‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 117 sur 470 · Hugues X de Lusignan · texte numérisé non relu

Hugues X de Lusignan

6. La veuve du roi Jean sans Terre. Elle épousa Hugues X de Lusignan en 1218.

7. Il avait levé sur eux une taille de 80 livres, et sa femme, on ne sait de quel droit, exigeait une redevance supplémentaire de 10 livres. (Duplès-Agier, Continuateurs de la CommcmoratiOy p. 21).

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prétentions. Le comte s'y refusa. Au lieu de recourir aux armes, l'abbé préféra porter le différend au Parlement de Paris. Il en obtint gain de cause et tel était le prestige du roi saint Louis, que le comte de la Marche s'inclinant devant cette décision, restitua de suite la prévôté de la Souterraine aux moines de Saint-Martial ^'\

Pour obtenir justice, l'abbé Raimond s'était adressé au roi de France et non au roi d'Angleterre. Le Limousin en effet avait changé de maître depuis le début du xiii^ siècle. En l'année 1203, P^^^ ^^ ^^^^^ de la Cour des Pairs, Jean sans Terre, qui venait d'avoir les plus vifs démêlés avec Philippe Auguste ^^\ avait été déclaré traître à son suzerain, et déchu de ses droits. Les provinces qu'il possédait furent donc réunies à la couronne de France,

Si cet arrêt put être facilement exécuté dans les provinces du nord et de l'ouest de la France, il n'en fut pas de même dans le centre, et notamment dans le Limousin. Ce fut en vain que Phi lippe- Auguste déclara à nouveau en l'année 12 13 que la Cité de Limoges devait être sous sa suzeraineté ^'\ Le 2 mai I2i4,jean sans Terre écrivait aux consuls de la ville, pour leur rappeler qu'ils lui devaient obéissance, et leur promettre de les secourir au besoin contre le roi de France ^^\ Jusqu'en 1224, la Cité aussi bien que le Château restèrent soumis au roi d'Angleterre. A cette date Louis VIII se décida à faire acte d'autorité : il écrivit aux consuls de l'une et l'autre ville, pour leur signifier l'arrêt de 1203 et les inviter à s'y soumettre sans délais. Il leur ordonna en même temps de venir lui prêter hommage à Tours le 24 juin 1224, leur conseillant de s'y rendre de bonne grâce, car il saurait, disait-il, prendre les moyens nécessaires pour les y contraindre ^^K

1. « [Abbas] liberavît villam de Subterranea a comité Marchie ... et in prosequendo causam hujusmodi coram rege Francie plures expensas fecit » (Continuateurs de la Commémorât io, ibid.).

2. Philippe Auguste avait sommé Jean sans Terre de comparaître devant la Cour des Pairs, pour répondre de Tassassinat du duc de Bretagne. Jean sans Terre avait fait défaut, et la Cour l'avait condamné.

5, Guibert, Documents sur Vhist, municip. de Limoges^ t. I, p. 8.

4. Il leur envoya même Gui de Senziliac, pour les aider de ses conseils (Guibert, op. cit., p. 9. — BulL de la Soc. archéol. du Limousin ^ t. XV, p. 32).

5 . «f Vobis mandamus et vos requirimus et submonemus, quatinus, ipsa die instantis Nativitatis beati Johannis Baptiste, sitis ad nos Turonis facturi erga nos quicquid facere debetis erga

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Le trône d'Angleterre était alors occupé par le jeune roi Henri III, qui était aux prises avec mille difficultés intérieures. Les consuls ne pouvant compter sur un appui effectif de sa part, n'hésitèrent pas et obéirent aux ordres du roi de France (juillet 1224) ^'\ L'abbé Raimond Gaucelm, quoique aucun texte ne le spécifie, dut selon toutes vraisemblances faire comme eux. En tout cas, le 26 mars 1230, il prêta serment au jeune roi Louis IX et à sa mère, la reine Blanche de Castille ''\

Aussi quand ce prince passa à Limoges en 1244 pour se rendre au pèlerinage de Roc-Amadour, ne manqua-t-il pas de s'arrêter à Saint- Martial. L'abbé lui donna hospitalité dans le monastère, ainsi qu'au comte de Boulogne, Alphonse III ^^\ qui l'accompagnait. Il les reçut également quand ils traversèrent la ville à nouveau pour rentrer à Paris <^^

L'abbé Raimond, grâce à sa modération, vécut en bons termes aussi bien avec les vicomtes de Limoges, qu'avec les évêques ou les consuls. Le vicomte Guy V laissa à sa mort (29 mars 1230) une rente de douze livres à l'abbaye, pour faire célébrer son anniversaire par les moines : il fut enterré dans la chapelle abbatiale ^^\ Son fils Guy W^^ entretint des rapports am.icaux avec l'abbé. On put craindre un instant qu'une contestation au sujet de certains droits de justice n'amenât des difficultés entre eux. Elles furent heureusement écartées par l'arbitrage du curé de Saint-Michel-des-Lions, auquel les deux parties se soumirent de bonne grâce (29 août 1245) ^'^•

dominum vestrum, pro certo habentes quod, nisi hoc faceritis, ... tam de rébus quam de personis vestris omnibus quod jus curie nostre dicta verit, faciemus » (Lettre de Louis VIII, publiée dans le Bull, de la Soc. arcfM. du Limotisitty t. XV, p. 32).

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