renfermés dans l'enceinte des lieux réguliers ainsi que l'église, en y réservant seulement un logement convenable pour le chapelain et en faisant construire une nouvelle chapelle '.

Par une étrange singularité, M. de Boismont conserva pendant vingt-neuf ans la commende d'une abbaye qui n'existait plus. Il profitait de revenus seigneuriaux et de droits qui donnaient une réelle autorité alors que la cause principale d'où ces droits tiraient leur origine était réduite à rien '. Certains effets en étaient étonnants. On sait que les clercs pourvus de grades en théologie on en droit canon pouvaient obtenir tous les bénéfices dépendant des collateurs ou patrons ecclésiastiques. Or, au mois de septembre 1776, vingt ans après la suppression de l'abbaye, dix ans après la démolition des bâtiments et de l'église, un vicaire de la paroisse de Quettev II

1. Lettres du 12 août 17G8, enregistrées au parlement do Rouen, le 1(5 février 1769. — Arch. dép. de la Seine-Inférieure.

2. L'abbé de Grestain resta en possession d'un bois taillis de 90 arpents, loué 2100 liv.; de la ferme de Grestain, louée 2120 liv. ; de rentes seigneuriales évaluées 4000 liv. ; dune ferme, louée 3000 liv. ; du manoir de l'abbaye ; de dîmes. — Arch. dép. de l'Eure, Vingtièmes, C. 290.

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