‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 185 sur 470 · LA COLLÉGIALE A LA FIN DU XVI I« SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA COLLÉGIALE A LA FIN DU XVI I« SIÈCLE

de la vie de saint Martial. Cette œuvre d'art coûta malheureusement très cher au chapitre : avec les accessoires et le transport, elle lui revint à 8.207 livres n sous. Aussi les finances de la collégiale étant hors d'état de subvenir à une pareille dépense, les chanoines durent vendre toutes les parties métalliques de l'ancienne châsse à un certain sieur Léonard Guibert, qui les leur paya 1.290 livres. Ils imaginèrent ensuite de diviser en menus fragments les panneaux de bois intérieurs et de les vendre aux fidèles. C'est ainsi qu'ils purent se procurer les fonds nécessaires.

La châsse de Pierre Celière arriva à Limoges le 12 avril 1647, ^^ l'évéque la bénit solennellement. Quelques jours après, le 20, le chet de saint Martial y fut transporté en grande pompe. Pendant toute la durée des fêtes, il fut vénéré par un grand concours de peuple ^'\ . Pierre du Verdier, qui, depuis plusieurs années, vivait en bonne intelligence avec l'évéque de Limoges, trouva moyen d'avoir encore une querelle eh 1649 avec le doyeji du chapitre de Saint-Étienne, pour une de ces questions de préséance qui lui tenaient tant au cœur *''. Trois ans plus tard, le 7 octobre 1652, il mourut au château de Beauvais ^'\ non sans laisser encore derrière lui quelques procédures entamées. Il fut enterré dans l'église des Récollets de Satint-Léonard ^^\

La Collégiale à la fin du XVII^ et au XVIII' siècle.

Charles-François de la Vieuville, qui lui succéda, était fils du surintendant des finances de ce nom ^^\ Entré de bonne heure dans les

1. Ces détails sont extraits du compte présenté au chapitre pour solder l'acquisition de la châsse (Arch. de la Haute- Vienne, liasse H 7694).

2. Continuateurs des AnnaUs de Limoges, dans le Bulletin de la Soc. archéol. du Umousiny t. XXXVm, p. 180 et 184.

3. Le château de Beauvais, à une lieue environ de Limoges, appartenait aux abbés de Saint- Martial. Il avait été construit à la fin du xv* siècle par Tabbé Jacques Jouviond (Cf. ci-dessus, p. 166).

4. Legros, Arch. du Grand séminaire de Limoges, ms. no 35, p. 75. — Gallia Christ. , t. H, p. 565.

5. Charles de la Vieuville fut surintendant des finances de 1623 à 1624. Disgracié par le roi, il fut enfermé au château d'Amboise, mais parvint à s'évader. Revenu en faveur après la mort de Louis XIII, il fut nommé surintendant pour la seconde fois en 165 1, et occupa cette charge jusqu'à sa mort en 1653.

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