‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 68 sur 185 · Pièces justif., n"» 46 et r · texte numérisé non relu

Pièces justif., n"» 46 et r

dehors. Elle s'étendait sur les paroisses de Garbee, Saint- Pierre-du-Châtel, Boulleville, Saint-Macloii, Saint-Sidpice de Graimbouville, Conteville, Ablon, Ableville, Equainville, Cremanville, Honnaville, La Rivière et les faubourgs de Honfleur, avec toutes les droitures qui appartenaient à basse justice. D'autres propriétés étaient moins centrales, tels que les églises et les fiefs qui étaient situés dans le pays de Gaux, à Auffay; dans le Gotentin, à Munneville et Barneville-sur-Mer; dans la campagne de Gaen, à Mézidon, etc.

Les déclarations de la temporalité de l'abbaye faites en 1450 et 1469 fournissent l'indication des possessions qui suivent. On remarquera que le mot fief y est constamment employé et on voudra bien se rappeler que ce mot ne désigne pas exclusivement une terre noble ou tenue noblement, mais des terres tenues en censive, des terres roturières. Il y avait les fîefs qui étaient des seigneuries et les fiefs qui n'en étaient pas '. Gela dit, voici les propriétés de l'abbaye au temps de Louis XI : le fief de Rouville^ en la sergenterie de Bolbec ; le fief de la Poterie^ à Berville-sur-Mer ; le fief de Sotteville^ dans la vicomte d'Arqués ; le fief de Fourmetot^ ou portion de fief; le fief du Bec, à Tourville ; le manoir et le franc-fief de Fonlaine-Bellenger , c'est-à-dire la Fontaine-de-Bérenger [Fontana Berengerii) , près de Gaillon '' ; le fief des Faulques sur la paroisse de Beuzeville ; le fief du Mor et le moulin des Marais^ à Equainville ; le fief du Bois, à Fatouville ; à Genneville, le fef de Maharu et le fief du Boulley ; au Theil, le fief à VEspec, à Gonneville, le fief du Neesf. — Dans le bailliage de Gaen, nous trouvons le fief de Boutevillain, assis à Sainte- Marie-aux-Anglais ; le fief de Tierceville en la vicomte de

1. Luchaire, Manuel des Institutions françaises, p. 147-183. — P. Viollet, Précis du droit français, p. 545 et suiv.

2. Voy. aux Archives dép. de l'Eure, H. 341, trois pièces des années 1678-

FIEFS i:t kglisks

Bayeux ; le jief de Tilly-sur-Seulle, tenu par Jacques de Gordouan en 1552; le fief Marelz assis à Doux-Marais. Dans le bailliage du Gotentin, nous citerons le fief Saint- Quentin près Tinchebray, les fiefs de Querque ville ^ Barneville-sur- Mer ~ et Munneville ^.

Patronages d'églises. — Au xv'^ siècle, Tabbaye de Grestain exerçait le droit de présentation sur seize églises et cbapelles. Dans le diocèse de Lisieux : Saint-Ouën de Grestain, Garbec, ïriqueville, Saint-Pierre-du-Ghâtel, Notre-Dame et Saint-Léonard de Ronfleur ^, Saint-Sauveur, Saint-Quentin-les- Ghardonnets, Sainl-Grespin-sur-Vie ; dans le diocèse de Baveux : Tierceville ; dans le diocèse de Goutances : Querqueville, Barneville et Munneville ; dans le diocèse de Sées : Sainte-Scolasse-sur-Sarthe et Le Ghalange ; dans le diocèse d'Agen : Saint-Astier. Ajoutons la chapelle de Saint-Laurent de Grestain ; et, pour le xiv^ siècle, Téglise de Fiquefleur d'après le pouillé de Lisieux rédigé vers 1350 °.

Mézidon. — Nous arrivons à la baronnie de Mézidon qui s'étendait dans la Haute et Basse-Normandie. Gette seigneurie, comme nous l'avons dit, avait été aliénée en faveur de Grestain (1347) ; il n'y a donc pas lieu d'y revenir. Plaisons seulement connaître l'élat de ce fief. Il y avait eu château et forteresse avec tous les droits que conférait la propriété foncière

1. (( Ahbas de Grestano est patronus ecclesie Béate Marie de Quierquevilla, etc. » — Longnon, Pouillés de la province de Rouen, p. .319.

2. « Al)l)as Béate Marie de Gresteno, Lexoviensis dyocesis, est patronus ecclesie Sancti Germani de Barnevilla supra Mare et percipit, etc. )> — Longnon, Pouillés de la province de Pouen, 335.

3. « Jus patronatus ecclesie Beati Pétri de Mulevilla, pro majori parte, spectat ad al)bateiii et conventum Béate Marie de Grestano, Lexoviensis dyocesis, et valet, etc. » — Longnon, Pouillés de la province de Rouen, p. 279.

4. 11 y eut de longs débats entre Grestain et l'évêque de Lisieux au sujet du patronage de ce bénéfice, dont les « fruits » furent mis en séquestre par sentence de 1343. La pièce justif. n° 4 est relative à ce droit de patronage.

•'). Longnon, Pouillés de la province de Rouen, p. 2'>5.

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sur les personnes et sur les terres, sur les marchés et sur les marchandises, sur les étangs et sur les moulins, etc. Ces droits étaient la propriété de Grestain, mais ce n'était là que des revenus domaniaux. La baronnie de Mézidon ne consistait plus qu'en redevances et en services et non en terres. Plusieurs fiefs, demi-fiefs, quarts de fiefs dépendaient de Mézidon. L'abbaye eut de ce fait de nouveaux vassaux, tels que les religieux de Sainte-Barbe, les héritiers de Jean de Carrouges, de Hue Bouchart, Hugues de Méry, Robert de la Planque, Jacques Paisnel, Robert des Moustiers, Pierre de Sainte- Croix, Philippe de Mirebel, Jean d'Estrehan, Guillaume de Mauny, les religieux de Montebourg, Richard de ToUevast, Raoul de Meulan, etc., qui possédaient des terres mouvant de Mézidon.

Les religieux de Grestain administrèrent cette baronnie pendant un siècle et demi. Ils se décidèrent, en 1489, « en vue du profit et utilité de leur couvent », à la mettre hors de leurs mains et à la céder au prieuré de Sainte-Barbe-en- Auge, lequel en contre-échange djonnait à Grestain la terre et seigneurie du Mesnil-Ferry assises en la vicomte de Pont- Audemer et que le prieur de Sainte-Barbe avait nouvellement acquise de l'abbaye de \otre-Danie-de-la-Victoire-lès-Senlis •. L'évêque diocé^^ain donna son consentement à la convention d'échange par lettres du 8 octobre 1489 -.

1. Voy. aux pièces justif.. n° oo. — Ce monastère fondé par Philippe Auguste en mémoire de la victoire remportée à Bouvines en 1214, fut nommé la Victoire, la Belle Victoire, Notre-Dame-de-la-Victoire. Louis XI }' vint plusieurs fois et lui obtint le titre d'église patriarcale; c'est le même roi qui approuva l'achat du fief du Mesnil-Ferry, en 1477. Un décret rendu le 27 octobre 1783 par l'archevêque de Reiras prononça la suppression de cette abbaye. — Graves, Précis stat. sur le canton de Senlis, p. 178. — Gallia christ., X, col. Io03-

2. Ce n'est donc pas au xvii'' siècle que le Mesnil-Ferry a passé à l'abbaye de Grestain, ainsi qu'il a été dit: Canel, Essai sur Varrond. de Pont- Au de mer, t. II, p. 483 ; Le Prévost, Méin. et notes, t. II, p. o04, et ainsi que d'après ces sources nous lavons à tort répété {Arch. de la ville de Ilonfleur, p. 359).

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Le Mesnil-Ferry ou Ferrey forme aujourdluii un hameau de Notre-Dame-du-A al, commune réunie en 1835 à Saint- Pierre. Le manoir seigneurial existe encore ; un ancien colombier indique le chef-lieu du plein-fief de haubert du Mesnil- Ferry. Une chapelle a existé sur ce fief; elle était sous l'invocation de Saint-Etienne. Au xyiii*^ siècle, époque où les aspirants bénéficiers ont été innombrables, Sainl-Ktienue du Mesnil-Ferrv a été donné à un gros personnage, à Louis du (]up d'Yssel, chanoine et promoleur du chapitre collégial de Saint- Vincent, au diocèse de Carcassonne, en 1704 '. Le rôle des liefs de la vicomte de Pont-Audemer fait connaître que la sergenterie héréditale du Mesnil-Ferry, dont Torganisation devait remonter à des temps très reculés, comprenait plusieurs branches et s'étendait sur soixante dix-sept fiefs, arrière-fiefs et vavassories '^. Nous ne pouvons pas, — cela d'ailleurs serait hors de propos, — établir la chronologie des sergents héréditaux du Mesnil-Ferry, cependant on en peut citer deux : en 1343, Richard du Bosc remplissait les fonctions de cette sergenterie ; en 1418, Raoul du Feugueray en était titulaire par don du roi. Deux ans plus tard, le sergent fieffé du Mesnil- Ferry était un officier anglais. On peut se demander à quelle époque et par quelle inféodation, le fief du Mesnil-Ferry tenu du roi à cause du comté de Monfort a-t-il été constitué? Il serait difficile de le dire d une manière précise. Mais sa lenure féodale semble indiquer que ce fief a existé dès une époque lointaine, peut-être du temps du premier possesseur de Montfort-sur-Risle qui est présenté par les historiens normands comme la souche des Bertran de Briquebec et de Roncheville. Quoi qu'il en soit, sans donner de longs détails sur les seigneurs du Mesnil-Ferry, nous pouvons rappeler qu'un

1. Son parent, Raymond du Cup d'Yssel, ancien mous<(uetaire à cheval, écuyer de Mademoiselle, a élé lieutenant de roi à Ilonfleur, de lOSo à 1713.

2. De Formevilie, //«/. de V évèch'-coinlé de Lisieiix, 11, 'M''*, 384-.

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Guillaume « de Mesnillo-Ferrici » faisait accord, au mois de janvier 1286, avec les religieux de Grestain •. Au xiv'' siècle, le Mesnil-Ferrj était aux mains de la famille Gaillon dont une branche résidait dans le pays, notamment à Beuzeville ^ Les noms de plusieurs Gaillon sont connus depuis le xii^ siècle ^. Ives de Gaillon, Fromond de Gaillon, Eudes de Gaillon sont mentionnés dans les titres généalogiques de la maison de Montmorency en Tan 1145. On cite un Imbert de Gaillon qui a été chancelier de Philippe II, en Tannée 1192. Mais l'origine delà famille ne présente qu'une parfaite obscurité quoique les généalogistes en aient fait remonter les générations jusqu'aux temps des croisades et de la conquête de l'Angleterre. Au mois de mai 1390, Jeanne de Tournebu était veuve de Jean Gaillon, chevalier, qui avait joui par don de Philippe V le Long « de la tierce partie du marché de Beuzeville et du moulin de Lachy » depuis Tannée 1317. Ce Jean de Gaillon avait eu onze enfants. L'aîné nommé aussi Jean de Gaillon était au pays de Galles avec le duc d'Alençon, au mois de septembre 1404. C'est l'expédition du comte de la Marche, Jacques de Bourbon, qui « accompaignié de grandement de grans seigneurs, nobles, grant quantité de jeûnez gens, arbelesliers et archiés », mil à la voile du port de Brest à la Saint- Martin d'hiver ^. Il est possible que ce soit le même Jean de Gaillon qui figure en qualité de chevalier bachelier dans une montre de la garnison de Honfleur reçue le 6 août 1413 \ A la même époque, un Colart de Gaillon, écuyer, servait dans une compagnie d'hommes d'armes avec Durant de Thieuville,

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