‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 167 sur 470 · Voir ci-dessus, chap. II, p. 31 et · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, chap. II, p. 31 et

3. « ... viis publicis, in quibus ementes et vendentes quotidie videntur, undique circumdatum [monasterium] » (Bull, de sécul.^ cf. pièce justif., no XVIII).

4. Voir pour plus de détails sur ce point le chapitre II de notre IV* partie. — Voir également le plan de l'abbaye que nous donnons PI. I.

5. Nous avons parlé plus haut de ce procès (voir p. 132), qui fut terminé par un arrêt du 8 mars 1254.

6. Les Chroniques de Saint-Martial parlent à maintes reprises de réparations urgentes à faire au mur de clôture, et que Tabbé ne pouvait entreprendre faute d'argent.

7. Guibert, Documents sur Vhist, municip, de Limoges, p. 272.

172 LA SÉCULARISATION DE l'aBBAYE

Les moînes eux-mêmes furent en partie responsables des désordres, dont ils avaient à souffrir. En vue d'augmenter leurs revenus, ils permirent à des tavernes et à des auberges de s'installer auprès d'eux dans des maisons appartenant au monastère ^'^; ils louèrent leur ancien cloître ^'^ pour en faire un dépôt de grains ^'^; sur la place située devant la basilique du Sauveur, ils laissèrent s'établir le marché au blé^*\

Ainsi de toutes parts les religieux furent exposés « à entendre le bruit du siècle » ; à chaque heure du jour ils furent en rapport avec des laïcs de l'un et l'autre sexe ^^\ soit dans la crypte de saint Martial, soit dans la basilique ; à certains moments de l'année, lors des sermons de l'Avent et du Carême, ils eurent à recevoir des foules énormes.

Comment, au milieu d'un tel concours de circonstances, la discipline aurait-elle pu conserver sa rigueur ? On ne doit donc pas s'étonner de voir, que, dès le xiii^ siècle, les moines perdirent peu à peu l'esprit de la règle bénédictine. Sans rappeler les scènes de scandale auxquelles donnèrent lieu l'élection de certains abbés ^^\ sans nous arrêter aux accusations de mauvaise vie qui pesèrent sur certains moines, — et qui si elles furent prouvées, ne furent certainement que des fautes accidentelles, — il se glissa dans le régime intérieur de l'abbaye bien des abus organiques, qui furent autrement sérieux.

Sous prétexte de percevoir les dîmes ou les cens qui leur étaient dus, certains religieux quittèrent leurs cellules pendant des semaines entières ^'\ Dès le temps de Philippe-Auguste, les abbés attribuèrent

1 . Plusieurs actes, conservés aux archives de la Haute-Vienne, mentionnent les tavernes qui se trouvaient rue du Pont-Hérisson et rue du Clocher, c'est-à-dire à côté des bâtiments claustraux.

2. Les consuls finirent par l'acheter au xiv« siècle (Voir ci-dessous le chapitre II de notre IVc partie).

3. Il prit même le nom de Cloître au blé. (Voir ci-dessous ihid.)

4. « .... Prope valvas ejusdem [basilicae], ubi blada venduntur, strepitu et clamore ceu tumultu tam civium quam advenarum concursus habeatur » (Bulle de sécular,, pièce justif., no XVIII).

5. « Sed quoquo versu prodint, prodere non possunt [monachi], quin in publicum mixti secularibus prodeant » (ibid.),

6. Surtout au xui« siècle, lors de Téleaion de Pierre de Naillac ou de celle de Pierre de Saint- Vaury.

7. Nous publions dans nos pièces justificatives (cf. n© XXI) un curieux document qui nous montre la vie des moines à l'époque des vendanges. Tant que la règle fut strictement observée, les abus furent rares, mais ils se muhiplièrent du jour où elle se relâcha.

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aux titulaires des principaux offices claustraux, des revenus particuliers pour remplir les devoirs de leur charge ^'K Au xv* siècle, les moines ne furent même plus nourris et entretenus sur les fonds de la communauté : ils eurent chacun une prébende personnelle pour suffire à leur entretien ^^\

En outre, par suite de certaines dispenses trop facilement concédées, plusieurs clercs trouvèrent moyen de s'introduire dans le monastère et d'y occuper des fonctions importantes, sans embrasser la vie religieuse. Ainsi lors de la sécularisation, les prévôtés de Panasols et de Seychères étaient possédées par un simple prêtre ; la célérerie était administrée dans les mêmes conditions ^^\

L'abbaye enfin était étouffée par le népotisme. Elle était accaparée par les Jouviond, — de petits bourgeois de Treignac, — qui la considéraient en quelque sorte comme faisant partie de leur patrimoine. De 1384 à 1542, pendant plus d'un siècle et demi, les membres de cette famille se succédèrent presque sans interruption sur le siège abbatial ^^\ distribuant à leurs parents ou amis les charges et dignités du monastère, au gré de leurs caprices.

Une pareille organisation n'était certes pas faite pour tenter les âmes vraiment religieuses. Aussi l'abbaye, après avoir compté au moyen dge tant d'hommes de valeur renommés par leurs vertus ou leurs connaissances ^^\ était-elle peuplée au xvi* siècle de moines oisifs et ignorants, qui ne rendaient aucun service à la cause de la religion et se dérobaient même aux pieux devoirs de la charité ^^\

Pour couper court aux abus qui s'étaient glissés de toutes parts dans le monastère, une mesure radicale s'imposait donc, la sécularisation.

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