Xeuslria pia, p. ooO
2. Pièces justif., n"* 10, 11 et 19. A la fin du xiii'^ siècle, en 1290, des donations étaient encore faites ad edificationem ecclesiae.
VISITES d'eUDES RIGALD 6S
avant la fête de saint Barthélémy, sous l'abbatiatde Guillaume, homme d'une grande bonté, généreux envers les pauvres, riche en vertus eL d'une vie sans tache. En ce jour de fêle, tout fut mis en commun. Nous en avons eu pour témoins le Comte et tous ceux qui ont pris plaisir à se partager les vins excellents, les mets et les autres offrandes. L'évêque a accordé quarante jours d'indulgence à perpétuité pour le jour de l'octave de la fêle. Que grâces lui en soient rendues.)
Il est inutile d'ajouter qu'aucune description, aucun plan, aucune vue ne nous ont été conservés de l'église de Grestain, que l'on consacrait au temps où saint Louis faisait son entrée dans Paris à son retour de la Palestine.
Au mois de janvier 1255, l'abbé Guillaume II était encore en fonctions; il était très âgé et aveugle. C'est ce que vont nous apprendre les visites de l'archevêque de Rouen.
En effet, on possède pour cette époque le précieux Journal d'Eudes ou Odon lligaud, source inestimable de renseignements sur l'état de l'Eglise séculière ou monastique de la Normandie ',
Lespagesde ce/o«rA?c7/ « font connaître dans toute leur vérité l'état temporel et spirituel des monastères, des églises, des prieurés, des chapelles ; les faits qui sont imputés à chaque moine, à chaque religieux, leurs écarts mêmes et leurs vices les plus secrets, aussi bien que ceux du clergé séculier y sont enregistrés ' ». L'archevêque de Rouen a ainsi donné un exemple d'une rare résolution dans les desseins et de fermeté dans la conduite.
Eudes Rigaud, élevé au siège archiépiscopal de Rouen au mois de mars 1248, eut pour premier soin d'entreprendre la
1. Odonis Rigaudi. Registrum visitationuni archiepiscopi Rnlhoinagensis édit. Bonnin, Rouen, 1847, in-4).
2. L. Delisle, Le clergé normand au XIII'' s. — Du Méril, De l'état <lu clergé régulier en Xormandie. — Ch. Richard, Le clergé en Xormandie au XIII'' s.
Ch. BnÉARii. — L'ahhaye de Xolre-Dame de Grestain. 5
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visite des doyennés ruraux de son diocèse. Ensuite il se donna la mission d'examiner les communautés non pas seulement celles de révêché de Houen mais les abbayes et prieurés de toute sa province ecclésiastique. « Voici, dit M. L. Delisle, en quoi consistait sa visite. Le prélat entrait dans chaque abbaye, prieuré ou chapitre, il s'informait des mœurs des religieux, de la situation financière de l'établissement, de l'état des édifices et du mobilier et même des approvisionnements, puis il avisait à la réforme de tous les abus qu'il avait constatés. »
Au cours de ses visites canoniques, l'archevêque de Rouen parcourait une première fois le diocèse de Lisieux durant le mois de janvier 1249. Il vint à Saint-Pierre de Préaux, abbaye d'hommes où il trouva trente religieux y résidant ; à Saint- Léger de Préaux, abbaye de bénédictins qui comptait quarante-cinq religieuses. De Préaux, Eudes Rigaud se rendit à Cormeilles. Ce monastère réunissait vingt-cinq moines. Enfin l'archevêque se transporta à Grestain le 16 des calendes de février. Voici le passage qui concerne sa visite (17 janvier 1249).
« XVI. Kl. Februarii. Apud Gralein, cum expensis monasterii. Ibi sunttriginta monachi. Omnes sunt sacerdotes, exceptis quatuor. Habent in reddilibus circa 11"^ libras ; debent circa llllc libras, et bene debetur eis tantumdem ; injunximus abbati, priori et aliis ballivis. ut facerent conscribi redditus suos in aliquo libro et facerent super hoc unum volumen. Debent pensiones circa XX libras. Commorantes in prioratibus comedunt carnes, nec observant jejunia; injunximus abbati ut premissa corrigeret '. »
L'état de notre abbaye, comme on le voit, était assez satisfaisant. L'archevêque ne trouva à blâmer que des abus sans gravité. L'abbaye comptait trente moines parmi lesquels vingt-