Guy VI dit le Preux
7. Guibert, Doc. sur Vhist. munie ip. de Limoges , t. I, p. 130.
l'abbé GUILLAUME AMALVIN I3I
Les évêques de Limoges, Guy de Clausel, Guillaume du Puy, et Durand ^'\ eurent également de bonnes relations avec l'abbé. Le premier d'entre eux obtint même la faveur d'être enterré dans la basilique de Saint-Martial, et son tombeau fut élevé à côté du chœur des moines ^^\
Vis-à-vis des consuls, l'abbé Raimond sut se montrer aussi habile que conciliant. Au lieu de leur faire une vaine opposition, et de perpétuer ainsi le souvenir d'anciennes luttes, il saisit chaque occasion de leur montrer son bon vouloir. C'est ainsi que, en 1230, les consuls lui ayant demandé la permission de bâtir leur maison commune contre un des murs du cimetière de la Courtine, il ne fit aucune difficulté pour leur accorder l'autorisation qu'ils sollicitaient ^^K
L'abbé Raimond Gaucelm resta à la tête du monastère pendant près de vingt ans. Pendant ces vingt ans, il était parvenu à reconstituer le trésor, à rebâtir la plupart des bâtiments conventuels, à réconcilier l'abbaye avec ses puissants voisins. Sa mort, survenue prématurément le 5 septembre 1245 ^^\ fut donc une grande perte pour les moines.
Labbé Guillaume Amalvin (124^1261),
L'abbé Raimond eut un digne successeur dans la personne de Guillaume Amalvin, un ancien abbé de Vigeois ^^\ Dès le début de son abbatiat, fut heureusement terminé un procès que le monastère avait depuis de longues années avec l'abbaye de Cluny. Les Cluhisiens prétendaient en eflfet que les moines de Saint-Martial devaient leur payer
1. Guy de Clausel (1226-123 5), Guillaume du Puy (123 5- 1240), Durand (1240- 124 5),
2. Guy de Clausel était cet archidiacre qui avait heureusement terminé un différend entre l'évêché et Tabbaye (Voir ci-dessus, p. 125. — Bernard Guy dans le Recueil des Histor. de France ^ t. XXI, p. 750).
3. « Abbas et conventus ... permiserunt, quod nos [consules] parietem domus nostre ... poneremus super parietem ... cimiterii » (Guibert, Doc, sur Vhist, tnunicip. de Limoges^ t. I, p. 134). Le cimetière de la Courtine, sur l'emplacement actuel de la rue de ce nom, fut jusqu'au xiiie siècle le cimetière des moines. Il s'appelait également le cimetière du Cloître « Cimiterium Claustri» (Guibert, Doc, sur Vhist. tnunicip, de Limoges, 1. 1, p. 134).
4. Continuateurs de la Cowm^wora/k), éd. Duplès-Agier, p. 21. ç. Continuateurs de la Commémoration ibid.
132 LABBE GUILLAUME AxMALVIN
chaque année une redevance de cent cinquante livres. L'abbé Raimond Gaucelm, trouvant la somme excessive, avait demandé au Saint-Siège de vouloir bien en fixer le montant. Le cardinal Pierre ^'\ désigné par le pape pour instruire l'affaire, rendit sa sentence le 26 novembre 1246, et réduisit la redevance à cent livres. Cet arrêt ^^^ termina provisoirement le différend; mais, comme nous le verrons plus loin, l'abbaye de Saint-Martial tenta à maintes reprises de se soustraire à une obligation qu'elle considérait comme humiliante.
La même année, Guillaume Amalvin eut des difficultés avec les consuls. Nous en connaissons mal les causes ; mais, autant que nous pouvons en juger, l'abbé eut le tort de renoncer à la prudente politique de Raymond Gaucelm, et de chercher à inquiéter les bourgeois au sujet de certains droits dont ils jouissaient depuis qu'ils s'étaient formés en commune. Les consuls ripostèrent en déclarant, que « si un habitant quelconque était poursuivi ou inquiété par l'abbé au sujet de h franchise de seigfieurie qut les bourgeois avaient de tout temps possédée, il serait défendu aux frais de la Commune ^'^ ».
Quelques années plus tard, en 1254, l'abbé voulut interdire aux ouvriers de la ville de traverser le jardin de l'abbaye pour réparer les fortifications du Château ; mais les consuls répondirent que, depuis un temps immémorial, le chapitre leur avait accordé ce droit de passage. Les deux parties, ne pouvant s'accorder, recoururent heureusement à un arbitrage. Deux moines de Saint-Martial et deux bourgeois du Château furent choisis à cet effet. Par leur sentence, rendue le 8 mars 1254, ils décidèrent d'un commun accord, qu'en temps ordinaire l'accès du jardin serait interdit aux consuls ou à leurs gens; mais que, quand ceux-ci auraient besoin de visiter ou de réparer les