Duplès-Agîer, Chrottiques de Saint-Martial y p
3. « Anno domini MoCCoLXXoIIo, fuit electus dompnus Jacobus ... cum concordiâ tali
modo. Conventus non poterat concordare cum prioribus et cum prepositis nostris in tribus electoribus. Postea, Deo inspirante, Mauricius Pineta, magister operis, petivit a conventu quod daretur sibî potestas eligçndi XI probos monachos qui eligerent abbatem ; quod et factura fuit ». (Duplès-Agier, Chroniques de Saint-Martial, p. 125.)
4. Le Saint-Siège commença par revendiquer le droit de conférer les bulles d'investiture aux abbés élus par le chapitre.
5. Le seul cas, à notre connaissance, où le chapitre protesta, fut quand le cardinal Robert dé Lenoncourt obtint Tabbaye de Saint-Martial, sans avoir eu connaissance qu'elle était sécularisée (Voir ci-dessus p. 179).
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Installation de F abbé.
Que Tabbé fût élu par les moines ou désigné par le roi, il devait toujours obtenir Tassentiment de Tévéque de Limoges, avant de prendre possession de l'abbaye. Uévôque en effet avait le privilège de confirmer Tabbé et de lui donner la bénédiction. Aussi prétendait-il surveiller l'élection et dans quelques rares circonstances, il refusa son ministère ''\ Mais, après une résistance plus ou moins longue ^*\ il fut généralement obligé de céder, de peur de voir un autre prélat intervenir et usurper ses droits ^^K
Ces formalités accomplies, l'abbé était admis à prêter serment au chapitre, et prenait possession de l'abbaye, suivant un cérémonial qui fut constamment suivi, sans grandes modifications, depuis le moyen âge jusqu'au siècle dernier. Nous avons été assez heureux pour retrouver plusieurs des procès-verbaux qui furent dressés à cette occasion ^^\ Nous publions l'un d'eux dans nos pièces justificatives et nous croyons qu'il ne sera pas sans intérêt de décrire brièvement la cérémonie. Tantôt l'abbé comparaissait en personne, tantôt, surtout depuis la sécularisation, il se faisait suppléer par un procureur ^^\
Dans l'un ou l'autre cas, il devait présenter ses titres au chapitre, et lui faire sommation de les accepter. Puis « un genou sur le carreau, il jurait de respecter les libertés, droits et privilèges » de l'abbaye. La formule de son serment était fort détaillée au moyen âge ; l'abbé avait
1. Ainsi en 1214, l'évoque Jean de Veyrac refusa de consacrer et de bénir Alelme. (Voir cidessus, p. 120.)
2. En 1019, Tabbé Hugues parvint, après deux années d'efforts, à vaincre la résistance de l'évoque. (Voir ci-dessus, p. 71.)
3. C'est ainsi qu'Alelme, n'ayant pu obtenir la bénédiaîon de l'évéque de Lim(^;es, s'adressa à l'évéque d'Angouléme, qui la lui donna sans difficulté. (Voir ci-dessus, p. 120)
4. Les Arch. dép. de la Haute- Vienne en possèdent trois, à notre connaissance : celui de Tinstallation de l'abbé Jacques Jouviond, daté de 1488 que nous publions (Pièce justif., vp XVI ; liasse H 9466), celui de l'installation de l'abbé de Bourzac, daté de 1730 (r^. H 9459, fol. 30 vo); celui de l'installation de l'abbé Jean de Montesquiou, daté de '175 1 (liasse H 9458).
5. Ainsi l'abbé de Bourzac se fit représenter par son procureur, le sieur Dartigeas (Arch. de la Haute-Vienne, registre H 9459, fol. 30 vo).
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eôectivement à cette époque des pouvoirs très étendus. Il devait donc s'engager tout spécialement à gérer consciencieusement les biens temporels et le trésor de son monastère, à pourvoir aux bénéfices vacants, à entretenir la basilique et les bâtiments claustraux, en y faisant les réparations nécessaires ^'\ Il devait promettre également de remplir les obligations qu'il avait vis-à-vis des moines, de leur donner du bon vin pour les messes, de leur fournir chaque jour pour la table du vin et du sel, de ne jamais accepter un religieux dans la communauté, sans le consentement du chapitre, et sans le paiement de 30 écus d'or pour le droit de chape, etc. ^^\
Toutes ces précautions, prises en vue d'assurer la bonne administration de l'abbaye, avaient leur raison d'être à une époque où les fonctions abbatiales étaient sérieusement remplies. Elles devinrent sans utilité après la sécularisation ; aussi furent-elles supprimées, et remplacées par des phrases banales sans grande portée pratique.
Après avoir prêté serment sur les Évangiles, selon la formule prescrite, l'abbé revêtait les ornements épiscopaux, rochet, camail et croix pectorale. Il se rendait ensuite dans la basilique ^^\ et la crosse en main, prenait possession de sa stalle. Après une courte oraison devant le maître-autel, il donnait sa bénédiction au peuple qui se pressait dans la nef. La cérémonie était couronnée par un Te Deum d'actions de grâces ^*\
L'abbé était dès lors définitivement installé dans ses fonctions abbatiales; mais il devait encore payer certains droits d'entrée, qui, sous le nom de droits de chape, avaient été fixés lors de la sécularisation à 150 livres <5\ Nous devons ajouter que, pour obtenir ses bulles de la cour de Rome, et subvenir aux dépenses que nécessitaient différentes
1. Notamment d'entretenir les conduites d*eau alimentant le monastère.