Arbellot, Dissertation sur V apostolat , p. 54 et ss
6. Duchesne, op. cit., p. 314 et s. — Nous ne mentionnons pas de prétendues lettres de saint Martial aux Bordelais et aux Toulousains. Elles auraient été trouvées vers Tannée 1060 sur le tombeau du saint (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova Bihl. mss., t. Il, p. 288), et M. Tabbé Arbellot a reconnu lui-même qu'elles étaient fausses.
7. M. Tabbé Arbellot a conclu en 1892 qu'elle est « apocryphe, en ce sens qu'elle n'est pas l'ouvrage d'Aurélien dont elle porte le nom » ; mais, ajoute-t-il dans un autre passage, « elle est antérieure à Fortunat, et remonte au plus tard au milieu du vie siècle ». (Arbellot, Étude hist, sur Vanc, vie de saint Martial , p. 2 et 47.)
eux des différences fondamentales. Selon Grégoire de Tours, le premier évêque de Limoges serait venu en Gaule au milieu du m* siècle; selon la Vie primitive ^^\ il aurait été envoyé par saint Pierre luimême. Qjiiant aux miracles et à la vie de saint Alpinien, ils gardent sur cette mission un silence absolu, qui nous paraît très caractéristique.
Devant ces contradictions, il convient tout d'abord de déterminer l'époque à laquelle furent écrits chacun de ces textes. Pour le premier d'entre eux, il n'y a pas de difficultés : chacun sait que Grégoire de Tours vivait à la fin du vi« siècle et que les premiers livres de l'Histoire des Francs furent composés vers l'année 576.
Il n'en est malheureusement pas de même pour les miracles et pour les vies de saint Martial et de saint Alpinien, qui ne présentent aucun élément chronologique permettant de les dater avec quelque précision. Nous pouvons seulement affirmer que ces documents sont antérieurs au milieu du ix« siècle.
Tout récemment, on a découvert en Allemagne dans la bibliothèque de Carlsruhe ^^^ un manuscrit de la Vie primitive, provenant de l'abbaye de Reichenau et écrit par un certain moine Regimbertus mort en 84e ^^\ Cette vie est donc certainement antérieure à 84e, mais Mgr Bellet a été plus loin et remarquant qu'elle était écrite en prose rythmée, il s'est cru autorisé à en placer la rédaction au vi^ siècle ^^\ Le P. de Smet, a justement critiqué ces conclusions ^^^ ; mais, Mgr Bellet les ayant maintenues dans un nouveau mémoire ^^\ nous devons les étudier brièvement.
Le cursus, comme on sait ^'^\ est un rythme qui provient de la suc-
1. Arbellot, Étude htst. sur Vanc. vie de saint Martial, p. 26 et 27.