‹ L'abbaye de Saint-Étienne de Caen, 1066-1790Chapitre 2 sur 107 · X PB^FACE · texte numérisé non relu

X PB^FACE

L'histoire monumentale, la description de l'église et du monastère (1)9 objet d'un grand nombre de publications spéciales>ne pouvaient donner lieu à im travail nouveau. J'ai dû me contenter de résumer les opinions émises par les savants anglais et normands 9 en y ajoutant les détails que m'ont offerts les textes, malheureusement peu nombreux 9 qui m'ont permis de hasarder quelques conjectures, sur plusieurs points encore aujourd'hui douteux.

J'ai pu donner , dans une autre partie de cet ouvrage , la liste des redevances auxquelles étaient assujettis envers l'abbaye ses tenanciers et ses vassaux. Quelques-unes des particularités que je signale justifieront l'importance que l'on attache aujourd'hui à la publication des cartulaires de nos grandes abbayes. C'est là que l'on étudie les phases diverses, par lesquelles ont passé les classes laborieuses, soumises d'abord à des servitudes personnelles^ converties, par suite des progrès du temps, en redevances pécuniaires, supprimées elles-mêmes plus tard lorsqu'en vertu d'un dernier progrès , l'homme , dans toutes Us conditions où pouvait le placer la Providence, n'eut plus à relever que de son travail, c'est-à-dire de lui-même.

La Société des Antiquaires de Normandie a désiré que l'historien de l'abbaye de St. -Etienne recherchât tout ce qui pourrait faire connaître les rites et les usages suivis par elle dans ses cérémonies religieuses , et dont l'ensemble composait sa liturgie particulière. Il était utile qu'après avoir étudié l'établissement religieux dans ses rapports avec .la société et le monde extérieur , on pût assister aux exercices et aux occupations de la vie claustrale. Mais il ne pouvait sortir de mon travail qu'une esquisse bien incomplète. Je n'ai voulu dire, sur le cérémonial particulier observédans l'abbaye,

(1) C*e8t aajourd*hui le lyeée de Caen. Tun des plos beaoi de France, nu contredit, et dont les belles constructions eommencées, en 1707, ont été achevées sons la longueet lëoondeadninHtntkNi de M. Pabbé Daniel, aajourd*bai Mg'. rÊTèqoe de Coutanoes.

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que ce que je savais , et je n'ai pu savoir que ce que m'ont appris quelques notes informes, glanées au milieu des papiers laissés par les Bénédictins de St. -Etienne.

La dernière partie de mon livre aurait pu être beaucoup plus longue et plus détaillée. Là les matériaux abondaient , mais c'est là surtout que j*ai dû résister au besoin de tout dire, contre lequel l'écrivain ne saurait trop se mettre en garde.

Le plus grand nombre des titres que conservent les Archives du Calvados concerne l'administration des immenses propriétés léguées aux monastères par la piété des princes et des seigneurs. C'est à l'obligation imposée, dans tous les temps , aux grands propriétaires , de défendre leurs biens contre des voisins avides, que nous sommes redevables de cette foule de documents , non pas précisément destinés à servir de matériaux à l'historien qui s'en empare, non hos quœsitum munus in usas, mais conservés le plus souvent dans les dossiers des procédures.

Les détails topographiques auxquels je me suis borné serviront à faire connaître de quelle utilité peuvent être » même pour des recherches étrangères au sujet que j'ai traité, ces amas de pièces inédites que renferment les archives de nos provinces et dont l'administration poursuit avec un zèle si louable le classement définitif.

Il y aurait de ma part ingratitude à ne pas reconnaître que, toutes les fois que les documents inédits ont manqué à mes recherches, j'ai trouvé d'utiles renseignements dans tous les ouvrages imprimés qui ont eu à s'occuper directement ou indirectement des destinées de notre abbaye. Nos vieux historiens Guillaume de Jumièges, Guillaume de Poitiers et Orderic \ital ; les Recherches du bon et consciencieux de Bras , les Origines du savant Huet, les Essais de l'abbé De La Rue, V Histoire de Caen, de M. F. Vaultier et celle de M. G. Mancel , l'excellent Précis

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de M. G. -S. Trébutien, \e Bulletin monumental de M. deCaumont, ne pouvaient être consultés, sans utilité et sans fruit.

Mais c'est surtout parmi cette foule de documents inédits qu'a publiés , dans ses Mémoires , la Société des Antiquaires de Normandie , et dans les savantes monographies dues aux travaux de ses membres les plus distingués , que j'ai été heureux de puiser, toutes les fois que j'ai eu des doutes à éclaircir , ou des renseignements certains à recueillir. Il m'est doux de reconnaître que c'est à ses publications qu'est le plus redevable l'ouvrage , dont elle a provoqué la composition et qu'elle a signalé à l'estime publique, en l'honorant de ses suffrages.

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