‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 121 sur 470 · Guibert, op. cit. y t. I, p · texte numérisé non relu

Guibert, op. cit. y t. I, p

136 l'abbé GUILLAUME DE MAREUIL

moyen de se brouiller avec les chanoines de la cathédrale pour une vaine question de préséance ! It fallut cinq ans de discussions et de procédures pour décider si les moines avaient ou non le droit de se retirer les derniers de la place Saint-Paul ^'\ lors de la procession du dimanche des Rameaux ^'\ En 1268 l'évoque de Périgueux ^'* put enfin concilier les parties. Les moines triomphèrent dans leurs prétentions, moyennant le paiement d'une somme de 35 livres aux chanoines ^^\

L'abbaye et l'évéché n^étaient pourtant pas réconciliés encore. En discutant sur leurs prérogatives réciproques, un nouvel incident avait surgi entre eux, qui amena les plus sérieuses conséquences. En 1265, en effet, le légat Pierre de Beau mont vint prêcher la croisade à Limoges et lever les décimes pour aider Charles d'Anjou dans son expédition contre Mainfroi ^^\ Il désigna, entre autres collecteurs de cette taxe, un des chanoines de la cathédrale Nicolas Béraud. Celui<î vint demander aux moines de Saint-Martial de lui payer les décimes sur l'ensemble de leurs revenus. Les moines lui remirent une certaine somme. Mais Nicolas Béraud, la trouvant insuffisante, déclara qu'elle était manifestement inférieure aux facultés de l'abbaye. Les moines se refusèrent à payer le complément de la taxe ; Nicolas Béraud les accusa alors de dissimuler leurs ressources au moyen de fausses déclarations et, pour les obliger à céder, les fit excommunier.

Or peu après vint à tomber la fête de l'Invention de la Sainte- Croix ^^\ Selon un vieil usage, les moines de Saint-Martial venaient en ce jour célébrer un office solennel dans la cathédrale. Nicolas Béraud leur interdit de s'y rendre ^^\ Les moines, qui p'avaient

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