‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 224 sur 470 · LES MOINES · texte numérisé non relu

LES MOINES

charges, qui subsistèrent jusqu'à la sécularisation de Tabbaye, et auxquelles furent attachées des rentes spéciales ^'\

Les Moines.

Après avoir étudié le rôle de l'abbé et la constitution des différents offices de l'abbaye, il convient d'examiner brièvement de quelle façon les moines vivaient dans l'abbaye de Sainl-MartiaL Nous ne décrirons pas leur organisation, qui ne présente aucun trait particulier. Jusqu'à la fin du xi« siècle, le monastère fut soumis à la règle de saint Benoît ; mais vers cette époque les Clunisiens lui imposèrent l'obligation de suivre les coutumes d'Udalric.

Sous l'un et l'autre régime, les moines se conformèrent d'abord fidèlement à toutes les obligations de la vie religieuse, et se signalèrent par leurs vertus. Pierre le Vénérable, au xn« siècle, leur écrivait pour les féliciter d'obéir avec autant de zèle aux préceptes de la discipline monastique. Au risque de blesser leur modestie, il prétendait même que le monastère de Saint-Martial devait être proposé pour modèle à toutes les abbayes des Gaules ^^\ Ces éloges étaient alors pleinement mérités; mais, dès le règne de Philippe le Bel, la situation changea.

Les moines, en effet, au milieu des guerres entre les princes anglais, et des luttes qu'ils eurent à soutenir contre les empiétements de la Commune, ou des Vicomtes, avaient peu à peu perdu l'habitude d'obéir exactement aux dispositions de leur règle, qu'ils avaient naguère si strictement observées. Par diverses dispositions, que nous avons déjà indiquées, ils étaient parvenus à tourner le vœu de pauvreté, qu'ils avaient librement prêté lors de leur entrée dans le monastère; ils s'étaient constitués des pécules particuliers.

1 . Ainsi le procureur de la communauté des prêtres de Saint-Martial possédait une rente de 9 deniers, et une redevance annuelle de 17 poules, dues par le prieur des Arènes et les propriétaires de quelques maisons des environs (Arch. de la Haute- Vienne, liasse H 8165).

2. Cette lettre de Pierre le Vénérable a été publiée dans la Bibliotheca Cluniacensis (p. 909 et 907). Elle est rédigée dans des termes assez emphatiques, comme on peut en juger par le passage suivant : « Nullum Cluniacensis vel cujuslibet antiqui ordinis monasterium novi, ubi tara firmiter, tam constanter, tam înconcusse, traditus a Patribus ordo... viguerit, et inter frementes Lemovicini territorii bestias earumque féroces riaus indefesse instituta servaverit ». Ces derniers traits sont quelque peu exagérés !

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