Cart. nonn., p. 100, col
VISITES d'eLDES RIGALD 69
Louis IX venant du Bec séjournait à Pont-Audemer le mois suivant, les 2f), 27 et 28 mars. Le voyage de saint Louis était prévu '. On croit que Tarchevêque de Rouen, Eudes Rigaud, était à Pont-Audemer en la compagnie du roi. Dans ces circonstances il est fort possible que Louis IX ait eu l'occasion de s'interposer entre Robert Bertran et les religieux de Grestain, et qu'il ait terminé, en obtenant de chaque parti des concessions, la querelle qui s'était élevée. Gomme nous l'avons dit, elle se renouvela -.
Nous placerons à l'article de Guillaume de Farnoville un acte non daté que fournissent les archives du Galvados et qui a été analysé dans les termes suivants: « Accord entre Daniel, prieur de Sainte-Barbe-en-Auge, et Guillaume, abbé de Grestain, au sujet de la dîme de Douxmarais -^ » Par suite d'une donation de Robert de Mortain, l'abbaye possédait des terres situées sur cette paroisse, voisine de Sainte-Barbe. La perception des dîmes donna naissance à d'interminables procès.
On notera en outre, pour cette époque, la présence d'Eudes Rigaud à l'abbaye de Grestain ; mais rien n'indique que le fait doive être sig^nalé sous l'abbatiat de Guillaume de Farnoville plutôt que durant l'administration de son successeur. On manque de dates précises pour l'entrée en fonctions des abbés.
Eudes Rigaud revint à l'abbaye de Grestain le 4 des calendes de janvier 1237. La communauté comptait trente-deux moines ^. Quelques-uns n'assistaient pas aux heures canoniales. On donnait l'aumône deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, à tous ceux qui se présentaient à la porle. Les revenus s'étaient amoindris.
i. Cnrf. norin., n" îi45, à la note.
2. Voir aux pièces juslif. la tiansaclion de février 1287 m" 18). .3. Mpm. HOC. Anf. \orni., VII, p lOi, n» 81.
4. A la même époque, on comptait cinquante-sept moines à Jumièges et quarante à Saint-Wandrille.
(( IIII. Kl. Janiiarii. Yisilavimus abbaciam de Grestain. Ibi siinl XXXII monacbi. Aliqui aliquando non veniiint ad completorium ; injunximus hoc emandari. Elemosina datiir bis ebdomada, videlicet die lune et die Jovis, omnibus venientibus ad eam. Injunximus abbati ut ipse injungeret monachis morantibus in prioratibus, ut ipsi abstineant se ab esu carnium, etquod servant jejunia régule, et si in hiis délinquant eos corrifferet. Habent in redditibus XVI^ libras. Habent satis estaurameuta usque ad nova. Debeut GGCG libras, sed debentur eis circa VI^ libras.
« Eadem die, procurati fuimus ibidem.
« Summa procurationis, IX libre V solidi ^ »
Pour terminer l'article de l'abbé Guillaume de Farnoville, nous ajouterons que c'est probablement l'abbé de Grestain dont un acte de vente du mois de mai 1258 fait mention mais sans le dénommer ~.
IX. — Thomas. La veille de la fêle des apôtres Jacques et Philippe, en 1259 (30 avril), dit le Gallia, l'abbé Thomas se réconcilia avec les moines de Jumièges, mais les auteurs n'ont point indiqué quel avait été l'objet de la querelle et par suite du raccommodement. Ln document va nous l'apprendre : il s'agissait de droits de coutume à percevoir depuis Berville jusqu'à Foulbec ^. On a même le récit du différend dans l'Histoire de l'abbaye de Jumièges composée au xviii^ siècle par un religieux bénédictin. ^ oici le passage : « On n'étoit pas sans affaires à Jumièges. L'abbé et les religieux de Grestain disputoient à ceux de cette maison le droit de coutume sur les marchandises qui abordoient à terre, de la rivière de Risle,