FONDATION DE L'ABBAYE
Personne o'igoore eo quelles circoDstaoces a été foDclée l'abbaye de Su-Édeooe de CaeQ. Frappés d^eKComoiiiiiicatKm , par suite de leur mariage cootracté daas ud degré prohibé par l'Église , Guillaume, duc de Normandie, et MatbUde, fille de Baudouio-le^Pieux, comte de Flandre, n'obtinrent leur pardon qu'après avoir promis d'ériger deux mooast^*eB ; l'un d'hommes et Tautre de femmes. Ce fut dans la ville de Caeo , devenue depuis quelques années leur séjour de prédilection , que les deux époux résolurent de satisfaire au double engagement qu'ils avaient pris. Élevées l'une à rorient, l'autre à l'Occident de la ville, les deux églises de S**.- Trinité et de St. --Etienne , debout encore après une durée de huit siècles, couronnent magnifiquement le riche point de vue que présentent les édifices religieux d'une ville , qui , plus que toutes les autres cités normandes , a le dnnt de s'appeler la ville de Gnillaume-le^Gonquérant.
Le mariage du fils d'Hariette, de Falaise, et de Robert-le-Magn!Gque , avait eu lieu en l'année 1053. C'était avec une vive satisfaction, que le Comte de Flandre avait uni sa fille à l'héritier des ducs de Normandie ,
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qui , alors âgé de 26 ans , venait de triompher définitivement , au Val-ès- Dunes , des obstacles dont avait été assaillie sa jeunesse , et Taisait déjà pressentir les glorieuses destinées qui Tattendaient
La beauté , les vertus de Hatbilde lui avaient d'avance gagné les cœurs, et son arrivée dans la Normandie avait été saluée par de joyeuses acclamations. Mais la fille' de Baudouin était petite-fille de Richard II, aïeul paternel de Guillaume. Le mariage avait été célébré sans que Ton eût demandé les dispenses de TÉglise, et TÉglise revendiqua hautement ses droits méconnus. L*archevêque de Rouen , Manger , oncle du duc de Normandie (i) , excommunia les deux époux , et les prélats les plus distingués de la province élevèrent la voix pour rappeler à Tobéissance le prince irascible et fier qui , pendant six ans, brava les foudres de TËglise et rerusa de se soumettre.
Parmi ceux qui avaient condamné Tinsoumission du Duc , nul n'avait élevé plus énergiquement la voix que LanTranc , alors prieur de Tabbaye du Bec , où Téclat de son enseignement et sa réputation de haute vertu attiraient de toute la France et de plusieurs pays de T Europe d'illustres disciples. Cet homme éminent qui devait plus tard seconder si puissamment la politique du Conquérant , n'éprouva d'abord que les effets de sa colère. Un ordre du Duc, qui, dès l'année 105&, avait Tait déposer l'arcbevéque Mauger, lai enjoignit de quitter son abbaye du Bec, et Lanfranc dut se séparer de ses frères et de ses disciples chéris , qui l'accompagnèrent jusqu'à sa sortie du territoire, en versant des larmes (2). Il voyait s'évanouir avec lui la prospérité du monastère fondé par Hellouin. Le premier historien de Lanfranc, Milon Crispin (S) nous représente
(1) Mauger ( Malgerios) était fils du duc Richard II et de Papia, sa secoode femme. Voir sur ce fait : Àeta arehiepiuoponmRotomagensitm, p. A80 ;— Guillaume de Jumièges, L tu, c. SA ;—Orderic- Vital, 1. Y, p. 566 ( Edition de Duekâine); — GoOlaume de Poitierty p. i9&; — GuUlaame de Malmesbury, I. ui, C 61 • apud Rentm MigUeamm êeriptores*
(2) Hujus tam improvida jussionis causam agunt quod idem Lanfrancus coutradicet)at DupUis filiae comitis Flandriae, quam sibi dux oopulaverat in matrimonio, quia proxima camis consauguinitate jungelMtur ( Vita Lanfranei, p. S88, édit. Giks). Ce motif est plus plaiisil>le qneceloi que doooe G. de Malmesbury , qui attribue le courroux de Gaillaume à une insulte fidte par Lanfranc à son aumônier Hemost, envoyé par son maître à Tabbaye du Bec. Lanfranc, pour le convaincre publiquement dMgnonince, lui aurait offert par dérision un alphabet h lire.
(8) {ÛEmura de Lanfrant, édit. de D.'L. d'Achery, p. 4, et édiL de i.-A. Giles, t. I, p. 381 ;. —