‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 2 sur 185 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

réguliers. Leur importance, d'ailleurs, étail médiocre. Les murs qui clôturaient l'enceinte subsislenl seuls en partie ; ils répondent à la richesse de l'abbaye. A l'intérieur, il reste les épaisses murailles d'une construction transformée en une habitation qui n'a rien de monastique. Il y apparaît une salle voûtée en arcs de cercle dont le caractère n'offre rien de particulier, sinon une massive solidité et l'absence de fenêtres. Ce bâtiment s'élevait en dehors de l'enceinte des lieux réguliers. Trois arcades y donnaient accès; elles sont très apparentes et bien conservées. On les attribue au xii*^ siècle. Devant elles une grande quantité de terre provenant des démolitions a été accumulée. A peu de dislance, vers l'est, les fragments informes d'un pilier se détachent du sol. C'est là très vraisemblablement les vestis^es de léolise abbatiale.

Mais d'autre part le dessein d'étudier les ruines de Grestain dans les écrits et non plus sur le sol est rendu très difficile. De quels matériaux, de quels moyens d'information peut-on disposer? La vie de l'abbaye de Grestain a laissé peu de traces directes ou indirectes. En examinant ce qui nous est resté, on jugera peut-être noire entreprise téméraire. En effet nous ne pouvons présenter la série des pièces historiques qui permettrait de raisonner utilement de l'état de l'abbaye au moyenâge, de connaître son organisation intérieure, ses rites, ses cérémonies, ses usages, de suivre les vicissitudes du monastère, les alternatives diverses de ferveur et de décadence, les réformes, les rechutes, de savoir la place que l'abbaye occupait dans le diocèse et comment elle s'y était comportée à l'égard de la population. Rien de cela ne nous sera permis. Cependant on a tenté, pour la première fois, de disputer à l'oubli des souvenirs qui sont particulièrement effacés du coin de terre où Notre-Dame de Grestain a été fondée dans les vieux temps.

Au milieu du xvii^ siècle, les religieux de Grestain possé-

4 l'abbaye de NOTRE-DAME DE GRESTAlxN

daieni encore un certain nombre de mannscrits dont le P. Arthur du Monstier a tiré un i^rand parti ' ; mais leur bibliothèque devait être très pauvre car on n'a pas jugé à propos d'en dresser un catalogue ainsi qu'un moine bénédictin l'a fait pour l'abbaye de Préaux ~. Des manuscrits de Grestain, il n'en est pas un seul qui ait subsisté. Cependant rappelons que A. du Monslier en a eu plusieurs entre les mains et qu'il a cité : Vetera niss. ahbaf. Grestani; mss. antiquit. Grestani ; mss. schedis ahhatiae Grestani: l'obituaire de Grestain [ex Obituario ms. Grestani) ; un calendrier ou nécrologe de l'abbaye [Necrologia Grestani) ; un manuscrit qui a pu être le recueil des droits et coutumes de l'abbaye [ex Codice ms. ahhat . Grestani). Auprès de ces manuscrits d'autres venaient se ranger vraisemblablement sur les rayons et offraient quelques ressources pour les études.

En 1664, l'original de la charte de Richard Cœur de Lion confirmative des donations existait encore dans l'abbaye ^. En 1696, D. Julien Bellaise, « qui se livrait à la recherche des monuments de l'antiquité^ <>, vint consulter le chartrier de Grestain; il lui emprunta, paraît-il, beaucoup de documents''. Enfin, l'abbé Rêver, le premier savant qui dans le département de l'Eure ait élevé la voix en faveur du souvenir des temps anciens, a écrit que les titres de l'abbaye et sa légende peinte sur parchemin s'y voyaient avant la Révolution "'. Tout cela pour nous est perdu.

D'autres pertes aussi sont à déplorer, sur lesquelles on ne

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