Pierre de Bar, cardinal au titre de Saint-MarceL
2. Cet arrêt, dont une expédition se trouve conservée à la Bibl. Nat. (ms. latin nouv. acquis. 2182), fut confirmé par le pape. Une analyse de la bulle de confirmation se trouve également à la Bibl. Nat. (ms. latin 12746, fol. 470).
3. « Adcordat fuz per los cossuls ... que si l'abbes San-Marsal o altres ... adjomava home d'esta vila, o lo trcbaillava sobre la franchcza de las segnoriasque nos havem tostemps tengut, ... qu'om llo segres défendre ad la niessio e ad las de^pessas deu cuminal d*esta vila ... Actum, anno Domini MoCCoXL© sexto » (Mémorial du Consulat, publié par M. Chabaimeau dans la Revue des langues romanes, t. XXXVIII, p. 50).
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murailles, ils devraient en demander l'autorisation préalable ^'^ à labbé, qui ne pourrait la refuser.
Quelques mois plus tard, Guillaume Amalvin se rendit à Paris pour assister le vicomte de Limoges, Guy VI, dans certaines affaires que les chroniques ne précisent pas ^^\ Comme il s'en revenait en Limousin, un des moines qui l'accompagnaient, nommé Henri de Paunat, fut frappé d'un coup de couteau par un autre religieux, et mourut des suites de sa blessure ^^\ Pour prévenir le retour de semblables attentats, l'abbé Guillaume et le prieur Etienne de Salvaniec décidèrent d'excommunier à l'avenir tout moine qui serait porteur d'un couteau pointu ^^\
L'abbé Guillaume fut obligé, en 1257, de poursuivre devant le Parlement de Paris le doyen et les chanoines de la cathédrale Saint-Étienne, qui avaient acheté au mépris de ses droits certains domaines dans la paroisse de Saint-Just. Il obtint gain de cause, et ses adversaires furent condamnés à la session de la Chandeleur ^5)^
L'année suivante, l'abbaye de Saint-Martial, ainsi que le Limousin, l'Agénois, les diocèses de Périgueux et de Cahors, et une partie de la Saintonge, retombèrent sous la domination des rois d'Angleterre. Par un scrupule politique dont les motifs étaient très respectables, mais dont les conséquences furent désastreuses, le roi Louis IX .crut devoir restituer ces provinces à Henri III, et signer dans ce sens les deux traités de Paris (1258) et de Londres (1259). Err exécution de
1 . Les arbitres décidèrent également, qu'il serait fait des doubles clefs pour la porte qui était percée dans le mur de clôture du jardin. L'abbé en aurait une, les consuls auraient Tautre, et si Tabbé s'opposait à la demande des consuls et refusait d'ouvrir la porte dans les cas spécifiés, il serait passible de dommages-intérêts. — Le texte de cet accord a été publié par M. Guibert, dans ses Doc, hist, sur Vhist. municip. de Limoges (t. I, p. 123).
2. « Anno Domini MCCLVo, accidit quod dominus Willelmus, abbas S. Martialis, ivit cum Guidone, vicecomite Lemovicensi, Parisius pro negocio ipsius vicecomitis » (Continuateurs de la chronique de Bernard Itier^ éd. Duplès-Agier, p. 123).
3. Le meurtrier était fils de « Amelii de Monte-Quoqulo » (Continuateurs de la chronique de Bernard hier, ihid.).
4. «... Dominus Willelmus abbas et Stephanus de Salvanhec, prior S. Martialis, excommunicaverunt omnem monachum, qui de cetero deferret cultellum cultratum » (Continuateurs de la Chronique de Bernard Itier, ihid.),
5. Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial ^ p. 157. La Chandeleur, ou la Purification de la Vierge, tombe le 2 février. — Saint-Just, c»© du co" et de l'arr. de Limoges.
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\ ses engagements, il écrivit à Tabbé de Saint-Martial et aux consuls du
J Château de Limoges pour leur ordonner de prêter serment à leur nou-
: veau suzerain ^'\
i Ses volontés furent strictement observées. Après un interrègne de
• quarante ans, les rois d'Angleterre devinrent à nouveau les maîtres
] du Limousin. Au même moment, par une coïncidence curieuse, les
3 discordes civiles, qui s'étaient apaisées dans la province depuis le
1 début du siècle, se rallumèrent. Dès Tannée 1261, des troubles écla-
I tèrent dans le Château.
Le vicomte, en effet, avait exaspéré les bourgeois par les procédés i vexatoires de ses agents, par leurs manières arrogantes, par leurs exi-
i gences fiscales. La municipalité voulut lui présenter à ce sujet des
I observations respectueuses. Le vicomte ne daigna pas les recevoir, et,
comme les consuls avaient été implorer l'assistance du roi Henri III ^^\ ; il alla trouver Louis IX, pour lui représenter que le Château était un
fief relevant directement de la couronne de France, et ne pouvant en
être distrait ^'\ Le différend qui ne reposait à l'origine que sur des questions locales,
prit dès lors une réelle importance politique. Le Limousin se divisa I en deux factions rivales, et tandis que les consuls devenaient les chefs
du parti anglais, le vicomte représenta le parti français. Les abbés de j Saint-Martial évitèrent toutd*abord de se prononcer ouvertement; mais
j les seigneurs et les villes de la province se rangèrent chacun du côté
1 où ils crurent trouver leur avantage. La haine de l'Anglais et l'idée
I d'une patrie supérieure à toutes les luttes intestines n'avaient point
i encore germé dans le Limousin. La conception d'une nationalité fran-
1. Cette lettre a été publiée par M. Guibert. (Doc. sur Vhist, tnunicip. de Limoges, t. I, p. 159.) Saint Louis reconnut à Henri III le titre de duc d'Aquitaine et, de tout le Limousin, ne garda dans sa mouvance que Tévêché.
2. Nous avons conservé une longue lettre des consuls au roi Henri HI, où ils se plaignent amèrement des maux que le vicomte leur fait endurer : « Longum esset singula mala, que vicecomes Lemovicensis et gens sua, postquam in vestra fidelitate fuimus, nobis fecit, scribere ». Ils lui exposent les faits tout au long et le supplient d'intervenir (Guibert, Doc, sur Ihis. municip, de Limoges y t. I, p. 167).
3. Le sénéchal anglais, Jean de La Linde, rétorquait cet argument en disant que le vicomte était vassal de Tabbé de Saint-Martial, qui avait prêté serment au roi d'Angleterre (Guibert, op. cit., t. I, p. 165).
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çaise, dominant toutes les divisions féodales, n'apparut en effet dans les provinces du centre qu'au début du xv^ siècle, avec la glorieuse épopée de Jeanne d'Arc ^'\
Làbhé Guillaume de Mareuïl (1261-1272).
L'abbé Guillaume Amalvin mourut au mois d'août 1261 ^'K Son successeur, Guillaume de Mareuil, ne fit aucune difficulté pour prêter serment au délégué du roi d'Angleterre ^'^ Le vicomte de Limoges, Guy VI, n'en garda pas rancune à l'abbé, et lui rendit hommage le II juin 1262 ^^\ Son héritière, la vicomtesse Marguerite, imita son exemple le 25 octobre 1263 ^^\ Il est probable en effet que l'abbé Guillaume de Mareuil soutenait secrètement le parti français. Né s'agissait-il pas de combattre la Commune, de réduire les consuls, qui devenaient de jour en jour plus puissants, et qui étaient pour l'abbaye de dangereux rivaux?
Dans sa lutte contre les Anglais, le vicomte ne put obtenir le moindre secours du roi Louis IX, qui, bien loin de lui venir en aide, écrivit en avril 1262 à son sénéchal en Poitou, de veiller à la stricte exécution des traités de Paris et de Londres ^^\ Le vicomte engagea pourtant les hostilités contre la Commune ; mais l'abbé Guillaume de Mareuil, malgré ses préférences cachées, semble s'être renfermé dans une prudente neutralité.
Les moines de Saint-Martial avaient, du reste, à cette époque des soucis bien autrement graves. Tandis que l'on se battait dans les rues de la ville et jusque devant les portes du monastère, ils avaient trouvé
1. Cette remarque est spéciale au Limousin. On sait que, dans le nord de la France, le patriotisme, pour employer une expression moderne, remonte à une époque beaucoup plus reculée, et l'on peut certainement qualifier de ce nom le sentiment qui animait les Communes, quand elles vinrent s'offrir à Bouvines pour sauver la monarchie française.
2. I-e 7 ou le 9 du mois d'août. (Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial y p. 21, 122, 184).
3. Comme on le voit par une lettre de Jean de La Linde, écrite en septembre 1261 (Guibert, Doc. sur Yhist. municip. de Limoges^ t. I, p. 162).