‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 195 sur 470 · L'ABBÉ · texte numérisé non relu

L'ABBÉ

Les élections abbatiales,

Q)mme dans la plupart des abbayes du royaume, les moines de Saint-Martial conservèrent, théoriquement tout au moins, le privilège d'élire librement leurs abbés jusqu'au concordat de 1516, qui conféra au roi le droit de disposer à son gré des bénéfices ecclésiastiques ^'\ En fait, à partir de la fin du xrv*^ siècle, le pouvoir royal et le Saint- Siège ^^^ cherchèrent, sous différents prétextes, à intervenir dans les élections abbatiales.

Jusqu'à cette époque, les moines se montrèrent singulièrement jaloux d'exercer leurs droits d'une façon effective. Nous pourrions bien citer l'abbé Aimery, imposé aux moines par le roi Lothaire en 943 ^^\ ou l'abbé Adémar, nommé par les Clunisiens en 1063 ^^\ Mais l'intervention des autorités laïques ou ecclésiastiques, revêtit dans tous les cas un caractère exceptionnel, et le chapitre considéra constamment le

1. Le pape pouvait seulement refuser d'accorder l'investiture canonique aux candidats que le roi lui présentait.

2. C'est ainsi qu'au concile de Pise en 1409 le pape Alexandre V nomma directement Tabbé Pierre Jou^ond, sans se préoccuper du consentement des moines (Cf. ci-dessus ch. VI de la l'e partie, p. 163).

3. « A rege abbas constitutus est » (Adémar de Chabannes, Commémoration M. S. Marcialis, éd. Duplès-Agier, p. 4).

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