Notice des offices, pièce justif., n© XXI
220 LES CELLÉRIERS
Les CelUriers.
Pendant le moyen âge, il se trouva toujours dans labbaye au moins un cellérier; mais généralement il y en eut deux: Tun, lecellérier de la cuisine, s'occupant de la nourriture des moines ; l'autre, le cellérier du vin, chargé de la boisson nécessaire pour la table *'\
Ce dernier avait un rôle délicat à remplir. Il devait en effet faire cul. tiver convenablement toutes les vignes que possédait le monastère, et surveiller les vendanges. Or, ces vignes, situées pour la plupart aux environs de Limoges, étaient très nombreuses. Elles étaient mises en valeur par un serf *^', soumis directement aux ordres du cellérier. Ce serf prenait pour laider des gens du pays. Il était payé presque exclusivement en nature et labbé lui envoyait chaque jour sa nourriture, composée de pain, de fèves et d'un peu de vin. Tous les ans, il lui donnait en outre un demi-muid de froment, et lui permettait au moment des vendanges de recueillir le vin qui pouvait être obtenu en soumettant une seconde fois les raisins au pressoir.
Pendant la plus grande partie de Tannée, le cellérier du vin se bornait à aller surveiller de temps en temps les travaux dans les vignes. Quand arrivait le mois d'août, il s'entendait avec le charpentier du monastère pour mettre en état les cuves, tonneaux, pressoirs nécessaires ^^\ Aussitôt que le ban des vendanges était proclamé, il réquisitionnait plusieurs moines pour l'aider dans son travail. 11 avait en effet à ce moment-là des soins multiples; il devait en même temps survxnller les vignes de l'abbaye, et percevoir les dîmes de tout le vin récolté dans les environs du Château de Limoges et du bourg d'Aixe ^^\ Cette dernière opération demandait à être suivie avec le plus grand soin, pour éviter les fraudes.
1. Bernard hier, dans la liste qu'il donne des offices de Fabbaye, mentionne séparément le « cellerarius qoquine » et le « cellerarius vini » (éd. Duplés-Agier, p. 247). C'est surtout à partir du xve siècle qu'il n'y eut plus qu'un seul célérier. — Les fonctions du célérier du vin sont exposées dans la Notice des offices de Saint-Martial (Voir pièce justif., no XXI, § 6).