Duplès-Agier. Chroniques de Saint-Martial, p
les offices, au mépris des saints Canons ^'\ La population, tout en expulsant les moines, tenait en effet à remplir fidèlement ses devoirs religieux.
L'évêque de Limoges, Jean de Veyrac ^^\ ne céda pas devant l'émeute ; il lança contre les consuls et les clercs révoltés une nouvelle excommunication; il fit sonner chaque jour par les cloches de la cathédrale un glas de malédiction contre eux ^^K Grâce à ses efforts, les clercs finirent enfin par rentrer dans le devoir, les bourgeois s'apaisèrent et consentirent à traiter.
Par suite d'une convention ratifiée par l'évoque ^^\ ils firent amende honorable à l'abbé Hugues, s'engagèrent à relâcher sans délai les sergents de l'abbaye qu'ils détenaient injustement, à restituer les chevaux dérobés, à payer enfin une somme de 1.300 sous comme dommagesintérêts ^5>. Qyant à la question des fortifications, origine du différend, elle ne fut pas résolue ; mais les bourgeois n'en mirent pas moins le Château en état de défense, et, probablement à leurs frais, construisirent d'une façon provisoire une palissade en bois. C'est du moins ce que nous pouvons inférer d'un passage de Bernard Itier, qui nous apprend que, le 31 mars de l'année 1204, une partie importante des remparts fut détruite par le feu ^^\
Quelques années plus tard en 121 1, les bourgeois, renouvelant leurs anciennes prétentions, se révoltèrent encore une fois ^'\ L'abbé Hugues ne se laissa pas intimider par leurs menaces. Il soutint avec habileté, que l'abbaye avait eu, tout 'comme la ville, à souffrir des
1 . « Presbiterî seculares, contempto interdicto Johannis episcopi, divina celebrabant et cum consulibus sub appellaiione facta conjurati » (Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial y p. 192).