‹ L'abbaye de Saint-Étienne de Caen, 1066-1790Chapitre 41 sur 107 · CONSTRUCTION DB L^ÉGLISB KT DE L* ABBAYE. &H · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DB L^ÉGLISB KT DE L* ABBAYE. &H

TaUribuer précisément aux dépenses occasionnées par la construction du chœur, et la date de ce déficit ne viendrait-elle pas à Tappui de l'opinion qui, se Tondant avec tant de raison sur le style de Tédifice, ne peut en faire remonter la réédification qu'au commencement du XIIP. siècle?

On connaît d'une manière plus précise l'époque à laquelle a été construite la grosse tour du milieu , qui remplace assez lourdement une haute tour, à pyramide, semblable aux deux qui ornent la façade occidentale et qui existait encore, en 168/i. Déjà détruite une première fois et rétablie au temps de la deuxième invasion des Anglais, elle s'écroula en partie après 1562, et vers l'année 1705, elle Tut rétablie dans la forme que nous lui voyons aujourd'hui.

La plus grande des chapelles de l'église St. -Etienne, est celle de Hallebout. On admirait sa voûte ogivale , ses cinq belles fenêtres dont quatre regardent le Nord et l'autre le Sud; détruite en 1562, elle fut reconstruite en 1620. On y voit aujourd'hui une fausse voûte en plâtre. Les fenêtres ont été refaites il y a quelques années seulement; elle a 50 pieds de long sur 25 de large. Les armes de la famille Hallebout étaient autrefois représentées à la voûte de cette chapelle.

Parmi les seize chapelles qui ornent le pourtour du rond-point, la première que l'on trouve à droite immédiatement après la grille a été convertie en sacristie, par D. Jacques de Pudecotles, qui la fit clore par une très-belle boiserie. Elle était dédiée à saint Edmond et à saint Thomas. C'est par elle que les religieux passaient de leur cloître dans l'église ; elle se distingue de toutes les autres par son étendue et l'élégante proportion de ses voûtes.

A l'extrémité du rond-point, par la chapelle des Docteurs ou desTrois- Martyrs (saint Etienne , saint Laurent et saint Vincent), on sortait de l'église pour entrer dans la cour de l'infirmerie.

A la suite de la chapelle des Docteurs était celle de la Vierge, qui occupait comme aujourd'hui le centre du rond-point, puis celles de St.- Nîcolas et de Sf. -Madeleine. Les autres chapelles étaient consacrées à saint Pierre et à saint Paul; à saint Denis, à saint François et à saint Roch; à saint Maur et à saint Gilles.; à saint Jean rÉvangélisle. à sainte Suzanne et à sainte Scholastique; à saint Victor, aux saints Innocents, à saint Martin, aux saints Anges, à saint Benoît et à sainte Catherine.

S&2 ABBATE DB SAINT-âTIENNB DB CAEN.

Les Stalles adossées à la muraille étaient autrefois surmontées de riches lambris, ornés de sculptures; mais ces lambris assez élevés dérobant de chaque côté la vue du chœur , on les supprima , lorsqu*en 180& , Téglise Tut érigée en paroisse. Les deux piliers que Ton voit à droite et à gauche, entaillés en forme d'ornement, auraient interrompu la ligne des stalles supérieures , si on eût employé ce moyen. D. Ribard racontait que Tarcbitecte Tavait d'abord inutilement proposé aux religieux, qui craignaient de compromettre la solidité de Tédifice. Mais comme c'était un homme sûr de son fait, il choisit, pour exécuter son dessein, le moment où les religieux étaient au réfectoire ; de sorte qu'à leur retour dans l'église, ils n'eurent qu'à le féliciter du succès de son entre* prise (1).

On ne voit plus, dans aucune de ces chapelles , les inscriptions latines qu'y avait fait peindre D. Mathieu de La Dangie , pour indiquer les noms des Saints auxquels elles étaient dédiées. La plupart ont reçu des vocables nouveaux. Des pierres tombales, dont il n'existe plus qu'un très-petit nombre , portaient des inscriptions indiquant les noms et les armes des religieux de l'abbaye qui avaient été inhumés dans l'enceinte de l'église. A côté de celle de la Vierge, dans la chapelle St. -Jean (consacrée aujourd'hui sous le titre de la Vraie-Croix) , contre le marche-pied de l'autel, on lisait lesépitaphes de D. Jean de Baillehache, de D. Mathieu de La Dangie et de D. Jacques de Cheval (2). Voici celle du premier :

HIC JACET D JOHANNES DE BAILHAGHE QUI ZELO ZELATVS PRO DOMO DOMINI ILEG SANGTA VESANO HiERETICOnVM FVRORE PENE SUBVERSA

(1) Une viiite à V abbaye de St.^ÉtienMt par M. Bdom, p. 15.

(S) Ces détails 9ont tirés d^une note qui se trouve à la fin de Thistoire ms. cie SL-Estieaoe, de Jeao de Baillehaclie, conservée à la Bibliothèque impériale (n». 9481, fonds de Lancelot) et publiée par MM. Bouet et Raymond Bordeaux, dans le t XII*. du Bulletin monumental de M. de GaumonL Elle a pour titre : Monumentt , blasonê et oufres antiquités de l'abbaye r</yaUe Moinct Estifinne de Caen , de$$ignéi par Jacque» Deêtouches, escuier, prieur de Rœhemont , de la paroisse de ffudimesnil^ ellection de Coutances , suivant les ordres de Monsieur Foucault, conseiller d* Estât, au mois de mars mil sept cents dix.

CONSTRUCTION DE L*]SCLI8B ET DE L*ikBBAT£. 3/i5

MVNOARI AG RENOYARI CVRAVIT. ASCETA FVIT 67 ANNIS^ ASCETARVM

PROTOPRIOR 40, oBirr

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