EXPULSION DES .MOINES
ses actes. Plus ' qu'auriin aulre monastère bénédictin du diocèse, Grestaiu élaiL rol)jeL depuis quelques auuées des préoccupations de l'autorité épiscopale. L'évéque de Lisieux, résolu d'y détruire des abus qui retombaient sur le sacerdoce tout entier, sur la religion elle-même, n'avait plus à compter sur des remontrances sévères. Le prélat usa de rigueur et suspendit l'abbé Vincond en Tannée 1302. L'étal de l'abbaye aurait autorisé de prendre d'autres mesures, mais il faudrait disposer de documents {)lus nombreux et plus détaillés que ceux qui nous restent pour connaître les écarts que l'on reprochait alors aux moines de Grestaiu. Quoi qu'il en ait été, on rapporte que ces religieux qui vivaient d'une manière scandaleuse durent quitter l'abbaye et qu'ils furent transférés ailleurs '^.
Il le faut remarquer ; cette expulsion des moines de Grestain est le second fait de même nature qui se produisit au cours d'un siècle environ. Nous avons dû les faire connaître de même que nous avons appelé l'attention sur les visites d'Eudes Rigaud à l'occasion desquelles l'archevêque de Rouen rendait un bon témoignage de la régularité de la conduite des religieux, de la direction sûre que les abbés avaient su imprimer autour d'eux. Mais parmi ces derniers, il y en eut d'indignes. Après la déposition de Raoul Vincond, l'abbatiat resta vacant. « Depuis que Jean de Samois avait déposé l'abbé de Grestain, dit l'abbé Noël Deshays, et qu'il avait dispersé ceux des moines de cette maison qui vivaient d'une manière scandaleuse, l'abbaye, réduite à un trop petit nombre de religieux, était demeurée sans abbé jusqu'en 1308; alors notre évêque
1. D. Pommei'aye, p. 281, art. VII : ■> Vobis itaqiio universis Christ! Qdelibus in civitate et diocesi Lexoviensi constilutis, atque vestriim cuilibct, in virtule sanctae ob?dienliae firmiter injungimus atque mandamus, etc. »
2. De Formeville, Hlst. de iancien Évéché-comté cleLisimix, II, 112 ; — Méin. de Xoël Desha-yea.