‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 194 sur 470 · bulletin et agriculture de Limoges ^ année 1833, p · texte numérisé non relu

bulletin et agriculture de Limoges ^ année 1833, p

les fluctuations de nos régimes politiques, a pris successivement les noms de place Royale et de place de la République ^'K

Après la suppression de la collégiale, les chanoines de Saint-Martial se dispersèrent. Ils ne tardèrent pas à être inquiétés comme les autres ecclésiastiques du royaume. Les uns se réfugièrent à la campagne, les autres se cachèrent dans la ville, plusieurs furent emprisonnés pendant un temps plus ou moins long, quelques-uns même moururent sur Téchafaud.

L'abbé Legros, pour sa part, dut se cacher pendant Thiver de 1792- 1793 dans Içs sous-sols ruinés de l'ancien couvent des Ursulines, Mais il ne tarda pas à être découvert dans sa retraite, et fut jeté en prison. Délivré en Thermidor, on le réintégra dans son cachot, du 7 novembre 1795 au mois de février 1797, époque à laquelle il fut relâché ^'\

L'antique abbaye de Saint-Martial disparut emportée dans la tourmente révolutionnaire, et ne put jamais se relever de ses ruines. Depuis deux cents ans, en effet, elle avait perdu toute raison d'être, et ne présentait plus qu'une pâle image de ce qu'elle avait été autrefois.

Tandis que les moines avaient exercé au moyen âge une influence considérable et bienfaisante dans tout le Limousin, les chanoines de l'ancien régime, au contraire, ne jouaient plus aucun rôle social ; ils ne rendaient plus aucun service à la société. On les voyait négliger les oeuvres d'assistance, plaider incessamment pour les questions les plus futiles, délaisser même le service divin. La collégiale fut donc supprimée — et avec'raison, — comme la plupart des institutions de l'ancienne monarchie; personne ne songea à la rétablir. Quant aux reliques de saint Martial, cachées pendant la Terreur dans un lieu sûr, elles furent de nouveau exposées à la vénération des fidèles, quand le gouvernement Impérial eut rétabli la liberté des cultes. Dès l'année 1806, les ostensions septennales furent reprises ^^^ et depuis lors elles ont été régulièrement célébrées.

De nos jours, le peuple de Limoges garde avec une constance tou-

1 . Sur une partie de remplacement occupé naguère par la basilique, est aujourd'hui bâti le théâtre municipal (Voir PI. I).

2. Papiers conservés aux Archives du Grand séminaire de Limoges, et non cotés.

3. L'ostension dura du 13 avril au i*»" juin. (Almanach de Limoges pour l'année 1806, p. 253).

chante le culte et le respect de son saint patron. Ni les bouleversements de ce siècle, ni les vicissitudes de notre époque n'ont pu ébranler la foi profonde qu'il garde dans les légendes du passé, et les municipalités qui depuis cent ans ont administré la ville, ont fidèlement conservé, quelque fussent leurs principes politiques, l'ancien sceau du consulat : « de gueules à un buste de saint Martial de carnation, vêtu et nimbé d'or, accosté des lettres S. et M, à l'antique de même, au chef cousu d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or *'' ».

I . Voir sur les armes de la ville, l'étude de M. Guibert, intitulée les Sceaux et armes de THâ-» tel de Ville de Limoges,

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