Boutaric, Actes du Parlement de Paris, t. II, p
lyj LABBE GEOFFROY DE CHABRrCNAC
(riivrr (le destruction, pillé le trésor, violé les tombes, rompu les rU\u((\ucs et enlevé toutes les clefs du monastère ^'\
i^i foule se porta ensuite contre labbaye de Saint-Martial et s y intro- /lujMi de la même façon. Trouvant un moine de Saint-Martin, Pierre h (/,U:. qui s'était fait transporter sur un brancard auprès de la f/ r./fre éclairant la crypte <*\ elle se précipita sur lui et le malmena ^.i U,n, qu'il mourut peu après des suites de ses blessures.
Ia'^ deux abbayes portèrent immédiatement plainte au roi de i n ;;ce ''' et insistèrent sur la conduite indigne des consuls, qui n'avaient i.A qu'exciter le peuple. Charles IV accueillit favorablement leurs récla- • f;;:itions : il ordonna à son prévôt en Limousin de faire sur-le-champ *.fie enquête au sujet des faits incriminés. De nombreux témoignages f'jfent recueillis, qui ne laissèrent aucun doute sur la responsabilité des consuls. Ceux-ci furent donc traduits devant le Parlement dé Paris et j 'jgés le 29 mars 1528 ^^\ La cour les condamna avec une grande sévérité ; elle les rendit personnellement responsables de l'émeute, et les contraignit à faire amende honorable à l'abbaye.
Pour perpétuer le souvenir de leur humiliation, elle les obligea à faire exécuter et placer dans la crypte de Saint-Martial trois grands bassins d'argent, dans lesquels ils durent entretenir des cierges à perpétuité ^^\ Elle les condamna encore à faire exécuter à leurs frais une statue en cire du moine décédé ^^^ et à l'apporter eux-mêmes, nu-pieds,
1. a Revolvenjdosepulturasmortuorum, fodiendoet investigando easdem, necnon dirumpendo aque meatus, ... claves etiam domorum et cameraruni ... violenter auferendo ...» (Extrait des considérants de Tarrêt du Parlement de Paris, publié par Guibert, Doc. sur Thist, municip. de Limoges, t. I, p. 261).
2. La crypte de Saint-Martial était éclairée par une petite fenêtre, auprès de laquelle, suivant un ancien usage, les malades se faisaient porter dans l'espoir d'obtenir leur guérison. (Cf. sur ce point Guibert, Anciennes confréries de la basilique de Saint-Martial, p. 13 à 15.)
3. Guibert, Doc. sur Vhist. municip. de Limoges y t. I, p. 262.
4. L'arrêt de la cour a été publié par M. Guibert. (Doc. sur Vhist. municip. de Limoges, t. I, p. 260 à 263.)
5. a ... Communia predicta et consules facient fieri très bacinos argenteos, decem et octo marchas argenti pondérantes, et très cereos, quilibet de una libra, de die et de nocte ante Câput bcati Marcialis predicta (51V) perpetuo ardentes in bacinis predictis. » (Guibert, op. cit., t. I, p. 262.)
6. La cour ordonnait même que chaque année les consuls viennent chercher cette effigie de cire à l'abbaye de Saint-Martial, qu'ils la portent à celle de Saint-Martin, et la ramènent ensuite à Saint-Martial. (Guibert, ibid.) Nous doutons que cette partie de l'arrêt ait été fidèlement exécutée.
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