‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 93 sur 185 · Clamageran, Hist. de l'impôt en France, II · texte numérisé non relu

Clamageran, Hist. de l'impôt en France, II

Li;s AlUtÉS COMMENDATAIIŒS 1 io

baye. Les emlnirras des religieux apparaissent très nellement, et voilà pourquoi nous les voyons aliéner des terres à Lilletot, Fourmelot et Saint-Aubin pour acquitter la taxe ', On peut être convaincu qu'une longue et triste période de détresse a pesé alors sur Greslain, que les décimes exigés étaient devenus une charge de plus en plus pénible. En 1376, l'abbé Jacques Marlet astreint à donner au fisc une rente de 12 écus se plaint de ne pouvoir la payer ; il se décide à vendre les biens immobiliers de l'abbaye. « Le sieur abbé de Grestain pour satisfaire à partie de sa cottization montant à douze écus de rente a faict vendre les fîefz et seigneuries de Beaulnay et cent acres scituez au dioceze de Rouen, par la somme de 730 livres dont l'adjudicataire a esté chargé de payer au receveur des décimes dudit Rouen lesd. xviij den. et vj. den. pour livre ^ ))

1. Arch. nal., G*^. 1232. Aliénations des biens d'Église, au diocèse de Lisieux. Au mois d'octobre 1503, les religieux de Grestain avaient vendu d'autres biens : " Le fief, terre et seigneurie de Grestain, assiz es parroisses de Fourniauville et de Triqueville et des envyrons, deppendans du temporel de l'abbaye de Grostaing, évalué sur le prix de dix liuict livres huict solz de rente et revenu annuel, a esté adjugé à maistre André Leprévost, advocat en la court de parlement de Rouen, ad ce prix et somme de quatre cents soixante-cinq livres tournois, pour une foys payée au recepveur général, etc. ». — « Le fief, terre et seigneurie de Saint-Quentin-des-Carderonnettes, assiz en la paroisse dudict lieu, vicomte de Mortaing, deppendant de ladicte abbaye de Grestain, évalué sur le prix de quatorze livres, deux sols, dix deniers de rente et levenu annuel, a esté adjugé à maistre Robert le Maryé, escuier, demeurant à Tyncbebray, au prix de trois cents soixante livres tournois une fois payée, etc. »

En liSGO, Tabbaye de Cormcilles mit en vente les fiefz d'Aubermesnil et d'Anneville, en la vicomte d'Arqués, mais en se réservant le patronage des églises et les dîmes, « lesquelz fiefz ils avoient évalués à 80 livres tournoiz par an sans y comprendre les choses réservées. » Les deux fiefs furent acquis par Antoine Le Moyne, bourgeois de Dieppe.

D'autres ventes de biens ecclésiastiques furent prescrites en octobre 1574, juin 1570, février 1580, août 1587, mais ces ventes devaient être opérées avec faculté de rachat des biens aliénés.

2. Arch. nat., G» 1253 n° 47 f. État des recepte et despence faictes des deniers provenants de l'aliénalion du temporel de TÉglise (1576).

Gh. MnKAiiii. — L'nhhnfic de \otn'-l);t)i>c de dreslnin. lO

146 l"a1!BAVE de NOTRE-DAME DE GRESTAIN

Dans le haut clergé, les embarras n'étaient pas moins grands. N'avait-on pas vu, en 1363, l'évêque-comte de Lisieux autoriser la vente de la baronnie de Thiberville à Jean Férey, de la terre et sieurie de Mongenouil, de la baronnie de Glos, de la baronnie de Nonant au diocèse de Bayeux, acquise par Hervé de Longaunay. Imitant cet exemple, le chapitre de Lisieux avait aliéné les fiefs de Putot-en-Auge, de la Pommeray et de Saint-Pierre-Azifs '. Le produit de ces ventes devait fournir « la somme de 2.000 escuz sol. de rente et revenu annuel du quoy ledit dyocèse avoit esté taxé de cent mille escuz de revenu annuel ordonnez estre venduz du temporel du clergé de ce royaulme ». Les terres qui avaient été vendues étaient estimées moitié de leur valeur réelle ; elles furent rachetées en partie.

Aux années qui suivirent, d'autres taxes exceptionnelles s'appesantirent sur l'abbaye de Grestain.

XXXn. — Jean X le Breton, aumônier du roi, abbé de Nisors au diocèse d'Agen, avait été placé sur le siège archiépiscopal de Bordeaux en 1592. Sa nomination souleva des difficultés à Rome ; elle fut rejetée par le pape Clément Vin. Pour consoler son candidat et compenser ce fâcheux déboire, Henri IV pourvut Jean le Breton de l'abbaye de Saint-Jouin de Marnes, en Poitou, du prieuré de Saint-Loup et de la commende de Notre-Dame de Grestain. Il était abbé de Grestain vers le mois de novembre 1397 ~,

1. Arch. nat., G^ 12d2. Biens immeubles du temporel du clergé au dioceze de Lisieux vendus et allienez suyvant l'édit (1563).

2 .L'abbaye resta en régale quelque temps. — Pièces justif., n° 64.

Nous avons recueilli un acte du 12 octobre de Tannée suivante. En voici quelques lignes (année 1598):

« De la partie de noble homme et santicfique personne messire Jehan le Brethon, abbé commendataire de l'abbaïe de Nostre-Dame de Grestain, slipuUé par noble homme Nicolas Druel, son procureur et receveur général au revenu de ladite abbaïe de Grestain, exposé et donné à entendre nous a esté

LLs AiutKs commj:.ndaiaiui:;.s 147

mais ses ])iilles, dil le (îcil/ia clirislinnit^ ne lui turent expédiées que le 20 juin 1600.

Au mois d'avril 1606, Jean le Breton était présent devant les tabellions de Hignac ' et donnait une procuration spéciale à iNicolas Druel, écuyer, receveur et superintendant général de la maison de Grestain '-. Jean le Breton, ou M. de Xisors selon Tappellation par laquelle on le désignait, mourut Tannée suivante, en 1607.

XXXIII. — François Petit, nommé par le roi, dit le Gallia, a été le 33*^ abbé de Grestain, en 1607. En dehors de la mention des Bénédictins, aucun document ne le fait connaître. On est porté à croire que son abbatial a duré un mois à peine, attendu que le receveur-fermier de Tabbaye tenait, dès le 4 mai 1607, la recette générale de Grestain pour le baron de Termes dont le nom est cité plus loin '^ Mais aucune des pièces que nous avons recueillies ne dit rien ni de François Petit, ni de sa nomination au siège abbatial de Grestain, ni enfin de sa famille. Les documents néanmoins permettent de conjecturer certaines choses ou d'en deviner d'autres, et, tout au moins, de croire que François Petit, abbé commendataire de Grestain, appartenait à ime famille de traitants aussi riche que décriée qui, issue d'un hôtelier de la rue Saint- Denis, Y logeant à l'enseigne des Trois Maures, se fît une fortune très grande en servant utilement Michel Parlicelli d'Emery, contrôleur général des finances '*.

que audit sieur al)l)é el rt'li<;ieul.\ conipetlc et appartient le droit de pescherie à rez, filletz et fourrez en la rivière de Saine sur l'estendue de ses terres. » — Arch. dép. de la Seine-Inf., Fonds de Tancarville, liasses intitulées: Eauries, Pêches.

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