‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 81 sur 185 · Et hordarios et piscatores quos Un habehat · texte numérisé non relu

Et hordarios et piscatores quos Un habehat

5. Dédit etiani totum werec quod invenietur a spina Berville usque ad Xigruin portuni uhicunique mare illud projiciat, etc.

126 LABBAVE DE iNUTUE-DAME DE (iHESTAIN

assise entre le comlé de Tancarville el la baronnie de Roncheville. Cette situation fit naître plusieurs j3rocès par la raison que ces deux seigneuries avaient toujours été en la main de personnes puissantes qui, dans les premiers temps, avaient tâché de se rendre maîtres de la Seine à 1 exclusion de tous leurs voisins '. Il s'en suivit que les religieux de Grestain furent contraints de réclamer l'autorité de la justice pour se maintenir dans des droits de pèche qu'ils avaient eus sur la Seine depuis la fondation de leur abbaye. Si l'on analyse plus à fond les titres du comté de Tancarville, on peut énumérer le nombre des contestations qui s'élevèrent entre Tancarville et Grestain « pour les droitures, pescheries et eaues de la rivière de Seine ». Les unes furent terminées par des transactions, les autres par des jugements. Du xiii'' au xv^ siècle (1286-1465), nous avons compté neuf transactions ' et durant la même période on remarque un procès qui a duré cent ans, de 1310 à 1409. Pendant les siècles qui suivirent, d'autres instances ont eu une durée de cent soixante-dix-huit ans (avec quelque repos pour les gens de loi dans l'intervalle) de 1517 à 1695 ^. Les religieux, disait leur abbé, n'auraient pas importuné la cour du parlement de Rouen s'ils avaient eu la liberté de porter leurs plaintes directement aux comtes de Tancarville ; mais cette liberté ne leur était pas ouverte. Ce haut suzerain ne s'occupait pas de l'administration de ses terres. L'abbaye avait donc à se défendre contre les procédés d'agents

1. Voy. aux pièces justif., n» 98, l'arrêt de 1672 reportant la contestation jusqu'à ses commencements.

2. En février 1287; en 1314; il février 1409; 25 août 1412; 18 décembre 1423 ; 7 avril 1424 ; 2 août 1427; 9 mars 1435; 29 septembre 1465. Quatre de ces transactions se rapportent au temps de l'occupation anglaise.

3. En 1517 devant le bailliage de Pont-Audemer ; en 1542-1545; en 1548; en 1602-1618 ; en 1643-1672; en 1675-1695. Les deux derniers arrêts du parlement de Rouen qui ont réglé la question litigieuse entre Tancarville et Grestain sont du 2 avril 1672 et du 27 août 1695.

DKons i-:t coltl.mes 127

subalLeiiK's. De semblables plaintes ont dû se produire fréquemment chez les religieux et chez les habitants des campagnes où l'on vivait dans l'isolement, à la merci des receveurs spéciaux, des officiers de justice procéduriers et cupides. Les moines ainsi que les paysans prenaient leurs précautions contre la force. De là, les innombrables procès portés devant le parlement de Rouen pour des causes qui aujourd'hui nous paraissent de peu d'importance.

Pour la conservation du droit de pêche d'une grande utilité pour l'abbaye, les religieux étaient tenus de payer par an au roi un esturgeon, le premier que leurs pécheurs prenaient dans la rivière '. « Et le devons paier en sa recette du Pont- Audemer, au viconte dudit lieu, et ledil viconte doit paier six sols à cellui qui le porte pour bailler à cellui qui l'a peschié * ». Du même droit de pêche, l'abbé et les religieux de Grestain rendaient aveu en ces termes : c Item à cause de nostredite esglise et abbaye nous appartiennent les coustumes, marées, eaues, eauyes, varest et autres revenues en l'eaue de Seine, ou costé devers le su depuis le gort de Quillebeuf jusques au Xoirport près de Honnefieu, et es dittes mettes avons haulte, moyenne et basse justice et plusieurs autres revenues toutes et quantes fois que le cas y eschiet ^ »

L'usage de la pêche sur le rivage qui s'étendait à l'est de l'abbaye avait aussi attiré l'attention des religieux. Nous les voyons, se fondant sur les donations de Robert de Mortain, s'occuper de s'assurer la propriété et la surveillance de la pêche depuis Berville jusqu'à Foulbec. La cour de Rome paraît même être intervenue à ce sujet. C'est que la propriété des « us et coutumes » sur ce rivage leur avait été contestée par l'abbaye de Jumièges qui possédait la terre de Conte-

1. Redevance mentionnée dans la charte confirniative de 1189.

Page 1