Voir ci-dessous le chapitre II de la Ile partie
2. « Monachi ipsi mensam divisam et particularem ac separatam abbatiali ab antiquo habent ac singulas portiones monachales » {Bull, de sécular,^ cf. pièce justif., no XVIII).
3. Les deux prévôtés étaient possédées par Jacques Jouviond; la célérerie par Mathieu Jouviond (Arch. de la Haute- Vienne, liasse H. 5490).
4. Ce furent : Géraud Jouviond, 1 384-1 393 ; Pierre Jouviond, 1409-1422 ; Jacques Jouviond, 143 3-1488; Albert Jouviond, 1488-1523; Mathieu Jouviond, 1523-1542.
5. Par exemple : les chroniqueurs Adémar de Chabannes, Geoffroy de Vigeois, Bernard Itier ; les abbés Odobic, Adémar Isembert, etc.
6. Lors de la peste de 1481, les moines avaient quitté la ville au plus vite (Voir ci-dessus,
174 l'érection de la collégiale
Tels furent les arguments, qui furent présentés au Saint-Siège et qui fondèrent sa conviction. Uabbé Legros nous rapporte que, selon la croyance populaire, le pape aurait longtemps hésité avant de supprimer Tabbaye. On aurait fini par imaginer une mystification assez plaisante pour le faire céder ^'\ On aurait prétendu, que les religieux devaient traverser pour se rendre dans le cloître une épaisse forêt, où ils étaient exposés à rencontrer des lions féroces. Le pape, ému de cette situation critique se serait empressé de séculariser Tabbaye pour y mettre un terme. Tous les auteurs modernes ^'^ ont fait justice de cette fable ridicule, sans s'arrêter toutefois à l'expliquer. Il nous paraît curieux d'en indiquer l'origine. Elle repose sur un simple jeu de mots. C'est l'ancien cimetière de l'abbaye, appelé place de dessous les Arbres ^^\ qui a été transformé en une forêt. Qjuant aux redoutables félins qui
menaçaient la vie des pauvres moines, c'étaient les lions de pierre
qui se trouvaient aux portes de la basilique de Saint-Martial, comme à celles de tant d'autres églises ^^^ ! — N'a-t-on pas raison de soutenir que même dans les mythes les plus fabuleux se rencontre toujours une parcelle de vérité ?
Érection de la collégiale.
Le pape Paul III, en sécularisant l'abbaye, établit à sa place une collégiale dont il régla lui même l'organisation intérieure. La collégiale devait être la continuation directe et ininterrompue de l'ancien monastère. Elle devait être administrée par un abbé séculier, qui conserv^ait les droits et privilèges de l'abbé régulier, c'est-à-dire le droit d'ofiîcier pontificalement^^^ avec la crosse, la mitre et les gants, le droit de pré-
1. Legros (Archives du Grand séminaire de Limoges, ms. n© 35, p. 65).
2. Martène entre autres (Voyage littér.y t. I, II« partie, p. 69), et l'abbé Roy-Pierrefitte (Hist. de Saint-Martial y p. 71).