‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 162 sur 470 · Cest la place actuelle de la République · texte numérisé non relu

Cest la place actuelle de la République

7. Bulletin de la Soc, archéol. du Limousin^ t. I, pp. 55 et 56.

8. Cette bulle, croyons-nous, est inédite. Nous la publions dans nos pièces justificatives (cL no XVII).

l68 l'abbé MATHIEU JOUVIOND

Tabbé, de venir chaque année à Limoges prendre part au chapitre général qui se tenait au mois de juin ^'\ et d apporter à cette occasion les pensions, dîmes ou cens dont ils étaient redevables, cela sous peine d'excommunication. Le Pape, en outre, autorisa Tabbé à faire appel au bras séculier pour obtenir le paiement des redevances qui lui étaient dues.

Albert Jouviond administra le monastère pendant trente-cinq ans, et mourut le 29 mai 1523 ^^K

La chronique de Pierre Foucher nous montre à quelles difficultés donna lieu sa succession. Le neveu de Tabbé Albert, Mathieu Jouviond, la brigua en effet; mais plusieurs religieux, subissant impatiemment la domination de la famille des Jouviond, lui opposèrent un moine de Solignac, Lionet David. Les deux candidats furent élus. De graves dissensions allaient éclater entre leurs partisans respectifs, quand une transaction survint heureusement. Lionet David renonça à ses prétentions sur l'abbaye, moyennant le prieuré de Mouton ^^\ que Mathieu Jouviond, reconnu comme abbé de Saint-Martial, s'engageait à lui céder ^^\ Ce compromis fut accepté par les deux parties, et strictement exécuté par elles. L'abbé Mathieu Jouviond put donc être confirmé par l'évêque de Limoges, et prendre possession du monastère. Le II octobre 1523 ^^\ il fit son entrée solennelle dans le Château. Les consuls allèrent le recevoir aux portes de la ville, et le conduisirent jusqu'à l'abbaye, où Mathieu Jouviond leur offrit un grand banquet, ' ainsi qu'aux notables bourgeois.

L'abbé Mathieu, dès son avènement, voulut récompenser le zèle de ses partisans, en leur distribuant les terres du monastère ^^K II ne tarda pas à s'aliéner ainsi la confiance des moines. Mais peu lui impor-

1. On voit par les registres capitulaires, que le chapitre général subsista, même après la sécularisation de Tabbaye. Jusqu'à la Révolution, il se tint à Tépoque fixée par le Pape, Alexandre VI.

2. Chronique de Foudjer^ éd. Leroux, dans les Documents hist. sur la Marche et le Limousin, t. II, p. 50.

Page 1