‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 123 sur 470 · LABBÉ GUILLAUME DE MAREUIL I · texte numérisé non relu

LABBÉ GUILLAUME DE MAREUIL I

pas pris au sérieux une excommunication lancée au mépris de leurs privilèges, furent violemment irrités par cette défense. Ils résolurent de passer outre. Le jour de la fête, ils sortirent en armes du monastère et se dirigèrent vers la cathédrale. Trouvant les portes fermées, ils les enfoncèrent et se précipitèrent dans le chœur ^'\ Les chanoines voulurent les repousser. Un véritable combat s'engagea dans Téglise. Mais les moines eurent le dessus : ils purent empêcher le chapitre de célébrer la grand'messe et se retirèrent victorieux ^^K

De pareilles scènes de violences émurent le légat du Pape, qui fit une enquête personnelle sur les événements et reconnut que les deux parties avaient des torts réciproques. Grâce à son intervention et à celles de quelques personnes pieuses, les chanoines et les moines finirent par entrer en composition. Ils décidèrent que Tabbaye paierait au chapitre une somme de loo livres et que cette somme serait employée à faire faire une grande statue en argent de saint Martial ^^\

Malgré cet accommodement, les bonnes relations entre les chanoines et les moines ne se rétablirent pas sans difficultés. Les dîmes de Saint- Just fournirent prétexte à de nouveaux procès. Uévôque de Périgueux, Éliede Pilet ^^\ essaya de mettre les parties d'accord; mais les moines se prétendirent lésés, et refusèrent d'accepter le compromis. En 1271, l'évêque de Limoges, Aimery, et un de ses chanoines, Hélie Coral, parvinrent enfin à faire accepter leur intervention. Moyennant la concession du prieuré de Laurière ^^\ le chapitre de Saint-Étienne renonça à tous les droits auxquels il pouvait prétendre sur les dîmes en question ^^\ La paix fut ainsi rétablie, pour quelque temps tout au moins.

L'abbé Guillaume de Mareuil survécut peu à cet accord; il mourut

1. « Cum armis vénérant et portas chori fregerant » (Chronique de Pierre Coral, ibid.).

2. « Fuit turbatum officium, ita quod magna missa non fuit celebrata ipsa die in ecclesîa Sanctî Stephani » (Chronique de Pierre Coral, ibid.).

3. « Dederunt illi de S. Martiali canonicis S. Stephani centum libras Turonensium pro expensis, vel in jure ; (Je quibus centum libris fieri fecerunt canonici imaginem argentem S. Martialis ... » (Chronique de Pierre Coral, éd. du Recueil des Histor. de France, t. XXI, p. 777).

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