Lire : « le dernier jour de mai
5. Rêver, Voyage des élèves de l'Ecole centrale de l'Eure, p. 61.
SAI.NT-OL'i-iN Ui: GHKSIAI.N 119
n'a jamais eu celte significalion. Il désigne ici la réunion des bâtiments d'exploitation contigus aux bâtiments claustraux, • les uns et les autres construits dans le même enclos. Le texte ajoute : de villa prodiil igiiis. De la vilhi, le feu gagna et consuma le couvent, ce qui suppose des constructions très rapprochées. Mais on ne saurait se mettre trop en garde contre les traditions locales et ne pas craindre d'en écarter la fausseté, quelles que soient les contradictions qu'on pourra susciter. A nos yeux, on s'est égaré sur l'existence d'un village considérable, dit l'un, d'un bourg dit l'autre, lequel aurait été situé près des murs de l'abbaye de Grestain au xii^ siècle ^ Aucun document connu n"a signalé ce village ou détruit par le feu ou englouti par la mer. Pour notre part, nous ne croyons pas que l'abbaye de Grestain ait jamais donné naissance à une agglomération d'habitants de quelque imporlance.
On a dit qu'à tout le moins une église s'élevait aux portes du couvent. Le fait est exact. On peut ajouter que quelques chaumières y avaient été également bâties par le petit groupe d'hommes de peine et de cultivateurs qui gravitaient autour du monastère. Comme l'accès de l'abbaye ne leur était pas permis pour les offices religieux, ils avaient une église ou plutôt une simple chapelle que le clergé de Carbec desservait. Cette église sous le vocable de Saint-Ouën a constitué un bénéfice dont les dîmes n'avaient jamais été affermées plus de 90 livres, somme bien insuffisante pour l'entretien d'un desservant. Ce bénéfice ou cure se retrouve dans les pouillés joint à la cure de Carbec : les deux paroisses ne réunissaient pas plus de quarante-cinq à cinquante personnes ; Grestain en fournissait douze à quinze.
En 1743, l'église de Sainl-Ouën de Grestain, couverte en
1. De Saiiil-Aniiiiid, Lollrea d'un voijageiir, p. 275. — Canol, Essai hist. sur l'arr. de Ponl-Aiidenier, t. II, p. 4o8. — Le Prévost, Méni. et noies, t. II, p. 470. — FouquitT, ncchcrches sur le canton de Bcuzeville, p. 160, 161.
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chaume, non lambrissée, mal pourvue d'ornements, était en si mauvais état que l'on en demanda la suppression. Antoine de Malherbe, abbé de Grestain, y donna son consentement. Les religieux et les paroissiens tombèrent d'accord pour approuver l'extinction. En conséquence, le 9 octobre 1744, l'évêque de Lisieux prononça la réunion des bénéfices de Grestain et de Carbec, déclarant en outre que l'église de Saint- Ouën serait incessamment démolie, « et que le lieu sur lequel elle est actuellement bâtie, ainsi que le cimetière ^ seront dûment clos de hajes pour suppléer dans le besoin au cimetière de Carbec '^ ».
Gomme titulaires de cette cure, nous connaissons François Vimont, en 1665; Nicolas Lefebvre, en 1690, curé de Carbec en 1694. — Élie Commely, vicaire de Genneville, curé de Grestain en 1695. — Pierre Laillier, curé de Grestain en 1724, décédé en 1740. — Jean-Antoine Thibout d'Anisy, curé de Grestain et de Carbec en 1740.
Droits et coutumes. — En outre des possessions qui devinrent inaliénables comme les églises et les chapelles, il y avait de plus des biens d'un autre genre. Nous voulons parler des droits et produits de toutes sortes qui étaient des revenus seigneuriaux. Mais on ne trouve à citer que des espèces de droits et de coutumes déjà connues : droit de cour et usage, de garde, de tiers et danger, de monte sèche et monte verte, ou des redevances comme la dîme que 'l'on payait en nature ou en argent. Toutefois, à l'origine, l'abbaje de Grestain avait été dotée d'un droit sur un marché, que nous devons signaler.
Robert de Mortain avait donné aux religieux le marché de Fiquefleur avec la coutume de la foire du même lieu : mercatum de Fiskefluctu quietum et feriam ipsius villae cuni
1. Auquel Tusage était de donner le nom de cimetière des Xoyés et non pas Noyers.
2. L'abbé Piel, Insinuations ecclésiast. du diocèse de Lisieux, t. 111, p. G67.