‹ L'abbaye de Saint-Étienne de Caen, 1066-1790Chapitre 91 sur 107 · BARONNIE DE DIVES · texte numérisé non relu

BARONNIE DE DIVES

ÂDsfred de Poussy donna tout son alleu du pays d*Auge , auprès de St.-Pierre-sur-Dive et en d'autres lieux. Le même vendit plus tard 20 acres de terre , en Auge , à la perche de 20 pieds.

L'abbé Eudes acheta , de Guillaume de La Chapelle , le moulin de Drocion , auprès de Dives.

Odon, évêque de Bayeux , mentionne , comme appartenant à l'abbaye, le bourg de Dives, avec l'ancienne chapelle, jusqu'au petit pont qui séparait le diocèse de Bayeux de celui de Lisieux.

Richard Cœur-de-Lion assigna en propriété à l'abbaye le port de Dives, avec la coutume payée par tous les voyageurs qui y arrivaient et par ceux qui en partaient par mer , ainsi qu'il fut reconnu en présence de Robert de Neubourg , sénéchal de Normandie , par Ascelin de Cabourg, qui avait contesté les droits de Tabbaye et qui fut condamné par le témoignage de dix jurés s Xtegitimarum haminum. Il fut aussi reconnu, aux assises de Caen, que l'abbaye devait avoir 88 quartiers, quarteria, de sel chaque année. Le droit de pêche jusqu'à la pierre (Tofus) qui avait été placée devant l'église de St.-Michel-de-Cabourg, ainsi que tout le varec, appartenaient également à St. -Etienne. Toutes les maisons de Dives devaient les droits coutumiers, à l'exception de celles de Hugues, fils de Rohais, et de Gislebert CarboneK

Durand de Dives était tenu d'apporter, à la fête de St. -Etienne, des poissons , du lait et du beurre.

Robert de Beaufeu donna toute la terre que tenait de lui Hugues de Dives , à Dives et aux alentours.

La seigneurie de Dives dans laquelle l'abbaye avait basse et moyennejustice, s'étendait à Perriers, à Beuseval et à Yilliers.

La halle à marché , de 26 toises de long sur 6 de large , portait sur 71 piliers en bois; à l'extrémité de cette halle, du côté de la campagne, et vers le chemin de Caumont, se trouvait une chambre où le sénéchal des foires et marchés tenait sa juridiction.

L'abbaye avait aussi des propriétés à Beuseval, Basevat; à Cabourg, CatburgutHy et à Caumont, Calvus Mons super Divam.

TROUSSEAUVILLE.

En 16i7, Guillaume et Foulques de Bailleul, fils de Henri de BailleuU chevalier , vendirent à Tabbaye le fief de Trousseauville , situé dans les vicomtes d'Auge et de Falaise , ainsi que le patronage de Téglise et autres droits dépendants de ce fief. Olivier Néel s*étant opposé à cette vente , en 1A&6, Henri VI, roi de France et d'Angleterre, maintint Tabbaye dans sa possession , et ordonna à Néel de restituer les biens et les fruits dont il s'était emparé. Thomas et Pierre Faucon se désistèrent, en i A59 , par accord fait avec l'abbaye , des droits qu'ils avaient sur ce fief de Trousseauville.

BAILLIAGE FALENCON.

TRUN.

Roger de Hontgommeri donna, en 1082, le bourg de Trun, une forêt au pays d'Auge , avec les prés , terres et autres dépendances ; il ne réserva que les moulins et les dimes dont il avait disposé en faveur d'autres églises. Il ajouta à celte donation celle de la maison d'Aiulfe Givrel, avec les coutumes qui en dépendaient et qui devaient être perçues , tant sur les marchands du pays que sur les marchands étrangers.

Les fils de Tegren vendirent à l'abbé Eudes tout ce qu'ils possédaient à Trun par droit héréditaire, une maison, une borderie et 5 acres de terre labourable.

Le même abbé acheta, de Robert , fils de Mabille (le fameux Robert de Bellême, fils de Roger de Montgommeri), an champ situé entre deux propriétés appartenant à l'abbaye de St. -Etienne, à la gauche de la route qui va de Baissiëre à Trun.

L'abbé Guillaume acheta, de Guillaume Martin et de Marie, sa femme, toute un3 maison à Trun, auprès de la Venelle, au prix de 31 livres 12

518 ÀBBAYB DB SAINT-ÉTlENNE DE G4EN.

SOUS d'Anjou. L'abbé Pierre acheta, de Simon de Trun, 7 livrei^ d'Anjou, une demi-masure, pour élargir la route qui conduisait au four de Tabbaye.

En i3/i3, Charles de Valois, frère du roi de France, déclara les bois d'Auge appartenant à l'abbaye, exempts de Tiers et de Danger, au prix de &,000 livres tournois. D'après une déclaration non datée , conservée aux archives d'Alençon, les bois d'Auge contenaient S09 arpents, divisés en i 8 coupes.

Les baux de la baronnie étaient , en l&O/i, de 125 livres tournois; en 15/i2, de 120 livres; en 16/iO, de 1,100 livres; en 165At de 850; en 1661, de 850; en 1717, de 1,000 livres et 12 poulardes engraissées.

Les baux comprenaient les gages-pleiges , rentes, treizièmes, domaine fieffé et non fieffé, four à ban, halles, droits, coutumes, foires, marchés, blés, bois, tailles et terres à labour.

La Maison-Dieu ou hôpital de Trun était sujette à AO sous de rente, et 3 sous 6 deniers de gablage, U fourches aux foires, et autres droits et devoirs seigneuriaux (1).

L'abbé Le Tellier avait fait donner à l'abbaye, en 1676, quatre foires par an : la première au jour de St. -Joseph (19 mars); la deuxième au jour de la St. -Barnabe ( 1 1 juin ) ; la troisième au jour de la St. -Lambert (19 septembre) , et la quatrième au jour des Saints-Innocents (28 décembre).

En 175/i, l'abbé de Saulx-Tavannes afferma au sieur Baphin les rentes seigneuriales et foncières , les droits des halles , etc. ( sans y comprendre les bois d'Auge), 1,200 livres et 12 perdrix de genêt, au choix du bailleur de les prendre en essence ou de les faire payer 30 sous la pièce.

En 1766, l'Abbé Cardinal de Gesvres afferma 1,300 livres et douze perdrix , tout le revenu temporel de Trun , à l'exception des bois d'Auge.

A la suite de la grande halle à blé de Trun , longue de 37 toises 1/2 et large de 5 , était une autre balle , dont la charpente portait sur 52 piliers de bois ; Tabbaye en avait deux autres plus petites servant aux drapiers et aux boulangers, l'une de lli toises 2/3, l'autre de 17 toises de Ion-

(1) Quelques-uns de ces détails nous ont été communiqués par M. de La SicoUère, qui a eu Tobligeajace de nous faire connaître les différentes pièces relatives à la seigneurie de Trun , que possèdent les Archives de rOme« Sur une des liasses on voit écrit à la marge : « Les pièces en parchemin qui manquent dans le paquet, ont été retirées le Si messidor de Pan II, pour servir aux gargousses, au nombre de 19 pièces ».

TOPOGaAPHIB ET REVEND TEUPOEEL. 519

gueur. Là première avait 13 piliers et la seconde 1&. Le four à ban avait 12 pieds de profondeur , sur 18 de largeur.

Page 1