‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 239 sur 470 · LES CHANOINES · texte numérisé non relu

LES CHANOINES

lière, ils ne montrèrent jamais un grand empressement à assister au service divin. Pour ranimer leur zèle, le chapitre voulut à plusieurs reprises prendre des mesures énergiques. Il déclara qu'il priverait d'une partie de leurs revenus les chanoines qui n'assisteraient pas régulièrement aux quatre offices obligatoires de la journée, c'est-à-dire à matines, laudes, grand'messe et vêpres ^'^ ; mais il osa bien rarement appliquer les pénalités qu'il avait instituées.

Aussi dut-il recourir à une autre sanction, et il imagina de promettre certains avantages pécuniaires à ceux de ses membres qui rempliraient fidèlement les fonctions de leur charge. C'est ainsi qu'il décida, en 1727, de donner chaque jour une coupe de blé à tous ceux qui assisteraient aux matines ^^\ On voit par ce simple trait, combien les chanoines de Saint-Martial avaient peu l'esprit religieux. Nous avons trouvé, dans un des registres capitulaires de la collégiale, un mot qui dépeint dans une certaine mesure leur état d'âme. Comme le chapitre reprochait un jour à un des vicaires du bas-chœur d'avoir une conduite peu édifiante, et de ne pas remplir ses devoirs religieux avec assez de soin, le vicaire essaya de se disculper en disant :

« Cbie s'il ne disoit pas de bréviaire, c'est qu'on ne le payoit pas ; et « qu'on avoît qu'à le payer et qu'alors on trouveroit un bon « drolle^'\ »

Sans donner à cette boutade une portée trop générale, il est certain qu'elle témoigne à un certain degré de l'esprit qui régnait dans la collégiale au xviii^ siècle.

1. Legros (Arch. du Grand séminaire de Limoges, ms. n» 12, p. 170.).

2. Arch. de la Haute- Vienne, registre capitulaire, H 9457, fol. 22 vo. — Dès la fin du moyen âge Tesprit religieux s'était tellement affaibli, qu'il avait déjà fallu recourir à des moyens analogues pour obliger les moines ou les clercs à assister aux offices. Ainsi le chapelain de La Souterraine, quand il manquait la grand'messe, devait payer au xive siècle une amende d'un sctier de vin au prévôt (Terrier de la Sotitfr raine , aux Arch. de la Haute- Vienne, H 1771, fol. 36 vo).

3. Arch. de la Haute- Vienne, registre capitulaire, H 485, fol. 87.

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