‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 136 sur 470 · Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial ^ p · texte numérisé non relu

Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial ^ p

l'Abbé Geoffroy de chabrignac 149

gents du roi, qui voulaient intervenir, ils se précipitèrent sur eux et les obligèrent à prendre la fuite. Puis continuant leurs exploits, ils marchèrent contre le monastère de Saint-Augustin, enfoncèrent les portes à coups de hache, et firent irruption dans Tintérieur. Surpris par cette attaque soudaine, les religieux essayèrent de se défendre. Mais un des leurs étant tombé grièvement blessé, ils furent pris de panique, et abandonnèrent la place à leurs adversaires.

Les moines de Saint-Martial ne tardèrent pas à expier leur conduite. Ils parvinrent bien à se faire absoudre par Tofficial de Limoges; mais les sergents royaux, qui brûlaient de venger leur défaite, s'emparèrent de l'affaire et écrivirent au roi Philippe V pour le mettre au courant des événements. Malgré les protestations de l'abbé de Saint-Martial <'\ le roi fit faire une enquête par son sénéchal, qui prouva d'une façon évidente la culpabilité des moines. Ceux-ci furent donc cités devant le Parlement de Paris, et l'abbé Geoffroy fut condamné en leur nom, par un arrêt du 28 mars 1321, à payer trois cents livres tournois aux sergents royaux, Guillaume Paporet et Pierre Fabre, qui avaient été molestés dans la bagarre ^*\ L'abbé refusa de se soumettre à cette juste condamnation ; mais le roi fit saisir son temporel, jusqu'à concurrence de la somme due. L'année suivante, le Parlement obligea encore l'abbé à verser cinq cents livres de dommages-intérêts aux religieux de Saint- Augustin ^^\

Quelques années plus tard, en 1327, l'abbaye de Saint-Martial fut envahie à son tour ainsi que celle de Saint-Martin, dans une émeute populaire. Nous ignorons les causes de ce soulèvement; toujours est-il que. lors de la Fête-Dieu (11 juin), la foule, excitée par les consuls, se porta contre l'abbaye de Saint-Martin dont elle enfonça les portes. Elle se répandit ensuite dans les bâtiments conventuels, en brisant tout sur son passage et en rudoyant l'abbé et les moines qui essayaient de s'opposer à ses violences. Elle ne se retira qu'après avoir achevé son

1 . L'abbé soutenait que l'affaire était d'ordre ecclésiastique, et que par conséquent, l'official en ayant été sdsi régulièrement, sa sentence avait autorité de « chose jugée »,

2. Boutaric, Actes du Parlement de Paris (rc série, t. II, p. 352). Ce sont les considérants de l'arrêt, qui nous mettent au courant de l'affaire.

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