Duplès-Agier, op. cit., p. 136 et
3. Où ils restèrent huit jours (Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial , p. 180).
4. <r [Rex] posuit ad manum suam dictum castrum, et fecit fieri bannum suum, ne aliquis de dicto Castro obediret alicui, nisi domino régi » (Duplès-Agier, op. cit., p. 135 et 136. Cf. Annales manuscrites de Limoges, p. 219).
5. Ces détails sont extraits d'un curieux mémoire justificatif, composé au xivc siècle par les moines de Saint-Martial, pour soutenir leurs prétentions à rencontre à^s vicomtes de Limoges. M. Guibert le publie au t. II de ses Documents sur V histoire municipale de Limoges (p. 14 et s.), dont il a eu l'amabilité de nous communiquer les épreuves.
6. C'était des conduites en bois qui amenaient l'eau des hauteurs de la Combes-Fcrrière.
7. « Arturus vicecomes Lemovicensis et vicecomitissa, uxor sua hères Lemoviccnsis, nomine Maria, insurrexerunt super nos cum armis et fregerunt portas viridarii nostri et combusserunt eas. Post hec, dissipaverunt aquarum conductus veniencium in abbatiam nostram » (Duplès- Agier, Chroniques de Saint-Martial, p. 180).
144 l'abbé pierre de saint-vaury
ci avaient heureusement un puits intérieur avec lequel ils pouvaient se suffire. Le prévôt de Limoges, Raymond de Crosent, qui s'était mis à la tête du mouvement, fit alors donner l'assaut au monastère. Il fut repoussé par les moines, qui durent se battre jusque dans leur cimetière ^*\
Cet échec de la populace amena probablement une transaction entre le duc et l'abbé. Mais pendant de longues années une vive animosité subsista entre leurs partisans réciproques. C'est ainsi qu'en 1294 une rixe violente survint entre le prévôt de Limoges et quelques moines de l'abbaye : l'un d'entre eux fut tué, deux autres blessés. Mais un sergent du roi, Simon de Paris, intervint heureusement. Il arrêta le prévôt et ses complices, et les ayant remis à la justice de l'official ^^\ empêcha ainsi l'incident de prendre des proportions exagérées.
Au cours de toutes ces luttes, l'abbaye, dont les finances avaient été régénérées un demi-siècle auparavant par l'abbé Raimond Gaucelm, retomba dans les embarras pécuniaires, et fut obligée de recourir à nouveau au système ruineux des emprunts. Malgré toutes sortes d'expédients, il arriva un moment où elle ne put même plus rembourser les dettes qu'elle avait contractées.
En 1290, elle fut ainsi excommuniée faute de pouvoir payer une somme importante dont elle était redevable. Le représentant de quelques marchands de Florence avait, en effet, prêté en leur nom une somme importante à l'abbé de Saint-Martial. L'abbé et le chapitre refusant de la rendre au terme convenu, les marchands s'adressèrent au Pape, qui commit un chanoine de Saint-Denys, Richard de Paris, pour examiner l'affaire. Celui-ci somma l'abbé de comparaître devant lui et, ne le voyant point se présenter, le condamna par défaut, l'excommunia et jeta l'interdit sur le monastère ^^K
1 . « Socîos nostros usque ad sanguinis eflfusionem percusserunt in nostro cimiterîo prepositus Lemovicensis, qui vocabaïur Raymondus de Crosenc .. et Mauransanas, dericus ignoratus et multi aliide villa » (Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial, p. 180).
2. « Sen'iens domini régis, videlicet Simon de Paris, cepit prepositum et omnes complices suos et judicem reddidit officiali » (Duplès-Agicr, 0/). cit.^ p. 198).
3. a Mercatores Florentini monstrarunt quod, licet quondam dominus Johannis tune eorum socius, ipsorum mercatorum nomine, fratri Helie priori de Malveira monacho et procuratori abbatis et conventus monasterii Sancti Martialis Lemovicçnsis, ... nomine ipsorum abbatis et conven-
l'abbé géraud faydit 145
Quelques années plus tard, en 1293, l'archevêque de Rouen, chargé par le pape de lever des décimes pour la guerre d'Aragon, dut constater à son tour l'impossibilité où l'abbaye se trouvait de les payer. Il consentit à l'en exonérer; mais exigea que le chapitre employât une somme équivalente au montant de ces décimes pour améliorer la pitance des moines ^'K
Désordres dans l'abbaye à la fin du XIII'' et au début du XIV^ siècles.
L'abbé Pierre mourut au mois de janvier 1294, laissant les affaires de son monastère dans une assez triste situation ^^\ Son successeur, Géraud Faydit, ne les améliora pas. C'était un homme insouciant, paresseux et désordonné, qui n'eut pour toute préoccupation que de jouir des revenus de sa mense, et négligea complètement l'administration de l'abbaye.
Le 18 octobre 1294, il quitta Limoges, sans prendre les mesures nécessaires pour que les moines pussent recevoir en son absence leur pitance habituelle. Aussi ils ne tardèrent pas à n'avoir plus de vin, et ils durent s'en passer pendant tout l'hiver ^^\ La veille de l'Annonciation, ils manquèrent même complètement de nourriture. Le frère de l'abbé, Guillaume dit Tridoyne qui, en qualité de prieur d'Anais, devait leur fournir ce jour-là, le a message » habituel, c'est-à-dire une certaine quantité de provisions ^^\ ne leur envoya rien. Pendant deux jours les moines, n'ayant pas de quoi manger, ne descendirent même pas au
tus,... quaradam pro dictis abbate et conventu mutuaverit pecunie quantitatem, dictîs mercatoribus Parîsîus certo termino persolvendam, ... nondum tamen est eisdem mercatoribus de dicta pecunia, contra quam terminus solutionis effluxerit, satisfactum ...» (Requête au Saint-Siège, Arch. de la Haute-Vienne, liasse H 9440).
1. Nous publions dans nos pièces justificatives (cf. n© XIII) l'acte encore inédit, par lequel Tarchevêque fait remise au monastère du montant des décimes.