‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 215 sur 470 · Voir pièce justif., n» XXI · texte numérisé non relu

Voir pièce justif., n» XXI

3. Le charpentier dépendait du maître de l'œuvre. Voir ci-dessus, p. 222.

4. On voit par les Gros répertoires de l'abbaye (Arch. de la Haute- Vienne, reg. 9469 et 9470) combien ces dîmes étaient productrices.

LES CHLLÉRIERS 22 t

A Limoges, lecellérier plaçait à chacune des portes de la ville, et spécialement aux portes Montmailler ^'^ et des Arènes ^^\ des serviteurs de confiance chargés de noter soigneusement chaque charretée de raisin qui venait de la campagne, et prendre le nom de son propriétaire. Quelques moines surveillaient la régularité de celte comptabilité. Ils centralisaient chaque soir les résultats de la journée, et venaient les remettre au cellérier, en lui rendant compte de leur mission. Celui-ci déterminait sur-le-champ la part que chaque vigneron devait payer, et allait la lui réclamer le lendemain.

Aussitôt que sa présence n'était plus nécessaire à Limoges, le cellérier se rendait à Aixe ^'\ en emmenant plusieurs moines pour le seconder ^^\ Le jour des vendanges arrivé, il dépêchait chacun d'eux dans les vignes les plus importantes, et leur donnait pour consigne de se tenir en permanence auprès des propriétaires, et de placer des gardiens aux endroits convenables. Les moines prélevaient en personne la dîme au fur et à mesure que le raisin était récolté. Puis il faisaient charger la part leur revenant sur des chariots que pour plus de sûreté, ils accompagnaient eux-mêmes à cheval et dirigeaient vers une grange leur appartenant. A la tombée de la nuit, ils se rassemblaient dans une maison que l'abbé possédait à Aixe, et faisaient leurs comptes qju'ils remettaient aux chevecier. C'est à peine s'ils avaient le temps de prendre quelque repos; avant le lever du soleil, ils devaient déjà se trouver sur pied pour être dans les vignes. Cette vie était telle, ment fatigante pour eux qu'ils avaient la permission de manger de la viande pendant toute la durée des vendanges ^^\

Grâce à cette surveillance incessante, les moines arrivaient à prévenir les fraudes, et à percevoir exactement les dîmes auxquelles ils avaient droit ; mais, pour arriver à ce résultat, ils devaient mener

I . Sur remplacement de la place actuelle Denys-Dussoubs, au commencement du faubourg Montmailler.

a. Place du Palaîs-de-Justice, au bout de la rue aauelle des Arènes.

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