Jean de Veyrac, Ii98fi2i
2. « Cepit rogare conventum in capitule, ut tam abbas quam monachi hujus loci ordinationem in eum ponerent » (Continuateurs de la Cmtimemoratio, éd. Duplès-Agier, p. 17).
3. « Abbas ... adquievit, sed conventus ei nullo modo in hoc adquiescere voluit » Çibid.).
4. Le légat partit « cum XL libras de Tomes ab abbate nostro pro munere suscepisset et eum confirmasset in abbatem » (ibid.).
5. « Mandavit tam abbati quam majoribus istius loci, ut in festo sancti Dionysii a Peiteus ipsi occurrerent, quod fecissent. Ex inspirato abbatem deposuit, et, monachis appellantibus, Alel-
LA SUCCESSION DE l'aBBÉ HUGUES 121
L'abbé Hugues, de plus en plus souffrant, accepta sans difficultés la décision du légat. Il résigna sa charge et se retira dans son ancien prieuré de Saint-Benoît du Sault ^'\ Mais Témoi fut grand à Saint-Martial, quand les moines apprirent la violation de leurs privilèges. Ils se réunirent immédiatement dans la salle capitulaire, et décidèrent de ne reconnaître la nomination d'Alelme que sur Tordre formel du Saint-Siège ^^K Ils convoquèrent en même temps les prieurs et les prévôts dépendant de l'abbaye en un chapitre général, à l'effet de nommer un nouvel abbé. L'élection eut lieu dans le plus grand calme : d'un commun accord tous les suffrages se portèrent sur le prévôt de Roussac, Pierre La Guirse, que Tévêque de Limoges, Jean de Veyrac, confirma aussitôt, tont en différant de lui donner la bénédiction ^^\
A la fin de l'année 12 14, deux prétendants, Alelme et Pierre la Guirse, se disputaient donc le siège abbatial du monastère ^^\ Ni le légat, ni les moines n'étaient disposés à céder. Ils résolurent donc de porter leur différend devant le Saint-Siège. L'année suivante justement se tenait à Rome le quatrième concile de Latran, convoqué pour condamner les doctrines albigeoises. Alelme s'y rendit, et Pierre la Guirse, retenu à Limoges par une maladie, s'y fit représenter par trois de ses moines ^^\ De son côté, Robert de Courçon, obligé d'y aller pour justifier de sa mission, profita de l'occasion pour défendre auprès du pape son candidat. Il était d'autant* plus intéressé à aboutir, que Alelme connaissant son caractère lui avait promis, en cas de réussite, la moitié du trésor de l'abbaye de Saint-Martial et une
mum supradictum abbatem eis noipinavit, quem postea epîscopo Engolismensi benedicere fecit, nuUo de monachis nostris consciente » (Continuateurs de la Comnumoratio^ éd. Duplès-Agier, p. 17).
1. Hugues mourut en 1 217 ou peut-être seulement en 121 8. Bernard hier donne en effet ces deux dates (éd. Duplès-Agier, p. loi et 103).
2. « ...nisi per DominumPapam coacti » (Continuateurs de la Conimenioratio, ibid., p. 17).
3. L'élection eut lieu le 16 novembre « more antiquo » — « ... Statim J. episcopus Lemovicensis confirmavit [Petrum abbatem], sed benedictionem ei dare distulit » (ibid.),
4. Un article de M. Hercule Géraud, paru dans la Bibliothèque de F École des Chartes (t. IV, p. 344 et ss.), sous le titre de « Trois abbés pour une abbaye », relate les divers incidents auxquels donna lieu la succession de l'abbé Hugues.
5. Ces trois moines étaient : J. Potet, prieur d'Anais; Gaubert Palmut, prieur de Montberols ; P. de Pratmi, prieur de Mansac. (Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p. 95.)
122 LA SUCCESSION DE l'aBBÉ HUGUES
rente de vingt livres pour les chanoines de Saint-Étienne in Monte Cœlio ^^\ Le pape, circonvenu par son légat, cassa l'abbé Pierre la Guîrse, et reprocha môme à Tévêque de Limoges de l'avoir confirmé; mais devant les protestations des trois députés de Saint-Martial ^^\ il ne voulut point reconnaître Alelme sur-le-champ et confia le soin d'étudier l'afFaire à Tévêque de Périgueux, Raoul de Lastours, au doyen d'Angoulôme, P. Rossignol, et à l'archidiacre de Saintes ^^\ Ces trois commissaires devaient se transporter sur les lieux avec pleins pouvoirs pour obliger les moines à accepter leur décision.
Aussitôt que l'abbé Pierre la Guirse eut appris l'arrêt du Saint- Siège, il eut la sagesse de se soumettre et de quitter l'abbaye. Il se retira dans son ancien prieuré de Roussac, où il se tint dorénavant à l'écart des événements ^^\ Quant aux moines de Saint-Martial, ils se trouvèrent dans un très grand enibarras. Ne sachant à quel parti s'arrêter, ils élirent quatre d'entre eux en vue d'administrer provisoirement le monastère ; ils s'adressèrent en même temps à l'abbé de Cluny pour lui demander conseil, et celui-ci leur envoya deux savants jurisconsultes, maître Jean le Gales et le prieur de Nevers ^'\
Au même moment, un événement imprévu vint changer la situation. Le pape Innocent III mourut le i6 juillet 121 6 ^^\ La nouvelle de sa mort, connue en Limousin avant le 10 août *"\ date à laquelle le chapitre avait été convoqué, décida les moines à arguer de nullité les pouvoirs des commissaires pontificaux. De son côté Alelme, crai-
1. « [Alelmus] promiserat cardinali R. de Corso medietatem ihesauri hujus ecclesie et canonicis S. Stq)hani de Monte Cœlio vigenti libras annuatim reddendas, si posset hanc abbatiam pacifice obtinere » (ibid.),
2. Au dire des continuateurs de la Commémorât io (éd. Duplès-Agîer, p. 17), ces trois envoyés dépensèrent dans leur mission la somme de 6.000 sous (Cf. Bernard hier, éd. Duplès-Agier, p. 96 et 97).