NOUVEAUX BATIMENTS
Les bâtiments actuels ont été commencés en 170A : la grande aile , construite à Torient et faisant suite au transept méridional de l'église, iorme la Taçade principale d'un vaste rectangle dont les côtés ne sont que le prolongement de ceux du cloître.
Les plans, comme nous l'avons dit, avaient été donnés par un religieux de l'ordre, Guillaume de La Tremblaye, auquel on attribue aussi ceux de Ste. -Trinité de Caen et de l'abbaye de St. -Denis.
La façade occidentale, commencée en 1730, n'a été achevée que de nos jours. Elles ont l'une et l'autre 315 pieds de longueur et 60 d'élévation , formant partout deux étages, indépendamment du rez-de-chaussée.
L'entrée actuelle est un pavillon , construit à partir de l'angle méridional de la façade de l'église , au milieu duquel sont le vestibule d'entrée, d'ordre ionique; le logement du portier et le parloir sur la gauche, à la suite duquel est le cloître, dont les côtés sont d'ordre dorique.
Les jardins, qui répondent à la façade de l'Est, avaient, en 1789, plus de 100 toises de longueur sur une largeur de 50.
C'étaient des parterres, des bosquets et des labyrinthes, dessinés avec beaucoup de soin. Les terres qui y avaient été rapportées alors, à près de 25 pieds de profondeur, étaient soutenues par un mur construit, à la même époque, en pierres de taille, et formant terrasse dans toute la longueur. De distance en distance des caves voûtées avaient été ménagées pour servir de serres. Le potager principal, dans lequel on descendait par
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UD bel escalier de pierre, orné de rampes de Ter, s'étendait sur une surrace de &80 pieds de long sur 250 de large.
Le mur orné d*une grille qui s'étend devant la grande Taçade , a été construit en 1810. Â celte époque , on ouvrit un passage à travers Ten* clos du collège royal, afin d'embellir la place du Palais-de-Justice el de procurer un accès facile aux grandes prairies ; ce qui diminua Tenclos de moitié. Le reste du terrain, planté de marronniers, est devenu la place du parc, à laquelle vient de donner plus d'importance la belle avenue que Ton a récemment percée à travers les jardins de la préfecture.
Le Petit-Odon qui traverse les jardins dans toute leur étendue était, au moyen d'un grand canal souterrain , conduit hors des murs de l'abbaye dans les fossés de la ville.
Les religieux trouvaient dans l'abbaye, avec toutes les servitudes nécessaires , un puits , des fontaines et un abreuvoir.
L'intérieur des appartements avait été construit avec autant de soin que la façade extérieure. Presque tous étaient parquetés et lambrissés. On admire encore aujourd'hui les lambris du réfectoire et ceux du Chapitre. Ils venaient d'être exécutés, quelques années avant la révolution, en chêne de Hollande ; ils montent depuis le parquet jusqu'à la naissance des voûtes. La grande salle du Chapitre, sauvée de la destruction, en 1793, parce qu'on y avait établi le district, est devenue la chapelle du lycée, et la salle qui la précède, la sacristie.
On conserve encore dans le magnifique réfectoire, autour duquel sont posées huit tables de marbre, un grand nombre de tableaux, acquis par les Bénédictins, à la fin du XYIIP. siècle. On en distingue quatre d'une grande dimension : un de Lépicier, de douze pieds de haut sur vingtsept de large , représentant la descente de Guillaume-le-Conquérant eu Angleterre au moment où, selon une tradition que l'histoire ne confirme pas, il fait mettre le feu à sa flotte; un autre de Mignard, de vingt pieds de large sur neuf de haut, représente Moïse dont la baguette fait jaillir de l'eau d'un rocher; un troisième de Bourdon, de la même dimension, est un Passage de la mer rouge; le quatrième de Le Brun, est celui qui est le plus justement estimé : il représente Moïse qui défend les filles de Jéthro. Indépendamment de ces quatre grands tableausç , il y en avait
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de plus petits qui ont été aussi conservés. Deax sont de Restout, le père; le premier représente les disciples d'Emmaas;etle second, Jésus- Christ guérissant un aveugle né. Il y en a deux autres de Lépicier : un Baptême de saint Jean, un Jésus-Cbrist bénissant les enfants.
Le nouveau logis abbatial , construit aux Trais de l'abbaye , de 1755 à 1759, n'offrait rien de remarquable; il n'en existe qu'une partie, et on y a ajouté de nouvelles constructions destinées à Tadministration du couvent de la Visitation. Les autres bâtiments que possédaient les Bénédictins, en-dehors de l'endos de l'abbaye, n'avaient aucune importance , à Texception de quelques maisons aux environs de l'église de St.-Ouen et de la place Yillers. Toutes ont disparu, pour faire place aux nombreuses constructions élevées pour le Bon-Sauveur, magniGque établissement qui, fondé il y a quarante ans à peine, sous l'inspiration de ce sentiment immortel de foi religieuse» auquel notre grande abbaye a dû son origine et ses accroissements, s'étend aujourd'hui sur toute la surface de l'ancienne paroisse de St.-Ouen de Yillers.