‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 95 sur 185 · Pièces justif., n · texte numérisé non relu

Pièces justif., n

6. A la même famille appartient Jean-Louis Hal)ert de Fargis, cbevalier, seigneur de Montmort, comte du Mesnil, intendant de la marine au Havre en 1684, intendant des armées navales en 1710; mort le 6 décembre 1720.

nommé évêqiie-comte de Cahors et grand aumônier de Gaston d'Orléans. Il fut sacré en 1627 et mourut le 3 mars 1636 ; il fut inhumé aux Chartreux de Paris, où l'on voyait son épitaphe ^ .

Sous cet abbé, l'abbaye de Grestain comptait huit religieux. De 1613 à 1644, on trouve deux prieurs, D. Jacques Le Carpentier et D. Jean Le Mercier ; les religieux : D. Jean-Baptiste Thirel, D. Guillaume Harou, D. Guillaume Lenguigneur, D. Guillaume Le Chevallier, D. Claude de Grosourdy, D. Pierre Baynel, D. Jacques Thirel, profès. En 1644, une transaction fait connaître que l'abbaye comptait sept religieux prêtres, un novice et un clerc.

Le 11 juillet 1640, les moines avaient fait bail à Jacques Pynel dit la Feuillade, des dîmes, deniers, grains, œufs, oiseaux, reliefs, treizièmes, amendes, qui pouvaient leur appartenir à cause de leurs chapelles, moyennant la somme de deux cents livres par an ~.

Le monastère de Grestain aurait pu à ce moment être soumis à un changement qui aurait renouvelé et probablement prolongé son existence. C'eût été d'y introduire la réforme naissante d'une congrégation connue sous le nom de congrégation de Saint-Maur et qui avait été constituée par lettrespatentes du mois d'août 1618. Le prieur de l'abbaye de Cluny avait été le principal instigateur de cette réorganisation qui fut reconnue en cour de Rome en 1621. On n'entendait pas par réforme l'établissement d'un joug nouveau mais la restauration des règles anciennes. Or, dans l'institution des réformes

1. Bibl. nat., Pièces orig. vol. 14(iO, n°^ 81, 88 ot 89; vol. 1461, n»^ 349, .3oO et 3ol ; Dossiers bleus, vol. 343, où on ajoute à son nom patronymique la qualification de Montmnrt quoique ce nom paraisse avoir été porté par son frère Jean P"" Habert, trésorier de l'Épargne et conseiller d'Etat, ayant épousé Anne Hue, dame de la Brosse.

2. Acte du 27 octobre 16a7, dans les min. du tal)ellion. de Grestain. Voy. un autre acte de lfi40, pièces justif. , n" 91.

LES ABBÉS COMMENDATAIRES ISi

on laissa les religieux maîtres de s'y soumettre ou de s'y soustraire ; de là sont venues les anciennes observances et les nouvelles ; de là sont venus les monastères du grand ordre de Saint-Benoît et ceux des congrégations. Les religieux de Saint- Maur remplacèrent les disciples de Saint-Bernard à Bernay, à Saint-Evroull et à Préaux. Les abbayes de Grestain et de Cormeilles refusèrent d'adopter la nouvelle règle ; elle aurait peut-être été un élément de résurrection pour ces cloîtres qui se dépeuplaient ". Mais aucun abbé commendalaire ne s'abaissait jusqu'à venir sur place constater les plaies de ces vieilles communautés qui, faute de recrutement, se mouraient. Cependant, dans notre région, l'un de ces abbés se montra tout à coup dans l'abbaye dont il était titulaire, à Saint-Pierre de Cormeilles. C'était jNL de Belloy, évêque de Marseille. Sa visite inopinée lui permit de constater que Tabbaye était livrée à peu près à l'abandon. Il en obtint la suppression en 1779. Un peu plus de vingt années auparavant, Notre-Dame de Grestain avait été l'objet de la même résolution sur la demande des religieux eux-mêmes.

XXXA'L — Augustin de Tnou, conseiller et aumônier du roi, abbé de Manlieu en Auvergne, de la Roe en Anjou, fut le 36^ abbé de Grestain, par résignation, en 1621. Il était fils de Christophe de Thou, président à mortier, et d'Anne de Neufville-Villeroy. Le Gallia christiana a omis le nom d'Augustin de Thou dans la liste des abbés de Grestain.

Le 6 août 1632, par-devant un notaire d'Angers, messire Augustin de Thou, abbé de Grestain, constituait pour son procureur Guillaume Charlemaine, sieur de la Champagne, con-

1. En i740, D. Doisnel de la Morie, diacre et religieux profès de la congrégation de Saint-Maur, obtenait un bref de Sa Sainteté qui l'autorisait, pour cause de santé, à passer en l'abbaye de Grestain. Les règles monastiques y étaient en effet moins rigoureuses.

152 l'abbaye de NOTRE-DAME DE (IRESTAIN

seiller et élu pour le roi en Téleclion de Pont-Audemer, u pour faire annuler la prétendue aliénation des fiefs, terre et seigneurie de Mulleville près la mer \ au diocèse de Goutances, appartenant à l'abbaye, ci-devant faite par messire Pierre Habert, lors abbé comniendataire de l'abbaye, devant les notaires de Paris, en faveur de Charles Belin, écuyer, moyennant 2.500 livres ' ».

Augustin de Thou n'était plus abbé de Grestain vers le milieu de décembre 1643. Il s'était substitué un neveu, fils d'Anne de Thou, sa sœur, qui avait épousé François Savary de Brèves, marquis de Maulévrier, ambassadeur à Gonstantinople et à Rome. L'abbé de Grestain qui suit était le troisième fils de ce célèbre diplomate.

XXXVII. — Gaston-Jean-Baptiste Savary de Brèves, 37^ abbé. Il a, comme le précédent, été omis par le G allia \ Gela vient sans doute qu'il ne posséda l'abbaye de Grestain que pendant quelques mois seulement.

En 1633, Gaston Savary, comte de Brèves, conseiller et aumônier du roi, obtint du pape Urbain VIII l'abbaye de Montmajour, au diocèse d'Arles, dont était pourvu son frère, Gamille Savary de Brèves, comte de Maulévrier, qui fut gouverneur puis maître de la garde-robe de Gaston d'Orléans. Dix ans plus tard, Gaston de Brèves disposait de ce bénéfice par permutation avec le cardinal Alexandre Bichi, évéque de Garpentras. Il reçut en échange l'abbaye de Gorneville-sur- Risle. Le 25 août 1643, il nommait sénéchal de cette abbaye Antoine Loynel, avocat à Pont-Audemer^. Quelques mois

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