Arch. de la Haute- Vienne, registre H 9457, fol. 19 v
234 l'administration de la collégl\le
De T administration de la collégiale
Le premier soin du chapitre était de pourvoir à l'administration de la collégiale, et il confiait à cet effet des fonctions spéciales à la plupart de ses membres. Il nommait :
Deux syndics ^**;
Un trésorier ;
Qjuatre auditeurs des comptes ;
Un chanoine pour lever les arrérages ;
Un chanoine « maître des bâtiments » ;
Deux chanoines pour garder les clefs du trésor ;
Deux chanoines pour distribuer le blé ^*^ ;
Deux chanoines pour « tenir le cadre ».
Ces fonctions étaient électives, et conférées pour un an ^'^; mais, comme leurs titulaires étaient toujours rééligibles, ils restaient généralement affectés au même emploi pendant bien des années.
Pour assurer le service courant, le chapitre avait institué un roulement particulier, qui fonctionnait régulièrement. Tous les huit jours, trois chanoines prenaient « l'hebdomade », c'est-à-dire qu'ils étaient chargés de pourvoir pendant la semaine au service divin ^^\ Le premier d'entre eux, ou « grand behdomadier », dirigeait ses collègues, et devait dire en personne la grand'messe du dimanche ; les deux autres célébraient les offices quotidiens, et s'occupaient des menus détails de l'administration. Les « behdomadiers » étaient désignés à tour de
1 . a certains moments H y en eut quatre, tant les procès du chapitre étaient nombreux.
2. L'abbaye, percevant en nature une bonne partie de ses redevances, recevait des quantités de blé considérables, que les deux chanoines en question devaient vérifier et répartir entre leurs collègues.
3. Archives de la Haute- Vienne, registre capitul. H 9457, fol. 66^ et 236.
4. Voir au sujet des hebdomades, les registres capitul. H 9466 et 9457 des archives de la Haute- Vienne, et le Cérémonial de V église collégiale et royale de Saint-Martial y conservé aux archives du Grand séminaire de Limoges.
l'administration de la collégiale 23 J
rôle, selon Tordre du tableau d'ancienneté, et avaient certaines prérogatives. Ils pourvoyaient notamment, au lieu et place du chapitre ^*^ à la plupart des bénéfices de peu d'importance qui venaient à être vacants pendant la durée de leurs fonctions. Ces droits leur rapportaient des avantages pécuniaires assez sensibles.
La collation des bénéfices les plus considérables, comme les prieurés ou les prévôtés, avait été réglée à part dans la bulle de sécularisation ^^K Elle appartenait alternativement pendant une semaine, tantôt à l'abbé, tantôt au chapitre ^'\ Le chapitre n'exerçait pas directement ses droits de collation ; il les déléguait à celui de ses membres, qui, toujours suivant le tableau d'ancienneté, était « en rang d'aigle ». Le rang d'aigle se prenait pour huit jours, c'est-à-dire que pendant huit jours le chanoine aquilaire occupait la première stalle du chœur, celle à côté de laquelle l'aigle se trouvait placé.
L'administration des affaires courantes de la collégiale ainsi réglée, le chapitre gardait par devers lui les questions les plus importantes ^^\ Il approuvait tous les baux passés en son nom, soit pour affermer les prieurés, soit pour percevoir les dîmes de telle ou telle paroisse, soit pour faire cultiver un domaine. Les syndics ne pouvaient engager aucun procès sans son consentement, et devaient lui soumettre les pièces de procédure les plus importantes. Le chapitre se faisait remettre tous les ans des comptes détaillés, par le chanoine trésorier. Il s'occupait directement de toutes les questions concernant les emprunts, les intérêts des dettes contractées, les amortissements, etc. Il avait soin que le maître des bâtiments lui remît régulièrement des états, indiquant les réparations urgentes à faire à la basilique ou ailleurs. En cas de besoin, il lui accordait les fonds nécessaires.
Le chapitre avait sur ses membres un « droit de correction », qui lui
1 . Ils nommaient notamment les curés ou desservants des églises, qui dépendaient du chapitre.